Lettre Ouverte adressée à Maitre Louis Genet, Avocat au barreau de Liège

 

 

Avant-propos

Pour faciliter la compréhension du contenu de la présente lettre, il m’a paru indispensable de fournir ici quelques informations que je résumerais comme suit : le 21 juin 1995, j'ai été convoqué par téléphone au Palais de justice de Liège, sous prétexte de me faire confirmer une plainte que j’avais déposée, un an auparavant, en main d’un juge d’instruction contre les agissements des dirigeants d'une organisation turque d'extrême droite. C'était un piège. A mon arrivée au Palais, j'ai été privé de liberté, et le lendemain, j’ai été mis sous mandat d'arrêt pour motif du détournement de ‘plus d’un million et demi de francs’ de subside au préjudice de l’Asbl ‘la Maison des Turcs’ dont j’ai été administrateur.
 
En fait, la délivrance de ce mandat d'arrêt ne relevait absolument pas d'une affaire judiciaire. Elle a été conçue comme instrument de la pratique du terrorisme d’Etat par voie judiciaire, c’est-à-dire comme instrument d’un acte délictueux et/ou criminel dans l'élaboration et l'exécution de laquelle avaient pris part des représentants de l'Etat, à savoir notamment les magistrats et auxiliaires concernés du parquet de Liège décidés à régler leur compte, une fois pour toute, avec un dérangeant ou opposant récalcitrant.
 
Dans cette affaire, Maitre Louis Genet était mon avocat. Je l’ai renvoyé le 5 juin 1996 pour cause de collaboration avérée avec les magistrats concernés du parquet de Liège afin d’étouffer l’affaire dans les plus brefs délais pour notamment protéger Monsieur le juge d’instruction Fernand Brasseur, son grand ami, qui m’avait délivré ledit mandat d’arrêt. Et ce, à la veille de l’audience devant la Chambre du Conseil où j’ai assuré ma défense moi-même et obtenu le non-lieu rendu le 21 juin 1996. Ce fût le début d’un conflit d’une violence morale inouïe qui était encore en cours lorsque je suis arrivé dans la rue Hors-Château à Liège, lieu dont nous parlerons largement dans les pages qui suivent.
 
Son renvoi fut pour lui une défaite et un choc à la fois, ce à quoi il ne s’attendait certainement pas croyant abuser, impunément et indéfiniment, de ma confiance - et, faut-il le dire, de mon ignorance puisque je ne suis pas juriste -. Depuis lors, ivre de vengeance, l’exaltation de l’orgueil de ce collabo n’a jamais été adoucie. Après avoir tout tenté, mais tout, pour se protéger, il a cru avoir trouvé en Hors-Château l’occasion inespérée de me discréditer et de discréditer mes démarches pour se blanchir définitivement.
 
Durant ces longues années, et dans chacune de ses initiatives, il a toujours fini par ne plus contrôler ni les causes ni les conséquences de ses propres agissements à force de se rendre complice, petit pas par petit pas, des agissements d’autrui dont il ne maîtrise ni peut maîtriser les causes et les conséquences. Persuadé chaque fois de pouvoir assurer ses arrières, il a poussé l’ignominie au-delà de ses frontières sans jamais adoucir sa fierté de l’avocat-collabo. Et quand il était mis au pied du mur, il a fait chaque fois, et comme on dit, un tour souple comme un gant, et a pris l’ascenseur avec le mensonge croyant ne jamais être rattrapé par la vérité qui montait doucement mais sûrement par les escaliers.
Le dernier exemple
 

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Se posant en victime et présentant sa collaboration avec le parquet comme sa victoire (ma libération, comme si je pouvais ne pas l’être), Louis Genet, Secrétaire régional du parti Ecolo et avocat, disait, dans cette lettre adressée le 11 décembre 1998 à Bernard Wesphael, également Secrétaire régional du même parti, ne pas pouvoir intervenir dans l’affaire de la Hors-Château présentée comme étant « le dossier ECOLO/SARI ». Mais pourquoi Louis Genet avait-il besoin de confirmer par écrit ce qu’il aurait déjà dit oralement à Bernard Wesphael ? Après avoir classifié la lettre « confidentielle », à quel sujet ce dernier sollicitait l’avis des parlementaires et secrétaires régionaux ? Louis Genet n’était-il vraiment pas intervenu dans ce dossier, comme il le disait dans sa lettre ?
 

