• Lettre ouverte aux écolos concernés...

     

    Lettre ouverte

    A Mesdames, Messieurs José DARAS, Thierry DETIENNE, Louis GENET, Bernard WESPHAEL, Jacky MORAEL, Muriel GERKENS

     Madame, Messieurs, 

    Ce dont je souhaite vous entretenir ici, en premier lieu, est lié à ma constitution de partie civile, le 26 janvier 2001, devant Madame la Juge d’instruction Danièle REYNDERS. ‘En quoi cela nous concerne-t-il ?’, me diriez-vous. Précisément, c’est cette question que je soulèverai après avoir exposé les faits suivants : 

    Les faits 

    Au terme de sa prétendue instruction du dossier relative à cette constitution de partie civile, Madame la Juge estimait - dans son ordonnance de soit communiqué prise le 4 septembre 2002 -, que l’enquête échappait à sa compétence, avant de constater : 

     " A ce stade de l’enquête, le dossier n° de notice 52.99.99/01 concerne des magistrats : Madame A. THILY, Madame A. SPRIESTERBACH, Monsieur P. WILMART, Monsieur SCHOLTES, Madame SCHAAPS, un sieur DETAILLE à mieux identifier, et des mandataires politiques : Messieurs JAMART et MOHR, Monsieur José DARAS, Monsieur Thierry DETIENNE, Madame Muriel GERKENS, Monsieur Bernard WESPHAEL." (Je souligne). 

    Puis, elle communiquait les pièces de la procédure à charge de GENET Louis, DUTILLEUX Philippe et PINTO Emmanuel, à Madame le Procureur du Roi pour être par elle requis ce qu’il appartiendra. (Je souligne). 

    Puis, ce dossier d’instruction été transmis au Parquet général, lequel l’a classé sans suite le 18 novembre 2004. 

    La première question 

    Connaissez-vous le motif pour lequel Madame la juge considérait, à l’époque, que vous étiez concernés par ce dossier judiciaire ? Sinon, estimez-vous qu’il s’agissait là, peut-être, d’une erreur d’appréciation de la part du Juge, que vous ne voyez vraiment pas en quoi vous seriez concernés, et que vous n’avez ni le devoir moral de reconnaître quoi que ce soit, ni l’obligation légale d’en rendre compte à qui que ce soit ?

    Quatre autres questions

    Pour que vous puissiez répondre à cette première question d’une manière objective, il faut, je crois, que vous ayez sous les yeux la réponse aux quatre questions suivantes :

    a. Il s’agit, d’abord, d’une question posée à Monsieur Cédric VISART de BOCARME dans la lettre ci-jointe que j’ai lui adressée le 12 avril 2007.

    Je précise que Madame la Ministre de la Justice, seule, a l’habilité légale pour donner à vos parlementaires fédéraux la réponse à cette question, ainsi que les réponses aux trois questions posées à Madame la Ministre, elle même, et que je rappelle ci-dessous.  Précision que j’estime utile en pensant à l’alibi fétiche du ‘principe de la séparation des pouvoirs dont vous revendiquez’, parfois, ‘le respect strict dans votre travail politique quotidien’.

    Concernant ce dernier point, il est impératif, pour vous tous, de relire votre courrier collectif que le lampiste Thierry Detienne, seul, avait signé avant de me la transmettre le 15 juillet 1998. Et de vous souvenir ainsi des événements auxquels a donné lieu cette lettre en Hors-Château, et auxquels je me suis opposé durant trois ans et demi.

    b.  Il s’agit, ensuite, de trois questions posées à Madame la Ministre de la Justice dans la lettre ci-jointe (voir pages 6 et 7), que je lui ai adressée le 20 décembre 2006.

    En deuxième lieu, je souhaite vous entretenir de ce qui suit : 

    Les faits

    Faute de pouvoir exposer ici les tenants et les aboutissants d’une longue histoire, celle du Hors-Château, je me contente de vous rappeler ce courrier confidentiel que Monsieur Jean- Maurice DEHOUSSE, ex-bourgmestre de la Ville de Liège, avait adressé, le 11 janvier 1999, à son cher Jacky MORAEL, ex-Secrétaire fédéral de votre parti :

    "Mon cher Jacky,

    Tu trouveras en annexe, à titre exceptionnel, copie de la note que je viens d'adresser au Secrétaire Communal au sujet de l'affaire dont nous avons parlé.

    Bien évidemment, le rapport en question peut être consulté par toi à mon Bureau, pour autant que tu le souhaites et que tu en fasses la demande par téléphone auprès de Mme GREISCH (04/221.80.92).

    Au plaisir de te revoir, je te prie de croire, mon cher Jacky, en l'assurance de mes sentiments cordiaux.

    Le Bourgmestre, Jean-Maurice DEHOUSSE."

    Annexes :

    "Note à M. Philippe ROUSSELLE, Secrétaire communal

    Objet : dossier Mustafa SARI

    Réf. : B/NVSC/9904/aa/7052.

    1. En date du 16 décembre, j'interrogeais M. le Commissaire de Police en Chef sur les conditions d'occupation de la voie publique par le sieur Mustafa SARI (BNVP/98224, copie en annexe I).

    2. Ce dernier vient de me transmettre un dossier daté du 29 décembre et qui provient des inspecteurs DECHARNEUX et DEMARTEAU (rapport non codé, copie en annexe II).

    3. Ce rapport ne manque ni de charme ni de piquant, pour ne rien dire de sa poésie, mais il me paraît tenir peu compte des préoccupations juridiques.

    4. Je vous prie donc de vouloir bien faire étudier la situation sous l'angle juridique, et en particulier sous celui de la nouvelle loi sur le harcèlement.

    5. Indépendamment du bien ou du mal fondé de ses reproches aux parlementaires écolos, je trouve en effet qu'il n'est pas normal qu'une situation de ce genre persiste, en particulier puisqu'il s'agit d'un citoyen qui n'est du reste pas Liégeois.

    6. S'ils étaient cent ou mille, que ferait-on ?

    7. Je souhaite une réponse avant la fin du mois.

    D'avance, je vous remercie de votre collaboration.

    Le Bourgmestre, Jean-Maurice DEHOUSSE."

     

    La deuxième question

    Quels étaient, selon vous, ‘mes reproches aux parlementaires écolos’ auxquels faisait allusion le Bourgmestre, et savez-vous aujourd’hui ce que vous feriez demain si ‘les citoyens qui ne sont du reste pas Liégeois, étaient cent ou mille’, compte tenu du fait que le seul principe d’éthique politique auquel vous reconnaissez une vertu, en discours comme en fait, c’est le « rapport de force », et ce, « indépendamment du bien ou du mal fondé » de toute opposition ?

    En troisième lieu, je souhaite revenir sur l’un de votre slogan sectaire célèbre : ‘Comme l’objectivité n’existe pas, soyons heureux avec notre subjectivité.’ 

    Les faits

    Dans sa lettre du 23 septembre 2006, Bernard Wesphael m’écrivait : "Concernant le courrier du 13 janvier 2004 dont nous avons aujourd’hui eu l’occasion de discuter, je te confirme qu’à l’époque pour des raisons que je n’ai pas à juger il n’y a pas eu consensus sur le contenu de la lettre dont question." (Vous trouverez en annexe la copie dudit courrier du 13 janvier 2004) 

    La troisième question 

    Qui parmi vous aurait contesté les faits reconnus dans ce courrier du 13 janvier - faits établis sur base des preuves matérielles irréfutables -, et selon les contestataires, quelle serait la version subjective de ces mêmes faits ? 

    Conclusion

    Ici et maintenant, et avec la détermination qui est la mienne, j’exige les réponses aux trois questions qui vous sont posées dans la présente, ainsi que les réponses aux questions qui sont posées à Monsieur le Procureur Général dans ma lettre du 12 avril 2007, et à Madame la Ministre de la Justice dans ma lettre de 20 décembre 2006.

     

    Liège, le 19 avril 2007

    Mustafa Üner SARI


  • Avant d'agir

     

    Avant d’agir

     

    Lettre ouverte

      

    Pourquoi irai-je jusqu’au bout de mon exigence légitime du respect de la loi et du droit ?  

    Pour affirmer haut et fort, et une fois encore, que depuis le temps des Lumières, c’est-à-dire, depuis l’essor de L’Etat de droit, le respect de la loi et du droit n’est plus l’expression arbitraire de la volonté de qui que ce soit. Que nul n’a désormais de pouvoir qu'en vertu du droit, et que chacun est soumis à l'obligation de respecter une loi qui le précède.

