A propos des questions...

Madame Muriel GERKENS

Députée Fédérale EcoloLiège, le 15 octobre 2007

Madame la Députée,

Concerne : les questions écrites que je vous ai communiquées lors de notre entretien du 8 octobre courant et auxquelles j’exigerai réponse par tous les moyens que j’estimerai légitimes.

Par la présente, je tiens à vous dire que les réponses que vous donnerez, au moment venu, aux questions que je vous pose doivent impérativement être justifiées par des preuves matérielles incontestables : à savoir, documents (preuves écrites) relatifs aux actes accomplis et aux décisions prises par les représentants concernés des pouvoirs publics (judiciaire et exécutif), par les membres concernés du corps médical, et par les mandataires et parlementaires concernés de votre parti.  Pour être plus précis, je vous propose ici de prendre, comme exemple, la première question que je vous pose afin de mettre en exergue la différence entre la réponse à la question posée et une réponse donnée pour mieux éluder la question. Une réponse, c’est-à-dire une histoire hallucinante construite, et racontée, en s’écartant de la réalité des faits, et en éliminant toutes les données qui ne cadrent pas avec vos aspirations.Exemple Les faits

Dans sa lettre du 23 septembre 2006, Bernard Wesphael m’écrivait : "Concernant le courrier du 13 janvier 2004 dont nous avons aujourd’hui eu l’occasion de discuter, je te confirme qu’à l’époque pour des raisons que je n’ai pas à juger il n’y a pas eu consensus sur le contenu de la lettre dont question."

Bernard Wesphael m’expliquait ainsi la raison pour laquelle ledit courrier du 13 janvier 2004 ne m’était pas transmis après être signé, comme nous nous en étions convenu au terme de l’élaboration de ce même courrier durant six mois.

La question

Qui parmi vous aurait contesté les faits reconnus dans ce courrier du 13 janvier - faits établis sur base des preuves matérielles irréfutables - et selon les contestataires, quelle serait la version de ces mêmes faits ?

La réponse

Quant au fond,  j’estime que la réponse à cette question ne pourrait être que celle-ci : ‘ceux qui ont contesté les faits mentionnés dans le courrier du 13 janvier, et qui ont refusé de les reconnaître sont les personnes suivantes : Mesdames, Messieurs X, Y, Z…. Et, selon ces personnes, les preuves ci-jointes prouvent le contraire de ce qui est reconnu ou affirmé dans ce même courrier’. Réflexion faite

Dans la note de l’orange-bleue concernant la politique étrangère, la défense et la coopération au développement, nous lisons : "La politique étrangère du gouvernement se fondera sur le respect des droits de l’homme et la promotion de l’Etat de droit …. Par ailleurs, il (le gouvernement) luttera contre les causes et les conséquences … de l’impunité …." Je me demande comment peut-on exiger, à l’extérieure, le respect des droits de l’homme et la promotion de l’Etat de droit, et lutter contre les causes et les conséquences de l’impunité, alors que, à l’intérieure, cette même exigence et cette même lutte sont considérées comme des vils agissements d’un malade mental ? C’est cette interrogation qui m’oblige à vous offrir, Madame la Députée, le texte ci-dessous extrait de la lettre ouverte que j’ai adressée, le 2 juillet 2007, à Monsieur le machiavélique Ministre d’Etat José DARAS :    

"A titre personnel, il m’importe peu que j’aie été détenu quatre jours dans une prison, en 1995, séquestré deux jours dans un hôpital psychiatrique, en 1999, après avoir été l’objet d’une tentative d’assassinat, en 1986… Tous ces agissements, qui sont la preuve d’une médiocrité totalitaire déconcertante, me laissent absolument indifférent. Ce qui m’importe, par contre, c’est de refuser la résignation face aux pouvoirs arbitraires et oppressifs, et de dire non à la loi de l’impunité. Au risque sinon de me rendre complice volontaire de la banalisation de l’intolérable, et de faire des concessions, sous les dehors du compromis, sur un principe et sur une valeur, l’un aussi fondamental que l’autre dans mon existence. Principe et valeur qui exigent le respect inconditionnel du droit et le respect inconditionnel de la loi. Pour partager avec un ami la raison fondamentale de mon inquiétude attachée à mon exigence du respect du droit, je reprends ces propos de African Spir : "Le 1 paraît infiniment petit par rapport au 1.000.000. Mais qu'on mette le 1=0, et tout le 1.000.000 s'évanouit aussitôt. Il en est exactement de même du droit. En lésant le droit d'un seul individu, la société renverserait par-là les bases mêmes sur lesquelles repose la conscience intime du droit, les bases de tout Etat réellement équitable. Car si on ne respecte pas le droit d'un membre de la collectivité, il n'y a pas de raison valable pour que l'on respecte celui de n'importe quel autre membre, et partant, de tous."De fait, la violation, à un endroit, du droit d’un seul individu n’a-t-elle pas des résonances ou des répercussions un peu partout dans le monde ? Si on ne respecte pas aujourd’hui, ici et maintenant, le droit d'un seul individu, y a-t-il une - et une seule - raison valable pour que l'on respecte demain, ici ou ailleurs, celui de n'importe quel autre individu, et partant, de tous ? Et partant, de toutes les générations futures, en pensant, si possible encore, que notre devoir moral est de leur permettre d’inventer l’avenir ? Quant à la motivation fondamentale de mon exigence du respect de la loi, je voudrais la partager entre amis en reprenant ces propos que tenait Hannah Arendt en 1951 : "Abolir les barrières des lois entre les hommes équivaut à supprimer les libertés humaines et à détruire la liberté en tant que réalité politique vivante. L’espace entre les hommes tel qu’il est délimité par les lois est l’espace vital de la liberté." Lacordaire, le prêtre dominicain qui siégea sur les bancs de la gauche à l’Assemblée constituante de 1848 en France, le disait déjà : "Il y a des moments où c’est la liberté qui opprime et la loi qui délivre." Nous comprenons ainsi que, dans l’évolution humaine, vient un moment où c’est la liberté sans loi, ou la loi sans liberté, qui opprime, et l’effort conjugué de la liberté et de la loi qui délivre.  C’est pourquoi, j’exigerai jusqu’au bout, ici comme ailleurs, le respect inconditionnel du droit pour la pérennité de l’Etat de droit, et le respect inconditionnel de la loi pour la pérennité de cette valeur vitale "la Liberté". Et ce, en tendant l’oreille, une fois encore, au Mahatma Gandhi : "Tout compromis repose sur des concessions, mais il ne peut y avoir concession quand il s’agit des principes fondamentaux." J’espère être compris. A très bientôt,Mustafa Üner SARI

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