Lettre à B.Wesphael

Liège, le 29 mai 2009

 Monsieur le député,

 Concerne : un conseil d’ami et une question

Lors du dépôt, le 2 février dernier, de votre plainte très spectaculaire contre X pour cause d’intimidation et de menace, vous disiez : "Ça suffit, j’ai des enfants que je veux voir grandir. Nous sommes à Liège, il y a eu Julien Lahaut, André Cools. Je ne me compare pas à eux, mais je suis en danger." Et vous vous défendiez de "tout penchant parano", comme si vous pouviez également faire l'objet d'une "menace psychiatrique". C’est bien cette autodéfense qui m’a touché le plus dans vos déclarations.

Je ne crois pas que vous soyez en danger de mort comme l’étaient Julien Lahaut et André Cools. Je considère par contre que vous avez eu raison de vous défendre de "tout penchant parano", en pensant peut-être que vous ne voudriez pas que vos enfants petits ou grands, votre épouse ou vos amis soient amenés un jour à vous rendre visite dans un asile psychiatrique où vous pourriez être séquestré par ordonnance judiciaire - et pour votre bien ! - pour cause de maladie mentale, de "psychose paranoïaque" par exemple. A ce propos, pour vous rafraîchir la mémoire, je me contente ici de vous transmettre le document joint.

Qui plus est, si les auteurs - au-dessus des lois et du droit - de ces agissements restaient anonymes ou impunis par la suite, vous auriez alors l’impression de vivre sous une menace permanente, sous le règne sans partage de la loi du plus fort dans une république bananière. Par conséquent, vous ne vous sentiriez plus jamais libre comme avant parce que vous seriez sans cesse forcé à la résignation, cette forme de suicide au quotidien.

 Je ne sais pas pourquoi vous n’avez pas pensé que vos adversaires pourraient également vous mettre sous mandat d’arrêt et vous séquestrer dans une prison afin de vous discréditer et de vous faire taire. Mais il faut une raison pour cela, me diriez-vous. "Oh, vous savez, ils trouveront toujours quelque chose pour vous faire condamner", comme me le disait Julien Pierre, avocat au barreau de Liège, le 21 juin 1995, dans le parloir de la maison d’arrêt à Lantin. Pour l’arbitraire ‘peu importe l’ivresse, pourvu qu’on ait le flacon’, n’est-ce pas ?

La menace de l’enfermement dans un hôpital psychiatrique (la menace du meurtre juridique) est plus dissuasive que l’exécution (le meurtre physique) ou l’emprisonnement (le meurtre moral) 

En vous écoutant et en vous lisant, je me suis souvenu des propos suivants de Robin Munro : "Récemment, Cao Maobing, un syndicaliste, a été interné  par la police dans un hôpital psychiatrique de la province du Jiangsu. Selon le directeur de l’hôpital, une coterie d’experts a diagnostiqué une "psychose paranoïaque". Pourquoi recourir à ces mesures sophistiquées et coûteuses à l’encontre des opposants politiques ou religieux alors que les dictateurs disposent de méthodes bien plus simples pour les neutraliser, comme l’exécution ou l’emprisonnement ? L’une des raisons tient à ce que dans la Chine de l’après Mao, comme en Union Soviétique après la mort de Staline, les leaders réformistes souhaitent limiter les "excès" passés et ont donc mis fin à la liquidation physique de leurs opposants. Il fallait donc inventer des méthodes plus élaborées pour instiller la peur parmi les dissidents potentiels. Et quoi de plus dissuasif que la menace d’enfermement dans un hôpital psychiatrique."

A Liège, comme en Chine ou en Union Soviétique ?

"Nous sommes à Liège", comme vous le dites. Là où il est tout à fait possible - comme ce fut le cas dans la Chine de l’après Mao, en Union Soviétique après la mort de Staline et en Hors-Château sous votre règne - que les ‘Autorités’ que vous dérangez veuillent se débarrasser de vous en utilisant la psychiatrie comme instrument efficace de dissuasion des récalcitrants. Et elles peuvent y parvenir, croyez-moi, en profitant d’une occasion.