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Le même jour, soit le 11 décembre 1998, Louis Genet avait établi une facture de 5.000 (cinq milles) Francs pour les prestations et frais engagés dans un ‘autre’ dossier intitulé cette fois « Ecolo consultation "occupation" » et l’avait transmise également à Bernard Wesphael. Donc Louis Genet était bel et bien intervenu dans ce deuxième dossier monnaie sonnante et trébuchante. Restait alors à savoir si ces deux dossiers étaient deux dossiers distincts ou il s’agissait d’un seul et unique dossier ? Ce fut fait : il s’agissait bel et bien d’un seul et unique dossier, et louis Genet était intervenu ou il ne devrait pas selon ses propres dires et sa propre appréciation juridique
 

Lettre ouverte

Maître Louis GENET Avocat Rue Saint-Gilles, 318 4000 LIEGE
 
Genval, le 25 janvier 2017
 
Maitre Genet,
 
« Le refus de reconnaître ses fautes est le plus grand crime intellectuel selon l’épistémologue Karl Popper, et Freud estimait que le crime ne commençait psychiquement qu’avec l’effacement de ses traces car on s’approprie son acte. Alors comme l’inconscient, le mensonge court toujours. » Je ne sais pas ce que vous en penserez, Maître, mais moi je trouve que ces mots de Michel Schneider encadrent parfaitement l’objet précis de la présent : ‘Le refus’, pour se protéger, ‘de reconnaître ses fautes’.
Un citoyen qui n’est du reste pas liégeois
 
« Mon cher Jacky,
Réf. : B/D19925/1b.
Tu trouveras en annexe, à titre exceptionnel, copie de la note que je viens d'adresser au Secrétaire Communal au sujet de l'affaire dont nous avons parlé. Bien évidemment, le rapport en question peut être consulté par toi à mon Bureau, pour autant que tu le souhaites et que tu en fasses la demande par téléphone auprès de Mme GREISCH (04/221.80.92). Au plaisir de te revoir, je te prie de croire, mon cher Jacky, en l'assurance de mes sentiments cordiaux.
Le Bourgmestre, Jean-Maurice DEHOUSSE. »
Copie de la note adressée au Secrétaire Communal
« Note à M. Philippe ROUSSELLE, Secrétaire communal
Objet : dossier Mustafa SARI. Réf. : B/NVSC/9904/aa/7052.
1. En date du 16 décembre, j'interrogeais M. le Commissaire de Police en Chef sur les conditions d'occupation de la voie publique par le sieur Mustafa SARI (BNVP/98224, copie en annexe I)
2. Ce dernier vient de me transmettre un dossier daté du 29 décembre et qui provient des inspecteurs DECHARNEUX et DEMARTEAU (rapport non codé, copie en annexe II).
3. Ce rapport ne manque ni de charme ni de piquant, pour ne rien dire de sa poésie, mais il me paraît tenir peu compte des préoccupations juridiques.
4. Je vous prie donc de vouloir bien faire étudier la situation sous l'angle juridique, et en particulier sous celui de la nouvelle loi sur le harcèlement.
5. Indépendamment du bien ou du mal fondé de ses reproches aux parlementaires écolos, je trouve en effet qu'il n'est pas normal qu'une situation de ce genre persiste, en particulier puisqu'il s'agit d'un citoyen qui n'est du reste pas Liégeois.
6. S'ils étaient cent ou mille, que ferait-on ?
7. Je souhaite une réponse avant la fin du mois.
D'avance, je vous remercie de votre collaboration.
Le Bourgmestre, Jean-Maurice DEHOUSSE. »
 
Pourquoi ?
 
Pourquoi ai-je voulu entamer la rédaction de la présente en citant ce courrier délirant ultraconfidentiel adressé le 11 janvier 1999 à Monsieur l’ex-Secrétaire fédéral du parti Ecolo, feu Jacky Morael, par l’ex-Bourgmestre de la Ville de Liège, Monsieur Jean-Maurice Dehousse agissant sous l’emprise de la colère d’inspiration fort douteuse ? C’est pour vous dire, Maitre, que j’ai presque - hormis donc les réponses aux deux questions, dont je vous entretiendrai dans la page suivante - tous les éléments et toutes les preuves nécessaires pour expliquer à mes enfants, et à vos enfants, les évènements qui m’avaient amené en Hors-Château le 9 juillet 1998, ainsi que la raison pour laquelle tant vous-même que les autorités politiques et judiciaires liégeoises concernées ont été inquiétées à ce point par la résistance qui leur fut opposée dans cette rue durant trois ans et demi, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 par un « citoyen qui n’est du reste pas liégeois » de pure souche.
 
