Lettre ouverte à J.Daras

 

Lettre ouverte

 

À Monsieur José DARAS, ex-Sénateur Ecolo

 

 

Entre le 9 juillet 1998 et le 7 janvier 2002

 

 

Le vendredi 19 mars 1999

 

 

Un jour marquant où l’ignominie totalitaire atteignit son paroxysme

 

 

 

Avant la lettre

 

A titre personnel, il m’importe peu que j’aie été détenu quatre jours dans une prison, en 1995, séquestré deux jours dans un hôpital psychiatrique, en 1999, après avoir été l’objet d’une tentative d’assassinat, en 1986… Tous ces agissements, qui sont la preuve d’une médiocrité totalitaire déconcertante, me laissent absolument indifférent. Ce qui m’importe, par contre, c’est de refuser la résignation face aux pouvoirs arbitraires et oppressifs, et de dire non à la loi de l’impunité. Au risque sinon de me rendre complice volontaire de la banalisation de l’intolérable, et de faire des concessions, sous les dehors du compromis, sur un principe et sur une valeur, l’un aussi fondamental que l’autre dans mon existence. Principe et valeur qui exigent le respect inconditionnel du droit et le respect inconditionnel de la loi.

 

Pour partager avec un ami la raison fondamentale de mon inquiétude attachée à mon exigence du respect du droit, je reprends ces propos de African Spir : "Le 1 paraît infiniment petit par rapport au 1.000.000. Mais qu'on mette le 1=0, et tout le 1.000.000 s'évanouit aussitôt. Il en est exactement de même du droit. En lésant le droit d'un seul individu, la société renverserait par-là les bases mêmes sur lesquelles repose la conscience intime du droit, les bases de tout Etat réellement équitable. Car si on ne respecte pas le droit d'un membre de la collectivité, il n'y a pas de raison valable pour que l'on respecte celui de n'importe quel autre membre, et partant, de tous."

 

De fait, la violation, à un endroit, du droit d’un seul individu n’a-t-elle pas des résonances ou des répercussions un peu partout dans le monde ? Si on ne respecte pas aujourd’hui, ici et maintenant, le droit d'un seul individu, y a-t-il une - et une seule - raison valable pour que l'on respecte demain, ici ou ailleurs, celui de n'importe quel autre individu, et partant, de tous ? Et partant, de toutes les générations futures, en pensant, si possible encore, que notre devoir moral est de leur permettre d’inventer l’avenir ?

 

Quant à la motivation fondamentale de mon exigence du respect de la loi, je voudrais la partager entre amis en reprenant ces propos que tenait Hannah Arendt en 1951 : "Abolir les barrières des lois entre les hommes équivaut à supprimer les libertés humaines et à détruire la liberté en tant que réalité politique vivante. L’espace entre les hommes tel qu’il est délimité par les lois est l’espace vital de la liberté." Lacordaire, le prêtre dominicain qui siégea sur les bancs de la gauche à l’Assemblée constituante de 1848 en France, le disait déjà : "Il y a des moments où c’est la liberté qui opprime et la loi qui délivre." Nous comprenons ainsi que, dans l’évolution humaine, vient un moment où c’est la liberté sans loi, ou la loi sans liberté, qui opprime, et l’effort conjugué de la liberté et de la loi qui délivre.

 

C’est pourquoi, j’exigerai jusqu’au bout, ici comme ailleurs, le respect inconditionnel du droit pour la pérennité de l’Etat de droit, et le respect inconditionnel de la loi pour la pérennité de cette valeur vitale "la Liberté". Et ce, en tendant l’oreille, une fois encore, au Mahatma Gandhi : "Tout compromis repose sur des concessions, mais il ne peut y avoir concession quand il s’agit des principes fondamentaux."

 

Monsieur l’ex-Sénateur,

 

Je me permets d’entamer la présente en te tutoyant et en te rappelant l’essentiel sur lequel aucune concession n’était, n’est et ne sera possible. A savoir, mon refus catégorique de me résigner devant la loi du plus fort qui se veut le socle officiel de l’impunité judiciaire, et surtout, de l’impunité politique. Impunités dont ont bénéficié, et bénéficient encore aujourd’hui, les acteurs d’un spectacle à caractère totalitaire, qui se joue dans les coulisses des pouvoirs depuis de très longues années. Quant à l’enjeu défendu par ces agissements hors-la-loi et contre le droit, il se cache derrière les questions ci-dessous auxquelles j’exige, ici et maintenant, des réponses précises. C’est bien cette exigence, elle seule, qui motive l’action que j’engage aujourd’hui. Quant aux faits relatifs aux questions, notamment, j’estime utile de t’en rappeler quelques-uns afin de rafraîchir ta mémoire. Ce que je ferai dans le chapitre qui suit. 

 

  Les questions

 

1.  Il s’agit, d’abord, des trois questions que je t’ai posées, à toi seul, dans ma lettre du 19 avril 2007 dont copie ci-jointe (annexes I, pages 2).

 

2.  Il s’agit, ensuite, des trois questions que j’ai posées à toi et à tes acolytes dans la lettre ouverte que je vous ai adressée le 19 avril 2006 également, dont copie ci-jointe (annexes II, page 2 ‘la première question’, page 3 ‘la deuxième question’ et page 4 ‘la troisième question’).

 

3.  Et enfin, il s’agit des quatre questions que vous devriez, toi et tes acolytes, poser à Madame la Ministre de la Justice, comme je l’ai précisé dans ma lettre ouverte du 19 avril citée au point 2 ci-dessus (page 2 ‘quatre autres questions’).

 

Ma demande

 

Je souhaite que vous répondiez, toi et tes acolytes, aux questions citées aux points 1 et 2. Que vous demandiez réponse à Madame la Ministre de la Justice aux questions citées au point 3. Et que vous me transmettiez vos réponses et celles de Madame la Ministre.

 

Le reste

 

Nous en parlerons en temps opportun, car la maladie dont je mourrai, ne sera sûrement pas la résignation. Même si j’écoute attentivement, et depuis longtemps, Myriam Revault d’Allones qui écrit : "Que la politique soit maléfique, qu’elle charrie avec elle tout un défilé de pratiques malfaisantes, implacables ou perverses, c’est là une vieille plainte aussi vieille que la politique elle-même, une plainte aussi vieille que le monde. La politique est le champ des rapports de force. La passion du pouvoir corrompt. L’art de gouverner est celui de tromper les hommes. L’art d’être gouverné est celui d’apprendre la soumission, laquelle va de l’obéissance forcée à l’enchantement de la servitude volontaire. Personne n’ignore ces banalités, et pourtant elles n’existent pas moins."

 

Je te dis à très bientôt, José, et te souhaite bonne lecture de la suite.

 

 

 

 

 

 

 

Rappel des faits

 

et considerations liées aux faits

 

 

 

 

 

Mise au point  à propos de l’alibi de forme

 

 

 

"Je n'ai ni pris de gants, ni choisi des  mots polis, ni tenté de transiger avec quelque chose que la plupart d'entre nous éprouvent profondément. Il n'y a pas de terre promise pour les opprimés du monde entier. Il n'existe aucun lieu au-delà de l'horizon où ils peuvent trouver refuge. Il leur faut tenir debout."

 

Charles Chaplin, "Dictateur" 

 

 

Depuis des années, j’écoute le même refrain chanté par des propagandistes, les figurants d’une perpétuelle Love Parade totalitaire : "Avec Sari, il n’y a rien à redire sur le fond, mais il reste un problème de forme." En les lisant ou en les écoutant, j’ai toujours eu l’impression de me trouver face à des membres d’une nomenklatura, version démocratique, qui ordonnent l’expulsion de tout ce qui dérange, la diabolisation de tout ce qui contredit. Et ce, en vertu d’une loi tacite interdisant à quiconque d’agir ou de s’exprimer sans leur aval, et le cas échéant, sans avoir le souci de leur plaire. Comme je répugne la résignation devant le diktat, autant que l’envie d’agir pour plaire, je suis resté fidèle, librement, à la forme comme au fond. Parce que j’estime que c’est la forme qui fait remonter le fond à la surface, en s’appuyant sur le sens des mots intrinsèque à sa structure expressive.

 

 

Un journaliste

 

Ce fut aussi le cas à l’époque où j’errais en Hors-Château à Liège. ‘Le Journal du Mardi’ avait sollicité Monsieur Alain Lallemand, juriste, journaliste au journal ‘Le Soir’, pour avoir son avis me concernant. Le journaliste commençait par exposer son opinion au sujet de mes capacités : "Il est capable du meilleur comme du pire". Puis, le juriste donnait son appréciation au sujet du fond de l’affaire qui me préoccupe : "Ses attaques en ce qui concerne le Parquet général de Liège me semblent bonnes sur le fond." Ensuite, le démagogue étalait ce qui restait de ses opinions, comme s’il voulait confirmer que la propagande est à la société démocratique ce que la matraque est au régime totalitaire : "Avec Sari, il n’y a souvent rien à redire sur le fond, mais il reste un problème de forme. La manière dont il s’exprime est inadmissible. Mettre des gants dans sa liberté d’expression, ce n’est pas faire des compromissions." Et, il témoignait en ‘ma faveur’ : "En ce qui me concerne, je peux témoigner qu’il n’est pas fou."

 

Je souriais en lisant son opinion concernant la forme, à savoir la manière dont je m’exprime. Parce que son témoignage était le dernier exemple qui justifie le bien-fondé de ce qu’il qualifie d’inadmissible. De fait, il sait qu’il est intolérable de participer à un débat public organisé, à fin de propagande, autour de la mise en cause de la santé mentale d’un individu. Il sait aussi que, pour participer à ce débat-là, il faut avoir une disposions mentale douteuse, pour ne pas dire bolchevique ou stalinienne. Même si cette participation se limite à donner un avis, et un avis favorable. Mais, lorsque je lui ai fait remarquer le caractère intolérable de son attitude, il a trouvé inadmissible que je le lui dise. Persuadé de n’être jamais rattrapé par la vérité qui monte par les escaliers, il a repris l’ascenseur avec le pire des mensonges, le mensonge à soi. Il s’est alors proclamé, une fois encore, victime d’une injure pour s’auto-acquitter au détriment formel d’un autre coupable. Fier d’être coupable, je considère  que, si je n’avais pas mis pas devant son nez son attitude puante, j’aurais vraiment été un lâche "capable du pire" : être capable de faire semblant de ne pas voir les mains de fer de la psychiatrie stalinienne dans des gants de velours, et de faire des compromissions avec le silence des pantoufles, pire que le bruit des bottes.

 

Quant au fond, supposons que mes propos soient souvent, ou systématiquement, de nature injurieuse ou insultante, comme il le dit, sans le dire. Qu’est-ce qu’une injure si ce n’est l’expression outrageante qui ne renferme l’imputation d’aucun fait précis ? Qu’est-ce qu’une insulte si ce n’est la parole - des mots - qui a pour seul objet d’outrager, d’offenser, de blesser la dignité ou l’honneur sans que celle-ci ne renferme non plus l’imputation d’un quelconque fait précis ? Si mes propos - ou plus exactement, les mots que j’utilise - sont insultants ou injurieux, c’est qu’ils ne renferment l’imputation d’aucun fait précis appuyé par des preuves aussi précises. Alors, je ne vois vraiment pas comment le juriste n’aurait rien à dire sur le fonds où aucun fait, rien, ne serait fondé. A moins qu’il ne dise jamais ‘chat’ pour désigner un ‘chat’. (Pour exemple, voir ‘La réponse persistante’, page 47).

 

Alors, comment comprendre une telle contradiction hallucinante pour mieux lui faire face. La destruction des faits intimement liée à celle du langage implique, remarque Jean-Pierre Le Goff, un oubli originaire mis en œuvre par les mécanismes du ‘blanc-noir’, ou de ‘la double-pensée’, qui constitue le point ultime de ce système de duperie mentale. Il ne s’agit pas seulement de nier les faits les plus évidents, l’important est d’arriver à croire que le noir est blanc. L’individu sait qu’il triche avec les faits, mais il se persuade qu’il n’en est rien. Il est ainsi amené à garder à l’esprit simultanément deux croyances contradictoires et les accepter toutes les deux. Cette double-pensée entraîne l’individu dans une spirale schizophrénique : connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, il émet des mensonges soigneusement agencés. Il retient simultanément deux opinions alors qu’il les sait contradictoires et croit à toutes deux. Bref, il répudie la morale alors qu’il se réclame d’elle.

 

 

Parlementaires et mandataires politiques

 

Brillants dans l’art de répudiation de l’éthique alors qu’ils s’en réclament, les mandataires écolos ont soutenu longtemps, en Hors-Château, qu’une demande que je leur avais adressée, aurait heurté le principe de la séparation des pouvoirs, et qu’elle aurait rencontré le refus du Ministre de la Justice de statuer sur un dossier personnel. J’ai soutenu, quant à moi, qu’ils mentaient volontairement et délibérément, parce que ladite demande ne pouvait ni heurter le principe évoqué, ni rencontrer un quelconque refus du Ministre. Au terme de trois ans et demi de résistance que j’ai assumée devant la porte de leur parti, ils ont reconnu leur mensonge. "Mais", écrivait-elle, Muriel GERKENS, députée fédérale et psychologue, "Il y a deux histoires, l’une aussi vraie que l’autre" (voir page 12). Et, quand je leur disais qu’ils excellaient dans l’art de manipulation et de perversion, ils se proclamèrent "victimes" des injures et des insultes.

La concierge et son chef

 

Et un jour, le journal ‘La Meuse’ m’apprenait, toujours en Hors-Château, que j’aurais entamé d'abord une grève de la faim, puis j’aurais décidé de m'adresser aux mandataires écolos. Et que j’aurais séjourné dans un hôpital psychiatrique pendant trois semaines avant d’entamer la grève. J’ai écrit une lettre au Chef pour contredire les ragots diffusés. Mais j’ai oublié qu’il ne faut jamais dire aux ‘journalistes’, non plus, ce qu’ils font, ni contester les mensonges dont ils font montre. Au risque sinon de les voir "regretter vivement que tant d’obstination à vous chercher des ennemis ait pu vous amener à les (écolos) déclarer aussi au nombre de ceux-ci", comme me l’écrivait Jacky Morael, ex-secrétaire fédéral du parti Ecolo, diplômé de la même école de communication moderne que Philippe Miest, Rédacteur en chef du journal, qui me disait le 6 août 1999 :

 

 

"Monsieur,

 

Nous avons pris connaissance de votre courrier du 4 courant, qui a retenu toute notre attention. A la relecture de l’article concerné, il n’apparaît nullement que son auteur ait fait preuve « de malveillance, de mauvaise foi, de manque d’éthique professionnelle déconcertante ». Il a rappelé les faits récents et a posé une question que ne manquent pas de se poser les différents observateurs de votre histoire. Nous ne pouvons par contre rester indifférents au caractère injurieux des termes que vous employez à l’égard de membres de notre rédaction. Ils écornent sérieusement le sentiment de sympathie que d’aucuns pourraient éprouver à votre égard et confortent le malaise ressenti par les autres…"

 

 

Le Caporal estima que sa recrue fut ‘victime’ des injures, en faisant preuve, à son tour, d’un manque d’éthique professionnelle déconcertante, d’une malveillance et d’une mauvaise foi hors du commun. Pour lui être sympathique et atténuer le malaise des autres (journalistes), j’aurais sans doute dû me taire et accepter, par mon silence coupable, les ragots racontés par sa concierge très mal déguisée en ‘journaliste’. Ils sont vraiment très délicats, bien intentionnés et fort fragiles même s’ils ne le laissent pas paraître. Dit autrement, ils sont assez pervers pour affecter les dehors des sentiments qu’ils n’éprouvent pas.

 

 

Magistrats et auxiliaires

 

Pour prendre un dernier exemples parmi tant d’autres autrement plus graves (voir pages  42-49), je reviens ici sur notre juriste et journaliste, Monsieur Alain Lallemand, qui avait trouvé aussi inadmissible la manière dont je me suis exprimé dans mes correspondances avec les terroristes d’Etat. Le 3 mai 1995, a été déposée dans ma boite aux lettres cette convocation datée du 28 avril de cette même année :

 

 

« Monsieur SARI,

 

Je vous prie de vouloir bien vous présenter à l’annexe du palais de Justice, rue du Palais, no 11, le mercredi 3 mai 1995, à 09.00 heures, pour y être entendu par le soussigné, concernant l’ASBL La Maison des Turcs – Türk Toplumu. Prier de vous munir des documents suivants :

Les comptes de l’ASBL.

Le registre des procès-verbaux des assemblées générales des membres.

Les bilans de l’ASBL, de 1989 à ce jour.

Les budgets prévus par la loi, de 1989 à ce jour.

Les pièces justificatives des entrées et des sorties figurants sur le compte de l’ASBL, à la C.G.E.R, de 1989 à ce jour.

Les preuves du paiement (bulletins de versements) suite à l’achat de la mercedes 190, plaque CPK252.

Les preuves du paiement de l’assurance et de la taxe de circulation de ce véhicule, depuis son achat jusqu’à ce jour.

 

Officier de Police Judiciaire.

D. BOTSON. »

 

 

Il s’agissait là d’un ‘billet’ qui annonçait l’exécution imminente d’une condamnation sans jugement, que la propagande diffusait dans tous les coins de rue depuis le mois de mai 1994 : "Sari ira en prison un jour, mais il n’en devinera pas la raison jusqu’à son arrestation." Une sorte de réquisitoire qui exprimait l’arrogance des corrompus, la vulgarité du pouvoir et la médiocrité de l’arbitraire, à la fois. Un ‘ordre’, ou une ‘menace’, qui exigeait mon adhésion individuelle à la soumission présentée sous le dehors d’une obligation légale collective. Il m’a fallu dire à ce terroriste de bas étage - l’Officier - ainsi qu’à ses commanditaires, qu’il se trompait de porte. Mais le dire avec des termes bien choisis pour que le message soit compréhensible par lui et par ses maîtres. Avec des termes suffisamment imprudents et grossiers, voire même vulgaires, mais pas insultants ni injurieux. Car, j’estime que les mots, la façon de nommer et de qualifier, impliquent une certaine attitude devant les faits, et surtout, face à des délinquants en col blanc qui, "à force de péter trop haut", dans l’ivresse de l’abus de pouvoir, "prennent leur cul pour leur cerveaux", comme le disait jadis Julos Beaucarme.

 

Ce qui fut fait. Dans ma lettre du 6 mai 1995, j’ai fait savoir à l’Officier, en substance, que je ne me présenterai jamais dans son bureau, ni répondrai à sa convocation, ni lui communiquerai un quelconque document. Que, s’il insistait, j’irai extraire, et à la demande d’un magistrat instructeur, les documents demandés de l’endroit où je pourraient les trouver, à savoir dans son endroit le plus intime, et je les lui remettrai en main propre. Puis, le silence hurlait, comme d’habitude. Mais, ayant pris acte de ma promesse, me disais-je, ils cherchent sans doute une voie royale pour m’atteindre. Le 21 juin 1995, j'ai été convoqué par téléphone au palais de justice à Liège, sous prétexte de me faire confirmer une plainte que j’avais déposée, un an auparavant, en main d’un Juge d’instruction. Cette plainte concernait les agissements répugnants d’une organisation turque d’extrême droite. A mon arrivée au Palais, j’ai été privé de liberté. Le lendemain, j’ai été mis sous mandat d'arrêt pour cause d’escroquerie et de détournement de fonds. J’ai ensuite été séquestré, durant quatre jours, dans un milieu carcéral appelé ‘maison d’arrêt’ dans sa version démocratique, pour mieux soustraire au regard sa vocation occasionnellement politique.

 

Dès ma libération le 26 juin, j’ai engagé publiquement la lutte contre la politique du ‘terrorisme d’Etat’ élaborée et exécutée par voie judicaire. Le 31 juillet 1995, le Juge d’instruction Fernand BRASSEUR, qui m’avait délivré ce mandat d’arrêt, a délibérément et volontairement transformé en faute ce qui aurait pu être considéré jusqu’à lors, et en son chef, comme une erreur, mais une erreur d’une gravité extrême. De fait, en faisant preuve de son arrogance nauséabonde, "il n’appartient pas encore à l’inculpé ou à son conseil, de choisir "son" juge ou "ses" enquêteurs, faisait-il remarquer, dans un courrier adressé à Maître Julien PIERRE, avocat au barreau de Liège. Ce que je trouvais terrifiant dans ces propos, c’est que cet individu s’estimait encore comme un juge indépendant et impartial, et donc incontestable. De plus, il semblait exiger, à son tour, mon adhésion individuelle à la soumission présentée comme une obligation légale collective. Ce qui était le plus terrifiant encore, c’est qu’en me signifiant qu’il ne m’appartenait pas encore de choisir "mon" juge ou "mes" enquêteurs,  il semblait croire qu’il appartenait à lui et à ses comparses, magistrats et auxiliaires du Parquet de Liège, de choisir les moyens hors-la-loi et contre le droit, dont la politique du terrorisme d’Etat, pour abattre leur cible.

 

Pour des raisons que je ne souhaite pas dévoiler ici par respect à mon étique personnelle, j’ai estimé qu’il ne fallait surtout pas que je considère ‘mon’ Juge comme un interlocuteur, ou un adversaire, crédible. Il fallait qu’il se désiste volontairement et qu’il disparaisse de mon champ d’action. Pour ce faire, il m’a fallu prendre distance par rapport aux événements. Prendre le temps pour traverser les murs afin d’aller voir ce qui se tramait réellement dans les coulisses. Et en même temps, pour avaler le manuel de la procédure pénale et le Code d’instruction criminel pour m’occuper, moi-même, de ce qui me regardait de très près. Le 2 janvier 1996, j’ai écrit à ‘mon’ juge une longue lettre ouverte où je lui disait : "Le 22 juin 1995, un vil corrompu contaminé par la folie terroriste d’un genre assez singulier, m’a en effet tendu un mandat d’arrêt. C’était réellement l’acte de la folie exécuté par des terroristes au stade de rage. Et ce vil corrompu contaminé par la folie terroriste, c’était vous Monsieur le Juge…" Je lui ai fait savoir aussi, et une dernière fois, que je ne me présenterai jamais dans son cabinet ni ne lui communiquerai une quelconque document ou information.

 

Cinq mois plus tard, soit le 6 juin 1996, j’ai appris que l’Officier BOTSON avait terminé ‘sa mission’, le 31 janvier 1996, par un procès-verbal où il écrivait : "Exposons que les considération reprises au présent procès-verbal nécessitent évidemment l’interpellation de SARI Mustafa. Toutefois, l’intéressé ayant à diverses reprises fait savoir à Monsieur le Magistrats Instructeur, d’une manière ferme, voire plus que déterminé, qu’il refusait de se présenter en nos services, nous renonçons à convoquer SARI Mustafa." Et il avait transmis son P.V. à mon Juge, alors que celui-ci avait demandé et obtenu son dessaisissement trois semaines plus tôt, soit le 5 janvier 1996, pour des raisons personnelles. Force m’a alors été de constater que, suivi des incessantes menaces de mandat d’amener, de mandat de perquisition et de mandat d’arrêt, ils avaient enfin renoncé à me convoquer. Quant à moi, comme je le leur avais promis dès le départ, "d’une manière ferme, voire plus que déterminée", je ne me suis jamais présenté en leurs services, ni leur ai communiqué un quelconque document. Ils ont ainsi clôturé leur enquête sur base des documents qui se trouvaient dans leur endroit le plus intime, et ont transmis leur dossier ‘judiciaire’ à la Chambre du Conseil, sans qu’ils puissent satisfaire leurs fantasmes les plus abjects (voir page 52, ‘Qui est Louis GENET’).

 

C’était la seule façon, selon moi bien sûr, de faire comprendre aux terroristes que, le respect de la loi et du droit n’est plus l’expression arbitraire de leur volonté, et que, dans un Etat de droit, ils n’ont de pouvoir qu’en vertu du droit, et que chacun d’eux est tenu par une loi qui les précède. Même s’"il n’y a rien dont les juristes aient autant horreur que de la singularité des êtres et de la complexité des choses ; tout le sens de leur démarche ramène au simple et à l’identique", comme le remarque Bruno Dayez, avocat au Barreau de Bruxelles.