J’en veux pour preuve ce que me disait Madame Danièle Reynders, alors Juge d’instruction, lors de l’entretien que j’ai eu avec elle le 16 juillet 2001 : "Vous étiez d’abord devant le palais de justice, puis devant les écolos, vous les dérangiez. Alors, ils ont profité d’une occasion et ils ont tenté de vous faire partir de là." Peu importe, donc, ce pourquoi j'étais, d'abord, devant le Palais de Justice, ensuite devant les écolos…

 

"Ils ont tenté de vous faire partir de là"

 

"Ils". De qui s’agissait-il ? Tout comme les criminels pervers en col blanc - pervers dans le sens moral et non sexuel du terme - tentent par tous les moyens d’effacer les traces de leur crime pour mieux se l’approprier, il m’a fallu plus de dix ans pour trouver, entre autres, la réponse à cette question. A présent, tout est clair, sauf un point important qui exige un éclaircissement.

 En tant que guide wallon incontestable de la promotion de "l’éthique politique et de la bonne gouvernance", même si votre main gauche ignore trop souvent ce que fait votre main droite, je sais que vous pourriez m’aider pour obtenir cet éclaircissement afin de clôturer mon enquête concernant l’affaire qui me préoccupe depuis le 19 mars 1999. Et ce, en pensant que dans la mémoire des hommes la prescription par usure de temps, une invention des juristes, n’existe pas, comme il n’existe pas de vielles histoires quand il s’agit des principes fondamentaux.

 Je voudrais en effet que vous m’aidiez à identifier une personne parmi celles qui ont effectivement voulu me faire partir de là (de la rue Hors-Château). Il s’agit d’une personne qui aurait téléphoné, le 19 mars 1999, aux environs de 16.00 heures, au magistrat de garde à Liège. Je crois savoir que José Daras et Muriel Gerkens, notamment, mais aussi Madame Danièle Reynders, Procureur du Roi de Liège, et Monsieur Cédric Visart de Bocarmé, Procureur Général près la Cour d’appel de Liège, vous guideraient volontiers pour vous faciliter la tache. Je tiens néanmoins à vous transmettre les informations suivantes :

 

-  Le 27 novembre 2000, Muriel Gerkens m’écrivait : "Nous avons estimé qu’il était de notre devoir d’informer le magistrat de garde de la situation. Celui-ci a pris l’initiative d’envoyer un médecin, lequel a demandé la mise en observation de M. Sari." Donc, c’est cet individu étrange nommé ‘Nous’ qui aurait téléphoné au  magistrat de garde pour l’informer. Celui-ci aurait  pris l’initiative d’envoyer un médecin.

 -  Sept mois plus tard, soit le 18 mai 2001, Muriel Gerkens, encore elle, m’écrivait" : "Ce sont les circonstances du moment qui nous ont amenés à demander l’intervention d’un médecin via le magistrat de garde qui a abouti à une mise en observation." Donc, c’est encore ce même individu étrange qui aurait téléphoné au même magistrat pour, cette fois, appeler un médecin.

 Comme vous pouvez le constater, ces déclarations sont celles d’une psychologue perverse qui n’a aucune crainte de se contredire. Une propagandiste chevronnée dont le rôle est de dissimuler les desseins réels sous les déguisements les plus nobles, selon ses prétendues "perceptions" plus qu’intéressées des choses. Et qui ignore volontiers que c’est le rôle des citoyens libres de scruter les actes pour dépouiller les mensonges de leur accoutrement.

 -  Le 18 décembre 2001, sur base des informations que Muriel Gerkens lui aurait transmises, Fabien Moreau, alors Secrétaire du groupe Ecolo au Sénat, m’écrivait : "Mon mail à M. Gerkens était motivé par le fait qu'elle m'avait d'abord présenté votre mise en observation comme volontaire.  Il se fait que le recours à un magistrat en faisait bel et bien une collocation, en tous cas sur le plan formel, ce qui, comme je l'écrivais, fait mauvais ménage avec un débat d'ordre politique. Je crois pouvoir dire que j'ai eu réponse à mes questions ; quant à savoir si des mandataires Ecolo, en nom propre ou pour compte de la régionale, ont joué un rôle dans la saisine du procureur du roi, j'ai ma réponse: c'est oui, pour ce qui concerne J. Daras."