     

     

    Avant propos

     

    En lisant ce texte, vous penserez, peut-être, qu’il s’agit d’une rhétorique de la répétition, une de plus ou une de trop. Je vous répondrais que vous avez raison, car il y avait beaucoup de répétions dans mes textes précédents, et il y’en a beaucoup dans celui-ci. Mais pour que vous puissiez mieux saisir l’enjeu de ces répétions, je ne puis que vous offrir ces quelques mots : 

    "Un journaliste m’a fait remarquer", nous raconte l’auteur de ‘L’impunité des bourreaux’, Carlos Liscano, "qu’il y avait beaucoup de répétions dans mon texte, et il avait raison. Parce que, pour désarmer le discours de l’impunité, il faut travailler avec les mots, dans une rhétorique de la répétition. Il ne suffit pas de dire qu’il y a mensonge, il faut le démontrer. Pour y parvenir, ces répétitions sont nécessaires."

    Je crois qu’il est nécessaire de répéter, ici aussi, que devant l’injustice, d’où qu’elle vienne, ‘faire le peu que je peux, ce que j’estime devoir faire, ce que j’estime juste de faire, et ce, sans le moindre souci de plaire à qui que ce soit, pour quoi que ce soit’ est un des principes, un des miens, qui balise chaque jour le chemin d’une existence vers l’infini : "Seul l’homme meurt, l’animal périt", dit Heidegger.

    En ce sens, je répète également que pour transformer un homme en authentique aliéné, en pantin, il suffit, me semble-t-il, de le condamner à ‘vivre’, à périr, en exigeant de lui qu’il se plie à la loi du plus fort. Qu’il s’abandonne, et abandonne ce qu’il est, son individualité, et non ce qu’il a. Et qu’il tourne enfin la page pour mieux banaliser ce qui est - ou devrait être - intolérable.

    De fait, l’aliénation, la vraie, n’est-elle pas celle qui ne dit si bien son nom que, lorsque la victime, elle-même, justifie l’oppression qu’elle subit, et rentre chez elle domptée ? Non ‘par la force des choses’, comme le dit le slogan présenté sous le dehors de sagesse populaire. Mais par un comportement réflexe soutenu par d’autres slogans plus pernicieux, dont celui qui dénigre ce qu’il identifie comme étant ‘des causes perdues d’avance.’ Parce que, chacune d’elles serait une entreprise engagée par ‘des pots de terre contre des pots de fer’.

    Pots de fer ? Nos maîtres (représentants), ces dieux antiques avides de pouvoir et de gloire, que nous n’avons peut-être pas choisis ou que nous n’avons pas pu choisir. Ceux-là mêmes qui proclament par leurs agissements hors-la-loi et contre le droit,  que le respect de la loi et du droit n’est que l’expression arbitraire de leur volonté, en vertu, sans doute, du pouvoir qu’ils détiennent - ou croient détenir  - de leur abjection ...

     

     

     

    Monsieur Cédric VISART de BOCARMé

    Procureur Général près la Cour d’appel de Liège

    Palais de Justice

    Place Saint-Lambert, 16

    4000      LIEGE

    Liège, le 12 avril 2007

     

     

    Monsieur le Procureur Général,

    Concerne : ma décision définitive, fruit d’une longue réflexion, que j’assumerai en tendant l’oreille à Socrate : "Je préfère être en désaccord avec tout le monde, que l’être avec moi-même tout seul."

     Depuis le 9 juillet 1998, je vivais dans une voiture, en Hors-Château à Liège. Un jour hivernal de l’an 1999, j’ai eu le privilège d’apprendre que, seul, un malade mental, soit moi, souffrant de psychose de persécution aiguë pouvait ne pas comprendre ni admettre l’idée  - ou l’idéologie (la logique de l’idée) - selon laquelle il serait impossible qu’un mandat d’arrêt soit utilisé, dans le Royaume de Belgique, comme instrument de la mise en œuvre de la politique du terrorisme d’Etat par voie judiciaire.   

    J’avoue que là où je continuais à m’opposer  à cette idéologie, à cette pensée transformée en réflexe, j’avais l’impression d’être face à face, et au quotidien, avec des idéologues de goulag brusquement surgis du fond putride de la poubelle de l’Histoire. Des idéologues - parlementaires, médecins, psychiatres, magistrats, policiers, avocats, mandataires politiques, journalistes, simples citoyens - qui n’hésitaient vraiment pas à faire la démonstration de leur ignominie par tous les moyens. A un point tel qu’ils paraissaient suffisamment immoraux pour accepter et exécuter n’importe quel sale boulot.

    Il m’a fallu alors prendre distance par rapport à ces agissements, et résister sur place, afin d’obtenir la confirmation politique de ce diagnostic psychiatrique par le ministre de la Justice Tony VAN PARYS, d’abord, et Marc Verwilgen, ensuite. Surprise ! Plus de deux ans et demi plus tard, soit  le 8 février 2001, ce fut le Procureur général près la Cour de Cassation, Monsieur Jean du JARDIN, qui le confirma en ces termes : "L’organisation judiciaire du Royaume de Belgique s’oppose, en droit comme en fait, à ce que le mandat d’arrêt soit utilisé comme instrument de la pratique du terrorisme d’Etat  par voie judiciaire." (Je surligne)

    Ce jour-là, force m’a été de prendre acte de ce message d’inspiration divine : ‘ce qui ne peut pas être ‘en droit ne fut pas en fait’, selon le Gardien du Temple judiciaire du pouvoir exécutif, communément appelé le Ministère public. Puis, comme lui, me disais-je, je sais que le droit belge - et non l’organisation judiciaire du Royaume de Belgique -, s’oppose à ce que le mandat d’arrêt soit utilisé comme instrument de la pratique du terrorisme d’Etat. Mais en fait, comment l’aurait-il deviné sans enquêter, c’est-à-dire, sans contrôler la procédure ni les actes accomplis ni les décisions prises, sans poser des questions aux parties concernées, dont moi, sans examiner ni vérifier les faits ?

    Hormis ce refus systématique d’enquêter, qui est l’élément essentiel de la politique de dissimulation de la vérité, ce qui mérite également d’être souligné ici, c’est la façon jubilatoire dont agissait le Gardien sous l’emprise de la sensation perverse de puissance. Exactement de la même façon dont vous avez agi, Monsieur le Procureur Général, au mois de mai 2006. Armé de l’abus de pouvoir, il tirait, au moyen de son courrier, dans toutes les directions, et voulait que ses balles soient percutantes. Alors que ses arguments non sequitur, du même genre que les vôtres, ne l’étaient pas. Comme, par ailleurs, ne l’ont jamais été les arguments fallacieux de vos prédécesseurs ainsi que des ministres successifs de la Justice, la dernière en date étant Madame Laurette ONKELINX.

     Toutes ces viles gesticulations que j’estimais indignes des représentants d’un Etat de droit démocratique, ne pouvaient évidemment pas briser ma résistance. En effet, en attendant la confirmation qui m’a été transmise par Procureur général près la Cour de Cassation, sur injonction pressante du ministre de la Justice, j’ai eu, une joyeuse folie. J’ai en effet cru à la validité, à notre époque et ‘en droit comme en fait’, de ce que je lisais dans le Code d’instruction criminel : "Les plaintes suivies de constitution de partie civile devant le juge d’instruction ont pour but et pour effet de suppléer à l’inaction du ministère public et de mettre en mouvement l’action publique, l’article 63 (du Code d’instruction criminelle) ayant été spécialement inspiré par le désir de sauvegarder les libertés publiques et les droits des citoyens, et de les soustraire à l’omniprésence de fonctionnaires, agents du pouvoir exécutif." (Cass. 10 février 1913. Pas. p.103).

     ·    Justement,  afin de ‘sauvegarder mes droits de citoyen, et de les soustraire à l’omniprésence de fonctionnaires, agents du pouvoir exécutif’, je m’étais constitué partie civile, le 26 janvier 2001,  devant Madame la Juge d’instruction D. REYNDERS. Un premier dossier d’instruction a été ouvert. Le 2 février, un réquisitoire de mise à l’instruction a été pris du chef de calomnie, diffamation, injures et menaces.

    ·    Cinq mois plus tard, soit le 26 juin 2001, j’ai été emmené, suite à une audience pour le mois singulière devant le tribunal civil, à me constituer partie civile devant Madame la Juge d’Instruction M. RUSINOWSKI. Un deuxième dossier d’instruction a été ouvert. Le 04 juillet, un réquisitoire de mise à l’instruction a été pris du chef de faux, usage de faux et faux témoignages.