L’autre légende

 

Il y a trente ans, au mois de mai 1977, un individu entama une croisade contre le développement fulgurant, en Belgique et dans plusieurs pays européens, de l’idéologie fasciste surgie du bas fond de l’histoire de la théocratie totalitaire islamique, idéologie appelée communément et improprement ‘l’intégrisme musulman’. Au mois de mai 1985, il engagea une grève de la faim sur la place Cathédrale à Liège. Il dénonçait par cette grève le soutien financier et politique des Etats belge et turc, notamment, aux fascistes verts, guides et adeptes de ladite idéologie. Les bien-pensants estimaient, à l’époque, que les propos que l’individu tenait et diffusait étaient non seulement particulièrement acides et mais aussi non fondés.  

 

A cette occasion, un article intitulé ‘Le Turc Mustafa, le Don Quichotte Sari’, fut publié dans le journal ‘La Cité’. Le diagnostic fut posé pour la première fois : un Don Quichotte, soit un paranoïaque, qui se battait contre des moulins à vent, c’est-à-dire contre un danger qui n’existait que dans son imagination. Ce qui était parfaitement compréhensible. Car le parano présentait beaucoup trop tôt comme un danger ‘la Guerre Sainte’ conduite par ceux que l’on appelait jadis, en Occident - en Europe occidental et aux Etats-Unis - ‘les soldats ou les combattants de la liberté’ : les meilleurs remparts contre le communisme. Ceux-là mêmes qui furent proclamés terroristes dès qu’ils ont commencé à arroser leurs fidèles arroseurs, dont les Etats-Unis où ils ont démarqué en force le  11 septembre 2001.

 

Entre temps, le paranoïaque fut atteint de ‘psychose de persécution structurée’, après avoir été visé par le terrorisme d’Etat en 1995. Et un jour, le 19 mars 1999, alors qu’il errait en Hors-Château, il était pris en charge dans un goulag,  pour le guérir et non punir. C’est cette dernière histoire que je raconte dans les pages suivantes. "Goulag", dis-je, sans me rendre compte que "la manière dont je m’exprime est inadmissible."  Alors que je sais fort bien qu’il faut parler politiquement correct et dire "hôpital psychiatrique", et non "Goulag", dont la vocation occasionnellement politique, dans sa version démocratique, doit être soustraite au regard.

 

In fine, comme (me) le disait Eric de Bellefroid, journaliste à "La Libre", les maîtres de cérémonie veulent, à tout prix, que "la lumière des êtres singuliers soit diluée dans le marais de ces connivences universelles où tout le monde se connaît, en bien ou en mal peu importe, mais n’a rien de plus à énoncer.  Le temps n’est déjà plus où l’on fustigeait une pensée unique, molle, consensuelle. On adhère à l’unisson au discours lisse ainsi tenu, sans aspérité, sans anfractuosité, d’une brillance, il est vrai, parfaite, à l’image de la virtuosité technique des maîtres de cérémonie. Le malaise en vérité tient en ce qu’à chaque instant, on est étreint par un soupçon d’insincérité. On ne reprocherait pas tant à tous ces gens d’être à la mode du jour que de s’efforcer de l’avoir été depuis toujours, et de se pâmer au faîte de leur gloire surfaite."

 

Pour parvenir au faîte de sa gloire, il faut adopter un mode et une philosophie de vie si constamment et exclusivement axée sur le succès ou l’échec de l’individu dans une compétition impitoyable, pour que les devoirs et les responsabilités du citoyen ne soient ressentis que comme une vaine déperdition de temps et d’énergie. Ces attitudes sont très utiles à différentes formes de dictature où un ‘homme fort’, un maître de cérémonie, prend un jour sur lui l’encombrante responsabilité de la conduite des affaires publiques, comme l’a fait Caudillo en Espagne, Duce en Italie, Führer en Allemagne, Pinochet au Chili, Videla en Argentine, Evren en Turquie, les colonels en Grèce …

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

 

"Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion que, le jour qu’elle éclate, elle fait tout sauter avec elle."

 

Emile Zola

 

 

Dans ce long chapitre, je souhaite faire deux choses. Premièrement, je développerai trois exemples pour illustrer quelques actes dont la gravité extrême motive ma détermination depuis des longues années. Deuxièmement, je ferai un exposé de faits - et de considérations - pour des raisons bien précises que tu découvriras et comprendras, je l’espère, à travers la lecture de l’exposé même. Faits, faut-il le préciser, qui sont sacrés tandis que les opinions en général, et tes opinions en particulier, José, sont libres.

 

Opinion que tu auras envie, peut-être, d’exprimer aussi au sujet de cet exposé, en pensant qu’il s’agit là d’une rhétorique de la répétition, une de plus. Je te répondrais, à toi aussi, que tu as raison, car il y avait beaucoup de répétions dans mes textes précédents, et il y en a beaucoup dans celui-ci. Mais pour que tu puisse mieux saisir l’enjeu de ces répétions, je ne puis que t’inviter à partager avec moi ces réflexions de Carlos Liscano : "Un journaliste m’a fait remarquer", nous raconte l’auteur de ‘L’impunité des bourreaux’, "qu’il y avait beaucoup de répétions dans mon texte, et il avait raison. Parce que, pour désarmer le discours de l’impunité, il faut travailler avec les mots, dans une rhétorique de la répétition. Il ne suffit pas de dire qu’il y a mensonge, il faut le démontrer. Pour y parvenir, ces répétitions sont nécessaires."

 

En ce sens, je précise qu’il ne peut y avoir, selon moi, d’histoires anciennes quand l’essentiel est en cause. Et qu’il est illusoire de croire qu’on peut s’approprier son crime par sa volonté d’en effacer les traces par tous les moyens, ou en forçant la cible à la résignation par l’intimidation, la peur, la menace, et le cas échéant, par l’usure du temps. Alors que je ne suis pas assez naïf ni assez inculte pour ne pas savoir que toutes ces pratiques font partie d’une certaine tradition politique que Hannah Arendt décrit comme suit : "L’arbitraire du pouvoir, son affranchissement à l’égard des lois, son exercice au profit des gouvernants, nuisible aux intérêts des gouvernés, d’une part, la peur pour principe d’action, peur du peuple ressentie par le gouvernant, peur du gouvernant éprouvé par le peuple, d’autre part, telles ont été, tout au long de notre tradition, les marques distinctive de la tyrannie."

 

 


 

 

exemples

 

 

1.  "Il y deux histoires, l’une aussi vraie que l’autre"

 

Le 9 juillet 1999, j’ai entamé, je ne sais pour quelle raison (?), une grève de la faim en Hors-Château, devant la porte de la Régionale liégeoise du parti Ecolo. Six jours plus tard, soit le 15 juillet, Thierry DETIENNE, alors député fédéral, m’a transmis un courrier que j’ai nommé ‘l’infâme’, et qui a donné lieu, sur place, à l’engagement d’un combat dans le combat, qui a duré trois ans et demi :

 

 

"Mustafa,

 

Le 9 juillet, tu as entamé une grève de la faim devant les locaux régionaux d’ECOLO et tu nous as transmis une lettre, que tu as rendue publique, par laquelle tu nous demandes d’interpeller le Ministre de la Justice en soutien à la requête que tu lui as adressée le 4 février de cette année.

 

Le mardi 14 avril, nous nous sommes rencontrés ; tu m’as remis une copie de ta requête et tu t’es indigné de n’avoir reçu aucune réponse. 

 

En date du 4 mai, j’ai envoyé un courrier au Ministre de la Justice pour lui dire que j’avais connaissance de ta démarche et que je m’étonnais de ce que celle-ci n’avait reçu aucune réponse.  J’attirais son attention sur des questions précises que tu y formulais et qui me paraissent toujours constituer le centre de tes interrogations. N’ayant pas reçu moi-même de retour à ce courrier, j’ai envoyé un rappel au Ministre en date du 8 juin.

 

Le vendredi 19 juin, nous avons eu un nouvel entretien au cours duquel tu m’as fait part de ton intention d’entamer une grève de la faim devant nos locaux.  Je me souviens de t’avoir dit alors que je trouvais cette idée étonnante.  En effet, tes récriminations visent les autorités judiciaires et maintenant le Ministre de le Justice et non les écologistes que nous sommes.

 

Le lundi 13 juillet, José DARAS et moi-même t’avons à nouveau reçu.  En ta présence, j’ai pris un contact téléphonique avec le Cabinet de la Justice.  Toujours avec le même souci qu’une réponse circonstanciée te soit donnée. 

 

Mon interlocuteur m’a demandé un délai pour pouvoir rassembler des informations. J’ai enfin pu entrer en contact avec lui ce mardi en fin d’après-midi. Il me confirme ce que je redoutais.  Le Ministre de la Justice ne peut arbitrer le travail des autorités judiciaires ni interférer dans les décisions de celle-ci.  C’est la conséquence du principe de séparation des pouvoirs dont nous revendiquons par ailleurs le respect strict dans notre travail politique quotidien.

 

J’ai pris conseil hier auprès d’Eddy BOUTMANS, avocat et sénateur AGALEV, qui me confirme que le Ministre ne déroge pas à la règle et qu’il refuse catégoriquement de répondre à des questions relatives à un dossier personnel. La mise en place future du Conseil Supérieur de la Justice devrait pouvoir répondre au vide actuel tout en respectant ce principe, la proposition de loi sur cette matière sera déposée jeudi à la Chambre.

Tu souhaitais que j’interpelle le Ministre de la Justice, mais tu dois savoir que la session parlementaire se termine cette semaine.  Et matériellement, la date de début de ton action ne me laissait pas le temps d’introduire une demande de mise à l’ordre du jour, les derniers travaux étant consacrés par ailleurs au travail législatif. Sans doute est-ce un élément que tu as sous-estimé au moment où tu as entamé ta grève de la faim.  Mais, je le répète, une demande d’interpellation publique du Ministre de la Justice aurait essuyé un refus pour les raisons que je rappelle plus haut.

 

Par mes différentes démarches, qui, tu en conviendras, dépassent le stade d’une lettre vague envoyée à un Ministre, je pense avoir épuisé les différentes voies d’action à la disposition du parlementaire. J’ai jugé bon de t’en faire le bilan détaillé pour que ces informations puissent éclairer ta décision quant à la poursuite de ton action. Il est évident que je reste à ton entière disposition et je te prie de croire à l’expression de mes sentiments les meilleurs. Thierry DETIENNE, Député."

 

 

Si, après avoir lu ce récit, j’avais mis un terme à la grève de la faim et quitté les lieux immédiatement, ne  vous seriez-vous  pas inquiété de  ma santé mentale ? Et par conséquent, n’auriez-vous pas exigé mon ‘hospitalisation quasi de force et un traitement neuroleptique qui casse mon système de raisonnement’ ? J’espère que vous, toi et tes acolytes, José, communiquerez votre réponse non pas à moi mais à ce minable fasciste de pure souche, Philippe Dutilleux, conseiller communal Ecolo à Malmédy (voir page 39, ‘Le fascisme ordinaire ou la banalisation de l’abominable’).

 

Je tiens néanmoins à te dire qu’en lisant ce récit, le 15 juillet 1999 à 14.15 heures, je me suis souvenu de ce qu’écrivait Jean-François Kahn, en parlant de Hitler : "(…) Lui qui fut l’un des rares à assumer le mensonge qu’il jugea bon, pour provoquer l’incandescence souhaitée, de mêler dans une même marmite plusieurs mensonges et mensonges de référence ; lui qui avait compris que c’est la structure générale du discours, sa logique interne, qui doit être mensongère et que plusieurs de ses composantes peuvent être tout à fait exactes." Ce jour-là, j’avais vraiment l’impression que Kahn parlait de vous, de ceux qui avaient conçu et élaboré ce récit qui mêlait, en effet, dans une même marmite plusieurs mensonges et mensonges de référence. La structure générale du discours, la logique interne, que vous y teniez était tout à fait mensongère, et que plusieurs de ses composantes étaient tout à fait exactes :

 

-    Le premier paragraphe enferme plusieurs mensonges purs et durs.

 

-    Du deuxième au cinquième paragraphe, il s’agit d’un exposé de composantes tout à fait exactes, mais noyés dans des mensonges et mensonges par omission ayant pour seul but de ‘montrer pour mieux cacher’.

 

-    Le sixième paragraphe cache un autre mensonge pur et simple.

 

-     La suite n’est rien d’autre qu’un ramassis de plusieurs mensonges, mensonges de référence et manipulations en tout genre. 

 

Votre récit a été conçu afin de me surprendre, en espérant me faire douter de ce que je savais, de ce que je faisais, du bien fondé de l’action que j’avais engagée six jours plus tôt. Ma première réaction fut l’étonnement. Je me demandais s’il ne s’agissait pas d’une plaisanterie, avant de me poser la question de savoir qui - si ce n’est Louis GENET et consorts - avait suggéré  à Detienne de me transmettre en douceur cet ordre qui m’intimait de retourner chez moi, dompté, et d’oublier cette affaire, celle du ‘terrorisme d’Etat.’ Puis, ce fut la révolte qui provoqua, en moi, un dégoût profond que je n’ai jamais pu exprimer avec les mots. Qui plus est, ce récit ne m'était adressé que pour la forme, et son contenu était destiné à la diffusion à fin de propagande, comme ce fut effectivement le cas durant trois ans et demi. Il a été conçu de telle façon que ceux qui allaient le lire, devaient se dire que vous - toi, tes acolytes, José - aviez raison, et que vous aviez l’air de savoir de quoi vous parliez, vraiment. A titre d’exemple le moins grave et le plus facile à comprendre, prenons le premier paragraphe de votre récit et voyons comment vous assumez le mensonge que vous jugez bon pour provoquer l’incandescence souhaitée, comme l’aurait fait Hitler, et ce, malgré les slogans dont vous avez les gorges pleines : ‘D’avantage d’éthique’ ou ‘La fin ne justifie pas les moyens’ :

 

 

·   "Le 9 juillet, tu as entamé une grève de la faim devant les locaux régionaux d’ECOLO et tu nous as transmis une lettre, que tu as rendue publique, par laquelle tu nous demandes d’interpeller le Ministre de la Justice en soutien à la requête que tu lui as adressée le 4 février de cette année."

 

·   Sept mois plus tard, et trois jours avant de ma mise en observation psychiatrique, soit le 16 mars 1999, DETIENNE m’écrivait encore : "Lorsque vous avez débuté votre grève de la faim le 9 juillet 1998, vous nous avez fait parvenir un long courrier…"

 

·   Après plus d’un an, dans le journal ‘La Meuse’ du 30 août 1999, que j’ai déjà évoqué, nous lisions : "(…) En outre, afin de donner poids et publicité à son action, il entama d'abord une grève de la faim puis décida de s'adresser aux mandataires écolos." Et ce, avant de préciser qu’"(il a) séjourné, avant d’entamer la grève, dans un hôpital psychiatrique pendant trois semaines." Autrement dit, quoi de plus normal qu’un individu qui vient de passer trois semaines dans un hôpital psychiatrique, entame d’abord une grève de la faim et interpelle ensuite les parlementaires pour inventer un motif à son agissement. 

 

·   Quant à moi, je soutenais, comme un paranoïaque en délire, que je ne vous avais pas adressé une lettre après avoir entamé la grève, et que par cette lettre postérieure et imaginaire, je n’aurais pas pu vous adresser une demande. La vraie demande qui vous a été adressée avant la grève de la faim, soit le 14 avril 1998, n’était même pas mentionnée dans votre récit. Que si vous y aviez mentionné cette demande-là, vous n’auriez pas pu lui inventer ce contenu-là. C’est ainsi que je  faisais preuve publiquement, et au quotidien, du mal dont je souffrais : "la psychose, ou le délire, de persécution structurée".

 

·   Trois ans et 14 jours plus tard, je répondais toujours à la même question, ‘vous avais-je vraiment transmis cette lettre ?’,  en donnant la même réponse, ‘non’. Le 29 juillet 2001, la copie d’un courrier m’a été communiquée. Dans ce courrier confidentiel qui a été transmis, le 8 novembre 2000, au médiateur par Muriel Gerkens, nous lisions :"Il n'y a pas eu de courrier de M. Sari adressé à Thierry Detienne entre le 9 juillet et le 15 juillet 1998."

 

·   Conclusion : je ne vous ai donc pas transmis une lettre après avoir entamé la grève de la faim le 9 juillet 1999. Je n’aurais donc pas pu solliciter, par une lettre fictive, votre intervention pour une raison risible, "(votre) soutien à une requête", ni pour quoi que ce soit d’autre. C'était bien un pur mensonge.

Mais ce n’est pas tout. Selon vous, il ne s’agissait toujours pas d’un mensonge : il y avait "deux histoires, l’une aussi vraie que l’autre", comme l’écrivait Muriel GERKENS, psychologue. Autrement dit, les pervers accomplis ‘crédibles’ disaient nécessairement la vérité, et moi, malade mental, je ne mentais absolument pas. Que pouvais-je faire encore si ce n’est d’appeler au secours Freud qui disait, justement, que "la seule consolation qu’on peut avoir avec les pervers, c’est se dire que ça va mal se terminer." Alors, José, quelle est la demande que je vous ai adressée le 14 avril 1998, et qui a donné lieu - et pourquoi ? - à l’engagement de la grève de la faim le 9 juillet de cette même année ? Merci pour votre réponse à la question que je vous ai posée, tous les jours, durant plus de trois ans. Je l’ai eue le 7 janvier 2002 date à laquelle j’ai quitté ce coin du ‘Hors-Château’...

 

 

2.  Le meurtre, l’anéantissement et la destruction

 

Lorsqu’on vous délivre un mandat d’arrêt - ce qui fut mon cas le 21 juin 1995 -, on vous prive de la liberté et on vous exclut de la société. Ensuite, on vous dit en substance : vous êtes accusé, ou inculpé, d’avoir transgressé la loi en commettant un acte délictueux ou criminel. Vous en êtes pénalement, ou juridiquement, responsable et vous devez en assumer les conséquences devant la loi. Donc, un mandat d’arrêt met en cause, sans faire preuve de votre culpabilité, votre intégrité morale et éthique et non votre libre arbitre, ou votre faculté de jugement, en vertu duquel votre acte s’impose comme un choix libre.

 

Ø     Mais au cas où le mandat d’arrêt est utilisé à d’autres fins que pénales, c’est le meurtre de la personne morale qui est visé, en espérant la discréditer et la réduire au silence.

 

Quand on vous délivre une ordonnance de  mise en observation psychiatrique - ce qui fut également mon cas le 19 mars 1999 - on vous prive de la liberté et on vous exclut de la société. Ensuite, on vous dit en substance, et en mettant la barre d’ignominie très haut : à ce moment, vous n’êtes pas responsable pénalement, ou juridiquement, de vos actes devant la loi. On va vous soigner et non punir, parce que vous êtes pressenti, et non accusé ou inculpé, comme étant malade mental avec, cette fois, preuve à l’appui : un formulaire appelé ‘rapport médical’. Donc, une mise en observation met en cause votre libre arbitre, ou votre faculté de jugement, et non votre intégrité morale et éthique.

 

Ø     Mais au cas où l’ordonnance de  mise en observation est utilisée à d’autres fins que thérapeutiques, c’est l’anéantissement de la personne juridique qui est visé, afin de la proclamer aliénée certifiée pour, cette fois, la réduire au silence définitivement.

 

Dans le cas où le mandat d’arrêt est utilisé à d’autres fins que pénales, comme dans le cas où l’ordonnance de  mise en observation est utilisée à d’autres fins que thérapeutiques, je n’ai pas parlé du meurtre physique de l’homme : il n’y a effectivement ‘pas mort d’homme’, comme on dit. Mais j’ai parlé du meurtre de la personne morale et de l’anéantissement de la personne juridique qui ‘ne sautent pas aux yeux’. N’est-ce pas parce que ce meurtre et cet anéantissement nous paraissent abstraits, que nous avons tendance à ne pas les voir, et à les refouler dans une forme de banalisation ? N’est-ce pas ce constat concret, ‘il n’y a pas mort d’homme’, qui est de nature à conforter notre illusion de sécurité et à entretenir notre confort mental ? Cela ne reviendrait-il pas à dire, ‘peu importe le fond, ce qui importe, c’est la forme’ ?

Mais, nous dit Hannah Arendt, au sujet de la forme, "nous devons prendre conscience du fait qu’après le meurtre de la personne morale et l’anéantissement de la personne juridique la destruction de l’individualité est presque couronnée de succès." Et ce succès que les fascistes espèrent pouvoir obtenir dans tous les cas, réside, quant au fond, dans le fait que "la psyché peut être détruite sans que l’homme ne soit, pour autant, physiquement détruit". Autrement dit, l’homme peut être condamné à périr (à survivre) sans qu’il soit, pour autant, physiquement détruit. Et ce, en sachant que "seul l’homme meurt, l’animal périt", comme dit Heidegger. Ce qui m’amène à poser cette terrible question : dans notre Etat de droit, est-il possible que des représentants de l’Etat puissent viser, impunément, le meurtre moral d’une personne et son anéantissement juridique afin d’atteindre la destruction totale de son individualité ?

 

Le fait de vouloir obtenir réponse à cette question, mais aussi le simple fait de la poser,  reviendrait à être malade mental. Parce que cela reviendrait à imaginer que ce qui ne peut pas être a pourtant été, contrairement à ce que m’écrivait, le 8 février 2001, Monsieur Jean du JARDIN, Procureur général près la Cour de cassation : "L’organisation judiciaire du Royaume de Belgique s’oppose, en droit comme en fait, à ce que le mandat d’arrêt soit utilisé comme instrument de la pratique du terrorisme d’Etat  par voie judiciaire."  En d’autres termes, selon le gardien du Temple juridique du Royaume, la recherche de la vérité se heurterait à une volonté divine, à savoir la raison d’Etat car, selon lui, ce qui ne peut pas être en droit, ne fut pas en fait. Ce qui peut ne pas être nécessairement vrai, parce qu’il faudrait prouver cette adéquation présumée entre ce qui est dit en droit et ce qui en est en fait, et ce, par une enquête qui devrait être menée suivant les règles et principes les plus élémentaires du même droit. Ce que j’ai exigé, comme de droit, durant douze ans. Mais en vain !

 

 

3.  Méthode ou stratégie de destruction

 

 

"Si l’utilisation abusive de la psychiatrie a commencé dans votre pays, il est déjà trop tard. Vous commenceriez à vous battre, mais il est probable que vous seriez tenu pour fou et enfermé."

 

Vladimir Boukovski

 

 

En pensant qu’il n’est peut-être pas trop tard, ici et maintenant, je me suis constitué partie civile en main de Madame la Juge d’instruction Danièle REYNDERS à l’encontre d’un certain nombre de  délinquants honorables et de leurs comparses crédibles.

 

Le Docteur Emmanuel PINTO, psychiatre au Centre Hospitalier de L’Université de Liège, dont nous ferons la connaissance dans la suite, déclarait à l’enquêteur de Madame la Juge, et ce, en se référant à une lettre que je lui avais adressée : "En ce qui concerne le courrier daté du 03 janvier 2001, portant sur six pages, je discerne des éléments de diagnostic en faveur d’un trouble de personnalité paranoïaque : méticulosité, méfiance, et rigueur de l’argumentation avec utilisation de termes issus de différents écrits et interprétation de ces termes comme preuves d’attaques régulières contre lui. La littérature en la matière fait état de possibles passages d’un trouble de la personnalité paranoïaque à un trouble délirant paranoïaque."

Je sais que la science du pervers - dans le sens moral du terme - est d’éluder quand une question directe lui est posée, et que son art est de semer la confusion et la suspicion par le mensonge, notamment. Il est effectivement persuadé de pouvoir parvenir, de cette façon, à acculer son adversaire à se justifier. En effet, ceux qui connaissent la littérature à laquelle se réfère ‘le Docteur’, ne peuvent qu’être surpris d’observer la façon dont il confond le savoir et le pouvoir que lui confère le savoir, et de constater la manière dont il tente, par abus du pouvoir, de dissimuler sa rage, et non son délire, derrière un récit en apparence ‘méticuleux et rigoureux’. Récit qu’il construit ‘avec différents termes issus de différentes littératures et interprétation de ces termes comme preuves de son innocence et non ‘d’attaques contre lui’.

