• Question aux absents...

    Mais que diable font Daras, Detienne, Gerkens et Wesphael sur cette ordonnance de soit communiqué de la juge d'instruction Reynders ?

     

  • Invitation à la conférence de presse de ce 28 août 2006

     

    Invitation a la conference de presse

    Liège, le  28 août 2005

     

    Madame, Monsieur le Rédacteur en chef,

    J’ai l’honneur de vous convier, ainsi que Monsieur Bernard WESPHAEL, à la conférence de presse que j’organiserai le jeudi 31 août 2006, à 9h30, à la Maison de la Presse, rue Haute-Sauvenière, 19 à 4000-Liège.  

    L’objet

    Dans le quotidien ‘Le Jour Liège’ du 21 août 2006, Monsieur Bernard WESPHAEL, député wallon et communautaire Ecolo et candidat aux élections communales du 8 octobre prochain, se posait en gardien de la démocratie, et en homme politique intimidant pour ceux qui désormais oseraient mettre en cause sa prétendue intégrité éthique. Et ce, sur base de notoriété - d’autorité - morale qu’il s’attribue en concert avec ‘ses amis’[1]. 

    En effet, il pointe du doigt "le danger pour la démocratie", à savoir "la tendance à mettre tout le monde dans le même sac", en nous disant, je résume : "Je suis un homme qui aime la sincérité de l’engagement en politique. Je me révolte contre l'abus de pouvoir, c’est dans ma nature. J’ai fait de l'éthique en politique mon combat prioritaire. Je suis le premier à condamner les comportements inadmissibles." Avant d’ajouter : "Alors je ne peux plus me taire et je dis franchement ce que je pense. Je suis né comme ça !" 

    In fine, Monsieur le député semble se demander ce que veulent de plus ceux qui entretiennent "l’amalgame" et tiennent "le discours de "tous pourris"" ? A le lire, on a vraiment envie de se jeter dans ses bras sans confession, en se disant : ‘Heureusement qu’il est là pour notre bien. Il a vraiment l’air d’avoir raison, et de savoir de quoi il parle.’ 

    Alors, je ne peux plus me taire. Et il me faut dire franchement non pas ce que je pense, mais ce qu’il en est dans les faits. Parce que je suis de ceux qui croyaient rêver en lisant ces propos révoltants qui ont suscité, en moi, un dégoût profond. Et cela, au seul regard, par exemple, du dossier d’instruction judiciaire concernant précisément les agissements intolérables de Monsieur le député et consorts, ainsi que le manque criant, chez eux, de la sincérité de l’engagement et de l’étique en politique, et le vil art - ‘l’abus de pouvoir’, de position, de fonction, et de réputation - dans lequel ils excellent à merveille. 

    Ce qui pourrait expliquer pourquoi la main gauche de Monsieur le député ignore trop souvent ce que fait sa main droite. Ce qui me permet également de constater que par ses propos suscités, ce Monsieur s’estime suffisamment ‘habile en politique’ pour nous laisser croire qu’il affecte des sentiments qu’il n'éprouve pas, et certainement pas en toutes circonstances. C’est ce qui lui permet sans doute de se faire valoir, en théorie, de ce qu’en pratique il répudie avec, en prime, le "sourire de WARREN Beatty", si on veut. 

    En conclusion, 

    Pour des raisons d’ordre éthique, notamment, et après une longue réflexion, et malgré mes préoccupations pressantes, j’ai estimé que les citoyens ont le droit de le savoir, ici et maintenant. Car la vérité profite à elle-même d’abord, et à tout le monde ensuite, et in fine, à la démocratie. En ce sens, l’enfer que je vis depuis plus d’onze ans, rend légitime, à mes yeux, ma volonté de tout faire pour éviter que d’autres citoyens soient contraints à vivre ce qui, de près ou de loin, peut lui ressembler. 

    Et enfin, je tiens à souligner ici que sans Monsieur WESPHAEL - comme bien d’autres d’ailleurs, quelques soient les oripeaux dont ils se parent - ce ne sera ni le déluge, ni l’extrême droite, ni le fascisme, ni  le totalitarisme, de quelque bord que ce soit ; il est plus que temps de nous libérer de la redoutable emprise de cette menace manipulatrice que les prétendus démocrates en manque d’un projet de société rénovateur, adressent à nos oreilles à toute occasion. En leur rappelant que les forces vives dans ce pays ne sont pas encore mortes, y compris à l’intérieur même du parti Ecolo. 

    En vous remerciant de l’attention que vous voudrez réserver à la présente, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur le Rédacteur en chef, l’expression de mes meilleurs sentiments,

    Mustafa Üner SARI

    Rue Joseph Remy, 12 - 4000 Liège - Tél. : 0494 / 68 84 10


    [1]‘Le Jour Liège’ du 21 août 2006, "Bernard Wesphael. Député Wallon et communautaire. Une conviction à la Warren Beatty", page 9.

  • Les "menaces" de Sari envers Visart de Bocramé

    Un article de Pascale Serret publié dans le Jour Liège de ce mercredi 9 août 2006

     

     

     

     

     

    Le dossier

     

    -          Le 21 juin 1995, Mustafa Sari, responsable de la Maison des Turcs (fondée par lui en 1981 et dédiée à l’intégration des personnes immigrées), est convoqué au Palais de Justice et menotté dans les mêmes locaux.  Le lendemain, il est mis sous mandat d’arrêt et envoyé à Lantin pour quatre jours.  Motifs : détournement de subsides au détriment de la Maison des Turcs.

    -          La Chambre du Conseil prononce une ordonnance de non-lieu un an plus tard.  Le Parquet fait appel.  La Chambre des mises en accusation répond par un arrêt de non-lieu.