    ·    Puis, ces deux dossiers ont été joints à mon insu et leur prétendue instruction a été confiée à Madame REYNDERS, seule. In fine, ils ont été transmis au Parquet général, agents du pouvoir exécutif, lequel les a classés sans suite le 18 novembre 2004.

    La question

    Le traitement de ces deux dossiers tant par les juges d’instruction concernés, que par les juridictions d’instruction, à savoir la Chambre du conseil et la Chambre des mises en accusation de Liège, ainsi que leur classement sans suite par le Parquet général, ont-ils été respectueux, en fait, de la loi et des règles et principes les plus élémentaires du droit ?

    Remarques relatives à la question

    Grâce à vous, Monsieur le Procureur Général, j’ai fait la connaissance avec votre aptitude à déformer la réalité des faits à votre meilleure convenance. J’ai découverts l’art de falsification, de désinformation, de la tromperie, du mensonge dans lequel vous excellez à merveille. J’ai pu évaluer votre capacité d’adapter l’interprétation du passé aux nécessités de vos désirs, en éliminant toutes les données qui ne cadrent pas avec vos aspirations. Pour que le vrai et le faux soient indiscernables. Et que les questions relatives à la recherche de la vérité soient transformées en problèmes de pouvoir et de rapports de force. Cette façon de faire a un nom politiquement incorrect : la perversion.

    Précisément, la raison d’existence de la situation irréversible dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, ne s’explique que par votre volonté de prendre distance par rapport à la loi et au droit, et ce, afin de repousser toute demande et de dénigrer toute démarche ou entreprise visant la recherche de la vérité. Situation que je résumerais par cette formule de Mirabeau : "le moment où la ligne rouge est franchie par l'autorité qui devient arbitraire et oppressive, qui attente aux propriétés pour la protection desquelles elle fut instituée, et rompt le contrat qui lui assura des droits, et la limita, la résistance est un devoir et ne peut être appelée révolte." C’est pour ces raisons que je me permets d’attirer votre attention sur les remarques suivantes :

    La première remarque

    Dans la formulation de la question, et en parlant du respect de la loi et du droit, j’ai tenu à préciser qu’il s’agit du respect ‘en fait’, et non ‘en droit’ seulement. J’ai voulu vous rappeler ainsi le constat que Hannah Arendt fait, dans son œuvre ‘Le système totalitaire’, en analysant les agissements des détenteurs et des exécutants du pouvoir totalitaire : "ils bravent toutes les lois positives mais on n’opérant jamais sans prendre pour guide la loi".

    En lisant cette phrase, il y a longtemps, je me disais qu’il devrait y avoir une contradiction dans les termes. En effet, je me demandais comment on pourrait braver, ou violer, la loi tout en la prenant pour guide. Plus d’un trente ans plus tard,  j’ai trouvé la réponse - et cela est démontré - lorsque je me suis vu forcé à faire face à la stratégie qui a été mise en œuvre lors du traitement desdits dossiers d’instruction. J’ai ainsi eu le triste privilège de voir agir, de concert, le représentant (un et indivisible) du pouvoir exécutif, le Parquet général, et les juges qui exercent le pouvoir judiciaire, notamment. Et ce, ‘en bravant toutes les lois positives mais on n’opérant jamais sans prendre pour guide la loi’. Peu leur importait donc ce qui reste du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, dont ils ont, par ailleurs, les gorges pleines.

    J’en reste là pour ce qui concerne ce point capital. Car je ne peux pas croire, Monsieur le Procureur Général, que vous ne compreniez pas ce que les mots utilisés expriment, et ce qu’exprime et vit celui qui les utilise. J’affirme qu’il est évident que vous ne pouvez pas ne pas les comprendre, compte tenu, par exemple, de votre qualité d’auteur et de compositeur du courrier terrifiant par sa médiocrité et vulgarité intrinsèques, que vous m’avez transmis, le 11 mai 2006, lors d’une grève de la faim. 

    La deuxième remarque

    Comme je l’ai fait dans des nombreuses lettres que je vous ai adressées dans le passé proche ou lointain, je tiens à apporter ici aussi la précision suivante : d’une part, en parlant du traitement de deux dossiers d’instruction, je me réfère exclusivement au traitement desdits dossiers avant le dessaisissement de Madame la Juge d’instruction REYNDERS. Et d’autre part, en parlant du classement sans suite de ces mêmes dossiers par le Parquet général, je me réfère exclusivement au classement sans suite de ces mêmes dossiers après le dessaisissement du Juge d’instruction. Quant au reste, nous en discuterons au moment venu, et non avec vous, Monsieur le Procureur Général, mais devant les juridictions qui en ont la compétence en vertu du pouvoir qui leur est conféré par la loi.

    La troisième remarque

    A présent, l’objet de chacune de mes deux plaintes susmentionnées importe peu, comme le laisse sous-entendre d’ailleurs la question posée. Ce qui importe, par contre, c’est d’attirer l’attention sur le fait qu’en pénal, la première tâche assignée aux parties concernées en général, et à la partie civile en particulier, est de veiller à la régularité de la procédure. Car les irrégularités de la procédure - et de surcroît les irrégularités volontaires, intentionnelles et délibérées -, n’ont pour but que de la vicier et d’en compromettre l'issue. C’est la raison pour laquelle on ne transige pas, dans un Etat de droit, avec le respect de la procédure : le dernier rempart contre l’arbitraire.

    C’est aussi la raison pour laquelle nul n’a le droit, dans un Etat totalitaire, comme en démocratie d’impunité, de dénoncer les vices de procédure, c’est-à-dire les manœuvres - ou artifices - hors-la-loi introduits dans celle-ci. Dans ces Etats, nul n’a non plus le droit de contester l’issu de la procédure ainsi viciée comme ce fut le cas dans la situation qui me préoccupe depuis treize ans. Parce que, dans ce cas précis, ces manœuvres n’avaient pour seul but que de soustraire à la justice les actes délictueux ou criminels et en protéger les auteurs. Par l’empathie pour la solidarité du corps.

    Conclusion

    En espérant lire dans les meilleurs délais votre réponse à ‘la question’, je vous redis une dernière fois ma détermination à ne jamais me plier aux impératifs à caractère totalitaire de la loi d’impunité. Car, dans un Etat de droit, il ne peut y avoir de choix entre justice et impunité, comme il ne peut y avoir de concession, en ‘démocratie libre’, quand il s’agit des principes fondamentaux.

    C’est ici, justement, que je souhaite tirer de l’ombre les propos que j’ai tenus au début de la présente, en faisant allusion aux idéologues de goulag. J’ai voulu vous rappeler par là, comme vous l’aurez compris, Monsieur le Procureur Général, le spectacle public d’inspiration stalinienne mis en scène, en Hors-Château, par ces mêmes idéologues, à savoir à ma mise en observation psychiatrique spectaculaire le 19 mars 1999.

    J’ai voulu vous le rappeler en lisant dans ma mémoire ce qu’écrivait Vladimir Boukovski, en 1971, dans ‘La nouvelle maladie mentale en URSS : l’opposition’ : "Si l’utilisation abusive de la psychiatrie a commencé dans votre pays, il est déjà trop tard. Vous commenceriez à vous battre, mais il est probable que vous seriez tenu pour fou et enfermé."

    En pensant qu’il n’est peut-être pas trop tard, et que notre devoir moral est de permettre aux générations futures d’inventer l’avenir, j’estime qu’il me faut agir ici et maintenant. Ne pas agir aujourd’hui alors que j’estime avoir la liberté de faire le nécessaire, ce serait la lâcheté nauséabonde que je n’ai jamais assumée, et que je ne pourrai assumer demain.

    Il me faut donc agir quelques soient, pour moi, les conséquences de ma sensibilité politique, entendue dans le sens le plus large du terme, qui est un élément éthique auquel il m’est impossible de renoncer.

    Pour terminer, je tiens à vous redire, en vous paraphrasant, qu’"il ne me paraît pas raisonnable d’en conclure à un quelconque complot dirigé contre vous", et vous prie d’agréer, Monsieur le Procureur Général, mes salutations,    

     

    Mustafa Üner SARI

     

  • Lettre à José

    Monsieur le Ministre d’Etat,

    Monsieur le Sénateur,

    Monsieur le Ministre,

    Monsieur le candidat Sénateur,

    Bonjour José,

    En te transmettant la lettre ouverte ci-jointe adressée à toi et à tes acolytes, je souhaite te rappeler, d’abord, ces quelques mots d’Emile Zola, que tu as sans doute lus dans ‘J’accuse’ : "Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion que, le jour qu’elle éclate, elle fait tout sauter avec elle."