 

En agissant de cette manière, le psychiatre aurait oublié, dirait Michel Schneider, que "les individus pervers narcissiques sont ceux qui, sous l’influence de leur soi grandiose, s’attaquent tout particulièrement à l’intégrité narcissique de l’autre afin de le désarmer. Ils s’attaquent aussi à l’amour de soi, à la confiance en soi, à l’auto estime et à la croyance en soi de l’autre." Fait ou opinion, vérité ou mensonge, juste ou injuste, cela importe peu pour eux : ce qui est vrai, en fait, est ce qu’ils disent dans l’instant. Ces falsifications de la vérité, cette capacité de mentir, dire le faux en sachant le vrai, cette façon de nier l’évidence pour mieux s’attaquer à la personne, me semble être en effet très proche d’une construction rageuse et non délirante

 

Que dire, alors, de ‘la rigueur de l’argumentation’ qui, selon ce marchand ambulant de diagnostics psychiatriques égaré dans les couloirs d’un hôpital universitaire, serait le symptôme indéniable d’un trouble délirant paranoïaque. La langue de Voltaire n’est pas ma langue maternelle et, il est vrai, je la maîtrise très mal. C’est pourquoi, je consulte souvent le dictionnaire qui dit : "La rigueur de raisonnement signifie avec la plus grande exactitude, et en cas de nécessité, en allant à la limite du possible ou de l’acceptable." Et "méticulosité indique le caractère d’une action qui manifeste une attention, un soin particulier au moindre détail."

 

Je me rappelle qu’en lisant l’œuvre de Jacques Lacan, ‘De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité’, j’avais constaté qu’il utilisait des termes tels que "l’étude minutieuse, une analyse critique très rigoureuse, l’explication exhaustive", et ce, pour mettre en exergue la qualité scientifique des avis de ses illustres prédécesseurs, dont Freud. Alors, Lacan, lui-même, ainsi que les auteurs qu’il citait, n’auraient-il pas souffert d’une nouvelle maladie mentale, ‘la rigueur de l’argumentation’, c’est-à-dire, "d’un trouble de la personnalité paranoïaque ou d’un trouble délirant paranoïaque" ?

 

Quant à la méfiance, il est vrai qu’à force de faire face aux vils agissements des manipulateurs professionnels patentés qui jouent sans cesse avec les détails pour mieux pousser l’essentiel dans l’ombre, et qui essayent sans cesse de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, nous avons appris, et heureusement, à nous inciter à toujours plus de scepticisme, de méfiance, de critiques, et donc, de vigilance citoyenne constructive.

 

Et enfin, en ce qui concerne mon utilisation des termes issus de différents écrits, je voudrais rappeler au ‘Docteur’ ce que Léon Halkin, professeur d’histoire et de critique historique à  l’Université de Liège, nous dit à ce sujet : "Le passé est l’avenir d’hier et le présent est le passé de demain. Si le présent éclaire le passé, le passé lui-même éclaire l’avenir." Autrement dit, ‘ceux qui ignorent l’histoire sont condamnés à la revivre’, parce que l’ignorance entretient la soumission et alimente la médiocrité ou la pauvreté d’esprit.

Ne plaise à dieu, pauvre d’esprit ; comme je l’ai déjà écrit à d’autres occasions, j’ai cité dans mes écrits précédents, et je cite dans la présente, les observations, constats, explications, réflexions et conseils des penseurs qui n’ont fait durant des siècles et ne font à nos jours que s’occuper de ce qui ne les regarde pas. Leurs œuvres, "les livres", comme le dit Peter Sloderjsick, "sont de grosses lettres envoyées à des amis, même si l'expéditeur ne connaît pas le destinataire." C’est eux, amis fidèles, qui m'ont accompagné dans une solitude où jamais je ne me suis senti seul. Ils m’ont orienté, guidé et conseillé dans le combat de la défense des causes que la plupart d’entre nous considèrent, par un comportement réflexe suscité par les slogans inventés par d’autres, comme étant des causes perdues d’avance. Parce que chacune d’elles serait une entreprise engagée par des pots de terre contre des pots de fer : ces derniers étant nos maîtres, ces dieux antiques avides de pouvoir et de gloire.

 

Mais l’essentiel n’est-il pas ce que Roland Breiner résume comme suit : "Caton l’ancien, avec lequel j’ai entrepris ces réflexions - « jamais je ne suis plus actif que lorsque je ne fais rien, jamais je ne suis moins seul que dans la solitude » - nous a laissé une curieuse sentence, qui résume avec justesse le principe politique qu’implique cette entreprise de reconquête : il dit, "la cause victorieuse plaît aux dieux, mais la cause vaincue plaît à Caton."

 

Parlons alors de cette curieuse sentence, qui résume le principe politique qu’implique cette autre entreprise pernicieuse de reconquête stalinienne. Je relis la déclaration du ‘Docteur’, et je me demande si je lui aurais transmis une lettre en lui demandant de faire une analyse psychiatrique gratuite concernant ma personnalité, et ce, sans le rencontrer ni échanger un seul mot avec lui. Comme si ce que j’avais écrit dans ce courrier portant sur six pages, ainsi que les faits délictueux que j’y avais décrits - et que j’avais par ailleurs communiqués à Madame la Juge pour instruction -, importait peu au pervers.

 

Ce qui lui importait, par contre, c’était de tenter de disqualifier l’accusateur par la mainmise sur l’information réelle. Ce qui plaide en faveur du ‘Docteur’, c’est qu’il savait que le mensonge était, dans ce cas précis, plus plausible, plus tentant que la réalité. Car le menteur possédait l’avantage de savoir d’avance ce que Madame la Juge d’instruction très ‘engagée’ souhaitait entendre ou s’attendait à entendre. Sa version des faits a été préparée à son intention, en s’attachant tout particulièrement à ‘la crédibilité de l’expert scientifique’.

 

Je pense, quant à moi, que les délinquants crédibles à l’image du ‘Docteur’ déshonorent leur profession, et inspirent pitié  plus que respect. Car, je l’ai dit, je l’ai redit et je le répète : fier de parler librement, depuis trente ans, non pas de la politique et de la justice, par exemple, mais des pratiques politiques et judiciaires mafieuses érigées en système, qui gangrènent notre démocratie et notre Etat de droit depuis des décennies (voir, par exemple, page 41, ‘une menace déguisée’).

 

Et vous, les normaux devenus fous, de quoi causez-vous aujourd’hui ? De Charleroi, seulement ! Et dans la situation qui me préoccupe, quel est le sujet de votre préoccupation ? Quel est le problème ? De quoi parlez-vous ? Encore et toujours de la personne, et d’elle seule. Pourquoi ? C’est simple. Pour que la recherche de la vérité soit transformée en une question de pouvoir et de rapport de force, et que le vrai et le faux soient indiscernables. Et la seule façon d’y parvenir, c’est de parler de la personne pour ne pas parler de ce que la personne dit et écrit, c’est-à-dire, pour ne pas parler des faits. Faits qui sont compromettants pour vous.


 

 

 

 

Les faits

 

 

Si je t’offre cet exposé de faits, José, ce n’est pas pour parler des ‘secrets’ dont le motif réel de ma présence en Hors-Château, allant du 9 juillet 1998 au 7 janvier 2002. Motif qui fut soigneusement occulté, comme par hasard, dans tous les écrits, y compris les écrits que nous lirons dans la suite. Mais c’est pour interroger l’histoire  que tu as racontée durant des années, et que tu racontes encore aujourd’hui au sujet de ma mise en observation psychiatrique le 19 mars 1999, notamment. Je le ferai d’une façon aussi objective que possible, c’est-à-dire, au seul regard des faits que nul ne peut contester, et avec une certaine ‘rigueur d’argumentation.’  

 

Pour ce faire, je prendrai pour hypothèse de départ tes dires selon lesquels tu n’as pas organisé un complot (votre mot fétiche) contre moi. Tu n’as pas participé non plus, ni de près ni de loin, à l’élaboration et l’exécution de ce complot. Mais, le vendredi 19 mars 1999 à 15.45 heures, et seulement ce jour-là, et à cette heure-là seulement dans une période de trois ans et demi, tu étais très inquiet parce que tu avais peur, très peur, que tu sois inculpé de non assistance à personne en danger si je me suicidais.

 

Alors, tu as estimé, selon ta version du 27 novembre 2000, qu’il était de ton devoir d’informer le magistrat de garde de la situation. Celui-ci a pris l’initiative d’envoyer un médecin, lequel a demandé ma mise en observation. Ou, selon ton autre version, celle du18 mai 2001, tu as estimé devoir demander un médecin au Magistrat de garde. Celui-ci  t’en a envoyé un qui a décidé ma mise en observation. Et, pour simplifier l’exposé, j’admettrai même qu’il soit normal que tu téléphones, - et sans autre arrière pensée - à un Magistrat pour qu’il t’envoie un médecin quand tu en as besoin. Et que tu ne téléphones pas aux pompiers, par exemple, comme le ferait un citoyen ordinaire.

 

Et enfin, je ferai la démonstration de la véracité  de tes dires en commençant par répondre à la question de savoir pourquoi je t’interpelle personnellement aujourd’hui. Je te promets aussi que je n’oublierai pas, durant la rédaction de la présente, de penser à ce que nous enseigne l’histoire au sujet, par exemple, de l’utilisation de la psychiatrie à des fins autres que thérapeutiques. Concernant ce dernier point, je tiens vraiment à te dire, José, que le jour où les gardiens en blouse blanche, agissant de concert avec leurs comparses politiques et judiciaires, seront chargés du maintien de l’ordre, le fascisme ordinaire fera, ou sera, la loi pour tous.

 

Sous le règne de cette loi pour laquelle ‘la fin justifie les moyens’, nous vivrons, les générations futures vivront, peut-être, sur une terre verte, mais dans un monde violemment injuste, parce qu’arbitraire et oppressif. Et viendra un jour où nous engagerons la résistance contre ce pouvoir arbitraire et oppressif, en estimant, comme l’estima Mirabeau à l’époque de la Révolution française, que "quand l'autorité devient arbitraire et oppressive ; quand elle attente aux  propriétés pour la protection desquelles elle fut instituée ; quand elle rompt le contrat qui lui assura des droits et la limita, la résistance est un devoir et ne peut s'appeler révolte".    

Puis, nous arriverons à un droit semblable à celui où nous nous trouvons aujourd’hui, à savoir, au bout de la résistance que j’ai engagée il y a douze ans. Des longues années durant lesquelles je me suis dressé, seul, avec force et conviction, contre le règne sans partage de l’arbitraire oppressif, de la loi du plus fort, de la loi de l’impunité et de la loi du silence, à la fois. Comment et pourquoi en sommes-nous arrivés là ? A ce sujet précisément et pour faire bref, je te propose ici la lecture de la lettre ci-jointe que j’adresse ce jour, et par ton intermédiaire, à Madame Laurette Onkelinx, Ministre de la Justice, et à Monsieur Cédric Visart de Bocarmé, Procureur Général (annexes III).

 

 

Pourquoi t’interpeller personnellement aujourd’hui ?

 

Pour répondre à cette question complexe et pour rafraîchir ta mémoire, je te propose la lecture du ‘rapport médical’ ci-dessous, dont le rédacteur tenait absolument à ne pas identifier ses ‘souffleurs’ : ceux qui préféraient marcher, en rasant les murs, sur les ombres de leurs porteurs de valises. Il leur a fallu, et je les comprends, se couvrir en espérant, comme d’habitude, faire disparaître les traces de leur crime, comme le ferait un criminel ordinaire :

 

 

"Je me suis rendu ce 19.3.1999 rue Hors-Château pour y examiner Monsieur SARI Mustafa. En fait, le patient est bien connu dans la mesure où voilà déjà plusieurs mois qu’il poursuit une grève de la faim en face des bureaux d’un sénateur.

 

Aujourd’hui, Monsieur Sari a décidé de mettre un terme au litige qui l’oppose à ce sénateur. Il a, pour ce faire, envoyé une lettre au sénateur. Cette lettre laisse entendre que Monsieur SARI souhaite passer à l’action dès lundi mais il n’y a pas de précision. L’inquiétude est que le patient pourrait éventuellement se suicider."

 

Le patient est économiste. Il ne consomme actuellement aucun médicament, ni boisson alcoolisée ni toxique. Son aspect général est sans particularité. Il est orienté dans le temps et dans l’espace et ne présente pas de troubles de la mémoire. Son comportement moteur est normal. Il est calme, jovial et collaborant durant l’entretien. Son discours est extrêmement structuré  et d’excellente qualité. Ses pensées semblent délirantes. Son délire devrait être un délire de persécution structuré. Il n’y a pas de signe de perception d’illusions ni d’hallucinations. Le niveau d’intelligence est supérieur à celui de la population moyenne. Il est conscient de la situation actuelle.

 

Il est fort probable que Monsieur SARI soit un patient psychotique présentant un délire de persécution chronique et structuré. Pour plus de sécurité, je propose que le patient soit examiné par un expert psychiatre de manière à déterminer si la mise en observation est nécessaire.

 

En ce qui me concerne, je ne peux me préciser avec certitude sur la nécessité d’une mesure de mise en observation psychiatrique.

 

Il est bien évident que le délire psychotique de persécution structuré est extrêmement difficile à déceler et que cette tâche dépasse le cadre de mes compétences (...).

 

Docteur Pascal ROGER. Le 19 mars 1999, à 20.30 heures."

Un joueur de rôle

 

Malgré le fait que je ne suis ni médecin ni psychologue ni psychiatre, encore moins un expert crédible dans ces domaines, il ne me paraît pas difficile de constater qu’en rédigeant son fatras, ‘le Docteur’ semble avoir agit en pervers accompli, au sens moral du terme. Il excelle dans l’art de jouer sur les limites des mots et leur sens. De faire dériver les mots vers un sens approximatif, ou au contraire, d’en repréciser le sens, ou de donner l’impression de le faire, mais à un endroit où il y a une ‘convention tacite’ de laisser cette signification dans le vague. En altérant ainsi le langage et en masquant la vérité par l’illusion d’éclairage, il s’emploie à détruire le sens de la réalité afin de lui substituer sitôt ses fantasmes prêts à l’emploi. Il témoigne ainsi du rapport qu’il a à la réalité pour qu’elle corresponde aux aspirations de ses maîtres.

 

De quelle convention tacite s’agit-il ? Il s’agit d’une convention qui est érigée en ‘système parallèle’ par ce joueur de rôle et les magistrats concernés du Parquet de Liège, notamment. Système qui est mis en œuvre au quotidien en prenant distance, sans crainte ni scrupule, par rapport à la loi et au droit. Chaque fois que ce joueur est sollicité par le Parquet, il est chargé d’une mission de routine très lucrative, qui consiste à livrer un rapport de complaisance, un formulaire prêt à l’emploi, afin d’adapter la réalité aux ordres qui lui sont transmis, comme nous pouvons le constater à travers la lecture de son fatras me concernant. Je précise qu’en faisant cette lecture, je ferai preuve d’imagination et d’interprétation délirantes, comme ce fut le cas en Hors-Château. Mais à une différence près. Ici, je ferai ce que je ne pouvais faire là-bas : j’appuierai ma lecture par des preuves que tu apprécieras, José, à ta meilleure convenance.

 

Il raconte d’abord, et avec une aisance déconcertante, la première partie d’une histoire qu’on lui a racontée : "En fait, le patient est bien connu dans la mesure où voilà déjà plusieurs mois qu’il poursuit une grève de la faim en face des bureaux d’un sénateur (j’en étais, ce jour-là, au dixième jour de la grève de la faim, ndlr.).  Aujourd’hui, Monsieur Sari a décidé de mettre un terme au litige qui l’oppose à ce sénateur. Il a, pour ce faire, envoyé une lettre au sénateur. Cette lettre laisse entendre que Monsieur SARI souhaite passer à l’action dès lundi mais il n’y a pas de précision. L’inquiétude est que le patient pourrait éventuellement se suicide." Puis, il raconte la deuxième partie de la même histoire qu’on lui a également racontée, mais il la présente sous une forme plus personnelle : "Ses pensées semblent délirantes. Son délire devrait être un délire de persécution structuré. Il est fort probable que Monsieur SARI soit un patient psychotique présentant un délire de persécution chronique et structuré. Et il finit par dire ce qu’on lui a demandé de dire : "Pour plus de sécurité, je propose que le patient soit examiné par un expert psychiatre de manière à déterminer si la mise en observation est nécessaire."

 

Regardons tout cela de plus près. Il dit, d’abord, que "ses pensées (celles du ‘patient’) semblent délirantes", sans cependant en citer une seule afin de leur substituer, par la suite, ses fantasmes prêts à l’emploi : en parlant du délire du ‘patient’ en lien avec ‘ses pensées’ poussées dans l’ombre, il imagine que "son délire   devrait  (et non pourrait)  être un délire de persécution structuré". Ensuite, il reprécise, ou donne l’impression de le faire - ce qui ‘devrait être selon ce qu’un Sénateur et un Magistrat du Parquet de Liège, notamment, lui ont dit dans les coulisses ou lors des communications téléphoniques. Mais il le laisse dans le vague, en le rangeant dans le registre de la probabilité, mais de la probabilité forte : "il est fort probable", écrit-il, "que Monsieur SARI soit un patient psychotique présentant un délire de persécution chronique et structuré".

 

Alors, dans la logique totalitaire tout s'enchaîne de manière intelligible et même obligatoire dès lors qu'est acceptée la première prémisse : il "propose que le patient soit examiné par un expert psychiatre de manière à déterminer si la mise en observation est nécessaire", et ce, "pour plus de sécurité", la sécurité étant la tarte à la crème offerte à tout passant par des manipulateurs patentés. En masquant la réalité par une illusion d’éclairage, il parvient à ses fins en disant, sans le dire, qu’il faut que le ‘patient’ soit mis en observation psychiatrique puisqu’"il est bien évident", remarque-t-il, "que le délire psychotique de persécution structuré est extrêmement difficile à déceler."

 

De cette manière, il s’en lave les mains. Car il reprécise bien que "la tâche dépasse le cadre de (ses) compétences", et qu’elle doit être confiée à "un expert psychiatre". Il sait que l’expert du Parquet le suivra dans le chemin ainsi balisé, car il estimera utile, selon les indications fournies, de mettre ‘le patient’ sous observation afin de déceler ce qui "est extrêmement difficile à déceler", c’est-à-dire, en peu de temps et sans observation. En sachant que le seul but qu’ils se proposent d’atteindre est la mise en observation psychiatrique de l’errant pour le dissuader ou le persuader. Et qu’ils s’en fichent éperdument de la santé mentale de leur adversaire, dont la mise en cause publique est conçue comme l’instrument, ou la justificative, de l’exercice de la terreur par voie juridico psychiatrique.  

 

Le charlatan estime ainsi sa mission accomplie sous les ordres, dans le respect de la convention tacite, et sans le moindre dégoût mais avec un régal certain. Et sans crainte parce qu’il sait qu’au cas où le ‘patient’ voudrait réagir par des voies légales contres ses agissements hors-la-loi et contre le droit, il sera couvert par la loi de l’impunité vu la protection judiciaire inébranlable dont il bénéficie en contre partie des services rendus à ceux et celles qui bénéficient, entre autres, soit du privilège de juridiction, soit de l’immunité parlementaire.

 

 

Pour ce qui est de mes pensées délirantes

 

Ici, je laisserai de côté ‘le délire de persécution structuré’ dont nous parlerons longuement dans la suite. Il s’agit, là, d’une histoire bien connue tant dans le Milieu des truands en col blanc, que parmi leurs associés au palais de justice de Liège. C’est en effet cette histoire que nombreux joueurs de rôle ont  tenté, à travers les années, de rendre vraie. Ces joueurs ont toujours considéré qu’il leur suffisait de proposer une hypothèse et de la répéter jusqu’à ce qu’elle prenne des allures d’évidence. Or, ils savent, en tant que manipulateurs professionnels, qu’une idée à laquelle on est habitué, une opinion familière, n’étonne plus, quelle que soit la méfiance qu’elle devra logiquement éveiller.

 

En lisant, par exemple, les paragraphes intitulés ‘la propagande’ (voir page 40) et ‘Historique du délire de persécution structuré’ (voir page 41), tu comprendras aisément que le monde qu'institue l'idéologie totalitaire est monstrueusement fictif et cohérent, et que le totalitarisme, tout comme le fascisme, prend son idéologie et sa propagande au sérieux. A tel point qu'on aboutit, comme ce fut effectivement le cas en Hors-Château, à un système semblable à la paranoïa où tout s'enchaîne de manière intelligible et même obligatoire dès lors qu'est acceptée la première prémisse, une idée, pour aller jusqu’au bout d’un raisonnement en apparence logique, c’est-à-dire, pour aller jusqu’à la dernière lettre de l’alphabet du meurtre.  

 

En attendant de revenir sur ce point d’une importance capitale, je souhaite préciser ici ce que je veux dire exactement lorsque j’affirme que le Docteur Roger PASCAL récitait ce qu’un Sénateur et un Magistrat du Parquet de Liège, notamment, lui avaient dit dans les coulisses ou lors des communications téléphoniques. Cette affirmation est directement liée à l’hypothèse concernant mes ‘pensées délirantes’ auxquelles ‘le Docteur’ faisait allusion. Si je tiens à apporter cette précision, c’est parce que, force m’a été de constater que ‘vos experts’ font parti d’une clique de charlatans qui semblent cesser d’être obsédés par des preuves scientifiques. Pour eux, comme pour ceux qui les utilisent, la science, ou le savoir, n’est plus qu’un simple produit de remplacement de la puissance. Tout comme les bolcheviques, par exemple, qui utilisèrent la réputation de leurs scientifiques à des fins absolument non scientifiques, en les incitant par des faveurs, ou en les forçant par la peur, à jouer le rôle de charlatan.

 

Tel fut le cas également de Pascal ROGER, ‘le médecin du Parquet de Liège’, comme le nomme Madame Danièle REYNDERS. Surgi du fonds putride de la poubelle de l’histoire à l’image de ses maîtres, il s’est présenté en Hors-Château le 19 mars 1999 aux environs de 18 heures. Il a exprimé son souhait de s'entretenir avec moi. Après avoir prié les personnes sur place de nous laisser seuls, je l'ai accueilli dans ma voiture, "calme, jovial et collaborant", comme il le dit. En effet, je répondais ainsi à la médiocrité par l’ironie (calme), je tournais en dérision la provocation (jovial), je tentais de lui faire comprendre l’essentiel avec fermeté (collaborant).

 

J’ai calmement écouté et noté les histoires qu’il me racontait. Puis, je lui ai dit que je n’étais pas là où je me trouvais pour les raisons fallacieuses dont il me faisait part. Que, là où nous étions, nous ne nous trouvions pas devant les bureaux d’un Sénateur. Que je n’avais pas adressé, ce jour-là, une lettre à un Sénateur. Que je n’avais aucun litige personnel avec un Sénateur. Et que je n’avais surtout pas laissé entendre - ce jour-là, soit le vendredi 19 mars 1999 - que je souhaitais passer à l’action dès lundi dans la lettre que j’avais effectivement adressée à Thierry DETIENNE, alors Député fédéral, et non à un Sénateur :

 

 

"Monsieur le Député,

 

Voudriez-vous bien réserver réponse à ma lettre du 16 courant, au plus tard, ce vendredi 19 jusqu'à 22 heures. Passé ce délai, je n'attendrai plus rien de votre part, et vous en assumerez les conséquences, toutes les conséquences. Et j'en assumerais les conséquences, toutes les conséquences.

 

Depuis plus de huit mois, tous les jours, vous venez, vous partez ; tous les soirs, vous enlevez votre veste ; tous les matins, vous vous rasez, vous vous coiffez : j'ai fini par me croire dans un monde totalement irréel. Vous constituez, tous ensembles, une coalition d'hommes et femmes incolores, inodores et totalement amoraux.

 

Depuis plus de huit mois, abus de fonction, de réputation et de position ; prévarication, forfaiture; fausses affirmations, confusion, mensonges et contre vérités ; auto manipulation mentale et auto suggestion poussées à leur paroxysme forçant la frontière de la transcendance ; populisme vulgaire, démagogie, poujadisme et amalgame primaires ; dénigrement, calomnies et diffamations inspirés des préceptes les plus vils de la médiocrité fasciste quant à leur conception et diffusion, et qui caractérisent vos écrits, vos comportements, vos attitudes, vos discours ainsi que votre travail politique au quotidien.

