Lettre à CVdB

Monsieur Cédric VISART de BOCARMé

Procureur Général près la Cour d’appel de Liège

Liège, le 21 novembre 2006

Monsieur le Procureur Général,

Je me permets de vous transmettre la copie ci-jointe d’une lettre que j’ai adressée le 20 novembre courant à Madame Laurette ONKELINX, Ministre de la Justice. Lettre qui a un lien étroit avec une question que je souhaite vous communiquer par la présente. 

Dans votre courrier du 11 mai 2006, vous m’écriviez : "Je vous confirme qu’en ce qui concerne la décision de non-lieu prise par la Chambre des mises en accusation de la Cour d’appel de Liège le 17 avril 1997, en confirmation de l’ordonnance de  la Chambre du conseil de Liège du 21 juin 1996, celle-ci vous exonère de toute responsabilité pénale dans les faits de détournement qui vous étaient reprochés et constitue une reconnaissance officielle de votre innocence. La décision étant définitive." 

D’où la question que je souhaite vous soumettre : selon vous, Monsieur le Procureur Général, ‘qui’ est-ce qui m’avait reproché les faits de détournement en question, et sur base de quels ‘éléments’ de preuve ou ‘indices’ de culpabilité ? 

Afin de vous aider dans l’élaboration de votre réponse, je vous signale, à titre d’exemple, que dans le dossier qui me préoccupe depuis le 21 juin 1995, vous trouverez une fatwa haineuse intitulée "le procès-verbal initial" rédigé le 30 juin 1994. 

SARI Mustafa ", y constate l’auteur, " fait l'objet d'un très volumineux dossier au Parquet Général de Liège, suite à une pléthore de courrier qu'il a adressé durant plusieurs années à Monsieur le Procureur Général et ses représentants, voir même au Ministre de la Justice et à sa Majesté le Roi des Belges. A chaque fois SARI Mustafa se présente comme victime d'une justice partiale et corrompue, mettant dans le même sac tous ses représentants, à quelque niveau que ce soit, leur attribuant tous les maux de la terre. Il semble bien que l'intéressé réagisse toujours de cette façon lorsque les événements ne tournent pas de la façon dont il souhaiterait, ne se privant pas dès lors de mettre en doute le bien-fondé de chaque démarche judiciaire et injuriant les fonctionnaires auxquels il est confronté." 

A l’examen du "très volumineux dossier" évoqué dans cette fatwa où son auteur vomit son venin rageur, vous constaterez d’abord qu’il ne s’agit pas d’un très volumineux dossier, un seul, mais il s’agit d’un ensemble de dossiers volumineux. 

Vous constaterez ensuite qu’aucun de ces dossiers ne me concerne dans le sens judiciaire du terme, comme le laisse sous-entendre l’auteur. Ils concernent les démarches judiciaires que j’ai entreprises contre les ignobles agissement de divers composants de la tristement célèbre et très officielle mafia turco-belge, l’honorable famille que j’ai combattue durant de longues années, et que je combattrai jusqu’au dernier souffle. 

Et enfin, vous constaterez que cet individu, l’auteur de ladite fatwa, est parfaitement conscient de la gravité du scénario à l’élaboration duquel il prend part. La preuve en est que, en imaginant la mise en scène de ce même scénario, il prévoit déjà la contestation par l'intéressé, soit moi-même, du bien-fondé de ce qu’il présente comme une démarche judiciaire. Il sait donc que la contestation sera inévitable, et par ce fait, il espère l’utiliser en temps voulu comme preuve du bien-fondé des agissement des terroristes d’Etat, dont lui-même, en disant : ‘oh, vous savez, l'intéressé réagit toujours de cette façon lorsque les événements ne tournent pas de la façon dont il souhaiterait, en ne se privant pas dès lors de mettre en doute le bien-fondé de chaque démarche judiciaire et en injuriant les fonctionnaires auxquels il est confronté.’ 

Puis, alors que le Juge d’instruction avait déjà demandé et obtenu, le 5 janvier 1996, son dessaisissement pour des raisons qualifiées de personnelles, les terroristes de bas étage, à savoir l’auteur de la fatwa ainsi que ces deux comparses, terminaient leur mission, le 31 janvier 1996, par cet affligeant constat acté dans un procès verbal : "Exposons que la poursuite de l’enquête nécessite évidemment l’interpellation de SARI Mustafa. Toutefois, l’intéressé ayant à diverses reprises fait savoir à Monsieur le Magistrats Instructeur, d’une manière ferme voir plus que déterminé, qu’il refusait de se présenter en nos services, nous renonçons à convoquer SARI Mustafa." Et ce, au terme des incessantes menaces de la délivrance, par le même Juge d’instruction dépravé, d’un mandat d’emmener ou d’un nouveau mandat d’arrêt. 

Par conséquent, en lisant lesdits dossiers à la lumière de ces remarques, notamment, vous pouvez identifier aisément, Monsieur le Procureur Général, les représentants de l’Etat - dont les magistrats et auxiliaires de votre Parquet - qui ont effectivement pris part à l’élaboration et à l’exécution du terrorisme d’Etat dont j’ai été la cible le 21 juin 1995. Ce qui permettra à qui de droit "la reconnaissance officielle" non pas de mon "innocence", ce qui fut fait légalement, mais de l’acte terroriste dénoncé.    

Dans l’attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Procureur Général, l’expression mes salutations. 

Mustafa Üner SARI

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