    Et te rappeler, ensuite, qu’une erreur ne devient une faute que, lorsqu’on ne veut pas en démordre, et ce, en croyant fermement qu’on peut réduire au silence toute opposition et toute résistance par le ‘rapport de force’ : par l’intimidation, la menace, la peur, ou le cas échéant, par l’usure du temps.

    Je trouve en effet ‘anormal’, par exemple, que depuis le 19 mars 1999, tu ne t’inquiètes plus, de plus rien, même pas de ce que ‘je ne me suicide’ un jour et ‘que tu sois inculpé de non assistance à personne en danger’. A moins que tu aies compris, depuis lors, que tu n’es vraiment pas un ‘con’. Mais que tu t’es trompé sur toutes les lignes, en agissant sous l’emprise perverse de puissance, puissance que tu croyais détenir de ton abjection en ta qualité, indéniable, de ‘prince machiavélique’ avide de pouvoir et de gloire.

    En ce sens, je ne résiste pas ici au plaisir d’évoquer cette histoire que tu nous racontais récemment dans ‘le Journal du Mardi’ : "Pour ma participation aux négociations de la réforme de l’Etat au début des années 90, Dehaene m’a proposé, avec d’autres, au Roi et peu après, je recevais un coup de fil d’une… délicatesse extraordinaire : « José ! C’est Jean-Luc. Je voulais te prévenir pour que tu ne sois pas surpris hein, je t’ai fait ministre d’Etat, le roi a signé hein ! Allez, j’ai pas le temps, félicitations ! ». Je me suis retrouvé là avec mon téléphone, en me demandant ce qu’il m’arrivait. Puis j’ai fait une blague à Jacky en lui disant que Dehaene m’avait fait ministre, sans préciser «d’Etat ». Il est devenu fou avant que je le rassure."

    Ce qui me fait penser à ce que tu sois effectivement devenu fou, ce jour-là, en demandant à ton téléphone ce qui t’arrivait ! Et à présent, je comprends mieux ta façon d’agir, en Hors-Château, sous l’emprise de cette même folie ‘stalinienne’ sans cesse soutenue par ton désir de devenir non ministre d’Etat mais Ministre. Sans que tu aies, bien évidemment, un plan de carrière, comme tu le chantes depuis toujours.

    Pour être Ministre - en 1999, l’occasion prévue était trop belle pour être saisie par tout opportuniste machiavélique - tu devais être crédible, c’est-à-dire, tu devais te débarrasser, par tous les moyens, de celui qui "te (vous) gênait, et qui gênait les autorités par sa présence devant ta (votre) porte", comme me le disait, le 16 juillet 2001, Madame Juge d’instruction Danièle REYNDERS. Ce qui m’amène, en guise de conclusion, à te poser ces questions :

    1. As-tu compris, José, la gravité extrême d’un acte tel que la mise en cause - et par voie judiciaire, et publiquement -, de la santé mentale d’une personne qui serait gênante, à ton goût, pour s’en débarrasser ?

    2. Si oui, n’estimes-tu pas, à présent, qu’il est de ton devoir de le reconnaître, et donc de l’assumer, en pensant qu’on s’approprie son crime - ce qui est très grave pour l’avenir - par sa volonté d’en effacer les traces, par tous les moyens ?

    3. Si non, ne serait-il pas justifié que je me pose, et que je te pose encore aujourd’hui, la question que je me posais, et que je te posais en Hors-Château, à savoir ‘A quand l’ouverture des goulags écologiques ?’, et que j’agisse en conséquence, sans tarder, en pensant que notre devoir moral est de permettre aux générations futures d’inventer l’avenir ?

    Je te souhaite bonne lecture, et surtout, une bonne réflexion pour la suite …

    A très bientôt,

    Mustafa Üner SARI.

    Liège, le 19 avril 2007

  • Mes promesses

    Mes promesses

     

     "Je n'ai ni pris de gants, ni choisi des  mots polis, ni tenté de transiger avec quelque chose que la plupart d'entre nous éprouvent profondément. Il n'y a pas de terre promise pour les opprimés du monde entier. Il n'existe aucun lieu au-delà de l'horizon où ils peuvent trouver refuge. Il leur faut tenir debout."

      

    Mustafa Üner SARI


     Avant Propos

    Comme je l’écrivais dans une lettre ouverte récente, je suis parfaitement conscient d'être en un endroit d'où l'on ne voit plus la lumière de l'entrée et où la lumière de la fin est si imperceptible que le regard doit sans cesse la chercher et la reperd sans cesse, où le début et la fin ne sont même pas assurés. Ayant la ferme intention de quitter cet endroit dans les jours ou les semaines à venir, je n’ai pu résister à mon envie de vous parler, ici et maintenant, de mes promesses aux quelles j’ai tenté, malgré et contre tout, de rester fidèle durant les douze dernières années de combat.

    Vous parlerai-je de toutes mes promesses ? Oui, sauf une. Il s’agit d’une promesse que je me suis faite lors d’une action que je menais en Hors-Château à Liège, et à la quelle je suis resté fidèle jusqu’à ce jour et le resterai jusqu’à mon dernier souffle. Une Amie, Elle seule, la connaît pour m’avoir entendu en parler durant plus de huit ans.

    Mes promesses

    Le 3 mai 1995, a été déposée dans ma boite aux lettres cette convocation datée du 28 avril de cette même année :

     

    « Monsieur SARI,

    Je vous prie de vouloir bien vous présenter à l’annexe du palais de Justice, rue du Palais, no 11, le mercredi 3 mai 1995, à 09.00 heures, pour y être entendu par le soussigné, concernant l’ASBL La Maison des Turcs – Türk Toplumu. Prier de vous munir des documents suivants :

    Les comptes de l’ASBL.

    Le registre des procès-verbaux des assemblées générales des membres.

    Les bilans de l’ASBL, de 1989 à ce jour.

    Les budgets prévus par la loi, de 1989 à ce jour.

    Les pièces justificatives des entrées et des sorties figurants sur le compte de l’ASBL, à la C.G.E.R, de 1989 à ce jour.

    Les preuves du paiement (bulletins de versements) suite à l’achat de la mercedes 190, plaque CPK252.

    Les preuves du paiement de l’assurance et de la taxe de circulation de ce véhicule, depuis son achat jusqu’à ce jour.

    Officier de Police Judiciaire.

    D. BOTSON. »

     

    Il s’agissait là d’une sorte de réquisitoire qui exprimait à la fois l’arrogance des corrompus, la vulgarité du pouvoir et la médiocrité de l’arbitraire. Un ‘ordre’  qui exigeait mon adhésion individuelle à la soumission présentée sous le dehors d’une obligation légale collective. Un ‘billet’ qui annonçait l’exécution imminente d’une condamnation sans jugement, que la propagande diffusait dans tous les coins de rue, depuis le mois de mai 1994 : "Sari ira en prison un jour, mais il n’en devinera pas la raison jusqu’à son arrestation."

    Il m’a fallu dire à ce terroriste de bas étage, Officier BOTSON, ainsi qu’à ses maîtres s’agitant dans les coulisses obscures, qu’il se trompait de porte. Mais le dire avec des termes bien choisis pour que le message soit compréhensible par lui et par ses maîtres. Avec des termes suffisamment imprudents et grossiers, voire même vulgaires, si les mots n’étaient pas galvaudés. Car le mot, ou les mots, la façon de nommer et de qualifier impliquent une certaine attitude devant les faits.

    Ma première promesse

    Dans ma lettre du 6 mai 1995, je lui ai fait savoir, en substance, que je ne me présenterai jamais dans son bureau, ni répondrai à sa convocation, ni lui communiquerai un quelconque document. Que, s’il insistait, j’irai extraire, et à la demande d’un magistrat instructeur, les documents demandés de l’endroit où je pourraient les trouver, à savoir dans son endroit le plus intime, et je les lui remettrai en main propre. Puis, en écoutant le bruit assourdissant du silence, ‘ayant pris acte de ma promesse,  ils cherchent sans doute une voie royale pour m’atteindre’, me disais-je à l’époque.

    Le 21 juin 1995, j'ai été convoqué par téléphone au palais de justice à Liège, sous prétexte de me faire confirmer une plainte que j’avais déposée, un an auparavant, en main d’un juge d’instruction. Cette plainte concernait des agissements répugnants d’une organisation turque d’extrême droite. A mon arrivée au Palais, j’ai été privé de liberté. Le lendemain, j’ai été mis sous mandat d'arrêt pour cause d’escroquerie et de détournement de fonds. J’ai ensuite été séquestré, durant quatre jours, dans un milieu carcéral appelé ‘maison d’arrêt’ dans sa version démocratique, pour mieux soustraire au regard sa vocation occasionnellement politique. Dès ma libération le 26 juin, j’ai engagé publiquement la lutte contre la politique du terrorisme d’Etat élaborée et exécutée par voie judicaire.  