J'en veux pour preuve vos lettres du 15 juillet 1998 et du 16 mars 1999, en vous laissant tout loisir de vous promener sur la ligne d'horreur dont ces lettres marquent les extrémités. Chaque chose a une limite, y compris la résistance passive. Je vous dis aujourd'hui : ‘JUSQUE-LA OUI, AU-DELA NON !’ J'espère enfin être compris…"

 

 

Après avoir lu la dernière phrase de cette lettre, j’ai précisé qu’en la rédigeant à la lumière d’une bougie, aux environs de 03.00 heures, dans la rue, dans une voiture, je pensais à ce qu’écrivait Albert Camus dans son œuvre ‘L’homme révolté’ : "Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement.  Quel est le contenu de ce « non » ? Il signifie, par exemple, « les choses ont trop duré », « jusque-là oui, au-delà non », « vous allez trop loin », et encore, « il y a une limite que vous ne dépasserez pas ». En somme, ce non affirme l’existence d’une frontière. On retrouve la même idée de limite dans ce sentiment du révolte que l’autre « exagère », qu’il étend son droit au-delà d’une frontière à partir de la quelle un droit lui fait face et le limite."

 

Quant à l’argument de suicide dont m’entretenait le charlatan, je lui ai dit : ‘Si vous le dites, ce doit être vrai, n’est-ce pas ? Mais, ai-je précisé, dire que ‘chaque chose a une limite, y compris la résistance passive’, comme je l’ai fait savoir au Député concerné, ne signifie nullement ‘je vais me suicider’, bien au contraire. Et ce, avant d’ajouter que j’entendais parler de ce fantasme de suicide depuis le début du mois d’août 1998, et qu’il ne m’apprenait rien de nouveau à ce sujet. Et je n’ai pas manqué de lui dire qu’il ne faisait que réciter des histoires que ‘le Parquet’ et ‘un Sénateur’ lui avaient racontées, et qu’il souhaitait que je les approuve.

 

Ensuite, il m’a demandé si j'avais déjà consulté un psychiatre. ‘Pour quoi faire ?’, lui ai-je demandé. ‘Pour faire taire les ouï-dire au sujet de votre santé mentale’, me répondait-il. Je lui ai alors demandé depuis quand on se promène en Belgique avec un certificat de normalité dans la poche, et si lui-même en avait un. Non, me disait-il, je n’en ai pas, mais cela peut être utile dans votre cas pour mettre fin aux ‘suppositions’. Je lui ai suggéré de ne pas avancer trop sur ce terrain glissant, et lui ai fait part de mon refus de participer à ce jeu d'inspiration stalinienne. Sur sa demande insistante de consulter un psychiatre ce jour-là, je lui ai répondu que ‘je serais d'accord avec la démarche si lui-même et le Magistrat qui l'avait dépêché sur place, m'accompagnaient pour un examen comparatif.’

 

Pour ce qui est des ‘suppositions’ concernant ma santé mentale, je lui ai dit qu’il semblait relayer les propos terrifiants que vous - toi, José, et tes acolytes Jacky MORAEL, Thierry DETIENNE Bernard WESPHAEL, Luc CREMER - teniez à mon sujet dans un document ‘confidentiel’ transmis, le 24 décembre 1998, au Procureur du Roi de Liège : "Mû par ce que pensons être une maladie que nous imaginons être proche d'une paranoïa". Exactement comme Staline qui pensait que, les opposants étaient mus par ce qu’il pensait être une maladie qu’il imaginait être proche d'une paranoïa ou d’un délire de persécution structurée. J’ai également attiré son attention sur le fait que, chez vous, chez Ecolo, "il n’y a pas de vérité, il n’y a que le vécu", comme tu le dis, José, et que le vécu ne signifie, pour vous, que ce que vous présentez comme réalité. Que, pour vous, les mots signifient exactement ce que vous voudriez qu’ils signifient, comme le ferait un pervers accompli.

Puis, voyant qu’il ne voulait rien entendre, et qu’il semblait savoir la mission qu’il devait remplir suivant les ordres donnés, je lui ai demandé qui était le magistrat de garde ce jour-là, et par quel magistrat il avait été requis et dépêché sur place. ‘Par le parquet’, me disait-il. Après lui avoir posé la même question à trois reprises et obtenu la même réponse, je lui ai demandé s’il souhaitait que j'identifie moi-même ce magistrat. Dérouté, il plongea dans le silence en me regardant avec étonnement. Je lui ai alors dit qu'il était requis et dépêché sur place par Monsieur Pierre Wilmart, Premier Substitut du Procureur du Roi. Figé, il me regarda, en me disant : "Vous imaginez bien des choses et les affirmez avec une certitude étonnante." En réponse, j’ai précisé que je connaissais le scénario élaboré depuis des mois, scénario que les magistrats et mandataires écolos concernés, notamment, tentaient de mettre en scène ce jour-là. 

 

Ce sont ces faits que ce charlatan avait imaginé être des pensées délirantes. Avant de donner un exemple de preuve concernant ces faits, je te fais remarquer, José, qu’en agissant de cette façon jubilatoire, ce charlatan a sans doute été persuadé - comme toi et tes acolytes d’ailleurs - de ce que je n’aurais jamais accès à ce ‘dossier judiciaire’, et ce, en se disant et non sans raison : ‘Madame Anne THILY, alors Procureur Général, n’accordera jamais au ‘patient’ l’autorisation d’y accéder’ (voir page 49, ‘Un vieux projet qui fut avorté à temps). Le temps passa. Je vivais en Hors-Château depuis plus de trois ans. C’est là que j’ai pris connaissance de la recherche, par le charlatan, du magistrat requérant pour être payé, eu égard à "la ma mission remplie en honneur et conscience, avec exactitude et probité."

 

 

"Liège, le 19/03/99

Parquet du Procureur du Roi

A l'attention de Madame SOMER, Premier Substitut du Procureur du Roi.

Concerne SARI Mustafa

Je vous prie de trouver ci-joint le rapport rédigé dans l'affaire en rubrique ainsi que mon état d'honoraires. Je reste à votre entière disposition au cas où vous souhaiteriez des informations complémentaires, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments les meilleurs.

 

Docteur Pascal ROGER

Etat d'Honoraires. N. Réf.: E90/99, le 19/03/99.

Réquisitoire du Parquet de Liège

 

Magistrat requérant : Madame Somer, Premier Substitut du Procureur du Roi. (Je souligne)

 

Date de réquisition : 19/03/99

Nature de la mission : examen mental sommaire. Rapport déposé le 19/03/1999."

 

 

Comme j’avais identifié, lors de notre entretien, le magistrat requérant ‘avec une certitude étonnante’, le charlatan avait adressé son rapport à un autre magistrat, Madame Sommer, pour prouver que j’aurais effectivement eu des idées délirantes, et que Monsieur WILMART ne serait pas le Magistrat requérant. Mais trois mois plus tard, il se voyait rattrapé par la réalité. Madame Sommer n’étant pas magistrate requérante, il lui avait fallu s’adresser, pour être payé, au Magistrat qui avait voulu rester derrière les rideaux, tout comme le ‘Sénateur José DARAS’, dont l’identité est surlignée en couleur mauve, homme de contact, dans les documents judiciaires confidentiels :

 

"A Docteur Roger Pascal

Le 15.06.1999

 

Objet: l'examen mental de SARI Mustafa (20/03/46)

 

Par la présente j'ai l'honneur de vous confirmer mes réquisitions verbales du 19/03/99 en vous priant de vous rendre rue Hors-Château, 48 à 4000 Liège pour y examiner SARI Mustafa. (Je souligne).

 

Procureur du Roi, Pierre WILMART."

 

 

Par quel magistrat était donc réquisitionné le Docteur, via des ‘réquisitions verbales’ ? Et qui était alors l’homme de contact de ce Magistrat pour élaborer durant des mois et mettre en scène le 19 mars 1999 ce scénario d’inspiration fasciste ? ‘Un’ ou ‘Ce’ sénateur, et son acolyte non identifié, Louis GENET, notamment. N’est-ce pas, José ? Et ce n’est pas tout. Vous, ton guide et toi, n’étiez vraiment pas seuls, comme nous le verrons dans la suite (voir page 29  ‘Confirmation’ et page 52  ‘qui est Louis GENET’).

 

 

L’autre joueur de rôle

 

Cette fois, il s’agit du psychiatre ou de ‘l’expert’ du Parquet, Emmanuel PINTO, auquel le médecin du Parquet, Roger PASCAL, renvoyait dans son fatras l’accomplissement de ‘la tâche’, c’est-à-dire la prise de décision concernant ma mise en observation.

 

J’ai eu avec lui un entretien de cinq minutes, en présence de Monsieur Demarteau, Officier des Renseignements Généraux. Je l’ai envoyé sur les roses dès qu’il m’a posée sa première - et sa seule - question. En effet, d’emblée, il m’a demandé pourquoi mes affaires n’avancent jamais, et si je ne croyais pas qu’il y avait " un complot derrière tout cela." Je lui ai demandé, à mon tour, de quelles affaires il m’entretenait, et s’il pouvait m’en citer un exemple pour que je puisse répondre à sa question, ou lui expliquer pourquoi cette affaire-là n’aurait pas marché. ‘Vos affaires en général’, me répondait-il. J’ai insisté pour qu’il cite un exemple tout en précisant qu’il donnait l’impression d’être bien informé au sujet de ‘mes affaires’. ‘Vos affaires en général’, me répondait-il, à nouveau. Je lui ai alors répondu que j’étais un paranoïaque, fier de l’être ; que je me croyais victime d’un complot, fier d’y croire ; que j’étais anormal, fier de l’être, et que je n’avais pas l’obligation d’être normal à son goût, fier de ne pas l’être.  Et qu’il pouvait confirmer tout cela à ceux qui lui avait demandé de le faire.

 

Puis, il m’a fait part de son souhait de me retenir un certain temps dans son service à l’hôpital parce qu’il me trouvait fatigué. Lorsque je lui ai demandé, nez contre nez, s’il comptait le faire tout seul, avant d’ajouter qu’il n’était pas le contrôleur des citoyens fatigués, il s’est levé et nous a demandé, à moi et à Monsieur Demarteau, d’attendre et il est parti. Plus d’une heure plus tard, il est revenu, accompagné de deux policiers, pour m’annoncer que j’allais être transféré à un autre hôpital. Je ne m’y suis pas opposé pour ne pas répondre à la provocation qui avait déjà atteint ses limites. Nous avons quitté les lieux, les deux policiers et moi. J’ai été amené à l’hôpital désigné. J’ai pu ainsi me libérer du guet-apens

 

Comme il n’a pu me garder dans son service,  le charlatan PINTO n’avait pas fait non plus un rapport médical. Il avait sans doute estimé que ce rapport devait être fait par le psychiatre de l’hôpital où j’étais transféré. Mais entre-temps, le Parquet avait délivré l’ordonnance de mise en observation sans rapport - ce qui est absolument illégal - pour justifier mon transfert à l’autre hôpital. Vu les obligations légales à accomplir dans les vingt-quatre heures suivant la mise en observation, le Parquet devait absolument avoir ledit rapport médical ‘détaillé’ sensé, comme l’exige la loi, justifier la délivrance de l’ordonnance. Le charlatan l’avait délivré le lendemain, soit le dimanche 21 mars 1999. Dans ‘son rapport’ manuscrit et antidaté, qu’il avait déposé au Commissariat de police de la première division, ce pervers narcissique qui semblait chercher à fasciner en croyant qu’il se laisserait jamais prendre, récitait la même histoire que son confrère le médecin du Parquet, mais dans une version un peu plus exotique :

 

"Symptomatologie dépressive dans le contexte de dénutrition (grève de la faim), menace de passage à l’acte auto agressif. Symptomatologie délirante interprétative et imaginative de délire persécutif avec menace d’hétéro agression envers le persécuteur d’origine.

 

Docteur Emmanuel PINTO,

Psychiatre au centre hospitalier de l’Université de Liège. Le 20 mars 1999, à 01 .30 heures."

 

En lisant ces propos, ou opinions, que j’ai déversés dans la poubelle de l’histoire dès que j’en ai pris connaissance, j’ai envie de dire, comme le dit Miguel Benasayag, "je trouve drôle que, face au merveilleux, on ait tendance à donner une explication aussi peu merveilleuse que celle de l'imbécillité tirant les ficelles en coulisse."

 

Je tiens cependant à dire que, s’agissant du  "menace de passage à l’acte auto agressif", je pense qu’il pourrait s’agir de l’hypothèse de suicide emballée cette fois dans le symptôme d’une dépression dans un contexte de dénutrition, et ce, au neuvième jour d’une grève de la faim. Il ne serait donc pas étonnant que ce charlatan plonge dans une dépression profonde s’il ne bouffe pas un seul jour ou s’il saute un repas. Quant à la "menace d’hétéro agression envers le persécuteur d’origine", je n’y ai rien compris, parce que je ne sais pas, à ce jour, ce qu’il entendait par "le persécuteur d’origine". Je ne sais pas non plus s’il imaginait que j’allais me suicider (auto agression) ou que j’allais tuer cette étrange individu nommé "le persécuteur d’origine" (hétéro agression), ou encore les deux à la fois. Alors, José, tu en conviendras sans doute avec moi : vous êtes inquiétants, vraiment. Et tu admettras, un jour,  peut-être, qu’il est normal que je sois inquiet. Peu m’importe donc que je sois ‘normal’ ou non.

 

 

Parenthèse

 

C’est ici que je souhaite faire part, à vous tous, de quelques réflexions avant de revenir sur l’issue de ce qui précède. Dans le cas des personnes souffrant réellement d’une quelconque maladie mentale, "le rôle de la psychiatrie est d’abord de les soigner et les soutenir. Pas de protéger la société, en confondant thérapeutique et pénal", comme le souligne, dans un article récent, le Docteur Jean-Louis KEMPENEERS, Directeur médical au CHS Notre-Dame des Anges à Liège. L’auteur dénonce ainsi la pression exercée par "nos politiciens et notre justice sur les instituions  psychiatriques, en leur imposant de réintégrer leur rôle de régulateur social."

 

En banalisant, de cette façon, l’utilisation de la psychiatrie à d’autres fins que thérapeutiques, sous les dehors d’un souci de la protection de la personne, ‘du malade contre lui-même’, et au nom de la liberté collective, vous forcez la psychiatrie à un retour à ses vieux démons staliniens, et à retrouver son rôle arbitraire, coercitif et oppressif. En oubliant que le rôle de la psychiatrie est de soigner et non de punir, et que la politique, le judiciaire et la psychiatrie n’ont jamais fait bon ménage.

 

En ce sens, et en ce soir enneigé du 19 mars 1999, lorsque j’ai vu neuf policiers, deux voitures et une camionnette de police, encercler cet endroit en Hors-Château, je n’ai pas cru - ou je n’ai pas voulu croire jusqu’à la dernière minute – que dans ce pays, une clique d’individus déguisés en représentants de l’autorité politique et judiciaire pouvaient utiliser la psychiatrie, et avec la complicité des membres du corps médical, comme moyen d’intimidation, de menace et d’oppression.

 

Ce jour-là, j’ai senti, au plus profond de moi, et pour la deuxième fois, ma confiance brisée à tout jamais dans les institutions de notre pays. C’est bien cela que je ne pardonnerai jamais à qui que ce soit. Et dans ces blessures j’ai puisé et je puiserai la force nécessaire pour atteindre le bout de ce ‘Non’ radical que j’ai opposé, la première fois, aux menottes qui joignaient mes deux poignets dans le dos le 21 juin 1995 à 10.45 heures. De ce ‘Non’ radical que j’ai opposé, José, pour la deuxième fois, à vos agissements intolérables auxquels j’ai fait face en Hors-Château. C’est pour ces raisons que j’irai jusqu’au bout de mon exigence légitime du respect du droit et de la loi.

 

 

L’issue

 

Je ferme la parenthèse et je reviens en Hors-Château. Après ma séquestration arbitraire, durant un week-end, dans un goulag sympathique appelé dans sa version démocratique ‘Le Centre Hospitalier Psychiatrique de Liège, Le Petit Bourgogne’ - où j’ai continué à mener la grève de la faim qu’ils avaient voulu interrompre -, j’ai été libéré lundi matin par le psychiatre en chef Monsieur Jean-Michel Devoitille. Celui-ci m’a dit d’office, lorsque je suis rentré dans son bureau, et en se référant sans doute à la conversation que j’ai eue dimanche avec son collègue de garde : "Je suis entièrement d’accord avec votre analyse Monsieur Sari. On a fait cela pour vous casser". Après quoi, il m’a demandé de quitter l’établissement en me remettant copie de ce courrier de compromission :

 

 

"Madame SCAILTEUR

Directrice Générale

 

Madame la Directrice,

 

Monsieur SARI a été admis sur ordonnance de Madame le Procureur du Roi de Liège le 20.3.99.

 

Il n’a reçu aucune médication sédative.

 

L’observation continue par le personnel de soin et les entretiens que j’ai pu avoir avec Monsieur SARI et son entourage n’ont pas mis en évidence d’éléments délirant, ou hallucination ou d’autres éléments pouvant permettre de déceler une dangerosité actuelle pour lui-même ou pour autrui, ou une dangerosité potentielle.

 

En fonction de ce qui précède, j’ai autorisé Monsieur Mustafa SARI à quitter l’hôpital ce 230399

 

Docteur Jean-Michel DEVOITLLE. Coordinateur médical du CHP."

 

 

Monsieur Devoitille a ainsi assumé, par empathie pour la solidarité du corps, la lâcheté déconcertante de ne pas mentionner dans sa missive le vrai motif de ma libération, à savoir que les prérogatives légales régissant  la délivrance de l’ordonnance de mise en observation n’ont pas été respectées. Je suis resté à l’hôpital un jour de plus, et volontairement, et en liberté, pour obtenir les preuves de mon affirmation.

 

Le 23 mars 1999, j’ai regagné le combat en Hors-Château, avant de le quitter le 7 janvier 2002, et ce, après avoir obtenu les réponses à toutes les questions que je me posais, et que je posais à qui de droit. J’ai ainsi eu  tous les "éléments pouvant permettre de déceler une dangerosité actuelle et une dangerosité potentielle" future que représentent ces individus non "pour eux" mais bien "pour autrui", c’est-à-dire, pour la pérennité de notre Etat de droit et de notre démocratie, et pour la protection  et la défense de notre liberté, notamment.

 

 

Confirmation

 

Ce qui précède me permet déjà, José, de confirmer que ce n’est pas toi mais bien moi qui ai organisé un ‘complot’ contre moi (voir page 58, ‘Conclusion’). Tu n’as pas participé non plus, ni de près ni de loin, à l’exécution de ce "complot".

 

Mais, comme tu as pu le constater, ni le médecin que le Parquet a envoyé en Hors-Château, et à ta demande, ni l’expert du Parquet, ni qui que ce soit, n’a décidé ma mise en observation, comme tu l’avais imaginé. Ce qui prouve qu’un manipulateur ou un menteur  fini toujours, José, par ne plus contrôler ni les causes ni les conséquences de ses propres agissements à force de se rendre complice des agissements d’autrui, dont il ne maîtrise, ni ne peut maîtriser, les causes et les conséquences.

 

J’aimerais cependant te donner quelques preuves supplémentaires. Comme les hommes normaux ne savent pas que tout est possible, j’ai tenté - comme le ferait un anormal qui se respecte, et qui est fier de l’être - de vérifier la réalité de tes fantasmes, en pensant que tout est possible dans ce Milieu de délinquants en col blanc. Force m’a alors été de constater que, le vendredi 19 mars 1999 après 16h, le Parquet de Liège était mis en état d’alerte par toi, et que ce n’est pas dans ce Parquet qu’il y aurait pénurie de magistrats :

 

·        Selon toi et tes acolytes, ainsi que selon le Commissaire adjoint Mohr, c'est madame Schaaps, Substitut du Procureur du Roi - qui était effectivement magistrat de garde, ce jour-là - qui aurait requis le Docteur PASCAL, médecin du Parquet, et qui l'aurait dépêché en Hors-Château pour mon examen mental.

 

·        Le Docteur PASCAL déclare, lui-même, avoir été requis ce même jour par madame Somer, Premier Substitut du Procureur du Roi, et dit avoir adressé son ‘rapport médical’ - son fatras - à celle-ci.

 

·        A son tour, Monsieur Wilmart, Premier Substitut, dit avoir requis son Docteur PASCAL et l'avoir dépêché en Hors-Château, comme il le lui faisait savoir trois mois plus tard, et par courrier, pour que ce dernier soit enfin taxé, c'est-à-dire, payé.

 

·        Monsieur Scholtes, Premier Substitut, dit n’avoir fait, ce jour là, que laisser passer les papiers et déclare avoir signé, le 20 mars 1999 à 02.00 heures,  l'ordonnance de mise en observation psychiatrique sur base du ‘rapport médical’ manuscrit et antidaté du Docteur Pinto qui aurait été rédigé à 01.30 heures, ce même jour.

 

·        Le Docteur Pinto, dit ne s'être entretenu qu'avec Monsieur Detaille qui, selon lui, serait un Magistrat au Parquet de Liège, et qui aurait décidé, lors de sa communication téléphonique avec lui, de ma mise en observation psychiatrique à 02.30 heures. Alors que ce magistrat, nommé ‘Detaille’, n’a jamais existé et n’existe pas au Parquet de Liège.

 

·        C'est également à Monsieur Detaille que le Docteur Pinto dit avoir faxé son rapport à 02.37 heures, et non pas à Monsieur Scholtes.

·        Monsieur Horne, Commissaire adjoint dit avoir trouvé, le lendemain, soit le dimanche 21 mars 1999, ledit rapport du Docteur Pinto dans son commissariat.

 

·        Et enfin, Louis Genet déclare : "De par ma fonction et profession, je n’ai pas de jugement à porter sur la santé de quiconque. Ma fonction m’amène cependant à conseiller des procédures qui sont en lien avec la santé." Sans préciser à qui, quand, comment et pourquoi il conseille des procédures.

 

 

*      Le 11 décembre 1998, Genet avait rédigé une plainte pénale à ma charge, et vous l’avait confiée, à toi et à tes cinq comparses, pour transmission au procureur du Roi. Et ce, avec la précision importante mentionnée dans la lettre d’accompagnement  adressée à B. Wesphael : "Comme je te l’indiquais verbalement", écrivait-il, "je ne peux intervenir dans cette affaire puisque j’ai été conseil de l’intéressé" (à ce sujet, voir le rappel important intitulé ‘Qui est Louis GENET’, page 52). Il avait également joint à cette plainte une facture diplomatique d’honoraires de 5000 francs afin de justifier son intervention sous couvert de conseil  donné à ses amis au cas où il serait pris en faute : ce qui fut le cas. A son tour, B. Wesphael avait communiqué ‘la plainte’ à qui de droit avec l’indication : "Confidentiel, aux parlementaires et aux secrétaires régionaux."

Pour rappel, je précise que j’avais fortuitement pris connaissance de cette plainte bien avant même qu’elle ne soit transmise au Parquet. Je n’ignorais donc pas que, vous aviez transmis, par cette prétendue plainte, à votre partenaire, le Procureur du Roi, votre demande soit de mon internement, soit de ma mise en observation psychiatrique. Je savais aussi que cette demande écrite était requise pour la mise en œuvre de la loi du 9 avril 1930 relative à l'internement et de la loi du 26 juin 1990 relative à la protection des malades mentaux. Et en la rédigeant, Genet avait tenté de déterminer par tous les moyens, "une base pénale" à ma charge, car cette base est aussi requise, je le savais, pour la mise en œuvre de la loi relative à l’internement.

 

Il est important de savoir que si je n’avais pas pris connaissance à temps de cette plainte, je crois que vous auriez pu atteindre votre but et je me serais trouvé dans un hôpital psychiatrique durant un temps suffisamment long pour être déclaré malade mental pour le restant de mes jours. Pris par surprise, je me serais peut-être révolté et mis dans l’embarras ... Averti par cette plainte, j’ai été attentif à tout et à tout moment. J’ai pu ainsi suivre quotidiennement et maîtriser dans le temps, le déroulement des événements dans les coulisses. Ce que vous, toi et tes acolytes, José, ignoriez, comme l’ignoraient vos partenaires politiques et judiciaires, ainsi que les membres concernés du corps médical.

