Lettre à José

Monsieur le Ministre d’Etat,

Monsieur le Sénateur,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le candidat Sénateur,

Bonjour José,

En te transmettant la lettre ouverte ci-jointe adressée à toi et à tes acolytes, je souhaite te rappeler, d’abord, ces quelques mots d’Emile Zola, que tu as sans doute lus dans ‘J’accuse’ : "Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion que, le jour qu’elle éclate, elle fait tout sauter avec elle."

Et te rappeler, ensuite, qu’une erreur ne devient une faute que, lorsqu’on ne veut pas en démordre, et ce, en croyant fermement qu’on peut réduire au silence toute opposition et toute résistance par le ‘rapport de force’ : par l’intimidation, la menace, la peur, ou le cas échéant, par l’usure du temps.

Je trouve en effet ‘anormal’, par exemple, que depuis le 19 mars 1999, tu ne t’inquiètes plus, de plus rien, même pas de ce que ‘je ne me suicide’ un jour et ‘que tu sois inculpé de non assistance à personne en danger’. A moins que tu aies compris, depuis lors, que tu n’es vraiment pas un ‘con’. Mais que tu t’es trompé sur toutes les lignes, en agissant sous l’emprise perverse de puissance, puissance que tu croyais détenir de ton abjection en ta qualité, indéniable, de ‘prince machiavélique’ avide de pouvoir et de gloire.

En ce sens, je ne résiste pas ici au plaisir d’évoquer cette histoire que tu nous racontais récemment dans ‘le Journal du Mardi’ : "Pour ma participation aux négociations de la réforme de l’Etat au début des années 90, Dehaene m’a proposé, avec d’autres, au Roi et peu après, je recevais un coup de fil d’une… délicatesse extraordinaire : « José ! C’est Jean-Luc. Je voulais te prévenir pour que tu ne sois pas surpris hein, je t’ai fait ministre d’Etat, le roi a signé hein ! Allez, j’ai pas le temps, félicitations ! ». Je me suis retrouvé là avec mon téléphone, en me demandant ce qu’il m’arrivait. Puis j’ai fait une blague à Jacky en lui disant que Dehaene m’avait fait ministre, sans préciser «d’Etat ». Il est devenu fou avant que je le rassure."

Ce qui me fait penser à ce que tu sois effectivement devenu fou, ce jour-là, en demandant à ton téléphone ce qui t’arrivait ! Et à présent, je comprends mieux ta façon d’agir, en Hors-Château, sous l’emprise de cette même folie ‘stalinienne’ sans cesse soutenue par ton désir de devenir non ministre d’Etat mais Ministre. Sans que tu aies, bien évidemment, un plan de carrière, comme tu le chantes depuis toujours.

Pour être Ministre - en 1999, l’occasion prévue était trop belle pour être saisie par tout opportuniste machiavélique - tu devais être crédible, c’est-à-dire, tu devais te débarrasser, par tous les moyens, de celui qui "te (vous) gênait, et qui gênait les autorités par sa présence devant ta (votre) porte", comme me le disait, le 16 juillet 2001, Madame Juge d’instruction Danièle REYNDERS. Ce qui m’amène, en guise de conclusion, à te poser ces questions :

1. As-tu compris, José, la gravité extrême d’un acte tel que la mise en cause - et par voie judiciaire, et publiquement -, de la santé mentale d’une personne qui serait gênante, à ton goût, pour s’en débarrasser ?

2. Si oui, n’estimes-tu pas, à présent, qu’il est de ton devoir de le reconnaître, et donc de l’assumer, en pensant qu’on s’approprie son crime - ce qui est très grave pour l’avenir - par sa volonté d’en effacer les traces, par tous les moyens ?

3. Si non, ne serait-il pas justifié que je me pose, et que je te pose encore aujourd’hui, la question que je me posais, et que je te posais en Hors-Château, à savoir ‘A quand l’ouverture des goulags écologiques ?’, et que j’agisse en conséquence, sans tarder, en pensant que notre devoir moral est de permettre aux générations futures d’inventer l’avenir ?

Je te souhaite bonne lecture, et surtout, une bonne réflexion pour la suite …

A très bientôt,

Mustafa Üner SARI.

Liège, le 19 avril 2007

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