    Le 31 juillet 1995, le juge d’instruction Fernand BRASSEUR, qui m’avait délivré ce mandat d’arrêt, a délibérément et volontairement transformé en faute ce qui aurait pu être considéré jusqu’à lors, et en son chef, comme une erreur, mais une erreur d’une gravité extrême. De fait, en faisant preuve de son arrogance nauséabonde, "il n’appartient pas encore à l’inculpé ou à son conseil, de choisir "son" juge ou "ses" enquêteurs", faisait-il remarquer, dans un courrier adressé à l’un de mes conseils, Julien PIERRE, l’autre étant Louis GENET, tous deux avocats au barreau de Liège. 

    Ce que je trouvais terrifiant dans ces propos, c’est que cet individu s’estimait encore comme un juge indépendant et impartial, et donc incontestable. De plus, il semblait exiger à son tour mon adhésion individuelle à la soumission présentée, et une fois encore, comme une obligation légale collective. Ce qui était le plus terrifiant encore, c’est qu’en me signifiant qu’il ne m’appartenait pas encore de choisir "mon" juge ou "mes" enquêteurs,  il semblait croire qu’il appartenait à lui et à ses acolytes, de choisir leur cible, ainsi que les moyens hors-la-loi - dont la politique du terrorisme d’Etat - pour l’abattre. 

    Ma deuxième promesse 

    Il ne fallait surtout pas que je considère ‘mon’ Juge comme un interlocuteur (ou un adversaire) valable pour des raisons que je ne souhaite pas dévoiler ici par respect à mon étique personnelle. Il fallait qu’il se désiste volontairement et disparaisse de mon champ d’action. Pour ce faire, il m’a fallu prendre distance par rapport aux événements. Prendre le temps pour traverser les murs afin d’aller voir ce qui se tramait réellement dans les coulisses. Et en même temps, pour avaler le manuel de la procédure pénale et le Code d’instruction criminel pour m’occuper, moi-même, de ce qui me regardait de très près. 

    Le 2 janvier 1996, j’ai écrit à ‘mon’ juge une longue lettre ouverte où je lui disait : "Le 22 juin 1995, un vil corrompu contaminé par la folie terroriste d’un genre assez singulier, m’a en effet tendu un mandat d’arrêt. C’était réellement l’acte de la folie exécuté par des terroristes au stade de rage. Et ce vil corrompu contaminé par la folie terroriste, c’était vous Monsieur le Juge ..."  

    J’ai appris bien plus tard - le vieux secret d’instruction oblige - que l’Officier BOTSON avait terminé sa mission, le 31 janvier 1996, par un procès-verbal où il écrivait : "Exposons que les considération reprises au présent procès-verbal nécessitent évidemment l’interpellation de SARI Mustafa. Toutefois, l’intéressé ayant à diverses reprises fait savoir à Monsieur le Magistrats Instructeur, d’une manière ferme voir plus que déterminé, qu’il refusait de se présenter en nos services, nous renonçons à convoquer SARI Mustafa." Et il avait transmis son P.V. à ‘mon’ Juge, alors que celui-ci avait demandé et obtenu son dessaisissement trois semaines plus tôt, soit le 5 janvier 1996, pour des ‘raisons personnelles’. Force m’a alors été de constater que, suivi des incessantes menaces de mandat d’amener, de mandat de perquisition et de mandat d’arrêt, ils avaient enfin renoncé à me convoquer. 

    Comme je le leur avais promis dès le départ, "d’une manière plus que ferme, voir plus que déterminée", je ne me suis jamais présenté en leurs services, ni leur ai communiqué un quelconque document. J’ai ainsi tenu à être fidèle, jusqu’au bout, à ce principe gravé dans ma mémoire par mon père à l’âge de sept ans, comme s’il savait qu’il allait nous dire adieu trop tôt : "Vous n’avez de maître que votre raison, et votre conscience. Etre respectueux des autres, c’est avant tout refuser de respecter ce que vous estimerez indigne de votre respect. Et cela exige la séparation à la fois stricte et intelligente, de l’adhésion individuelle et de l’obligation collective dans tous les domaines."  

    Ma troisième promesse 

    Comme j’ai pu le constater et le comprendre par la suite, les magistrats et auxiliaires concernés ayant pris en charge l’élaboration et l’exécution de cette sale besogne, avaient pensé qu’il suffisait de me convoquer au palais de justice sous prétexte de me faire confirmer une plainte, et à mon arrivée, de me priver de la liberté discrètement. De me mettre le lendemain sous mandat d'arrêt sous prétexte de détournement de fonds, et en faire la publicité via la presse, pour me voir intimidé, discrédité et réduit au silence ?

    En effet, selon les dires insistants de mes conseils (avocats), que j’ai d’ailleurs virés sans trop tarder, les mêmes magistrats et auxiliaires concernés non seulement y avaient fermement cru, mais aussi ils avaient cru qu’ils pouvaient traîner le dossier jusqu'à la prescription, en espérant consolider pour l'éternité le sceau judiciaire apposé sur mon front du ‘présumé coupable’. Bref, ce qu’ils visaient, c’était tout simplement ma mort civile. 

    Il me fallait sauver ce dossier de l’emprise du Parquet pour qu’il ne soit pas étouffé. Il fallait que je le porte devant les juridictions d’instruction pour ‘jugement’. J’ai alors engagé la résistance et l’ai assumée durant un an, en l’appuyant par deux grèves de la faim.  

    Au quarantième jour de la deuxième grève que j’avais engagée devant le palais de justice à Liège, j’ai eu la satisfaction d’apprendre que l’affaire allait être soumise à l'examen de la Chambre du Conseil dans les quinze jours. Ce qui fut fait le 7 juin 1996. Ladite Chambre prononça son ordonnance de non-lieu le 21 juin. Le parquet fit appel pour démontrer sans doute que la défaite, pour lui, était impossible. Appel qui fut suivi d’un arrêt de non-lieu rendu, le 17 avril 1997, par la Chambre des mises en accusations. J’ai ainsi été ‘blanchi’, comme ils le disent. Mais il me fallait désormais savoir pour quoi j’ai été ‘noirci’ au lieu de tourner la page, comme le veut et exige la loi d’impunité.  

    Ma quatrième promesse 

    La prétendue affaire judiciaire étant définitivement clôturée, il était temps de poser la question suivante et d’en obtenir réponse : le mandat d'arrêt, dont j’ai été l’objet le 22 juin 1995, concernait-il réellement une affaire judiciaire, ou a-t-il été conçu comme un instrument de pratique du ‘terrorisme d'Etat’ par voie judiciaire ? Autrement dit, ne s’agissait-il pas là, comme l’indique le terme ‘terrorisme d’Etat’, d’une action délictueuse ou criminelle à l’élaboration et à l’exécution de laquelle ont activement et principalement pris part notamment des représentants de l'Etat, à savoir les magistrats et auxiliaires concernés du Parquet de Liège ?  

    Et ce, et c’est fondamental - pour mieux discréditer et réduire au silence un combat, une association et un homme, que la tristement célèbre et très officielle mafia turco-belge n'avait pu ni intimider ni réduire au silence, durant dix-huit ans, et par tous les moyens.  

    C'est la question à laquelle il me fallait désormais obtenir réponse. Cette question ne pouvait être posée qu’au Procureur Général. Car, en ce qui concerne les personnes jouissant du privilège de juridiction - dont les magistrats du parquet et du tribunal de première instance - la mise en mouvement de l'action publique, soit l’engagement des poursuites, relève de la seule compétence du Procureur Général, comme prévu par l'article 479 du Code d'instruction criminelle. 

    Sa Majesté, Madame Anne Thily, alors Procureur Général, assise sur une chaise et non sur le Parquet au Palais des Princes Evêques, semblait décidée de ne réserver aucune suite à la plainte que j’avais déposée entre ses mains, en sollicitant l’ouverture d’une enquête afin de répondre à cette même question. Dans ce cadre, au terme de l'ultime entretien que je venais d'avoir avec Madame Andrée Spriesterbach, Avocat Général, j'ai entamé, le 17 septembre 1997, la résistance devant le palais de Justice à Liège. 