 

Dans la lettre que toi et Gerkens m’aviez transmise, le 18 mai 2001, vous en disiez quelques mots à ce propos : "Les éléments repris dans les pistes données par Louis Genet, le 11 décembre 1998, étaient des éléments d’information sur les interventions théoriques possibles, sa mission s’arrêtant là. Nous avons opté pour une plainte en diffamation suite au contenu de propos que nous estimions inacceptable et nous n’avons jamais recouru à une réquisition pour internement." Cette réponse m’était indispensable pour vous faire avouer que c’était bel et bien Genet qui avait rédigé cette plainte, alors que j’en avais les preuves irréfutables.

 

Quant au ‘contenu de mes propos que vous estimiez donc inacceptable’ : après avoir accompli sa mission première, cette plainte a été l’objet d’un traitement diplomatique. Par ma déclaration lors de mon audition, le 2 avril 1999, par la gendarmerie de Liège, j’ai tenu à faire part au magistrat en charge du dossier, de la réalité comme suit :

 

"Ce que j'ai observé et constaté durant neuf longs mois, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, m'amène au douloureux constat suivant : si les élus et les mandataires de tous niveaux de ce parti agissent et réagissent en toutes circonstances et en tous lieux comme ils ont agi et réagi dans le cas qui me préoccupe, alors ce parti n'est pas un parti, encore moins un parti politique démocratique, mais bien une authentique secte de toutes les dérives totalitaires et fascisantes: ils constituent un danger potentiel pour l'avenir démocratique de notre société, de nos institutions et de notre Etat de droit. Leur disposition mentale, leur état d'esprit et leur manière d'être provoquent le froid glacial dans le dos. Persiste et signe."

 

Cinq jours plus tard, cette plainte fut classée sans suite. Je vous ai écrit en vous priant de re-déposer votre plainte entre les mains, cette fois, d’un Juge d’instruction pour que nous puissions nous expliquer devant un tribunal et si possible publiquement. Vous ne l’avez pas fait. C’est dommage. N’est-ce pas ? 

·    En ce qui concerne Madame le Procureur Général Anne Thily et Madame le Premier Avocat Général Andrée Spriesterbach, nul ne sait ce qu’elles faisaient ce jour-là, soit le 19 mars 1999, entre 16 et 17.00 heures.

 

·    In fine, dans son ordonnance de soit communiqué prise le 4 septembre 2002, Madame la Juge d’instruction REYNDERS estimait qu’"à ce stade de l’enquête, le dossier n° de notice 52.99.99/01 concerne des magistrats : Madame A. THILY, Madame A. SPRIESTERBACH, Monsieur P. WILMART, Monsieur SCHOLTES, Madame SCHAAPS, un sieur DETAILLE à mieux identifier, et des mandataires politiques : Messieurs JAMART et MOHR, Monsieur José DARAS, Monsieur Thierry DETIENNE, Madame Muriel GERKENS, Monsieur Bernard WESPHAEL."

 

Puis, elle communiquait les pièces de la procédure à charge de GENET Louis, DUTILLEUX Philippe et PINTO Emmanuel, à Madame le Procureur du Roi pour être par elle requis ce qu’il appartiendra …

 

 

Remarques et questions

 

ü      Sept magistrats, Madame A. THILY, Madame A. SPRIESTERBACH, Monsieur P. WILMART, Monsieur SCHOLTES, Madame SCHAAPS, un sieur DETAILLE à mieux identifier",

 

ü      Sans citer Madame Somer, Magistrate, qui était poussée dans l’ombre par la Juge par crainte de transparence, et a qui le Docteur ROGER avait transmis son rapport, 

 

ü      Quatre mandataires politiques, Monsieur José DARAS, Monsieur Thierry DETIENNE, Madame Muriel GERKENS, Monsieur Bernard WESPHAEL,

 

ü      Deux commissaires de polices, Messieurs JAMART et MOHR, et non mandataires politiques, comme la Juge les identifie.

 

ü      Louis GENET, avocat, Philippe DUTILLEUX, médecin, Emmanuel PINTO, psychiatre,

 

ü      Sans citer Pascal ROGER, médecin, poussé dans l’ombre par la Juge, protection oblige,

 

ü      Sont-ils vraiment ‘concernés’, tous, par la délivrance d’une risible ordonnance de mise en observation psychiatrique ? Si oui, comment et pourquoi ?

 

 

Une fragilité affective inquiétante

 

La suite de l’histoire étant très fragile au regard de la loi et du droit, comme le prouvent les questions posées à Madame la Ministre de la Justice (voir page 3), je voudrais t’entretenir, d’abord, de ma fragilité affective mise en exergue dans votre lettre suscitée du 18 mai 2001. En ce qui concerne le courrier que vous - toi, Gerkens, Detienne - m’aviez communiqué le 19 mars 1999, vous écriviez : "Le courrier qui a provoqué cette tension, disait simplement que nous mettions fin à nos échanges puisque nous considérions que nos réponses n’étaient pas crues. Nous arrêtions donc un cycle infernal d’incompréhension qui se poursuit encore aujourd’hui. Réagir à ce point à une rupture de relations traduisait une fragilité affective inquiétante. La tension du 19 mars 1999 n’était pas étrangère à un ultimatum lancé par Monsieur Sari sommant ‘Ecolo’  de répondre à différentes questions avant 22 heures." Cette réponse m’était également indispensable pour prouver que vous aviez tout fait pour faire monter ‘la tension’ pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons toute de suite.

 

Il est vrai que, ce jour-là, j’étais atteint d’une obsession ‘confusionnelle’, et j’ai refusé de croire obstinément à vos réponses qui n’existaient pas. Il est vrai, aussi, que j’ignorais totalement que vous m’aviez signifié la triste rupture de notre relation affective pour le moins inquiétante, car je ne me souvenais pas d’avoir accueilli,chaque nuit, dans mon intimité et dans ma voiture, quelqu’un parmi vous, et tour à tour. Et pourtant, Madame GERKENS, psychologue, ne peut ignorer que les pervers cherchent à faire croire que le lien de dépendance de l’autre envers eux est irremplaçable et que c’est l’autre qui le sollicite. Ce jour-là, j’ai ‘sommé’ non pas ‘ECOLO’ mais une personne physique, à savoir Thierry DETIENNE. Personne qui m’avait écrit la lettre ci-dessus, le 26 août 1998, lorsque je lui avait demandé de ne plus être mon interlocuteur :

 

 

"Mustafa,

 

J’ai bien reçu ta lettre de ce mardi 25 août par laquelle tu réagis à notre entrevue de ce lundi 24 et je t’avoue que je ne comprends pas ton attitude. Je ne me suis jamais permis de mettre en cause ton action, mais tu me déclares, comme tu le faisais déjà dans ta lettre du 18 août, que tu ne veux plus que je sois ton interlocuteur. Je me permets de te signaler que si j’ai principalement assuré le contact avec toi, c’est parce que tu es venu me rencontrer au printemps et que tous tes courriers m’étaient jusqu’alors adressés. Il n'a jamais été question pour moi d'abandonner la partie. Je ne comprends pas que tu veuilles tout interrompre mais je respecte ton choix.  Sache que je suis prêt à reprendre le suivi..."

 

Thierry DETENNE, Député."

 

 

Je lui avait en effet demandé de ne plus être mon interlocuteur  et de cesser ainsi de me transmettre les courriers que, toi et tes acolytes, vous élaboriez et rédigiez dans les coulisses. Car vous utilisiez ces courriers, après me les avoir transmis par formalité, comme instrument de propagande afin de diffuser les histoires imaginaires et hallucinantes que vous y racontiez, avant de vouloir les imposer à tout passant, et par tous les moyens, comme une réalité incontestable. A l’époque, vous excelliez à merveille dans l’art d’entraîner l’adhésion non sur une situation mais sur ce qui était communiqué. En d’autre mots, vous excelliez dans l’art de manipulation, pour mieux susciter la réprobation du public qui ignore tout, ou presque, de la question ; ce qui permet de culpabiliser l’adversaire qui ne se soumet pas. N’est-ce pas, José ?

 

 

Une lettre aux pompiers pyromanes

 

Qu’est-ce qui s’est passé réellement ce jour-là, le 19 mars 1999, en Hors-Château ? Pour répondre à cette question, je te rappelle la lettre ci-dessous que Mademoiselle Delphine ULLENS avait transmise, le 29 novembre 2000, à Madame GERKENS. Elle y expliquait comment elle était tombée naïvement - elle et non moi - dans le piège de ‘la stratégie de tension ou de provocation’ dont tu t’es servi, José, ce jour-là. Il était normal, dit-elle, de réagir anormalement à une situation anormale même si sa réaction était du pain béni pour vous, alors que vous espériez une probable réaction de ma part. Et ce, en espérant créer l’occasion de mettre en scène le scénario digne des fascistes patentés, que tu avais soigneusement élaboré - et je le savais, comme je l’ai expliqué plus haut - depuis le mois de novembre 1998, en concertation étroite avec, notamment, les magistrats du Parquet de Liège :

 

 

« Madame  Gerkens,

 

Monsieur Sari m’a communiqué votre courrier daté du 28/11/00, dans le cadre de la médiation de Monsieur Brilmaker, et je tenais à réagir personnellement à celui-ci puisque j’y suis citée. Je pense donc être la mieux placée pour connaître la raison pour laquelle je suis montée en vos bureaux le 19 mars 1999.

 

La mauvaise foi avec laquelle vous continuez à répondre est tout simplement choquante, et révoltante quand les enjeux sont ceux d’un combat de 22 ans, désintéressé et sans relâche ; un combat pour une démocratie soucieuse du plus faible et non du plus fort ; pour le respect des droits de chacun à la dignité la plus élémentaire ; et donc contre ceux qui, investis d’une quelconque fonction à responsabilité publique, détournent les objectifs premiers de celle-ci à des fins personnelles ou encore dans l’intérêt d’une minorité à préserver et contre l’intérêt général.

 

Plus particulièrement, comme vous n’êtes pas sans le savoir, c’est depuis 5 ans le combat d’un homme qui souhaite que toute la lumière soit faite sur une affaire soi-disant judiciaire. Sur son parcours, il a été amené à solliciter l’intervention des parlementaires fédéraux, dans le cadre de leur pouvoir et de leur devoir de contrôle sur l’exécutif dont le Ministre de la Justice, et son choix s’est porté sur les parlementaires ECOLO, alors dans l’opposition certes mais néanmoins parlementaires à part entière. Apparemment, bien mal lui en a pris… Ceux-ci ont accepté dans un premier temps de relayer sa demande auprès du Ministre de la Justice, et puis soudainement, ils ont « appris » que, comme ils le « redoutaient », il y avait en réalité séparation des pouvoirs, et que, de plus, le Ministre refusait de répondre à des questions relatives à un dossier personnel.

 

Depuis, ils n’ont pas dévié ou si peu de la trajectoire qu’ils se sont fixée, et quand on leur demande (est-ce si difficile pour un parlementaire d’y répondre ?) par rapport à quelle demande il y avait séparation des pouvoirs, quand, ô suprême audace on insiste, quitte à résister plus de deux ans dans une voiture, ils font la fine bouche et finissent, excédés, par faire savoir que dorénavant ils ne répondront plus à une question de plus, vous comprenez cette situation dure depuis trop longtemps et nous n’avons pas que cela à faire, il y a des combats plus importants à mener contre par exemple la nuisance sonore des aéroports ou l’ouverture des centres fermés.

 

Je passerai le détail des différents courriers qui témoignent, par les contradictions incroyables dont vous avez fait montre, que cette affaire a pris des dimensions plus que troublantes. Ce qui m’amène, après ce petit intermède, à l’objet principal de la présente : pourquoi diable suis-je montée «en pleurs » dans vos bureaux le 19 mars 1999 ? Ma foi, je vais vous l’expliquer en détails puisque là encore, vous ne manquez pas d’imagination ou plutôt vous relatez les faits d’une manière telle, que ceux-ci sont tout à coup, méconnaissables pour ceux-là même qui les ont vécus –omettant ceci, accentuant cela- ce qui, vous le comprendrez aisément, ne peut être passé sous silence. C’est la révolte que j’éprouve à nouveau aujourd’hui face à tant de mauvaise foi, qui m’avait amenée à entreprendre cette démarche : il m’était, tout simplement, impossible de laisser passer une «chose » pareille. Quelle était cette chose ?

 

Hé bien, VOUS AFFIRMIEZ DANS VOTRE COURRIER DU MEME JOUR (19 mars 1999 donc, pour mémoire) QUE VOUS AVIEZ DEJA REPONDU AUX QUESTIONS POSEES PAR M. SARI, et que par conséquent vous ne voyiez plus, en effet, l’intérêt de continuer un quelconque échange de courrier supplémentaire (nous y étions déjà).

 

OR, TEL N’ETAIT PAS LE CAS, COMME VOUS NE POUVIEZ L’IGNORER, et c’est votre mensonge qui m’a révoltée, et lui seul, car j’en connaissais, en effet, les conséquences pour M. Sari qui attendait beaucoup de votre réponse, étant donné qu’elle permettrait enfin d’éclaircir une situation, que vous avez admirablement réussi à rendre confuse. En passant, je vous adresse d’ailleurs mes plus sincères félicitations pour cet art dans lequel vous semblez exceller. Ma foi, si j’étais mécène, je ne manquerais certainement pas de contribuer à ce que soit enfin reconnu votre génie qui n’est hélas pas encore jaugé à sa juste mesure.

 

Et M. Sari vous avait en effet adressé un ultimatum : « J’attends votre réponse, jusqu’à ce vendredi 22h. » Avoir attendu celle-ci plus de sept mois, il me semble que c’est avoir déjà fait preuve d’une grande patience. Elle avait atteint ses limites, probablement. Et vous aviez compris que ce jour là, M. Sari ne vous laisserait pas sortir sans répondre. Mais comment ? En faisant appel à la violence ? En portant atteinte à votre «intégrité » physique ? Cela, nul ne le savait, et sans doute pas même M. Sari. Mais tout pouvait en effet arriver. Et vous avez préféré écrire que vous aviez «déjà répondu », plutôt que de donner cette fameuse réponse.

 

Revenons donc à nos moutons : vous aviez menti, une fois de plus mais, pour moi qui avais suivi l’affaire depuis longtemps, une fois de trop (ah ! les mystères de la psychologie), et je suis donc montée dans vos bureaux. Monsieur Detienne a tout d’abord refusé d’examiner avec moi la lettre dans laquelle  il «aurait répondu ».

 

Toujours dans le même état d’esprit, je suis donc remontée une heure plus tard environ (vers 17h30), et Monsieur DETIENNE, après avoir dit : « Mais si je réponds à cette question, SARI VA REVENIR SUR LA LETTRE DU 15 JUILLET » (étonnant, n’est-ce pas, de la part de quelqu’un qui a bien fait son travail), Monsieur Detienne donc a accepté de reprendre le courrier et … force lui a été de constater qu’il n’avait pas répondu. Tonnerre de Brest, comme dirait ce cher Capitaine Haddock. D’où, d’ailleurs, le courrier qui suivra : « D’après la conversation que nous avons eue avec Mademoiselle Delphine ULLENS.» C’est vrai que les écrits de M. Sari, sont parfois rédigés dans un français trop précis que pour être bien compris. La tension est donc tout naturellement retombée, puisque les bases de la communication étaient enfin à peu près rétablies (objectives ? kèskesè ?).

 

Ce n’était donc pas le fruit d’un miracle divin ou d’un «soudain » retournement de situation. Je suis alors remontée dans vos bureaux (j’ai heureusement une condition physique qui me permet ce genre d’exercice plusieurs fois par jour), cette fois à la demande de M. SARI, pour vous remercier d’avoir enfin répondu quelques sept mois plus tard, et pour vous dire que les négociations pourraient reprendre dès lundi. Monsieur Daras a alors explosé littéralement, s’est fâché tout rouge et s’est écrié : « Et maintenant, il doit partir, ET PAR TOUS LES MOYENS ! ». Propos repris aussitôt par Monsieur Detienne («Non, non, pas par tous les moyens… ») La suite, nous la connaissons, n’est-ce pas ?

                                                                

Voyez-vous, je préfère les propos - qu’on qualifie facilement d’outranciers pour mieux en occulter le sens - d’un homme révolté et blessé dans ses convictions, quand ils dénoncent des faits précis et vérifiables, à des propos politiquement corrects et certes modérés, mais qui reflètent une mentalité plus que compromissoire : compromise.

 

Désolée et inquiète, je vous présente mes plus sincères doléances pour l’incommodité que cette situation de siège a dû vous faire subir,

 

En vous priant de me croire, Toujours à votre service, Madame la Députée,

 

Delphine ULLENS, Citoyenne. »

 

 

J’attire ton attention, d’abord, sur ce que Detienne disait à Mademoiselle ULLENS : "Mais si je réponds à cette question, Sari va revenir sur la lettre du 15 juillet." De quelle lettre s’agissait-il et pourquoi aviez-vous peur que je revienne sur cette lettre ? Comme tu l’auras sans doute compris, c’est bien cette question qui justifie les trois questions que je pose aujourd’hui à toi et tes acolytes. C’est bien cette réflexion de Detienne qui me rappela, à l’époque, les propos suivants de Marie-France Hirigoyen qui, par ces écrits, m’a guidé et orienté durant ces années : "A la différence d'un conflit normal", remarque-t-elle, "il n'y pas de vrai combat avec les pervers, pas non plus de réconciliation possible."

 

Et, comme si elle était le témoin direct de ce que nous avons vécu en Hors-Château, ce jour-là, elle continue : "Les pervers manifestent sûrement une hostilité froide, qu'ils nient si on leur en fait la remarque. L'autre s'énerve ou crie. Il est alors facile de se moquer de sa colère et de le tourner en ridicule. Lorsque la victime n'a pas assez de contrôle, il suffit d'en rajouter dans la provocation et le mépris pour obtenir une réaction qu'ensuite, on pourrait lui reprocher. Par exemple, si la réaction est la colère, on fait en sorte que ce comportement « agressif » soit repéré de tous au point que même un spectateur extérieur puisse être amené à appeler la police. Il est facile ensuite pour l’agresseur de se présenter en victime d’un malade mental."

 

Et ensuite, j’attire ton attention sur ce constat que Mademoiselle ULLENS faisait dans sa lettre : "La tension est donc tout naturellement retombée, puisque les bases de la communication étaient enfin à peu près rétablies." Partant de là, tu comprendras sans doute que tu avais personnellement fini par prendre ton désir pour la réalité quant à l’argument de suicide. Et ce, en te disant peut-être qu’il n’était pas possible que je ne sois pas encore devenu fou en faisant face, durant plus de huit mois, à vos agissements pour le moins insidieux, dont votre méthode de communication digne vraiment des pervers accomplis.

 

 

Rappel

 

Le 19 mars 1999, aux environs de 05.00 heures, j’ai déposé dans votre boite la lettre adressée à DETIENNE (voir page 23), en lui demandant de réserver réponse à ma lettre du 16 mars 1999. Le même jour, aux environs de 15.45 heures, et en présence de Mademoiselle ULLENS, vous m’avez transmis le courrier de provocation suivant :

 

"Monsieur,

 

Depuis que nous vous avons fait parvenir nos réponses aux 4 questions que vous avez posées ce mardi 16 mars en fin de journée, vous nous avez envoyé 3 courriers dont le dernier n'est autre qu'une collection d'injures. La lecture de votre lettre de réaction à notre courrier donne à penser une fois encore que nous sommes dans une impasse. Quand nous répondons à vos questions, vous en posez de nouvelles, et vous mettez notre honnêteté en doute. Nos en arrivons à la conclusion que vous ne nous croirez jamais. Dans ces conditions, il nous paraît stérile de poursuivre cet échange que nous avions voulu concluant. Avec nos regrets.

 

Muriel GERKENS, Secrétaire Régionale.                        Thierry DETIENNE, Député."

 

 

C’est au sujet de ce courrier que Mademoiselle ULLENS vous écrivait : "C’est la révolte que j’éprouve à nouveau aujourd’hui face à tant de mauvaise foi, qui m’avait amenée à entreprendre cette démarche : il m’était, tout simplement, impossible de laisser passer une «chose » pareille. Quelle était cette chose ? Hé bien, VOUS AFFIRMIEZ DANS VOTRE COURRIER DU MEME JOUR (19 mars 1999 donc, pour mémoire) QUE VOUS AVIEZ DEJA REPONDU AUX QUESTIONS POSEES PAR M. SARI, et que par conséquent vous ne voyiez plus, en effet, l’intérêt de continuer un quelconque échange de courrier supplémentaire (nous y étions déjà). OR, TEL N’ETAIT PAS LE CAS …"

 

‘Hé bien’, à partir de ce jour-là, et durant trois ans, je vous ai demandé de me communiquer la copie du courrier par lequel vous disiez m’avoir communiqué, et sans le moindre dégoût, la réponse à ma lettre du 16 mars 1999. Voici la réponse écrite que vous - toi, José, et tes acolytes Thierry Detienne et Muriel Gerkens - m’avez communiquée le 7 janvier 2002 : "Le 27 février 99, vous nous avez envoyé un courrier où vous nous posiez 4 questions. Le 16 mars vous nous rappelez que nous n'avons toujours pas répondu à ces questions. Nous n'avons pas répondu à cette dernière lettre du 16 mars." Et pourtant, trois ans auparavant, vous écriviez, dans votre courrier ci-dessus que je vous avais posé 4 question le 16 mars 1999, alors que je les avais posées le 27 février, et que vous m’aviez fait parvenir votre réponse à cette même lettre du 16 mars, et ce n’était vrai.

 

 

"En bloquant la communication par des messages paradoxaux", remarque Marie-France Hirigoyen, "le pervers narcissique place le sujet dans l’impossibilité de fournir des réponses appropriées, puisqu’il ne comprend pas la situation. Il s’épuise à trouver des solutions, lesquelles sont de toute façon inadaptées et, quelle que soit la résistance, ne peut éviter l’émergence de l’angoisse ou de la dépression qui peut conduire au suicide." Ce qui m’oblige de te poser cette question : ce jour-là, n’avait-tu pas peur, José, que Mademoiselle ULLENS se suicide ? Puisque, ce jour-là, je ne t’ai pas rencontré -  ni rencontré quelqu’un parmi vous - et je n’ai eu aucun contact avec toi - ni avec quelqu’un parmi vous -  jusque 21.45 heures.

 

Je n’ai jamais douté du fait que vous - toi et tes comparses psychothérapeutes, psychologues - soyez parfaitement conscients des dégâts psychologiques que vous espériez causer par la guerre psychologique que vous aviez déclarée dès le 15 juillet 1998, et que vous avez cru pouvoir mener jusqu’à la victoire. Je suis vraiment désolé de vous avoir déçus.

A ce propos également, je t’offre ci-dessous quelques réflexions qui nous éclairent suffisamment quant à la violence de vos méthodes et pratiques auxquelles j’ai fait face durant trois ans et demi. Il est indéniable que la spirale de mensonges - mensonges que vous avez soigneusement organisé et diffusé - pouvait effectivement me conduire, comme tout un chacun parmi nous, peu à peu à véritablement délirer. Heureusement, j’avais une connaissance approfondie des règles de conduite de ‘la guerre psychologique’ pour avoir été face à face avec elle, à maintes reprises, durant ma longue expérience :

 

 

"La paranoïa n’est pas un simple trouble du jugement. Elle a ses racines dans une atteinte profonde du psychisme, d’ordre instinctivo affectif, que S. Freud et ses élèves ont bien mis en évidence. Mais il faut savoir aussi que l’influence du milieu va jouer un rôle considérable dans le devenir des paranoïaques délirants. Si l’amélioration de la prise en charge médicamenteuse et psychothérapique a permis une transformation de leur sort dans un sens assez favorable à la majorité d’entre eux, la société, dans ses tolérances et son intolérance, a aussi une influence importante sur leur destin.