 Donc, selon les informations transmises par Muriel Gerkens, José Daras, lui seul, aurait donc joué un rôle dans la saisine du procureur du roi. De quel rôle s’agissait-il ? Faut-il comprendre par là que c’est José Daras qui était l’auteur de ce coup de téléphone ?

 -  Réponse : lors de sa rencontre, le 7 février 2008, avec des citoyens devant la maison des écolos, là où j’ai mené ma dernière grève de la faim, José Daras disait : "Ce jour-là, … nous avons téléphoné au magistrat de garde …, ce n’est pas moi qui ai téléphoné  …."

 Question

 Selon vous, Monsieur le député, qui était l’auteur de ce coup de téléphone, si coup de téléphone il y avait ?

Précisions

Je précise d’abord que la réponse à cette question contribuera à établir la preuve de ce que le scénario diabolique de ma mise en observation avait été soigneusement élaboré depuis le mois de novembre 1998, notamment par les mandataires écolos concernés - dont vous Monsieur le député - en complicité étroite avec les magistrats et auxiliaires concernés du parquet de Liège. Qu’il a été mis en scène, le 19 mars 1999, dans les circonstances que vous n’ignorez point. Et que ce fut la reprise d’un vieux projet de Madame Anne Thily, alors Procureur général près la Cour d’appel de Liège. Projet dont la mis en œuvre fut avorté à temps en 1997.

Je précise ensuite que dans son ordonnance de soit communiqué du 4 septembre 2002, Madame la Juge d’instruction Danièle Reynders constatait : " A ce stade de l’enquête, le dossier n° de notice 52.99.99/01 concerne des magistrats : Madame A. THILY, Madame A. SPRIESTERBACH, Monsieur P. WILMART, Monsieur SCHOLTES, Madame SCHAAPS, un sieur DETAILLE à mieux identifier, et des mandataires politiques : Messieurs JAMART et MOHR, Monsieur José DARAS, Monsieur Thierry DETIENNE, Madame Muriel GERKENS, Monsieur Bernard WESPHAEL."

Il ne serait certainement pas inutile de demander à José Daras et à Louis Genet s’ils connaissent les prétendus "mandataires politiques Messieurs JAMART et MOHR", ainsi que le magistrat "Monsieur P. WILMART" et non le magistrat de garde.

Soit dit en passant, l’ordonnance de soit communiqué citée ci-dessus concernait ma plainte du 26 janvier 2001, avec constitution de partie civile, déposée entre les mains de Madame Danièle Reynders pour cause d’intimidation et de menace par voie juridico-psychiatrique. In fine, ce dossier d’instruction fut transmis au Parquet général, lequel l’a classée sans suite. S’est posée alors la question de savoir si le traitement pour le moins singulier - en faveur des privilégiés - dont a fait l’objet ce dossier, était respectueux ou non de la loi ainsi que des règles et principes les plus élémentaires du droit.

En réponse à cette interrogation, Maître DAYEZ, avocat au Barreau de Bruxelles, m’écrivait dans son courrier du 8 mars 2006 : ""Il me paraît évident que cette manière d’agir procède de la volonté délibérée de vous museler et d’empêcher que vous fassiez valoir vos revendications."

Dans un Etat de droit, comment peut-on ‘délibérément’ museler la mémoire, la vérité et la justice ?

L'Etat de droit démocratique, Monsieur le député, pourrait être défini comme celui qui garantit la gestion non-violente du pouvoir. Cependant, cette ‘adéquation théorique’ entre la démocratie et l'Etat de droit, questionne la ‘légitimité’ même de toute résistance. Puisqu'en principe, dans un Etat de droit, chacun est soumis au droit et tenu par lui, et que le pouvoir judiciaire a pour rôle  fondamental de pacifier les conflits par le droit et non par pression, chantage, menace, intimidation, corruption ou la loi du plus fort. En outre, le principe de séparation des pouvoirs garantit que les trois pouvoirs - exécutif, législatif et judiciaire - sont distincts et donc se limitent mutuellement.