    Je l’ai menée durant quatre mois et demi, 24 heures sur 24, et 7 jours sur 7, dans une cabane érigée contre la façade du palais de Justice. Le 27 janvier 1998, Madame le Procureur général me fit savoir ceci : "A la suite de la visite de Messieurs DECOLLE, Commissaire de Police et J. JAMART, Commissaire adjoint, de la 1ère Division de Police de la Ville de LIEGE, j’ai l’honneur de vous confirmer à nouveau que le non-lieu dont vous avez bénéficié (D2978/349/96) en date du 17.4.1997 résulte bien d’une affaire judiciaire. Pour le surplus, aucun élément ne me permet de penser qu’un acte quelconque que vous qualifiez de terrorisme d’état puisse être à la base de cette affaire."  

    Dès la réception de ce courrier, j’ai mis un terme à l’action et j’ai quitté les lieux. Car force m’a été de constater qu’enquêter, c’est-à-dire contrôler la procédure, poser des questions, examiner et vérifier les faits revenait, pour Madame le Procureur général, à ‘penser’ que toute affaire traitée par les agents de son administration ne pouvait être qu’une affaire judiciaire. Et que mettre en cause le bien fondé de cette déduction - basée sur un raisonnement logique à prémisse unique - reviendrait, pour elle, à prendre le risque inconsidéré de voir trembler le ciel du Royaume sous la colère stalinienne.  

    Le jour même, alors que je venais de mettre un terme à mon long séjour devant le palais de justice, j’ai commencé à rédiger une requête sur base de la réponse fournie par Madame Anne Thily. Je l'ai déposée, le 4 février 1998, entre les mains du Ministre de la Justice. Par cette requête, je sollicitais l'ouverture d'une enquête à l'encontre du Procureur général pour motif, notamment, de corruption par solidarité de corps dans l'intention manifeste et délibérée de dissimuler et couvrir des actes délictueux et criminels afin de les soustraire à la justice et d’en protéger les auteurs. 

    Faut-il souligner aussi que l'engagement d'une action ou d'une procédure à l'encontre d'un Procureur général pour des crimes et délits qu'il aurait commis dans l'exercice de ses fonctions, relève de l’article 486, alinéa 1er, du Code d'instruction criminel qui prévoit à cet égard que "le crime sera dénoncé au ministre de la Justice qui donnera, s'il y a lieu, ordre au procureur général près la Cour de cassation, de le poursuivre" 

    Conformément aux prérogatives de la loi, le Ministre m’a fait savoir par son courrier du 9 avril 1998, que ma demande d’enquête avait été transmise aux autorités compétentes. Le Ministre avait estimé donc qu’il y avait lieu de le faire : 

    "Monsieur,

     J’accuse bonne réception de votre lettre du 4 février 1998.Votre demande d’enquête a été transmise aux autorités compétentes. Je me vois dès lors contraint d’attendre leur réponse avant de vous informer plus amplement.

     Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

     Stefaan DE CLERCK. Ministre de la Justice."

    Mais à quelles autorités compétentes le Ministre disait avoir transmis la requête ? C’est cette question qui m’a conduit en Hors-Château à Liège, devant la porte de la Régionale liégeoise du parti Ecolo.

    Ma cinquième promesse

    Le 9 juillet 1998, j'ai entamé une grève de la faim devant les locaux de la régionale liégeoise du parti Ecolo. Au sixième jour de cette grève, soit le 15 juillet, Thierry Detienne, alors député fédérale, m'a transmis un courrier truffé de mensonges, de tromperies, de falsifications et de manipulations en tous genres. Le seul but poursuivi par DETIENNE et ses acolytes parlementaires et mandataires du même parti, était incontestablement de masquer la vérité en lui donnant l’éclairage qui la rend trompeuse, comme le ferait un pervers accompli.

    Ce récit a été imaginé et construit afin de me surprendre, en espérant me faire douter de ce que je savais, de ce que je faisais, et du bien fondé de l’action que j’avais engagée six jours plus tôt. En effet, j’avais interpellé les parlementaires fédéraux écolos - et ce, en vertu de leur pouvoir, pour ne pas dire de leur devoir, de contrôle sur les actes de l’exécutif -, en les priant d’interroger le Ministre de la Justice pour savoir à quelles autorités compétentes celui-ci disait avoir transmis ma requête, comme il me l’avait fait savoir par son courrier susmentionné du 9 avril 1998. Et quelle était la suite réservée à ladite requête par ces mêmes autorités ?

    L’enjeu était de taille : si la requête que j’avais déposée entre les mains du Ministre de la Justice heurtait, comme le député me le faisait savoir, le principe de séparation des pouvoirs, cela revenait à dire que je devais définitivement oublier ce pourquoi j’avais introduit cette requête.

     Je me suis alors promis, le 15 juillet 1998 à 14.15 heures, que je ne quitterai pas l’endroit où je me trouvait avant d’obtenir réponse à cette question fondamentale : qui et pourquoi avait-il suggéré à Detienne de me transmettre en douceur cet ordre qui m’intimait de retourner chez moi, dompté, et d’oublier l’affaire du terrorisme d’Etat ?

     Pour trouver réponse à cette question, il me fallait obtenir réponse aux trois autres questions que j’ai posées sans relâche durant trois ans et demi, du 16 juillet 1998 au 07 janvier 2002. In fine, j’ai pu reconstituer les réponses à ces trois questions à partir des  éléments de réponses, que les mandataires écolos m’ont périodiquement transmis durant ces longues années. Et j’ai quitté les lieux le 7 janvier 2002 à 18.30 heures dès la réception du courrier qui me portait la réponse à la dernière question restée sans réponse.

     J’ai quitté les lieux mais je n’ai rien oublié. Je n’ai surtout pas oublié que mon séjour dans la rue Hors-Château a été interrompu durant trois jours. J’ai en effet été mis, le 19 mars 1999, sous observation psychiatrique - et pour cause de maladie mentale - par une ordonnance judiciaire délivrée par Madame le Procureur du Roi de Liège à la demande des parlementaires et mandataires Ecolo, notamment. J’ai donc été séquestré, cette fois, dans un milieu thérapeutique appelé ‘hôpital psychiatrique’ dans sa version démocratique, pour ne pas dire goulag afin de mieux cacher sa vocation occasionnellement politique.

    Trois jours plus tard, j’ai rejoint le front avec, sur les bras, une autre question dont je vous laisse apprécier la gravité : cette ordonnance de mise en observation psychiatrique concernait-elle réellement une affaire médicale ou a-t-elle été conçue comme un instrument d’intimidation et de menace, par voie juridico-psychiatrique, pour tenter de couvrir un acte terroriste par un autre ?

     C’est aussi durant mon séjour en Hors-Château, que j’ai déposé les deux plaintes évoquées dans le paragraphe suivant. Et c’est là que je me suis fait la promesse que j’estime la plus lourde quant à ses conséquences futures, comme vous pouvez le comprendre à lecture de ce qui suit.   

    Ma sixième promesse 

    Je me contente ici de citer un passage de la lettre que j’ai adressée, le 20 décembre 2006, à Madame Laurette ONKELINX, Ministre de la Justice et à Monsieur Cédric VISART de BOCARMé, Procureur Général près la Cour d’appel de Liège :  

    "En ce qui vous concerne monsieur le procureur general

    Les faits

    En dernier recours et en pensant que "les plaintes suivies de constitution de partie civile devant le juge d’instruction ont pour but et pour effet de suppléer à l’inaction du ministère public et de mettre en mouvement l’action publique, l’article 63 (du Code d’instruction criminelle) ayant été spécialement inspiré par le désir de sauvegarder les libertés publiques et les droits des citoyens, et de les soustraire à l’omniprésence de fonctionnaires, agents du pouvoir exécutif." (Cass. 10 février 1913. Pas. p.103) : 

    -  Je me suis constitué partie civile, le 26 janvier 2001,  en main de Madame la Juge d’instruction REYNDERS. Un premier dossier portant le n° de notice 52.99.99/01, a été ouvert. Et le 2 février, un réquisitoire de mise à l’instruction a été pris du chef de calomnie, diffamation, injures et menaces. 

    -  Cinq mois plus tard, soit le 26 juin 2001, je me suis également constitué partie civile en main, cette fois, de Madame la Juge d’Instruction RUSINOWSKI. Un deuxième dossier portant le n° de notice 21.99.503/01, a été ouvert. Et le 04 juillet, un réquisitoire de mise à l’instruction a été pris du chef de faux, usage de faux et faux témoignages. 

    -  In fine, ces deux dossiers ont été joints avant d’être transmis au Parquet général, "agents du pouvoir exécutif", lequel les a classés sans suite. 