 

L’Américain E. Lembert a bien montré que, dans certains cas, le processus pathologique de la paranoïa n’est pas seulement celui de la personnalité du paranoïaque, mais aussi celui de l’ensemble des interactions et des relations sociales du patient. En quelque sorte, « les paranoïaques aussi ont leurs ennemis ». Le futur paranoïaque est peu à peu exclu et littéralement « persécuté » par son entourage, qui adopte vis-à-vis de lui une attitude policière et « conspiratrice ». On peut donc parler de « la nature conspiratrice » de cette exclusion.

 

De plus en plus « indésirable », le futur paranoïaque est isolé du groupe, mis en quarantaine, dans le « secret ». Les manifestations originales de son comportement sont « amplifiées » et « interprétées » dans le sens le plus péjoratif et pathologique. Ainsi se crée autour de lui cette « spirale de mensonges » bien décrite par E. Goffman, conduisant peu à peu le sujet à véritablement délirer. Cette sociogenèse de la paranoïa est importante. Elle pourrait nous faire mieux comprendre comment une société totalitaire peut faire d’un opposant jusque là sain d’esprit un authentique paranoïaque.

 

Mais que dire de ces gens qui rendent les autres paranoïaques ? Ne seraient-ils pas les vrais paranoïaques ? Comme le constate R. Laing dans ‘Les faits de la vie’ : « Je suis très intéressé par les mots, et aussi ce pour quoi nous en avons et ce pour quoi nous n’en avons pas. Par exemple, le mot paranoïa. Je trouve toujours étrange que nous disposions de ce mot pour signifier que quelqu’un se sent persécuté, quand ceux qui le persécutent ne pensent pas qu’il le soit. Mais il n’y a pas de mot pour distinguer la situation où vous persécutez quelqu’un, situation que j’aurais cru aussi grave que l’autre et sûrement pas moins fréquente." ("Sociogenèse de la paranoïa", dictionnaire de psychologie, Larousse).

 

 

Ce qui m’a interpellé au plus haut niveau dans ce texte, est cette question : "Que dire de ces gens qui rendent les autres paranoïaques ?" Les qualificatifs ‘politiquement incorrects’ que l’auteur semblait ne pas vouloir utiliser, je vous les ai dits et vous les écrits : ce sont des fascistes en terme politique, délinquants et criminel en col blanc en terme juridique, pervers accomplis en terme psychosociologique, psychopathes redoutables en terme psychiatrique. Et j’ai assumés ces mots et je les assume encore aujourd’hui sans le moindre regret. Ces gens - dont toi et tes acolytes, José - ne sont pas, loin de là, des paranoïaques ni malades, même s’ils finissent en général dans la démence à force de se demander si leurs adversaires ne sont pas fous de ne pas devenir - ou de n'être pas devenus - fous dans la résistance malgré la violence des méthodes et pratiques auxquelles ils font recours et les moyens qu'ils déploient.

 

Le fascisme ordinaire ou la banalisation de l’abominable

 

Justement, selon un autre joueur de rôle, Philippe Dutilleux, médecin généraliste et conseiller communal Ecolo à Malmédy, ‘le délire psychotique de persécution structuré ou le délire paranoïaque’ ne serait pas extrêmement difficile à déceler, comme le prétendait Roger Pascal, ‘le médecin du Parquet de Liège’. En effet, selon ce nostalgique du Goulag,  "un psychiatre ou un médecin peut se rendre compte de la situation en quelques secondes et en quelques questions". Et ce psychiatre ou ce médecin doit, s’il veut être efficace, "hospitaliser le malade quasi de force et lui imposer un traitement neuroleptique qui casse son système de raisonnement" :

 

 

"Bonjour,

 

(…) Je suis conseiller communal écolo à Malmédy et médecin généraliste depuis 1977. Par solidarité pour écolo, je me permets de vous livrer mon sentiment par rapport aux écrits de Mr sari : pour moi, il s'agit d'un cas flagrant de délire paranoïaque tel que décrit dans tous les livres de psychiatrie et tel que j'ai eu l'occasion d'en observer dans ma pratique.

 

Ces cas sont les plus dangereux car sous couvert d'une logique implacable, ils développent une interprétation de leur perception des choses complètement rigide et imperméable à toute critique : tous ceux qui mettraient en doute son point de vue sont automatiquement mis dans le lot des comploteurs. Il est très difficile voir impossible de les ramener à la raison et effectivement ce genre de personne est susceptible de passer à l'acte, suicide théâtral ou agression physique. Un psychiatre ou un médecin peut se rendre compte de la situation en quelques secondes et en quelques questions. Il n'y a pas d'alternative, si on veut être efficace et protéger le malade contre lui-même que de l'hospitaliser quasi de force et de lui imposer un traitement neuroleptique qui casse son système de raisonnement.

 

Cela peut paraître barbare mais c'est la seule méthode qui ait une chance d'être efficace (…)

 

Philippe Dutilleux"

 

 

"Un traitement neuroleptique qui casse son système de raisonnement". Oh là ! J’en ai froid dans le dos. Et toi, José, qu’en penses-tu ? Onze mois plus tard, lors de son audition par l’enquêteur de la Juge d’instruction, ce même charlatan déclarait au sujet de son diagnostic et ses conseils ‘scientifiques’ : "Je n’ai jamais rencontré monsieur SARI. Ce courrier du 12 janvier 2001 était une tentative d’utilisation de ma fonction de mandataire ECOLO pour soutenir monsieur SARI dans son combat pour défendre ce qu’il estime être ses droits." Heureux d’être défendu, en pensant que le Führer, lui aussi, liquidait (défendait) les "aliénés" par compassion pour eux-mêmes et leurs familles "saines".

 

Les réflexions de ce charlatan m’oblige à revenir ici sur ma à ma mise en observation psychiatrique pour te dire que je comprends que vous n’auriez pas pu faire autrement. De fait, la logique totalitaire veut que dès l'instant où vous avez posé A, vous ne pouvez pas ne pas poser B, C, D et ainsi de suite, jusqu'à la fin de l'alphabet du meurtre. Dès l'instant où vous m’aviez transmis votre courrier du 15 juillet 1998 (voir pages 12), vous ne pouviez pas, en cas de résistance de ma part, ne pas aller jusqu'à la fin de l'alphabet du meurtre. Pourquoi ? Par peur de vous contredire vous-mêmes, et d’être amenés non seulement à reconnaître votre faute, mais aussi en dévoiler le motif. A ce propos justement, et pour mieux rafraîchir ta mémoire, José, je te propose, en avant-goût, la lecture du passage ci-dessous d’une lettre que j’ai adressée, le 27 juillet 2006, à Monsieur Cédric VISART de BOCARMé :

 

 

"La propagande

 

A quoi bon multiplier les exemples, les uns plus graves que les autres. Je me contenterai ici de vous en offrir un seul. Il concerne la longue et minutieuse élaboration de ma mise en observation psychiatrique le 19 mars 1999. Dans ce cadre, certains parlementaires et mandataires écolos avaient déposé, le 22 décembre 1998, une plainte ‘diplomatique’ à mon encontre, entre les mains du Procureur du Roi de Liège. Et ce, en agissant de concert avec, notamment, Madame Anne THILY, alors Procureur Général.

 

Puisque vous connaissez fort bien la suite,  vous vous souvenez sans doute du passage suivant de cette prétendue plainte : « Mustafa SARI a en fait commencé son action devant le Palais de Justice de Liège sur les marches duquel il est resté pendant de longs mois. Sa revendication était d’obtenir une déclaration de Madame le Procureur Général (ce qui est totalement faux, ndlr) selon laquelle son arrestation et sa détention en 1995 était l’objet de ce qu’il appelle un "terrorisme d’Etat", terme qu’il faut selon nous traduire par "un complot contre lui" ».

 

J’avais fortuitement pris connaissance de cette plainte le 11 décembre 1998, avant même donc qu’elle ne soit transmise au magistrat mandaté par Madame le Procureur Général pour mener à bien son vieux projet, à savoir ma mise en observation. Je me suis alors posé, entre autres, la question de savoir quel pourrait être le but que les personnes concernées voulaient atteindre en traduisant le terme de "terrorisme d’Etat" - terme que j’ai toujours utilisé - par "un complot contre lui ", terme que je n’ai jamais utilisé.

 

C’est en cherchant réponse à cette question, que j’ai été informé de l’élaboration effective de ma mise en observation. Et, lors de la mise en scène de cette entreprise, que je prédisais impossible malgré et contre tout, j’ai ainsi pu éviter la surprise par laquelle les pervers accomplis aiment agir pour fondre sur leur proie afin de la réduire au silence.

Plus de sept ans plus tard, et lors de notre entretien du 10 mai 2006, vous m’expliquiez la raison de cet événement comme suit : "Là où vous étiez, Monsieur Sari, vous dérangiez les personnes et les autorités concernées qui ont voulu vous faire partir de là."  En vous écoutant, j’ai eu l’impression d’entendre Madame la Juge d’instruction Reynders, qui me racontait, le 16 juillet 2001, exactement la même histoire mais à une différence près ; elle ajoutait : "Et ça n’a pas marché. Et vous y êtes revenu. Pourquoi ne tournez-vous pas la page ?

 

Lorsque je vous ai demandé si vous aviez l’habitude de vous débarrasser d’un gêneur en mettant en cause sa santé mentale, vous m’avez répondu : "Oh, vous savez, les psychiatres ne sont pas fiables." C’étaient évidemment les propos tenus par un manipulateur au stade de la séduction. Dans ce cas, la prudence s’imposait encore. Car nul n’ignore que lorsque la séduction ne marche pas, le manipulateur patenté se met en colère, puis agit en intimidant et menaçant sa cible. En effet, le lendemain, soit le 11 mai 2006, vous m’écriviez : "J’ai pris bonne note de la difficulté que vous avez à accepter les décisions judiciaires vous concernant prises dans le passé (…). Il ne me paraît pas raisonnable d’en conclure à un quelconque complot dirigé contre vous."

Autrement dit, d’une façon noble, donc raffinée, et en vous posant en partenaire psychiatrique élégant, vous me suggériez de me faire soigner pour mettre fin à la difficulté que j’aurais, selon vous évidemment, à accepter je ne sais quelles ‘décisions judiciaires’ qui me concerneraient. Et de cesser ainsi de me proclamer "victime" d’un impossible "complot", comme le ferait un authentique paranoïaque souffrant de ‘psychose de persécution aiguë’. Et dans mon cas, "paranoïaque serait celui qui se frotte - ou fait face - aux plus forts que lui." Décidément, le ridicule n’est pas le nom de la maladie dont vous mourrez, puisque  personne n’en est mort dans l’environnement éthiquement pollué où vous survivez.

 

 

Une triste stratégie de défense

 

Ce qui vous conforte d’ailleurs dans votre façon de confirmer la célèbre loi de répétition qui est une règle mise en lumière par Napoléon : "Je ne connais qu’une rhétorique : la répétition." Puis, c’est Goebbels, acolyte et propagandiste de Hitler, qui est revenu sur ce point : en effet, "Une simple tendance répétée un million de fois, se transforme en foi", disait-il à ses disciples à chaque réunion où il élaborait sa propagande d’une "efficacité" machiavélique que Machiavel lui-même n’aurait peut-être pas imaginée. Et enfin, c’est Beria, acolyte de Staline et fondateur du Goulag, qui emprunta les mêmes formules. La stratégie de défense, la seule, dont vous vous servez avec une aisance totalitaire, et qui souffre d’une médiocrité et d’une vulgarité déconcertante, n’est rien d’autre donc qu’un subtil mélange de résidus funestes de ces méthodes de propagande fascistes de pure souche. Ce qui confirme que ‘ceux qui ignorent l’Histoire sont condamnés à la revivre’.

 

 

Une demande urgente

 

De fait, ce qui pose problème à présent, c’est que je considère, personnellement, qu’il n’y a vraiment pas de honte à être malade, ni à se faire soigner. Mais je ne sais pas comment je dois faire pour trouver un psychiatre qui soit "fiable", donc agréé par vous ou par votre Parquet, et qui accepterait de faire une analyse comparative concernant votre ‘bonne’ santé mentale, et ma santé mentale ‘défaillante’. Ne voudriez-vous pas, dès lors, avoir l’extrême obligeance de me communiquer d’urgence les coordonnées d’un expert psychiatre "fiable" qui nous prendrait en charge sans délai, même si vous n’avez pas l’habitude de répondre aux demandes ou aux questions compromettantes pour vous…"  

 

 

Fin de citation.

 

 

Historique du délire de persécution structuré

 

Je reviens ici sur cette ‘triste stratégie de défense’ sur laquelle j’attirais l’attention du Procureur Général, avant d’évoquer ‘les diagnostics systématiques posés au sujet de ma santé mentale par les honorables membres de la tristement célèbre et très officielle mafia turco-belge’, tous persuadés de ce qu’"une simple tendance répétée un million de fois, se transforme en foi." Ce qui m’amène ici à attirer également ton attention, José, sur ces considérations d’ordre psychiatrique sur lesquelles a été systématiquement fondée l’unique et commune défense des redoutables délinquants en col blanc, et ce, afin de mieux dévier les regards quant au fond. Car en approfondissant un peu plus ce sujet, je crois que tu pourrais comprendre la raison pour laquelle, toi et tes acolytes - Thierry DETIENNE, Louis GENET, Bernard WESPHAEL, Jacky MORAEL, Muriel GERKENS - vous avez perdu, en Hors-Château, l’occasion en or de vous taire, ou de "fermer votre gueule", comme tu le conseillais jadis aux Chrétiens.

 

C’est pourquoi, je te conseille vivement de lire la suite attentivement pour que tu puisses comprendre que vous n’avez rien inventé en Hors-Château quant aux méthodes d’agissements d’inspiration purement fasciste, telle que, par exemple, l’utilisation de la psychiatrie à d’autres fins que thérapeutiques. Et de lire, particulièrement, la lettre adressée au ministre de la Justice par le docteur Yves SteinS, un authentique truand en col blanc (voir page 43).

 

Cette lettre a été publiée le 19 mars 1987, douze ans avant, jour pour jour, ma mise en observation psychiatrique le 19 mars 1999. Tu y constateras que ce truand exprimait, en bon joueur de rôle, sa prétendue inquiétude d’être menacé, par moi, dans son intégrité physique, parce qu’il prétendait savoir, "de source bien informée", que j’évoluerais dans la mouvance d'un cercle d'agitateurs proches des milieux islamiques intégristes’. Exactement comme toi, José, qui exprimais ta prétendue inquiétude de me voir me suicider, et que tu soit inculpé de non assistance à personne en danger.

 

Mais qu'est-ce un ‘joueur de rôle’, me dirais-tu ? "Jouer un rôle dans une histoire", écrit Daniel Quinn, "c'est la vivre de telle manière que vous en fassiez une réalité. En d'autres termes, c'est tenter de la rendre vraie. Vous reconnaîtrez que c'est exactement ce que le peuple allemand a fait sous Hitler. Il a essayé de transformer en réalité l'histoire qu'on lui racontait." Autrement dit, il s’agit de pervers accomplis qui écrivent et discourent en maîtres de l’art de la manipulation, qui vous prennent dans leur histoire en vous racontant que c’est la vôtre, et vous imposent leur désir en vous laissant penser qu’ils n’en ont aucun. Et aujourd’hui, comme hier, je me dis que "la seule consolation qu’on a avec les pervers, c’est se dire que cela se termine toujours mal" ; ainsi exprima Freud son désarroi face à la puissance de la perversité, érigée, par vous, en loi et en règles et principe du droit.

 

 

Un exemple parmi tant d’autres : l’affaire des médecins

 

En 1985, conformément à l’objet social de l’asbl ‘La Maison des Turcs’ dont j’ai été le fondateur et l’administrateur, j’ai décidé de dénoncer auprès des autorités judiciaires les activités lucratives d’une bande de truands en col blanc de haut vol. Bande composée, notamment, de plusieurs médecins, avocats et divers intermédiaires de tout bord, de tout milieu et de tout niveau. Les piliers liégeois en étaient les docteurs SteinS et DufrasNE.

 

Ce dossier concernait une escroquerie de centaines de millions de francs au préjudice de la sécurité sociale et de milliers de mineurs de toutes nationalités. Puis, ce dossier fut classé sans suite grâce à la résistance dont ont fait preuve certaines autorités politiques et judiciaires, dont notamment Madame Anne Bourguignon, Messieurs Dominique Dessart et Jean-Luc Lecromp, alors respectivement Procureur du Roi et Substitut du Procureur du Roi, rejoints plus tard par Monsieur Charles Hombroise, Substitut du Procureur du Roi également. Il était évident, pour tous, que nous n’en resterions pas là.

 

De fait, au mois de mars 1987, j'ai relancé l'affaire auprès des mêmes autorités judiciaires liégeoises, et j'ai adressé une lettre ouverte au docteur SteinS, que j'ai rendue publique. J'ai réservé également copie de celle-ci à la Presse et à toutes les autorités judiciaires et politiques - dont le ministre de la Justice -, que j'estimais concernées par l'affaire.

 

Par cette initiative, j’espérais briser la résistance du parquet de Liège. Cette lettre a donné lieu à la publication de nombreux articles dans les médias. Articles qui, je le souligne, n’ont été l’objet ni d’un droit de réponse ni d’une contestation quelconque de la part de qui que ce soit. Désemparé, le docteur SteinS publia, le 19 mars 1987, une lettre par laquelle il dévoilait lui-même son caractère de truand en col blanc à travers les arguments ad hominem qu’il y développait, comme l’ont fait tous les délinquants en col blanc cités dans la présente, notamment. La copie de cette lettre m’a été transmise par un journaliste, auteur d’un article explosif qui était publié à ce sujet dans l’hebdomadaire ‘Le Vif -L’Express’ :

 

 

"Monsieur le Ministre de la Justice,

 

Vous avez reçu récemment la copie d’une lettre ouverte que m’a adressée, en date du 16 mars 1987, le sieur SARI Mustafa.

 

 Je me permets de faire appel directement à votre compréhension et à votre sens de l’Etat car il ne m’est possible, pour des raisons exposées ci-dessous, de réagir logiquement en portant plainte pour diffamation et menace contre mon existence.

 

Suite à la lettre du 31 août 1985, je me rendis compte du profond déséquilibre de l’individu et pris contact avec la gendarmerie de Saint-Léonard où je fus reçu par le Premier Maréchal des Logis FAUCONNIER, le 1er  septembre 1985 ; à cette occasion, j’ai été informé du fait que le « sieur SARI » avait déjà eu des problèmes multiples avec les autorités.

 

La lecture attentive des écrits successifs du 31 août 1985 et du 16 mars 1987 permet de poser à coup sûr le diagnostic de psychose paranoïaque.

 

La psychose est constituée par une ou plusieurs idées délirantes permanentes qui forment l’essentiel du tableau clinique ; autour de cette idée fixe, généralement à thèse de persécution se bâtit un système de raisonnement en apparence logique, cohérent et clair mais s’appuyant sur des prémisses totalement délirantes.

 

Ces délires sont caractérisés par leur construction en quelque sorte logique à partir d’éléments faux, d’erreurs, d’illusions. Henry Ey, dans son manuel de psychiatrie (Manuel de psychiatrie – Editions Masson 1967, page 513) écrit : « Le quérulent processif se ruine en procès pour faire triompher une revendication parfois dérisoire. Il accumule des sentiments de haine et vengeance sans se départir jamais de la conviction qu’il est victime d’un aveuglement aussi implacable que le sien propre ».

 

Parfois, ces sujets, véritables persécutés persécuteurs environnés d’ennemis et exaspérés se font justice et vont jusqu’au crime contre leurs ennemis. Le diagnostic paraît certain si l’on considère l’évolution et l’amplification du délire (70 à 100.000 Francs en 1981 ; 200 à 250.000 Francs en 1987. Ainsi certes la somme a triplé, mais surtout le bandit unique est devenu association de malfaiteurs dirigée par moi-même.

De source bien informée,  je crois savoir en outre que le « Sieur SARI » évoluerait dans la mouvance d'un cercle d'agitateurs proches des milieux islamiques intégristes. Vous comprendrez dès lors qu’il ne m’est pas possible de porter plainte officiellement, car je risquerais de provoquer une réaction affective incontrôlée et violente dont je serais la première victime dans mon intégrité physique car je ne puis, en fonction de la nature des écrits de l’intéressé, bénéficier d’une protection officielle.

 

Je crois savoir de plus que le « sieur SARI » appartiendrait à une collectivité turque en opposition avec une autre, ce pour des problèmes ethniques, religieux, philosophiques.

 

Il y a donc lieu de craindre que ses actes soient motivés par son appartenance à ce milieu minoritaire au sein de la communauté turque en général.

 

Je vous écris donc officiellement pour réfuter formellement les allégations mensongères et diffamatoires du « sieur SARI » qui sont manifestement l’expression d’un trouble psycho-pathologique délirant et quérulent.

 

La correspondance du 16 mars 1987 ayant été adressée à d’autres destinataires, je me vois dans l’obligation d’adresser copie de la présente aux différentes personnes ou services intéressés dans le but légitime de protéger mon honorabilité.

 

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre de la Justice, en vous remerciant de la bonne attention que vous réserverez à la présente, à l’expression de sentiments très déférents."

 

 

J’ignore à ce jour la réponse réservée à cette missive. Mais je me suis souvent demandé pourquoi le Ministre de la Justice ne s’est pas servi de son pouvoir d’injonction positive pour demander la poursuite immédiate de ce dangereux truand qui s’adressa à son sens de l’Etat, en sollicitant auprès de lui la protection de son intégrité physique qui aurait été menacée par un prétendu "militant intégriste musulman".

 

Pour rappel, il s’agit là de ce ‘militant intégriste musulman’  qui se bat depuis des décennies contre ce mouvement néo-fasciste, et qui, au mois de mai 1985, a  mené une grève de la faim sur la place Cathédrale pour demander à Sa majesté feu le Roi Baudouin de mettre un terme à la complicité des Etats belge et turc dans la monté fulgurante, en Belgique, de ce même fascisme perçu à l’époque comme le rempart contre le communisme. Ce que le Ministre n’ignorait point puisque, au terme de ladite grève, tant lui-même que cinq de ses collègues fédéraux ont été ‘avisés’ par Sa majesté. Mais ce n’est pas tout.

 

 

Un procès verbal de diagnostic psychiatrique

 

Nous retrouvons ici André Jacquet, commissaire de la section financière de la police judiciaire de Liège, le terroriste chevronné qui a initié et guidé, avec les magistrats concernés du Parquet, l’élaboration et l’exécution du ‘terrorisme d’Etat’, et non du ‘complot’,  par  lequel j’ai effectivement été visé le 21 juin 1995. Dans ce même dossier des médecins, c’est lui qui est intervenu dès le départ. Il rédigea, le 18 juin 1987, un procès-verbal par lequel il délivrait, lui-même, la preuve éclatante de son indéniable qualité de corrompu notoire en se servant de l’argument de son corrupteur potentiel le docteur SteinS. Nous y lisions :

"Le dossier 45.55…/ 85 traité par les services de la gendarmerie de Liège, faisait état de « pratiques douteuses » de la part du Docteur STEINS Yves, envers un certains nombre de turcs vivants en Belgique. En effet, il semblerait que le Docteur STEINS « extorque », des sommes variants entre 100 et 150.000 francs, à ces personnes pour qu’elles obtiennent une pension d’invalidité.

 

Les faits dont question avaient été dénoncés par le nommé SARI. Mustafa. SARI a de nouveau relancé l’affaire en 1987, par une lettre adressée au Docteur STEINS et une intervention de son conseil Maître GENET auprès de Madame le Procureur du Roi. Devant un tel acharnement, nous avons donc convoqué SARI Mustafa en nos locaux d’audition. L’intéressé s’est donc présenté en date du 18 juin 87. Nous avons donc essayé d’avoir un dialogue avec l’intéressé. Signalons que la chose n’a pas été possible. En effet, SARI nous a déclaré verbalement «  qu’il ne voulait pas être entendu par la Police Judiciaire en qui il n’avait aucune confiance (…) ».