Les faits en lien avec les deux questions
 
Je n’ai cessé, durant des années, de solliciter votre aide, Maitre Genet, pour que je puisse clôturer la pénible rédaction du récit de mon long vécu - du 9 juillet 1998 au 21 janvier 2001 - dans la rue Hors-Château, devant la porte de la Régionale liégeoise du parti Ecolo. Durant ces longues années, je n’ai en fait cessé de vous dire que, pour clôturer la rédaction de ce récit, j’ai absolument besoin de vos réponses aux deux questions qui se sont posées en cherchant à savoir pourquoi, comment et par qui a été élaboré le minable scénario de ma mise en observation psychiatrique, qui fut mis en en scène le 19 mars 1999 en Hors-Château en espérant - mais en vain - y réduire au silence toute opposition.
 
In fine, j’ai eu pour seule réponse votre silence, le plus cruel de vos mensonges légendaires. De fait, après avoir bénéficié en 2004 d’une protection judiciaire nauséabonde grâce notamment aux efforts conjugués, et plus qu’intéressés, de Madame la juge d’instruction Danièle Reynders et Monsieur le procureur général Cédric Visart de Bocarmé, deux corporatistes haineux pour lesquels la seule loi à la validité de la quelle on peut encore faire appel est la loi du plus fort, vous vous êtes confortablement installé dans votre silence en croyant ainsi pouvoir effacer les traces de vos actes abominables et tenter de les faire oublier par la lassitude et l’usure du temps. « Alors », depuis plus de douze ans, « comme l’inconscient, le mensonge court toujours ». A Présent, vous conviendrez sans doute avec moi, Maitre, que c’est long, c’est très long, et qu’il est temps d’y mettre un terme ?
 
Les deux questions
 
Sans doute, vous souvenez-vous, Maitre Genet, de la plainte pénale - elle aussi ultraconfidentielle - que vous aviez rédigée le 11 décembre 1998, et à ma charge, avant de la transmettre, pour suite voulue, à Monsieur Bernard Wesphael. Et, soulignons-le, vous aviez pris toutes les précautions nécessaires pour que vous ne soyez pas démasqué tout en continuant de porter les valises en marchant sur les ombres, en rasant les murs, dans les couloirs du palais de justice de Liège. Vous aviez rédigé cette plainte non pas, selon vos dires, pour intervenir à titre d’avocat des mandataires Ecolo concernés - dont vous-même - mais pour donner des conseils à vos coreligionnaires et amis Ecolo, à savoir Messieurs José Daras, Jacky Morael, Thierry Detienne, Bernard Wespahael et Luc Cremer.
 
Et l’un des conseils que vous leur donniez dans cette plainte consistait à demander à Madame le Procureur du Roi de prendre les dispositions utiles pour libérer la parcelle de la place publique, devant leur porte, occupée depuis des mois par un « malade mental » vivant dans une voiture, et ce en ces termes hallucinants : « Nous ne pouvons évidemment pas satisfaire la demande de ce Monsieur puisqu'il souhaite une chose que le Ministre ne veut - et ne peut légalement - pas lui donner, et nous ne voyons dès lors pas d'issue à la pression qu'il exerce sur nous.»
J’avais déjà lu, quatre mois auparavant, la lettre stupéfiante, devenue célèbre, que vous aviez rédigée pour vos amis Ecolo, et en secret, et qui m’a été communiquée le 15 juillet 1998 par Monsieur Thierry Detienne. Dans cette lettre de propagande, vous disiez que j’aurais souhaité que le Ministre de la Justice arbitre le travail des autorités judiciaires et interfère dans leurs décisions, et ce en violation du principe de séparation des pouvoirs.
 
La première question
 
Selon vous, Maitre Genet, quelle était cette « CHOSE » que j’aurais souhaitée, et que le Ministre de la Justice n’aurait pas voulu - et n’aurait légalement pas pu - me donner ? « CHOSE » qui aurait heurté le principe de séparation des pouvoirs et rencontré le refus du Ministre de répondre à des questions relatives à un « dossier personnel » (sic).
 