Mais, comme ce fut le cas dans la situation qui me préoccupe depuis de longues années, à l’ombre de ces principes, de ces règles ou normes, dont l’Etat de droit suppose une application 'réelle' et 'indifférenciée', il arrive que des représentants tant du pouvoir judiciaire que du ministère public abandonnent leurs attributions juridictionnelles ou judiciaires et collaborent avec des représentants des autres pouvoirs pour des raisons extrajudiciaires, dans la convergence d'intérêts… divergents.

Sous l’emprise redoutable de la sensation perverse de pouvoir, ils prennent distance par rapport au droit, ils s'écartent de la légalité, et substituent à la recherche de la vérité une problématique de pouvoir, en bravant toutes les lois positives mais en n'agissant jamais sans prendre pour guide la loi, et en faisant exister un ordre pervers où la violence, qui résulte d’un rapport de force archaïque et élémentaire, fait loi.

Ce qui conduit inévitablement dans une zone de non droit - une impasse totalitaire redoutable - où règne en maître l’impunité totale en faveur des 'privilégiés', à savoir, dans le cas qui nous préoccupe, les représentants concernés de la puissance publique - dont des magistrats et des mandataires politiques, notamment - qui, en principe, sont pourtant soumis eux aussi au droit, et tenus par lui.

D’où précisément la question fondamentale de savoir dans quelles circonstances précises le devoir de résistance devient nécessaire et légitime dans le cadre du régime démocratique régi par un Etat de droit. Elle l’est certainement, me semble-t-il, lorsque le pouvoir devient abusif, et lorsque la démocratie bascule dans l'autoritarisme ou dans l’autocratie.

Un conseil d’ami

C’est pourquoi, si j’étais à votre place, je ne solliciterais pas, le 7 juin prochain, le suffrage des citoyens avant de me transmettre la réponse à la question posée ci-dessus. Je sais que ce conseil est tardif puisque les élections auront lieu dans quelques jours. Mais ce retard est indépendant de ma volonté. Passé ce délai, je vous conseillerais alors d’avoir ladite réponse dans votre poche pour que vous puissiez me la livrer sur le champ le jour où je vous la demanderai, en vous mettant face à face avec mon exigence légitime du respect de la loi et du droit que vous ne respectez pas.

Quant à la vérité que j’ai souhaité - et que je souhaite - atteindre, ce n’est pas pour me débarrasser d’elle que je l’ai cherchée durant ces longues années, mais pour sauver du néant tout le passé qui s’y noierait sans elle. Je l’ai cherchée pour que ce qui, sans elle, ne serait même plus du passé, renaisse à l’existence dans cet unique présent hors duquel rien n’existe. Car il arrive un moment, Monsieur le député, où les premiers mensonges sont perdus dans le lointain, estompés par la distance, souvent oubliés, et où les derniers en date empruntent à leur enchaînement logique, une apparence de vérité purement artificielle, comme sur une scène de théâtre où les accessoires réels contribuent à renforcer l’illusion du décor soigneusement peint et habilement entretenu par d’honorables, mais redoutables, délinquants au col blanc.

Quant à l'oubli, c’est une illusion : il est l’autre face du mensonge, comme la vérité et la mémoire sont celles de la justice. Ce qui nous embarrasse, ce n’est pas l’oubli mais son impossibilité, notre soif de connaître la vérité et de voir le droit dit et la justice rendue. N’est-ce pas pour les même raisons que vous avez déposée votre plainte contre X, en estimant que le pouvoir judiciaire a pour rôle fondamental de pacifier les conflits par le droit.

En espérant être entendu, je reste à votre entière disposition pour toute information et explication que vous souhaiteriez avoir avant le 7 juin prochain,

 

Annexe : une page

 

Mustafa Üner SARI
ms.sari@gmail.com

Commentaires

  • Que se passe t'il ? Ce député est-il honnête selon vous? Merci de m'éclairer un peu...

  • Que se passe t'il ? Ce député est-il honnête selon vous? Merci de m'éclairer un peu...

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