Le pouvoir et la liberté des poules et des renards en démocratie

Monsieur Elio DI RIPO

Président du Parti Socialiste

13, Boulevard de l'Empereur

1000 Bruxelles

Liège, le 30 mars 2011

Monsieur le Président,

Concerne : "le pouvoir et la liberté des poules et des renards en démocratie"

Lorsque vous étiez l'objet, en 1996, d'"une odieuse machination" sur base d'un dossier dit judiciaire, d'un "montage grossier", vous disiez publiquement que "vous aviez le droit de demander une enquête sur enquête", et que "dans des situations semblables, tous les citoyens devraient avoir ce même droit". En vous écoutant à l'époque, j'avais l'impression de vous entendre dire qu'en démocratie, ou plus exactement dans un Etat de droit démocratique, mêmes les poules (les citoyens ordinaires) ont le droit d'exiger des renards (les détenteurs des pouvoirs bien partagés et non séparés) le respect de leur droit et de la loi. Qu'il ne faut pas croire qu'il s'agit là d'une plaisanterie ou d'un rêve. C'est très sérieux car, dans un Etat de droit, il ne peut y avoir une justice sélective, encore moins un traitement différencié entre, par exemple, un citoyen ordinaire et un vice-Premier ministre.

 A l'époque, je vous avais interpellé, inévitable interpellation restée sans suite, parce que je trouvais votre 'plaisanterie' d'une violence morale inouïe compte tenu de la réalité à laquelle j'ai été injustement forcé à faire face depuis 21 juin 1995, comme vous l'étiez donc en 1996. Et, on est parfois, me disais-je, si embarrassé par les déclarations publiques des dirigeants politiques de son propre pays qu'on a honte d'en être le citoyen. Seize ans plus tard, je me dis que j'avais malheureusement raison de ne pas prendre vos déclarations pour la réalité. Que, quelque soit le régime, les poules n'ont ni la liberté (le pouvoir) ni le droit (le rapport de force) d'exiger des renards quoi que ce soit, même si elles en avaient la capacité, et que le pouvoir sans bornes de ces renards est dangereux, comme vous le constaterez dans la lettre ouverte ci-jointe.

 A présent, je me pose la question de savoir ce que je pourrais faire encore, ici et maintenant, face aux agissements du pouvoir illégitime, illégitime par la façon dont il est exercé ; Montesquieu avait formulé une règle pour guider notre jugement dans ce domaine : "tout pouvoir sans bornes ne saurait être légitime". Autrement dit, pour qu'un pouvoir soit légitime, il ne suffise pas de savoir comment il a été conquis, par exemple par des élections ou par un coup d'Etat, il faut voir encore de quelle manière il est exercé.

Alors, que faut-il faire, selon vous, et que feriez-vous à ma place, Monsieur le Président, au moment où, comme le disait Mirabeau, "la ligne rouge est franchie par l'autorité qui devient arbitraire et oppressive, qui attente aux propriétés pour la protection desquelles elle fut instituée, et rompt le contrat qui lui assura des droits, et la limita" ?  Moment où le mur devient passage parce qu’il n’y a plus de normes à la validité desquelles on peut faire appel.

 S'agissant justement des normes : "Ils bravent toutes les lois positives qu'ils ont promulguées eux-mêmes, mais ils n'opèrent jamais sans prendre pour guide la loi" : je ne comprenais pas 'la contradiction dans les termes' soulevée dans cette phrase que j'avais lue à l'âge de dix-huit ans dans l'analyse, par Hannah Arendt, du fonctionnement d'un système totalitaire. Je n'imaginais donc pas que l'on pouvait braver, violer la loi - et le droit - tout en la prenant pour guide. Je l'ai comprise dans le combat sur terrain judiciaire, à force de faire face aux comportements réflexes des corrompus notoires agissant sous l'emprise exclusive de la sensation perverse de puissance.  

 Espérant bénéficier de votre indulgence pour le dérangement, pour cette indélicatesse, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments respectueux,


Mustafa Üner SARI

 

N.B Le 19 janvier 2004, et sur base des articles concernés du Code d'instruction criminelle, j'avais déposé une requête entre les mains de Madame Laurette ONKELINX, alors ministre "socialiste" de la Justice, afin de solliciter l'ouverture d'une enquête à charge de Madame Anne THILY, alors Procureur général "socialiste" près la Cour d'appel de Liège. Et ce, pour motif de 'corruption par solidarité de corps, dans l'intention manifeste et délibéré de dissimuler et couvrir des actes délictueux et criminels afin de les soustraire à la justice et d'en protéger les auteurs.'

 Madame la Ministre, solidaire avec sa corporation, m'avait répondu qu'il n'y avait aucun élément qui justifiait l'ouverture d'une enquête à ce sujet. Et, lorsque je lui ai demandé de citer un élément, parmi les innombrables éléments soulevés dans ma requête, qui ne justifierai pas l'ouverture de ladite enquête, sa réponse fut : LE SILENCE injustifiable même par l'abus de pouvoir, le comportement réflexe qui proclame 'la loi de l'impunité' comme la seule norme à la validité de laquelle on peut faire appel.


La lettre ouverte: http://mustafasari.skynetblogs.be/archive/2011/03/17/lettre-ouverte.html


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