    La question 

    Le traitement de ces deux dossiers d’instruction tant par les juges d’instruction concernés, que par les juridictions d’instruction, à savoir la Chambre du conseil et la Chambre des mises en accusation de Liège, ainsi que leur classement sans suite par le Parquet Général, ont-ils été respectueux de la loi, et des règles et principes les plus élémentaires du droit ?

    En ce qui vous concerne madame la ministre

     Les faits

    Le 21 juin 1995, j'ai été privé de liberté entre les murs du palais de justice à Liège. Et le lendemain, j’ai été mis sous mandat d'arrêt pour cause d’escroquerie et de détournement de fonds, avant d’être séquestré dans un milieu carcéral appelé ‘prison’ ou ‘maison d’arrêt’ dans sa version démocratique pour mieux soustraire au regard sa vocation occasionnellement politique.

    Puis j'ai été à nouveau privé de liberté, le 19 mars 1999,  par une ordonnance de mise en observation psychiatrique délivrée par Madame le Procureur du Roi de Liège, et pour cause de maladie mentale, avant d’être séquestré cette fois dans un milieu thérapeutique appelé ‘hôpital psychiatrique’ dans sa version démocratique, pour ne pas dire goulag afin de mieux cacher sa vocation occasionnellement politique.

    La première question 

    Selon vous, Madame la Ministre, ce mandat d'arrêt concernait-il réellement une affaire judiciaire, ou a-t-il été conçu comme un instrument de pratique du ‘terrorisme d'Etat’ par voie judiciaire ? Autrement dit, ne s’agissait-il pas là, comme l’indique le terme ‘terrorisme d’Etat’, d’une action délictueuse ou criminelle à l’élaboration et à l’exécution de laquelle ont activement et principalement pris part notamment des représentants de l'Etat, à savoir les magistrats et auxiliaires concernés du Parquet de Liège ?" 

    La deuxième question 

    Selon vous, Madame la Ministre, cette ordonnance de mise en observation psychiatrique concernait-elle réellement une affaire médicale ou a-t-elle été conçue comme un instrument d’intimidation et de menace, par voie juridico-psychiatrique, pour tenter de couvrir un acte terroriste par un autre ? 

    La troisième question 

    Dans les deux cas, et selon vous, Madame la Ministre, ne s’agissait-il pas, non d’erreurs judiciaires mais de fautes intentionnelles, volontaires et délibérées commises par des représentants de l’Etat pour atteindre le meurtre moral d’une personne d’abord, et son meurtre juridique ensuite, avant de viser la destruction totale de son individualité ?" 

    J’exigerai un jour réponse à ces questions, par tous les moyens que j’estimerai légitimes, et vous en serez informés par les évènements, Madame la Ministre, Monsieur le Procureur Général. En sachant que vous avez la manie perverse de ne jamais répondre à la question posée, pour lui donner « une réponse » nécessairement falsificatrice et mensongère parce qu’imaginaire". Je précisais également que leurs réponses devaient être dûment motivées et sur base exclusive des pièces des dossiers qui seraient, selon vous, judiciaires.  

    Dans l’attente de voir ce que le passé nous réserve, je tiens à souligner ici qu’exiger ces réponses revient, à mon estime, à exiger le respect de la loi et du droit, simplement. Exigence légitime jusqu’au bout de laquelle j’irai, quelles qu’en soient les conséquences. (…)" 

    Conclusion ou ma promesse 

    Quoi qu’il arrive, je tenterai d’obtenir réponse à toutes les questions restées sans réponse jusqu’à ce jour, et ce, sons aucune concession de quelque ordre que ce soit. Jamais, je ne laisserai ériger en loi ce que j’estime et juge intolérable, à savoir ce que Hannah Arendt nomme "la banalisation du mal" par le règne sans partage de la loi d’impunité. 

    Car "tout compromis repose sur des concessions, mais il ne peut y avoir des concessions quand il s’agit des principes fondamentaux", comme le disais jadis le Mahatma Gandhi. Oui mais, me diriez-vous, ‘quels sont ces principes fondamentaux, et dans quel contexte les placez-vous’ ? 

    Il s’agit d’abord d’un principe relatif à la protection de notre liberté en tant que réalité politique vivante. Ce qui m’inquiète à ce propos, c’est que dans le traitement des dossiers concernant la politique du ‘terrorisme d’Etat’ mise en œuvre à deux reprises - le mandat d’arrêt et la mise en observation psychiatrique,  les représentants concernés de l’Ordre judiciaire et du Corps politique ont supprimé toutes les barrières de la loi - et du droit - dressées par la législateur entre les citoyens et l’Etat. Ce qui équivaut à détruire la liberté en tant que réalité politique vivante, car l'espace entre les citoyens et l’Etat tel qu'il est délimité par la loi - et le droit - est l'espace vital de la liberté.  

    Il s’agit ensuit d’un autre principe relatif, lui, à la protection de notre Etat de droit et de notre démocratie. En effet, depuis le temps des Lumières, c’est-à-dire depuis l’essor de L’Etat de droit, le respect de la loi et du droit n’est plus l’expression arbitraire de la volonté d’un quelconque représentant de l’autorité publique, qu’elle soit judiciaire, politique ou autre, et de quelque niveau que ce soit. Depuis ces temps lointains, nul n’a donc de pouvoir qu'en vertu du droit, et chacun est soumis à l'obligation de respecter une loi qui le précède. Sans oublier évidemment les règles les plus élémentaires de la morale publique, consubstantielle à la démocratie et à l’Etat de droit démocratique.

     Il dépend de nous que le présent délivre sa promesse d’avenir,

    Mustafa Üner SARI

     

  • Lettre à Gerkens

     

    Liège, le 29 mars 2007

        

     

         Madame la Députée,

     

         Concerne : ma lettre du 1er février 2007 

     

         A vous entendre dire que "quand on demande aux gens de voter pour moi, eh bien, on doit dire à ces gens-là … j’irai vous représenter (...)" (Voir les informations régionales, R.T.C., le mercredi 28 mars 2007), et que ce serait, si je vous ai bien comprise, un principe d’étique politique chez-vous, chez Ecolo, je n’ai pu m’empêcher de me demander si vous n’êtes pas devenue une malade mentale incurable, à savoir une paranoïaque pathologique souffrant d’une psychose de persécution aigue.

     

         Une malade "qu’il faut", selon votre collègue Ecolo Philippe DUTILLEUX, "hospitaliser quasi de force et de lui imposer un traitement neuroleptique qui casse son système de raisonnement", car, "il est très difficile voir impossible de la ramener à la raison".

     

         Ceci étant dit, je ‘promets’ que ‘je voterai, le 10 juin prochain, pour vous et pour Monsieur le ministre d’Etat José DARAS’. Et je confirme que je vous interpellerai prochainement pour vous inviter à assumer ici et maintenant votre rôle de représentante, qui consiste, notamment, à assumer votre devoir (ou pouvoir) de contrôle sur les actes de l’exécutif, comme je fis en Hors-Château durant trois ans et demi à partir du 9 juillet 1998.

     

         Dans l’attente, je vous propose de méditer la question de savoir si le silence est le plus haut degré de la sagesse ou un simple aveu, ou bien le plus haut degré de la lâcheté, ou bien encore le plus cruel des mensonges, pire que ce qu’il couvre ou dissimule, et vous prie d’agréer, Madame la Députée, mes salutations,

                                                

                                          Mustafa Üner SARI

  • Silence !

    Le dernier message

     À Madame Laurette ONKELINX

    Ministre de la Justice

     et à Monsieur Cédric VISART de BOCARMé

    Procureur Général près la Cour d’appel de Liège

     ‘Je boirai la soupe jusqu’à la lie, peu m’importe les conséquences’

     

    CharlotDictateur

     

    SILENCE !

    Oui Chef ! Mais peut-on néanmoins savoir si le silence est le plus haut degré de la sagesse ou un simple aveu d’obéissance et de soumission aveugle, ou bien le plus haut degré de la lâcheté face à l’arbitraire, ou bien encore le plus cruel des mensonges, pire que ce qu’il couvre ou dissimule ?

     

    Avertissement

    A propos de l’alibi de la forme 

    "S’il peut y avoir la moindre chance d’atteindre l’oreille de l’autre, ce n’est qu’en donnant le plus de tranchant possible à son propos. Les temps heureux où l’on pourra s’en dispenser, où l’on pourra éviter l’outrance et faire dans la sobriété, ne sont pas encore venus". G. Gunter

    Lors d’une grève de la faim, j’ai eu le privilège de lire dans un article de presse cette sentence sans appel me concernant : "Avec Sari, il n’y a rien à redire sur le fond, mais il reste un problème de forme. Mettre des gants dans sa liberté d’expression, ce n’est pas faire des compromissions." Ces propos très poétiques d’Alain Lallemand, journaliste du Soir,  me rappelèrent ce que disais Picasso à ce sujet : "La forme, c’est le fond qui remonte à la surface." 