 

Devant une telle attitude, nous nous sommes donc renseigné sur la personnalité de SARI, ce auprès de nos collègues de la section MILIEU, de la section RENSEIGNEMENTS GENERAUX, d’un traducteur. Tous nous ont signalé que SARI était un individu pour le moins bizarre, souffrant d’un complexe de persécution aigu. Et le tout, avant de dévoiler la fameuse découverte : « SARI Mustafa n’exerce pas de profession, il perçoit une rente de l’ordre de 25.000 francs qui lui est allouée par la Communauté turque. »  

 

 

Je me demande, encore aujourd’hui, si Staline est vraiment mort et enterré en URSS. Ne se cacherait-il pas au palais de justice de Liège où les collègues d’un terroriste, et même un ‘traducteur’, posent des diagnostics de santé mentale, des manuels de psychiatrie en main. Où vivons-nous, José ? Sommes-nous bien en Belgique ou dans les goulags quelque part en Sibérie sous le régime stalinien ?

 

 

 La réponse

 

Par mon courrier du 16 octobre 1987, j’ai répondu à cet individu comme suit : "Eu égard aux méprisables habitudes de certains membres de la police judiciaire indignes de la fonction publique dont ils ont la charge, et en relation fraternelle avec le Milieu, votre répugnante démarche qui consiste à transformer l’accusateur en accusé pur et simple pour mieux protéger certains intérêts occultes, ne m’a nullement étonné. Si vous  voyez une possibilité quelconque de m’assurer une rente mensuelle de 25.000 francs, qui serait payée par qui que ce soit, je n’hésiterai sûrement pas à vous en remettre la moitié et en toute intimité, dans un des cafés de la rue Souverain-Pont où la mafia vous distribue les enveloppes mensuelles (…). Comme je l’avais déjà confirmé par écrit, à Madame le procureur du Roi, j’ai refusé de faire la moindre déclaration devant vous et j’ai affirmé, face à face, que je n’avais pas confiance en vous. Par la suite, vous avez préféré baver sur ma personne au lieu d’admettre la douloureuse réalité qui est la vôtre (…)."

 

J’ai réservé copie de ce courrier à Monsieur Delcourt, Commissaire en chef, courrier auquel j’ai joint des documents judiciaires relatifs à d’autres affaires - dont la tristement célèbre affaire des traducteurs - pour démontrer qu’on ne pouvait effectivement pas faire confiance à ses subordonnés dans une affaire concernant le Milieu turco-belge. Quelques jours plus tard, André Jacquet me téléphonait en me demandant de me rendre à son bureau afin de m’expliquer au sujet du courrier que je lui avais adressé.

Au terme de notre communication téléphonique, il avait rédigé un P.V. dans lequel il écrivait : "Le 20 octobre, nous avons repris contact téléphonique avec l’intéressé pour fixer le jour de son audition. SARI a refusé tout contact avec nos services, mentionnant  que la police judiciaire n’était pas fiable et que de ce fait il ne nous ferait aucune déclaration. Devant l’attitude de SARI, nous ne croyons pas utile de poursuivre le présent dossier et nous le clôturons en l’état. Nous annexons au présent  copie des documents transmis par SARI à Monsieur Delcourt, Commissaire en Chef aux Délégations Judiciaires ainsi que la lettre que nous a fait parvenir SARI."

 

Comme nous le constatons, dans ce Milieu mafieux, quand la menace et l’intimidation ne marchent pas, soit ils ne croient pas utile de poursuivre le dossier et ils le clôturent en l’état, soit ils croient clôturer le tout en se proclamant victime de quelque chose, comme le truand en col blanc, le docteur SteinS, se proclamait victime des agissements d’un militant intégristes musulmans, soit ils perdent leur Code pénal, comme le Procureur du Roi qui m’a permis, six ans plus tard, de bien clôturer cette affaire des médecines de la façon suivante :

 

 

Option de patrie

 

En 1988, j’ai introduit ma demande d’option de patrie. A cette occasion, je fus convoqué au commissariat de police de Vottem où j’eus la stupéfaction de découvrir dans le dossier relatif à ma demande, le dossier des médecins. Après avoir fourni à l’officier de police les informations souhaitées, j’ai déclaré, dans un procès verbal, que je n’avais vraiment pas à rougir de mes démarches ayant donné lieu à l’ouverture, entre autres, du dossier des médecins que l’on avait glissé dans mon dossier d’option de patrie, et qu’il appartenait aux membres concernés du Parquet de Liège de s’en enquérir.

 

Quelques jours plus tard, j’ai, à nouveau, été convoqué à la police pour m’expliquer au sujet des propos ‘discrets’ que j’avais tenu dans ledit procès verbal, en faisant allusion aux membres du Parquet. Pour être moins ‘discret’, je vous propose ici la lecture d’un autre procès-verbal suivi de deux lettres qui se passent de tout commentaire :

 

 

"Commissariat de Police de Herstal.

Herstal, le 1er mars 1991.

No ; 10.417/91. Parquet : 444OPT88

PRO JUSTITIA

 

(…) Je prends connaissance du contenu de l’apostille de Madame le Procureur du Roi. Effectivement, j’ai fait la déclaration dans laquelle je fais allusion au Parquet de Liège, eu égard à la présence des dossier des médecins dans mon dossier d’option de patrie.

 

Quand je pense que cette affaire a été classée sans suite, grâce aux agissements inconsidérés de quelques irresponsables, minables corrompus tels que Monsieur LECROMPT, DESSART, cautionnés par Madame BOURGUIGNON et Monsieur GIET, il est évident que je ne puis m’empêcher de penser que mon intégration gêne certaines personnes du Parquet de Liège, qui y joignent le dossier en question je ne sais dans quel but."

Ce procès-verbal étant transmis au Parquet, j’ai alors été interpellé, le 9 avril 1991, par Monsieur le Substitut Procureur du Roi D. DESSART, auteur du courrier suivant :

 

 

Une menace mal déguisée

 

"Monsieur,

 

Votre réf. : 444 OPT 88 – AG

 

Ma Collègue s’occupant des procédures de naturalisation et option de patrie me fait part du contenu de votre demande d’acquisition de la nationalité belge car elle n’a pas manqué d’être pour le moins surprise par la teneur de vos explications reprises dans le procès-verbal n° 10.417/91 dont copie ci-jointe, pour rappel, s’il le fallait.  

 

Des entretiens que j’ai en effet eu avec vous, je croyais pouvoir estimer si pas le personnage en tout cas ce qu’il incarnait. Je regrette de devoir constater aujourd’hui qu’en ce qui concerne l’homme un doute doit subsister, soit qu’il ne saisisse pas encore tout dans la nuance des mots et qu’il ait pu être abusé par leur puissance, soit que son impétuosité le pousse à voir l’écrit dépasser la substance de sa pensée.

 

Si dans ces deux cas, un correctif devait s’installer, nous en resterions là. Par contre, si vous aviez tenu à accorder tout pouvoir aux mots que vous utilisez, je me permettrai de vous inviter vivement à mûrir votre réflexion.

 

En les retirant sans autre arrière-pensée et poussant l’honnêteté jusqu’à les regretter, ils seront aussitôt oubliés. En les maintenant, vous leur donneriez tout leur sens et j’en tirerai les conséquences au niveau de leur qualification pénale avec les suites que je ne manquerai pas d’y donner, les articles 275 et 445 et suivants du Code pénal ne laissant pas d’équivoque sur la gravité du propos.

 

J’ose espérer que vous ne persisterez pas et vous prie d’agréer, Monsieur SARI, l’expression de mes salutations."

 

 

La réponse persistante

 

En réponse à ce courrier, j’ai transmis, le 25 avril 1991, à Monsieur le procureur du Roi la lettre suivante :

 

 

"Monsieur le Procureur du Roi,

 

J’ai bien reçu votre lettre de ce 9 avril et j’y réponds après avoir pris le temps d’une longue réflexion, comme vous me le conseillez en bon père de famille.

 

Sans aucune arrière-pensée et poussant l’honnêteté jusqu’à l’extrême, je suis réellement désolé de devoir vous dire que je confirme entièrement et sans le moindre regret ma déclaration contenue dans le P.V. joint à  votre courrier et qui, selon moi, reflète une certaine réalité judiciaire et institutionnelle tristement célèbre et hautement regrettable. Toutefois, pour bien mettre en évidence la nuance et la puissance des mots visés, permettez-moi de vous en soumettre les définitions suivantes :

 

« CORROMPU » se dit de quelqu’un engagé ou qui s’engage par la solidarité, la persuasion, l’indifférence, des promesses ou des dons à agir personnellement ou à faire agir un tiers contre sa conscience et surtout son devoir ;

 

«IRRESPONSABLE » se dit d’une personne qui n’est simplement pas responsable, c’est à dire, dépourvu de tout sens de responsabilité ou qui n’a pas à répondre de ses actes ou encore dont la responsabilité ne peut guère être retenue.

 

Comme les irresponsables ne méritent jamais d’être considérés et ceux que l’on peut corrompre, ne méritent jamais d’être corrompus, «MINABLE » se dit d’un irresponsable ou d’un corrompu qui inspire pitié.

 

Permettez-moi également de vous soumettre en annexe la copie d’une lettre que j’ai adressée le 12 février dernier à Monsieur le Ministre de la Justice ; à la lecture de celle-ci et surtout du troisième paragraphe de la deuxième page, j’espère que vous comprendrez qu’il n’y a pas lieu de considérer particulièrement visés les éléments corrompus du Parquet de Liège, comme il n’y a pas lieu non plus de vous distinguer et de vous sentir particulièrement visé dans un processus d’irresponsabilité collective et de corruption intégrée puisque d’autres personnes sont citées également dans ma déclaration et que beaucoup d’autres pourraient y figurer à vos côtés.

 

C’est donc bien le système et les institutions - dont chacun, à sa place, constitue le rouage et dont vous assurez  collectivement la gestion et le fonctionnement plus que douteux - qui sont corrompus puisqu’ils ne parviennent pas, parce que vous ne le souhaitez pas, à mettre fin à des pratiques dont chacun des participants reconnaît qu’elles sont condamnables : c’est bien le processus de corruption institutionnelle. La seule corruption a pu assurer jusqu’ici la survie institutionnelle de la célèbre mafia turco-belge qui distille sans cesse par les agissements délictueux et malhonnêtes de ses membres (VOS HONORABLES PROTEGES), dans les mentalités des personnes d’origines étrangères, l’idée que la Belgique est un pays où la corruption est un modèle de comportement acquis.

 

En conclusion, vous conviendrez, sans doute, avec moi que ce n’est pas parce que vous ne pouvez heureusement pas contester la gravité de mes propos, que vous pouvez m’obliger à nier, sous la menace des articles du Code pénal, le poids de leur véracité. Autrement dit, ce n’est pas parce que la réalité est douloureuse et heurtante que je dois m’interdire de la dévoiler de peur d’être interpellé par la Grande Dame Justice dont l’absence prolongée s’expliquerait par sa détention arbitraire dans le harem de ses manipulateurs professionnels.

 

Dans l’affaire des médecins comme dans bien d’autres plus anciennes ou plus récentes, c’est la corruption qui a primé et continue à primer sur la justice ; c’est une simple constatation vérifiée par les faits que je me suis autorisé à proclamer par ma déclaration incriminée.

 

Ai-je menti ? Il est temps de le vérifier !

 

Je reste à votre entière disposition pour toute explication supplémentaire que vous souhaiteriez, et je vous prie de trouver ici, Monsieur le Procureur du Roi, l’expression de mes sentiments confus."

‘Et ensuite ?’, me dirais-tu, José. Ensuite, je crois que Monsieur le Procureur du Roi a perdu son Code pénal vu son silence que j’écoute depuis lors. Mais je fus néanmoins déclaré ‘non intégrable’ dans la société belge par Madame Monami, Substitut du Procureur du Roi, qui avait averti son collègue Monsieur Dessart à propos de ma déclaration à la police de Herstal. In fine, le Tribunal de première instance m'a accordé la nationalité belge.

 

Devant ce Tribunal, et en présence de ton acolyte, Louis GENET, j'ai pourtant confirmé, avec force, tant par écrit qu'oralement, tout ce que j'avais écrit, dit et déclaré précédemment, et ce, en mettant l'accent sur la confusion créée dans l'esprit de Madame Monami entre la société belge et le Milieu dans lequel elle évoluait. Milieu dans lequel mon intégration était, et reste, chose impossible, heureusement.

 

Et le dossier des médecins ? Il dort, comme tant d’autres, dans les caves du palais de justice à Liège. Soit dit en passant, qu’un autre terroriste, Jean-Marie Gehasse, comparse d’André Jacquet, commissaire cité plus haut (page 39), a eu l’idée de parler de ces dossiers, réunis en un très volumineux dossier dont font l’objet non pas moi mais les truands en col blanc hautement protégés.

 

En effet, dans son procès-verbal initial du 30 juin 1994 - procès-verbal ayant servi à l’élaboration du dossier du ‘terrorisme d’Etat’ - il faisait le constat suivant : "SARI Mustafa fait l'objet d'un très volumineux dossier au Parquet Général de Liège, suite à une pléthore de courriers qu'il a adressés durant plusieurs années à Monsieur le Procureur Général et ses représentants, voire même au Ministre de la Justice et à sa Majesté le Roi des Belges."

 

Il renversa ainsi la situation, et transforma l’accusateur en accusé ‘faisant l'objet d'un très volumineux dossier au Parquet Général de Liège’. Puis, en constatant sans doute que le mandat d’arrêt - l’instrument de la pratique du ‘terrorisme d’Etat’ - n’a pas été dissuasif comme l’espérait Madame le Procureur Général Anne THILY, il était plus que temps qu’elle fasse couler une chape de béton sur ce ‘très volumineux dossier’, notamment.

 

 

Un vieux projet qui fut avorté à temps

 

Lors d’une action que je menais devant le palais de Justice à Liège depuis le 17 septembre 1997, la Police de Herstal reçut, le 7 octobre de cette même année, une apostille du Parquet de Liège lui demandant de vérifier si l’individu, soit moi-même, qui dormait devant le palais de Justice, était toujours en possession de toutes ses facultés mentales.

 

Se considérant incompétente territorialement et professionnellement, la police de Herstal avait renvoyé l’apostille à son destinataire en lui communiquant les considérations suivantes : "Il n’y a, à notre connaissance, rien de particulier à signaler sur la conduite de l’intéressé depuis qu’il se trouve dans notre localité : il ne s’est jamais signalé défavorablement à l’intention de nos services qui ne sont jamais intervenus dans sa famille. SARI Mustafa est un individu intelligent (formation d’économiste) au comportement normal. Il est sensé, calme et paraît posséder toutes ses facultés mentales. Il semble toutefois prêt à utiliser tous les moyens légaux pour prouver sa bonne foi et son honnêteté." Le 21 février 1998, j’ai interpellé, par courrier, le procureur du Roi dont j’ignorais l’identité, afin de solliciter l'autorisation de consulter le dossier ouvert à ma charge à la section des ‘aliénés’ dudit Parquet.

Le 10 avril, Monsieur Pierre Wilmart m'écrivait que "s’agissant d’un dossier interne au Parquet, il ne donne pas lieu à consultation". Le 10 septembre 2001, j'ai enfin pu avoir accès aussi à ce dossier interne au parquet, en quelque sorte, une enquête proactive au sujet de la santé mentale d'un citoyen. J’y ai découvert ce qui suit :

 

 

"A l'attention de Monsieur le Premier Substitut WILMART

 

Réf. : D : 1431/A.S.H./md

 

Le 29 octobre 1997

 

J'ai l'honneur d'accuser réception de votre rapport du 22 octobre 1997 relatif à l'objet sous rubrique. Je me rallie à votre avis. Avec ma considération distinguée,

 

Pour le Procureur Général, Avocat Général, A. Spriesterbach  »

 

 

Ledit rapport du 22 octobre 1997 ne se trouve pas dans le dossier. Mais on découvre l’avis dont parle l’Avocat Général, en lisant le courrier suivant :

 

 

"Madame le Procureur Général,

Réf. : 329 AL 97

 

Le 2 mars 1998

 

Revenons à ce dossier, que mon Office avait classé sans suite à votre dépêche du 29 octobre 1997, je vous prie de trouver ci-joint copie d'une lettre reçue à mon Office (ndlr, il s'agit de ma lettre par laquelle j'avais sollicité, comme de droit, l'autorisation de consulter le dossier ouvert à ma charge au département des ‘aliénés’ au Parquet de Liège.)

 

Vous vous souviendrez que faisant suite à mon entretien téléphonique avec Madame l'Avocat Général A.Spriesterbach, mon Office avait fait procéder par la police d'Herstal à une enquête concernant un éventuel comportement perturbé du Sieur SARI Mustafa.

 

Je joins à la présente copie de ce procès verbal.  Aux fins de répondre à la demande introduite, et pour laquelle je ne vois pas d'objection, je vous demande de marquer votre aval quant à ce, vu la personnalité du requérant.

 

Je vous prie d'agréer, Madame le Procureur Général, l'assurance de ma considération très distinguée. 

 

Procureur du Roi, P.WILMART."

 

 

"Vu la personnalité du requérant", écrit le Sieur Wilmart Pierre : as-tu compris, José, de quelle personnalité s’agirait-il ? Ne s’agirait-il pas d’une ‘individualité’ qui  va jusqu’au bout, là où il le faut, de son exigence légitime du respect du droit et de la loi. L’extrême gravité de ces agissements, dans le chef des représentants d’institutions d’un Etat de droit démocratique, me semble être d’une violence morale tout à fait inouïe. Qu’en penses-tu, José ? Quant à ma demande de consulter le dossier ouvert à ma charge au département des "aliénés" au Parquet de Liège, dont Monsieur Wilmart est le ‘Chef’ :

 

 

"À Madame le Procureur du Roi.

Concerne SARI Mustafa.                                               

Le 5 mars 1998.

 

Madame le Procureur du Roi,

                                                                                    

J'ai l'honneur d'accuser la réception de votre rapport du 2 mars dernier relatif à l'objet repris sous rubrique.

 

 Je n'aperçois pas pour quelle raison vous feriez droit à la demande de Monsieur SARI. Si j'ai bien compris, il s'agit en effet de pièces d'un dossier interne à votre Office couvert à ce titre par la plus stricte confidentialité.

 

Il n'y a donc pas lieu d'en autoriser la consultation à qui que ce soit. Par contre, il y a lieu de vous enquérir des circonstances dans lesquelles l'intéressé a été informé de l'existence de ce PV.

 

Avec ma considération distinguée.

 

Pour le Procureur Général, Avocat Général A. Spriesterbach"

 

 

A propos d'un dossier ouvert à sa demande, "Si j'ai bien compris…", écrit Madame le Procureur Général qui semble craindre de se voir dévoilée, et de voir dévoilés ses agissements par l’une des lettres ‘secrètes’ versées au dossier, auquel j’ai pu avoir accès grâce, ou à cause, c’est selon, au hasard qui ‘fait bien les choses’, comme on dit :

 

 

"À Madame le Procureur Général près la Cour d'Appel de Liège

Concerne: SARI Mustafa.

 

Le 10 avril 1998 

 

Madame le Procureur Général,

 

Faisant suite à votre dépêche du 5 mars 1998, j'ai l'honneur de porter à votre connaissance que mon Office a diligenté une enquête aux fins de connaître les circonstances dans lesquelles le Sieur SARI a été informé de l'existence du procès verbal relatif à un éventuel comportement perturbé. Il ressort de l'enquête que, suite au devoir sollicité par mon Office, un agent de la police d'Herstal s'est rendu chez l'épouse de l'intéressé, et c'est sans doute par cette dernière que SARI a été mis au courant de la demande de renseignement.

Il y a lieu de préciser que ledit agent n'a pas dévoilé la teneur de l'apostille de mon Office. Quelques jours après avoir quitté son campement sous les fenêtres du Palais de Justice, SARI s'est présenté à la police d'Herstal pour connaître le numéro de référence du devoir et il lui a été simplement donné le numéro du procès verbal rédigé.

 

Je vous prie d'agréer Madame le Procureur Général, l'assurance de ma très haute considération.

 

Le Procureur du Roi, Pierre WILMART."

 

 

Finalement, c’est le 19 mars 1999, que Madame Anne Thily, accompagnée de son acolyte Madame Andrée Spriesterbach, a enfin pu réaliser son vieux projet, en Hors-Château, grâce, José, à ta complicité plus qu’intéressée, ainsi qu’à la complicité des tes acolytes, des membres concernés du corps politique et du corps médical. Mais sans le succès escompté. Dommage, n’est-ce pas ? En Hors-Château, les membres concernés du pouvoir judiciaire, législatif et exécutif, à la fois, ont cru qu’ils pouvaient, entre eux, prendre distance, d’une façon jubilatoire, par rapport à la loi et au droit en vertu du pouvoir qu’ils détiennent – ou croient détenir, de leur abjection. Mais sans le succès escompté. Parce qu’ils ont oublié que depuis l’essor de l’Etat de droit, c’est-à-dire, depuis les temps de Lumière, ils n’ont de pouvoir qu’en verte du droit, droit qu’ils ne respectent pas.

 

 

Qui est Louis GENET et que voulait-il en Hors-Château ?

 

C’est un personnage hors du commun. Selon ce que je lisais à l’époque dans les publications du parti Ecolo, on l’apprécie  pour sa "créativité" et son "imagination très dévouée". Et cela ne m’étonne guère :

 

 

"Cher Mustafa,

 

Réf. : A. et consorts & M.P.

 

J’ai bien reçu ta lettre du 29 juin. Je crois comprendre de ton courrier que le parquet est à la base de ton arrestation et de ce que tu nommes le terrorisme d’Etat.

Je partage bien ton avis et je pense donc que la suggestion que je te faisais de rencontrer Monsieur GOUTHIER est opportune. S’il faut combattre le terrorisme d’Etat, autant s’attaquer à ses acteurs et si j’en étais un, tu admettrais que je ne suis pas le principal.

 

Ceci étant si c’est une explication publique que tu attends de ma part, je suis à ta disposition pour la donner. Je suis en ce qui me concerne prêt à reconnaître toutes mes erreurs et je confirme que j’en commets fréquemment. Je me soigne cependant comme je peux.

 

Je te demanderai dans ce cas de convoquer les journalistes que tu souhaites pour ne pas être suspect de «manipulation » ou pour ne pas commettre une nouvelle erreur

 

Je te prie de me croire. Cordialement dévoué. Louis Genet. Le 1er juillet 1997.

Le pervers faisait l’ironie et faisait semblant d’entrer dans le jeu du ‘malade imaginaire’, ou de paranoïaque, que je suis. Comme le pervers a besoin d’un partenaire pour jouer son jeu, me suis-je dit, il faut organiser la conférence de presse souhaitée par lui. Et je l’ai organisée avec son accord quant à l’heure et au jour que nous avons fixés lors de notre communication téléphonique que j’ai établie à partir de la Maison de la presse à Liège. Je n’ai évidemment pas manqué de joindre la copie de sa lettre à l’invitation que j’ai envoyée aux journalistes.

 

Il n’a pas participé à la conférence parce que le bâtonnier l’avait menacé par de gros ennuis professionnels s’il y participait sur base de sa lettre et il lui avait conseillé de démentir celle-ci par un quelconque moyen, comme me l’a expliqué le gérant de la Maison de la presse à mon arrivée le jour de la conférence. Il m’a remis une copie du communiqué que Genet avait déposée à la Maison de la presse pour que le gérant distribue aux journalistes qui participaient à la conférence. Il y écrivait notamment ‘qu’il n’avait jamais cru au terrorisme d’Etat, qu’il m’aurait écrit cela pour entrer dans ma logique et m’amener pas à pas à la réalité.’

 

Il n’est peut-être pas inutile de citer ici ce que Genet écrivait précédemment à mon sujet, dans son courrier du 17 avril 1996 qu’il avait adressé à Madame la Juge d’instruction Rusinowski alors que la Juge concernée était Madame REYNDERS : "Je le connais à présent depuis 20 ans et je pense que je peux avancer quelques explications sur les raisons qui le poussent à adopter des attitudes qui ne sont pas celles que le sens commun aboutit à choisir à première vue. J’ai la faiblesses de croire que l’explication que je peux donner du mode de réaction et d’expression de mon client traduit un mode de fonctionnement qui, s’il n’est pas celui du commun, a ses propres mérites et ses propres règles qu’il m’apparaît intéressant de connaître pour comprendre les actes que mon client pose." 