La deuxième question
 
Dans son ordonnance de soit communiqué du 4 septembre 2002 truffée d’artifices et de fautes volontaires, Madame la Juge d’instruction Danièle Reynders constatait notamment : " A ce stade de l’enquête, le dossier n° de notice 52.99.99/01 concerne des magistrats : Madame A. THILY, Madame A. SPRIESTERBACH, Monsieur P. WILMART, Monsieur SCHOLTES, Madame SCHAAPS, un sieur DETAILLE à mieux identifier, et des mandataires politiques : Messieurs JAMART et MOHR, Monsieur José DARAS, Monsieur Thierry DETIENNE, Madame Muriel GERKENS, Monsieur Bernard WESPHAEL." Puis, elle communiquait « les pièces de la procédure à charge de GENET Louis, DUTILLEUX Philippe et PINTO Emmanuel, à Madame le Procureur du Roi pour être par elle requis ce qu’il appartiendra. »
 
Selon vous, Maitre Genet, par qui la plainte évoquée plus haut a été déposée le 24 décembre 1998 et en main propre de quel magistrat parmi ceux qui sont cités dans cette ordonnance de soit communiqué, et cela avant de surligner en couleur mauve l’identité de Monsieur José Daras choisi entre les six plaignants ?
 
Conclusion
 
Dans un futur que j’espère très proche, Maitre Genet, ou bien j’aurai les réponses précises à ces deux questions, ou bien j’aurai les réponses précises à ces deux questions, ou bien encore j’aurai les réponses précises à ces deux questions pour que - et c’est fondamental - au terme de la lecture du récit évoqué plus haut, nul ne soit acquitté au bénéfice du doute par notamment mes enfants et vos enfants.
 
Je tiens à préciser ici, Maitre Genet, que je n’ignore point que vous avez le droit le plus absolu de garder le silence pour vous protéger. Mais moi, j’ai le devoir le plus absolu de tenter de briser ce silence-là par tous les moyens que j’estimerais légitimes pour exiger une fois encore, mais une fois de trop peut-être, le respect de la loi et du droit que vous ne respectez pas. Briser ce silence-là par tous les moyens, car ce qui est en cause ici, c'est le fait le plus grave que l'on puisse reprocher à des femmes et hommes détenteurs notamment des pouvoirs de police et de justice : travestir sciemment la réalité afin de tenter - pour se protéger - d'obtenir la condamnation d'un innocent par tous les moyens hors-la-loi et contre le droit, y compris la pratique du terrorisme d’Etat exécuté par voie judiciaire, par lequel j’ai été visé le 21juin 1995 sous le toit du palais de justice de Liège.
 
C’est terrifiant, parce que, de cette façon, c'est tout l'édifice de la morale publique, de la légalité, de la liberté et de l'Etat de droit qui se fissure. Parce que le lien de confiance disparaît, la sûreté des citoyens n'est plus garantie. Je l'ai écrit et réécrit, dit et redit durant des années en faisant miens parfois ces propos de Hannah Arendt : "Abolir les barrières des lois entre les hommes, comme le fait la tyrannie, équivaut à supprimer les libertés humaines et à détruire la liberté en tant que réalité politique vivante ; car l’espace entre les hommes tel qu’il est délimité par les lois est l’espace vital de la liberté. »
 
Aujourd’hui, force m’est donc d’admettre qu’il faut cesser de tergiverser. Il faut agir pour aller jusqu’au bout de l’"absurdité de la résistance" contre la loi d’impunité, loi qui trompe notre légitime confiance en nos institutions et viole la sécurité juridique qui s'en déduit. Et le tout, sans plus se poser de questions en pensant que « là où le devoir est net, se poser des questions, c’est déjà la défaite », comme le disait jadis Victor Hugo.
Je réserve la copie de la présente, pour information, à Monsieur Willy Demeyer, Bourgmestre de la Ville de Liège, à Monsieur Christian De Valkeneer, Procureur général près la Cour d’appel de Liège, et à une journaliste, avant qu’ils ne soient informés par les évènements. Il vous est évidemment loisible, quant à vous, d’en informer vos amis Ecolo et plus particulièrement votre ‘homme de main’ - et c’est important - Monsieur Bernard Wesphael, ex-parlementaire wallon, qui voulait être premier en tout, même en victime.
 
Mustafa Üner SARI

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