    A l’époque, je me suis contenté de dire au journaliste que peu m’importe la forme qui met l’accent sur l’apparence sous laquelle se présente un mot (polis, beau, bien choisi, châtié, politiquement correct, etc.). Ce qui m’importe, par contre, c’est la forme qui met l’accent sur le sens du mot dans un contexte bien précis. Sens qui fait monter à la surface ce qui est le plus fondamental, à savoir le fond qui vise à mettre en évidence ce qu’il y a de plus caché, de plus secret, de plus essentiel dans les faits. Dans l’écriture, mon souci principal est avant tout de lever les ambiguïtés, les non-dits et les sous-entendus. Je prends ainsi distance par rapport à la perversion ordinaire, notamment, et j’accède à la liberté.

    Ce qui m’amène ici à porter l’éclairage sur quelques mots relatifs à la lettre ouverte (voir la page suivante) : lorsque j’utilise le mot ‘corrompu’, je précise toujours que ce mot qualifie les attitudes et comportements de quelqu’un engagé ou qui s’engage par la solidarité, la persuasion, l’indifférence intéressée, des promesses ou des dons à agir personnellement ou à faire agir un tiers contre sa conscience et surtout son devoir.

    Quand j’utilise le terme ‘terrorisme d’Etat’, je précise également qu’il s’agit d’une action délictueuse ou criminelle dans l'élaboration et l'exécution de laquelle prennent part aussi les représentants de l'Etat. Je qualifie alors de ‘terroriste d’Etat’ tout individu ayant volontairement et délibérément pris part dans l'élaboration et l'exécution de tel acte abominable et intolérable parce que hors-la-loi et contre le droit.

    Et enfin, pour ce qui est de la différence entre une ‘erreur’ et une ‘faute’, je crois juste de dire qu’une erreur ne devient une faute que lorsqu’on veut pas en démordre afin de favoriser la perpétuation de la loi de l’impunité. C’est précisément pour désarmer le terrifiant discours de l’impunité, que je travaille avec les mots visant à mettre en évidence, je le répète, ce qu’il y a de plus caché, de plus secret, de plus essentiel, de plus fondamental dans les faits. Faits qui sont sacrés, alors que les opinions sont libres.

    Salut au bon entendeur.

     

    Lettre ouverte

    Liège, le 23 mars 2007

     

    Madame la Ministre,

    Monsieur le Procureur Général,

    Concerne : une seule question que je vous poserai un jour 

    Dans un courriel que j’ai adressé à une amie le 18 mars courant, j’écrivais ces quelques mots de circonstance, que je souhaite vous transmettre : "Demain, c'est le 19 mars. J'ai l'impression de me préparer déjà pour fêter mon anniversaire dans un asile psychiatrique, comme ce fut le cas le 20 mars 1999. La mémoire se réveille en faisant surgir la révolte humaine qu'il me faut porter jusqu'à ce que la vérité soit reconnue, et que la justice soit rendue, au risque sinon de courir vers ma propre défaite, la défaite de mon être."

     Si je vous transmets ces propos, c’est parce qu’ils expriment ce qui alimente au quotidien, et depuis des longues années, tant ma révolte, que ma détermination de vous faire preuve, d’une façon définitive, de ce que je ne laisserai jamais banaliser l’intolérable en obéissant à la loi de l’impunité. Loi qui est destinée à légitimer, voire à légaliser, les agissements hors-la-loi et contre le droit, et qui force la résignation par la peur et l’intimidation, le cas échéant par l’usure du temps.

    Ce qui m’amène, Madame la Ministre, Monsieur le Procureur Général, à remonter à l’origine de l’affaire qui me préoccupe depuis bientôt douze ans, afin de vous entretenir de la question que je vous poserai prochainement. Question qui concerne l’élaboration et l’exécution du ‘terrorisme d’Etat’ par lequel j’ai été visé le 21 juin 1995.

    Les faits liés à la question

    Dans son procès-verbal du 30 juin 1994 - procès-verbal ayant servi de base à l’initiation du dossier du ‘terrorisme d’Etat’ -, Jean-Marie Gehasse, officier de la section financière de la police judiciaire - un pitoyable lampiste, un vil porteur de valise marchant sur les ombres en rasant les murs - faisait le constat suivant :

    "SARI Mustafa fait l'objet d'un très volumineux dossier au Parquet Général de Liège (...) A chaque fois SARI Mustafa se présente comme victime d'une justice partiale et corrompue, mettant dans le même sac tous ses représentants, à quelque niveau que ce soit, leur attribuant tous les maux de la terre. Il semble bien que l'intéressé réagisse toujours de cette façon lorsque les événements ne tournent pas de la façon dont il souhaiterait, ne se privant pas dès lors de mettre en doute le bien-fondé de chaque démarche judiciaire et injuriant les fonctionnaires auxquels il est confronté."

    Il y aurait donc, au Parquet Général de Liège, ‘un volumineux dossier’ dont je ferais l’objet. Et ce dossier concernerait - comme le laissait sous-entendre l’officier dans son fatras suscité - mes incessants agissements hors-la-loi. Et chaque fois, c’est-à-dire face à chaque démarche judiciaire visant ces agissements du délinquant récidiviste que je serais, je me serais présenté comme victime d'une ‘justice partiale et corrompue’. Et ce, en mettant en doute (impunément) le bien-fondé de ces mêmes démarches judiciaires.

     Qu’en est-il dans la réalité des faits ? Il y a en effet non un mais des nombreux volumineux dossiers au Parquet Général de Liège. Aucun de ces dossiers, ouverts à mon initiative entre 1979 et 1995, ne me concerne ni ne concerne d’ailleurs cet individu nommé ‘une justice partiale et corrompue’. A contrario, tous ces dossiers ne concernent que les agissements hors-la-loi d’une clique de corrompus notoires très mal déguisés en représentants, notamment, de l’Institution judiciaire, ou de la justice, comme on dit.  Clique dont font partie à part entière les magistrats et auxiliaires concernés de votre Parquet, dûment identifiés dans lesdits ‘volumineux dossiers’.

    La question

    Selon vous, Madame la Ministre, Monsieur le Procureur Générale, ne serait-il pas plus que temps de sortir des placards ces ‘volumineux dossiers’, et de voir si le seul but poursuivi par les magistrats et auxiliaires concernés qui ont volontairement et délibérément pris en charge l’élaboration et l’exécution dudit acte terroriste, n’était pas de tenter, cette fois, de dissimuler ces mêmes ‘volumineux dossiers’ derrière un mandat d’arrêt, en oubliant sans doute qu’une feuille de papier, un torchon de format A4, ne pouvait les couvrir malgré la virtuosité technique des maîtres de cérémonie tirant les ficelles dans les coulisses ?

    Je vous redis à très bientôt, et vous prie d’agréer, Madame la Ministre, Monsieur le Procureur Général, mes salutations,

    Mustafa Üner SARI

  • Félicitation publique

    Félicitation publique

    Liège, le 1er avril 2007

    Madame Danièle Reynders,

    Madame le Procureur du Roi,

    Concerne : votre prestation de serment en tant que procureur du Roi

    Ce jour, le 3 avril 2007, je n’aimerais pas être à votre place. C’est la place d’une personne qui arrive à l’avant dernière étape de sa course effrénée vers la conquête puérile de pouvoir et de gloire. Une personne sans le moindre scrupule, avec la conscience noire, qui a mutilé la décence, anéanti l’honnêteté, bafoué la morale. Qui a exposé sans pudeur son dégoût profond du respect du droit, de la loi, de la justice. Qui a exalté son ambition de grandeur jusqu’à son paroxysme au point d’en faire, pour elle, une façon d’être ayant pour guide suprême la sensation perverse et ignominieuse de puissance. 

    Je vous plains.

    Eu regard à mes intentions concernant l’avenir proche,  il ne serait pas inutile de préciser ici, que ‘la loi d’impunité’ - ou ‘la loi de caducité de la prétention punitive des représentant de l’Etat’, qu’ils soient en fonction, pensionnés ou morts -, ne sera certainement pas adoptée par le législateur lors de la prochaine révision de la Constitution, ou ‘de l’organisation judiciaire’, du Royaume de Belgique. Je vous prie de bien vouloir en prendre acte, et d’en aviser Monsieur le Procureur Général,

    Mustafa Üner SARI