 

Je l’ai interpellé le lendemain à propos de son communiqué de presse, pour lui demander s’il n’avait pas trouvé un autre moyen de défense pour satisfaire les injonctions de son bâtonnier, que d’aller s’inspirer de la poubelle stalinienne. Il m’a répondu par écrit : "Je n’ai jamais utilisé le terme de "psychiatrie" à ton endroit : par contre, je ne suis pas le premier à te dire par exemple que mener sa vie sans entreprendre un métier n’est pas la réalité de tout le monde. J’entends encore ton fils dire en voyant la publicité mettant en scène GANDHI, Martin LUTHER KING et je ne sais plus quel homme célèbre pour son destin altruiste : "La photo de mon père devrait figurer à côté"…" Dire que "la photo de mon père devrait figurer à côté de", signifierait donc "mon père n’a pas de métier", tout comme Gandhi, Luther King et Mandela. C’est ainsi que j’ai pu comprendre que ce bonhomme voyait "le délire de grandeur, de revendication altruiste" chez tout ceux qui, comme lui, ne consacraient pas sa vie à compter ses billets de banques et les briques de ses baraques.

 

‘Il est heureux", lui ai-je écrit la dernière fois, le 10 septembre 2002, "que tu n’aies pas été le conseiller de l’autorité coloniale britannique en Inde, des partisans de discrimination raciale aux Etats-Unis, ni de l’autorité de l’Apartheid en Afrique du Sud. Sinon, n’aurais-tu en effet pas voulu ‘ramener pas à pas à la réalité’ dans les camps ou dans des goulags Gandhi, Luther King, et Mandela. Ceux-là mêmes qui seraient connus, selon toi, par leur destin altruiste, et qui auraient mené leur vie sans entreprendre un métier comme, toi, tu en avais entrepris un."

 

Trois ans plus tard, Louis GENET, psychothérapeute, se mettait à la disposition de Muriel Gerkens, psychologue, ‘pour dire ce que l’on lui dira de dire’. Comme jadis il s’était mis à ma disposition pour une explication publique que j’attendais de sa part. Cette fois, le psychothérapeute pervers faisait-il vraiment l’ironie et faisait-il vraiment semblant  d’entrer dans le jeu, ou dans la logique, du psychologue pour l’emmener pas et pas à la réalité :

 

  

Chère Muriel,

 

Par fax. Le 03/11/2000. 11 :36

 

Concerne : Sari.

 

Bien reçu ton fax de ce jour.  Je pars à l’étranger début d’après midi jusque lundi matin.

 

Je suivrai la décision qui se sera prise de quelque nature quelle soit.

 

Je te donne formellement délégation pour signer en mon nom tout document en rapport avec cette affaire.

 

Je peux être présent le 6 novembre à l’auberge de jeunesse pour dire ce que l’on me dira de dire.

 

Peut-on être plus conciliant ?

 

Bien cordialement. Louis. Le 3 novembre 2000.

 

 

Le 6 novembre, je ne l’ai pas vu à l’auberge de jeunesse pour l’entendre dire ce que ‘l’on lui avait dit de dire’. Je vous raconterai aussi une autre fois la suite de ces histoires pour laisser les spécialistes méditer ses courriers pour tenter de déterminer la nature du mal - et non de la maladie - dont semble souffrir cet individu. Car ni la perversité ni le fascisme ne sont des maladies, mais on peut prévoir les graves conséquences véhiculées par ses agissements tant dans le domaine judiciaire, que dans le domaine politique.

 

Ce qui importe ici, c’est de constater que ce ‘personnage’ avait tout intérêt à me faire passer pour un malade mental, et à me voir répertorié officiellement comme tel, pour pouvoir assurer ses arrières ! C’est-à-dire ? Pour répondre à cette question, il faut placer les agissements de ce ‘porteur de valises’ dans son contexte et dans le temps. Il me paraît en effet important d'expliquer en quelques mots les raisons qui l’ont motivé pour faire preuve de sa qualité de ‘joueur de  rôle’, aussi, entre le parquet de Liège et toi, José. Raisons pour lesquelles il n'a cessé, depuis le 5 juin 1996, de s'agiter dans les coulisses.

 

Le jeudi 22 juin 1995, j’ai été mis sous mandat d’arrêt  et incarcéré à la maison d'arrêt de Lantin à Liège, pour motif de détournement de plus d'un million et demi de francs de subsides au préjudice de l'ASBL ‘La Maison des Turcs’, dont j'ai été promoteur et fondateur en 1981, et administrateur et animateur depuis lors. Le même jour, j'ai reçu en prison la visite de Julien Pierre, avocat au barreau de Liège. Après m’avoir salué, "Monsieur Sari, pour la première fois j'ai honte de mon pays", me disait-il. Revenons à l’essentiel, lui ai-je dit, avant de lui demander comment les magistrats et auxiliaires qui venaient d ‘exécuter leur sale besogne, allaient pouvoir faire pour s’en sortir. La réponse terrifiant était : "Ils trouveront toujours quelque chose pour vous faire condamner, Monsieur Sari". Je lui ai répondu : ‘Je leur souhaite bonne chance’.

 J'ai ensuite reçu, le même jour, la visite de Louis Genet. Membre du Conseil d'administration de ladite  association, et depuis sa fondation, il a avalé de travers le ‘tic-tac’ qu'il suçait en lisant le motif du mandat d'arrêt. Il n'y avait vraiment pas rien à dire. Je lui ai simplement demandé, comme je l’avais demandé à son confrère, de consulter le dossier ‘judiciaire’ et de revenir me voir pour savoir ce qu'on allait pouvoir faire par la suite. Je ne les ai revus que le 26 juin lors de l'audience de la Chambre du Conseil qui a rendu ce jour même l’ordonnance de ma libération après quatre jours de ‘séquestration arbitraire’.

 

Juste après ma libération, nous nous sommes réunis, J. Pierre, L. Genet et moi-même, dans le cabinet de ce dernier. Les deux avocats soutenaient, et tentaient de m'en persuader, qu'il fallait oublier ce dossier, cette affaire, et que le parquet allait tout faire pour le faire traîner jusqu'à la prescription.  Par la suite, ils ont soutenu cette thèse jusqu'au bout et n’ont rien fait si ce n'est de tenter de me décourager systématiquement. Par la suite, je n’avais besoin d’eux que pour savoir ce que le parquet de Liège pensait faire dans cette affaire.

 

Le Juge d'instruction F. Brasseur, qui m’avait délivré le mandat d’arrêt, a demandé, le 5 janvier 1996, d’être dessaisi du dossier pour des ‘raisons personnelles’ et a obtenu satisfaction le 7 janvier, au profit de madame la Juge d’instruction Danièle Reynders. A la veille de la grève de la faim que j'ai menée devant le palais de Justice à Liège, nous nous sommes réunis, les deux avocats et moi-même, et à ma demande, dans le cabinet de Genet. Après avoir tenté, une fois encore, de me persuader de leur thèse, mais en vain, ils m'ont conseillé alors de demander, lors la grève de la faim, un procès public, immédiat et équitable.

 

J'ai marqué mon accord sans toutefois relever ce qui se dissimulait derrière la proposition. En effet, n'étant pas juriste, il fallait savoir que pour obtenir un tel procès devant la juridiction concernée, à savoir le Tribunal correctionnel, il faut être renvoyé devant celle-ci par la Chambre du Conseil ou par la Chambre des Mises en Accusation. Le trente huitième jour de la grève de la faim, Genet est venu me dire qu'il était convoqué par le Parquet et qu'il viendra, après son entretien, me voir afin de m'informer du contenu de celui-ci. Une heure plus tard, il est revenu : ‘Voilà Mustafa’, me disait-il, ‘les nouvelles sont très bonnes. Le Parquet requiert le non-lieu pour le motif du mandat d'arrêt, à savoir le détournement de subsides de plus d'un million et demi de francs, mais il demande ton renvoi devant le Tribunal correctionnel pour une dépense non justifiée d'un montant d'un million  cinquante mille francs. Si tu es d'accord, le Parquet s'engage à fixer l'audience devant la Chambre du Conseil dans les quinze jours’ ; et ce, avant d'ajouter que ‘je serais, en tous cas, acquitté devant le Tribunal correctionnel’.

 

Si le parquet requiert, me disais-je, le non-lieu pour le motif du mandat d'arrêt à savoir le détournement de subsides de plus d'un million et demi de francs, c’est parce que la dépense de cette somme, et à des fins auxquelles elle a été destinée, était parfaitement justifiée. Alors, d’où provenait-elle l’autre somme d'un montant d'un million cinquante mille francs dont la dépense aurait été injustifiée ? De nulle part. Mais le Parquet, et avec l’aide de mes avocats, voulait me faire dépenser la même somme deux fois. J. Pierre ne m’avait-il pas prévenu : "Ils trouveront toujours quelque chose pour vous faire condamner, Monsieur Sari". Mais oui, il fallait inventer n’importe quel argument pour renvoyer le dossier, et non pas moi, devant le tribunal correctionnel : "qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse", comme le disait A. de Musset.

 

J'ai marqué, une fois encore, mon accord parce que c’était  la seule possibilité d’obtenir la fixation, par le parquet, de l’audience devant la Chambre du Conseil. J'ai mis un terme à la grève de la faim deux jours plus tard, soit au quarantième jour, lorsque les deux avocats m’ont confirmé par écrit et à ma demande, ce qui vient d’être dit. J'ai reçu, le 4 juin 1996, la convocation à comparaître devant la Chambre du conseil. Je ne pouvais consulter le dossier que quarante-huit heures avant l'audience, soit le 5 et le 6 juin.

 

Le 5 juin, après avoir travaillé toute la journée au greffe du Tribunal correctionnel sur le dossier que je n'avais jamais vu, je me suis rendu à 18 heures au cabinet de Genet pour traiter une autre affaire concernant un citoyen d’origine turque. Au terme de notre entretien au sujet du dossier de son client, Louis Genet, étonné de ma discrétion, m'a fait savoir qu'il avait reçu la convocation à comparaître devant la Chambre du Conseil, et qu'il y enverrait son assistant pour plaider le renvoi de l'affaire devant le Tribunal correctionnel. Puisque, me faisait-il remarquer, j'avais accepté la condition d'être renvoyé devant ce Tribunal.

 

Je lui ai alors dit, après avoir souligné le caractère crapuleux de son comportement et de celui de son confrère Julien Pierre, qu'ils feraient mieux, touts les deux, d'aller plaider avec le parquet, l'existence des indices de culpabilité, et donc le renvoi de l’affaire devant le Tribunal correctionnel. Tandis que moi, j'allais plaider, tout seul, l'inexistence des indices de culpabilité, et donc le non-lieu. Il a entamé son discours en me disant - dans un état second et en dissimulant mal sa colère - "Tu ne comprends pas Mustafa, Monsieur Delwaide, Président de la Chambre du Conseil, est fou. On ne peut plaider le non-lieu devant lui. Il va nous renvoyer sur les bancs de la faculté de droit. On compromettrait même, par un tel comportement, ton acquittement devant le tribunal correctionnel". Après l'avoir écouté calmement, je lui ai dit qu'il était viré, et je suis parti.

 

Quel était réellement le but que Louis Genet se proposait d’atteindre ? Par le simple renvoi du dossier devant le Tribunal correctionnel, le Juge d'instruction F. Brasseur, le grand ami de Genet, ainsi que les membres concernés du Parquet, magistrats et auxiliaires, allaient être blanchis. Pourquoi ? Parce que la Chambre du Conseil ne peut renvoyer le dossier devant ladite juridiction que s'il y a des indices de culpabilités probantes.

Donc, le Juge d'instruction et le parquet - magistrats et auxiliaires concernés - auraient été ainsi blanchis puisqu'ils auraient eu raison de faire ce qu'ils avaient fait sur base des ‘indices de culpabilités’ que GENET voulait inventer par mon renvoi devant le Tribunal correctionnel.

 

Le 7 juin 1996, je me suis défendu, seul, devant la Chambre du Conseil qui prononça son ordonnance de non-lieu le 21 juin. Le parquet fit appel, appel qui fut suivi d’un arrêt de non-lieu rendu, le 17 avril 1997, par la Chambre des Mises en Accusations devant laquelle je me suis également défendu seul.

 

La prétendue affaire judiciaire étant définitivement clôturée, il était alors temps de savoir, José, ‘si le mandat d'arrêt dont j’ai été l’objet concernait réellement une affaire judiciaire, ou s'il était conçu comme un instrument pour la pratique du terrorisme d'Etat par voie judiciaire’, et ce, pour mieux discréditer et réduire au silence un combat, une association et un homme, que la tristement célèbre et très officielle mafia turco-belge n'avait pu ni intimider ni réduire au silence durant dix-huit ans et par tous les moyens. C'est bien la question que tu connais fort bien, José, et à laquelle il me fallait désormais obtenir réponse pour définitivement régler les comptes avec le Milieu. Milieu dont les honorables membres aux abois continuent de poser des diagnostics au sujet de ma santé mentale, en agissant de concert avec les représentants concernés de l’institution judiciaire. Faut-il te rappeler, aussi, que c’est la recherche de la réponse à cette question, qui m’avait conduit en Hors-Château.

 

Pour conclure, je te propose, José, la lecture des réponses ci-dessous que ton guide Louis GENET avait données à quelques questions que je lui avais posées à l’époque. Tu constateras que, lui seul, il est capable de poser des diagnostics, avec des manuels de psychiatrie en main, en se basant sur un dossier qu’il n’a jamais étudié, ni même consulté. Un authentique pervers, comme je l’ai déjà dit, qui écrit et discoure en maîtres de l’art de la manipulation, et qui vous prend dans son histoire en vous racontant que c’est la vôtre, et vous impose son désir en vous laissant penser qu’il n’en a aucun.

 

 

Le 12 juillet 1997

 

·    Question : Avez-vous étudié ou consulté le dossier du ‘mandat d’arrêt’ - ou de la détention, comme vous le dites - dont j’ai été l’objet ? Sinon, sur base de quels éléments vous trouviez qu’on ne pouvait pas plaider le non-lieu devant la Chambre du Conseil ?

 

Réponse : "Non. C’était une erreur de ma part. Je n’ai pas cru opportun de plaider le non-lieu, parce qu’on parlait de la désignation d’un expert comptable." (Ndlr. On parlait ? Qui ? L’avocat avait soigneusement étudié la presse et non le dossier judiciaire. Et il ne l’avait étudiée que pendant ma détention de quatre jours et non après ma libération. Il n’avait ainsi ni vu ni lu qu’on parlait, dans la même presse, du ‘terrorisme d’Etat.’ Comme, par exemple, cet article paru dans le journal ‘La Wallonie’ du 24 août 1995, où nous lisions les propos que j’avais tenus lors d’une conférence de presse organisée à la veille de la première grève de la faim que j’ai menée devant le palais de justice à Liège : "Lors de cette grève, j’exposerai au public les noms des terroristes d'Etat que sont Mme Bourguignon, Procureur du Roi, Mr. Brasseur, Juge d'Instruction, MM. Jacquet, Botson et Gehasse, officiers de la police judiciaire.") Comme un autre article publié dans le journal ‘La Meuse’ et intitulé ‘Grève de la faim contre le terrorisme d’Etat.’

 

 

Le 21 mai 2001

 

·    Question : Dans un document confidentiel que vous aviez rédigé à l’intention de Madame le Procureur du Roi, vous écrivez à mon sujet : "Les points d’accrochage de son délire avec la réalité sont nombreux." Pourriez-vous m’en donner un exemple précis 

 

Réponse : "La détention qui serait le fruit d’un complot."

 

·    Question : Dans ce même document confidentiel, vous écrivez à mon sujet : "Mû par ce que nous pensons être une maladie que nous imaginons être proche d’une paranoïa". Quels ont été les faits dont vous vous êtes inspirés pour penser, imaginer et enfin suggérer la maladie de paranoïa ?

 

Réponse : "La paranoïa consiste à se croire victime d’un complot."

 

·    Question : Encore et toujours dans ce même document confidentiel, vous écrivez à mon sujet : "De l’avis de spécialistes, la construction d’un tel délire peut correspondre à une psychose qui, en l’occurrence, désocialise l’individu en lui faisant adopter des conduites aberrantes." De quels spécialistes s’agit-il ? Ne voudriez-vous me communiquer leurs coordonnées pour que je puisse les consulter ?

 

Réponse : "J. LACAN".

 

·    Question : Autant je dis et écris que j’ai été visé par le ‘terrorisme d’Etat’, autant vous essayez de me faire dire ce que je n’ai jamais ni dit ni écrit : « j’ai été victime d’un complot ». Pourquoi ? N’est-ce pas pour mieux adapter la réalité à vos aspirations ?

 

Réponse : le silence.

 

Comme le pervers ne parle pas, on lui prête sagesse et grandeur !

 

 

 

Conclusion

 

 

La vérité, fût-elle si douloureuse, ne blaise que pour guérir.

 

Le parti Ecolo est-il une secte truffée par des pervers fascisoïdes redoutables ? Même si la question peut paraître excessive, donc insignifiante, sa pertinence, en fait, me permet de faire miens ces mots que André Gide écrivait dans son livre ‘Le retour de l’URSS’ : "La vérité, fût-elle si douloureuse, ne blaise que pour guérir". J’en veux pour preuve un courriel qui m’a été adressé, le 18 décembre 2001, par Fabien Moreau, Secrétaire du groupe Ecolo au Sénat. Ce grain mal arrosé de fascisme ordinaire me faisait savoir que dans ma situation, en Hors-Château, il aurait peut-être aussi trouvé rassurant d'être pris en charge en milieu thérapeutique pour encaisser un coup dur. Et que j’aurais organisé, moi-même, ma mise observation pour donner un tour plus dramatique à mon opposition.

 

De fait, "C'est avec vous", m’écrivait-il, "que le médecin s'est entretenu et que c'est avec vous que le transfert vers l'hôpital du petit Bourgogne a été convenu. Dans votre situation j'aurais peut-être aussi trouvé rassurant d'être pris en charge en milieu thérapeutique pour encaisser un coup dur. Je ne crois pas pouvoir imputer la responsabilité de cette mise en observation à des mandataires Ecolo, mais tout au plus, en partie, à vous-même, lorsque vous avez saisi l'occasion offerte pour donner un tour plus dramatique à votre opposition."

 

Ce que André Gide dénonçait a été résumé quelques années plus tard par Hannah Arendt en ces termes : "L'élimination systématique de la conviction en tant que mobile de l'action est devenu un fait notoire depuis les grandes purges en Russie soviétique. Le but de l'éducation totalitaire n'a jamais été d'inculquer des convictions mais de détruire la faculté d'en former aucune. Aucun principe directeur de conduite, lui-même emprunté au domaine des actions humaines, tels la vertu, l'honneur, la crainte, n'est nécessaire, ni ne peut être utile, pour mettre en mouvement un corps politique, qui, loin d'utiliser la terreur comme moyen d'intimidation, est essentiellement terreur." Les représentants concernés du corps politique, du corps judiciaire et du corps médical, unis en un seul corps qui serait loin d'utiliser la terreur comme moyen d'intimidation, mais qui serait essentiellement terreur, nous n’en sommes heureusement pas encore là dans notre société. Mais ce constat nous autorise-t-il, cependant, à nous soustraire à la vigilance de ‘rien n’est jamais acquis’.

 

Peut-on ou devrait-on oublier que la politique, le judiciaire et la psychiatrie n'ont fait bon ménage qu’en vue de l’utilisation de la terreur comme moyen d’intimidation et de menace, dans les goulags, en Sibérie, sous le régime stalinien ; que dans les camps de concentration, en Allemagne, sous le régime hitlérien ; que dans les prisons et dans des stades de football transformés en  camps de détention et de torture - en Turquie, en Grèce, en argentine, au Chili - un peu partout dans le monde, sous les régimes dictatoriaux ou des juntes militaires mis en place et soutenus par les plus grands ‘démocrates’ et les plus grandes‘ démocraties’ de ce même monde.

 

Jean Daniel dit : "N’oublie pas, lecteur : si tu n’emportes qu’un seul bagage, que ce soit encore, et malgré tout, ta raison. Car ce sera la seule façon d’emporter avec toi ta dignité d’homme." Pour réduire un homme à l’état bestial, ne suffit-il pas, soit de lui ôter la raison dans les goulags - ou hôpitaux psychiatriques - pour qu’il ne puisse plus porter sa dignité d’homme, soit de bafouer sa dignité d’homme dans les camps - ou dans les prisons - pour lui ôter sa raison ? In fine, vouloir bafouer la dignité d’homme d’un individu par sa séquestration dans un milieu carcéral, vouloir lui ôter la raison par sa séquestration dans un milieu thérapeutique, sont-ils  seulement les faits des sociétés totalitaires ?

 

Inquiet plus que jamais, j’ai tenté de vous faire découvrir, dans cette lettre, que la psychiatrisation et la criminalisation  de tout ce qui résiste, n’est pas seulement le fait des sociétés totalitaires, mais qu’elle peut déjà être à l’œuvre dans notre société d’une façon pernicieuse, ou y surgir à tout moment comme un problème politique d’une gravité extrême. Car, je le répète, le jour où les charlatans en blouse blanche seraient chargés du maintien de l’ordre, le totalitarisme ordinaire fera, ou sera, la loi pour tous.

 

Pour eux, comme le souligne M. David-Jougneau, en opposition précisément à Jacques Lacan, le spécialiste de Louis GENET, tout ce qui résiste, et en particulier, tout être à l’âge adulte dont la pensée et la volonté ne serait pas "engourdies dans le cercle étroit de la vie quotidienne", tout homme qui continuera à se battre pour un idéal, une aspiration, pour "des plans de haute volée", telles, par exemple, la défense d’un droit ou l’application de principes, qui y manifestera encore de l’énergie sans que celle-ci soit canalisée dans des voies ordonnées (entendons celles des organisations, des syndicats, des partis)…est soupçonné a priori d’être paranoïaque.

 

Mais dit Alessandro Baricco : "il y a toujours une portion d’humanité qui n’est pas d’accord, qui se révolte contre l’inertie avec laquelle la majorité adopte les slogans que quelqu’un d’autre leur a inventés. Ce sont les rebelles. Est-ce qu’on devrait les condamner. Je ne crois pas. Il faudrait plus les protéger contre l’extinction : ils sont notre assurance contre tous les fascismes." Contre tous les fascismes. Y compris donc le fascisme dans sa version ‘démocratique’, dont tu crois détenir le secret divin, José, tout comme tes acolytes et comparses de haut vol.

 

Quant à moi, je ne puis que renouveler la promesse que je vous ai faite en Hors-Château, en particulier, et durant ces longues années, en général : ‘Si ma folie - ou mon anormalité - pouvait servir de certificat de normalité à des fascistes de pure souche à votre images, je vous la concèderai volontiers’. Ceci étant dit, je laisse le mot de la fin à Robin Munro qui nous parlait, dans un entretien publié le 2 juin 2001, de la psychiatrie chinoise et les dissidents.

 

Il faisait remarquer, d’abord, "que plus récemment, Cao Maobing, un autre syndicaliste, a été interné  par la police dans un hôpital psychiatrique de la province du Jiangsu. Il a été arrêté après s’être plaint auprès de journalistes étrangers. Selon le directeur de l’hôpital, une coterie d’experts a diagnostiqué une ‘psychose paranoïaque’." Puis il répondait à la question de savoir ‘pourquoi recourir à ces mesures sophistiquées et coûteuses à l’encontre des opposants politiques ou religieux alors que les dictateurs disposent de méthodes bien plus simples pour les neutraliser, comme l’emprisonnement, ou l’exécution ?’ : "L’une des raisons tient à ce que dans la Chine de l’après Mao, les leaders réformistes souhaitent limiter les « excès » passés et ont donc mis fin à la liquidation physique de leurs opposants. Il fallait donc inventer des méthodes plus élaborées pour instiller la peur parmi les dissidents potentiels. Et quoi de plus dissuasif que la menace d’enfermement dans un hôpital psychiatrique ?"

 

 

Et quoi de plus dissuasif que la menace d’enfermement dans un hôpital psychiatrique ? Je ne sais pas. Ce que je sais par contre, c’est qu’on peut, même dans un Etat de droit, vouloir dissuader, ou persuader, les autres pour ses propres raisons, mais on ne peut les dissuader, ou persuader, que par les leurs.

 

 

Liège, le 2 juillet 2007

 

 

 

 

 

Mustafa Üner SARI

 

 

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