    -          Dès le départ, Sari pose la question : ce mandat d’arrêt ne doit-il pas être considéré comme un acte de « terrorisme d’Etat » ?

    -          Alors qu’il mène une très longue grève de la faim devant les locaux d’Ecolo en Hors-Château, il est emmené, en mars 1999, en observation psychiatrique sur ordonnance judiciaire.  Il est remis en liberté le jour suivant par le psychiatre en chef de l’hôpital.  Sari y voit une deuxième tentative d’intimidation.

    -          Il déposera deux fois plainte avec constitution de partie civile en mains de deux juges d’instruction distincts.  Les deux dossiers sont joints, transmis au Parquet général, qui les classes sans suite.

    -          En mars 2006, l’avocat à qui il confie son impressionnant dossier lui confirme qu’il a épuisé toutes les vois de droit envisageables.

     

  • 10.000 visiteurs sur le blog depuis sa création

     

    Cela n'a peut-être pas d'intérêt, mais face à l'omerta médiatique, 10.000 visiteurs, c'est déjà ça !

    Bon repos à la campagne Mustafa !

    Vincent pour ISAGORIA

  • Lettre ouverte à Bocarmé

    Lettre ouverte

     À Monsieur Cédric VISART de BOCARME

    Procureur Général près la Cour d’Appel de Liège

      

     

    A propos des questions finales

    Monsieur le Procureur Général,

    Hormis le mensonge, la manipulation, l’intimidation,  l’arbitraire, la loi du plus fort, la menace, l’abus de pouvoir et de fonction, connaissez-vous une règle ou un principe de droit auquel on puisse encore se référer, et une loi qui serait encore valide, au regard du traitement ‘hors-la-loi’ et ‘contre le droit’ infligé aux dossiers qui me préoccupent à présent ?

    Quelle est, selon vous, la source de ce ‘Pouvoir’ à caractère totalitaire que vous croyez détenir, et en vertu duquel vous estimez avoir le loisir terrorisant de violer  impunément la loi et d’agir indéfiniment contre le droit ?

    L’Etat, c’est vous ?

     

    Monsieur Cédric VISART de BOCARMé

    Procureur Général près la Cour d’appel de Liège

    Palais de Justice

    Place Saint-Lambert, 16

    4000      LIEGE

     

    Liège, le 27 juillet 2006

     

    Monsieur le Procureur Général,

    Je me permets d’entamer la présente par un ‘avant-propos’ et par une ‘introduction’ de circonstance, que j’ai été amené à rédiger eu égard au déroulement de certains événements sur lesquels je reviendrai inévitablement par la suite.

    Avant-propos de circonstance

    La propagande

    A quoi bon multiplier les exemples, les uns plus graves que les autres. Je me contenterai ici de vous en offrir un seul. Il concerne la longue et minutieuse élaboration de ma mise en observation psychiatrique le 19 mars 1999. Dans ce cadre, certains parlementaires et mandataires écolos avaient déposé, le 22 décembre 1998, une plainte ‘diplomatique’ à mon encontre, entre les mains du Procureur du Roi de Liège. Et ce, en agissant de concert avec, notamment, Madame Anne THILY, alors Procureur Général...

    Puisque vous connaissez fort bien la suite,  vous vous souvenez sans doute du passage suivant de cette prétendue plainte : « Mustafa SARI a en fait commencé son action devant le Palais de Justice de Liège sur les marches duquel il est resté pendant de longs mois. Sa revendication était d’obtenir une déclaration de Madame le Procureur Général (ce qui est totalement faux, ndlr) selon laquelle son arrestation et sa détention en 1995 était l’objet de ce qu’il appelle un "terrorisme d’Etat", terme qu’il faut selon nous traduire par "un complot contre lui" ».

    J’en avais fortuitement pris connaissance le 11 décembre 1998, avant même qu’elle ne soit donc transmise au magistrat mandaté par Madame le Procureur Général pour mener à bien ma mise en observation. Je me suis alors posé, entre autres, la question de savoir « quel pourrait être le but que les personnes concernées veulent atteindre en traduisant le terme du "terrorisme d’Etat" par "un complot contre lui ?" ».

    C’est en cherchant réponse à cette question, que j’ai été informé de l’élaboration effective de ma mise en observation. Et, lors de la mise en scène de cette entreprise d’inspiration purement stalinienne, que je prédisais impossible malgré et contre tout, j’ai ainsi pu éviter la surprise par laquelle les pervers accomplis aiment agir pour fondre sur leur proie afin de la réduire au silence.

    Plus de sept ans plus tard, et lors de notre entretien du 10 mai 2006, vous m’expliquiez la raison de cet événement comme suit : "Là où vous étiez, Monsieur Sari, vous dérangiez les personnes et les autorités concernées qui ont voulu vous faire partir de là." En vous écoutant, j’ai eu l’impression d’entendre Madame la Juge d’instruction Reynders, qui me racontait, le 16 juillet 2001, exactement la même histoire, mais à une différence près ; elle ajoutait : "Et ça n’a pas marché. Et vous y êtes revenu. Pourquoi ne tournez-vous pas la page ?"

    Lorsque je vous ai demandé si vous aviez l’habitude de vous débarrasser d’un gêneur en mettant en cause publiquement sa santé mentale, vous m’avez répondu : "Oh, vous savez, les psychiatres ne sont pas fiables." C’étaient évidemment les propos tenus par un manipulateur au stade de la séduction. Dans ce cas, la prudence s’imposait encore. Car nul n’ignore que lorsque la séduction ne marche pas, le manipulateur patenté se met en colère, puis agit en intimidant et menaçant sa cible. En effet, le lendemain, soit le 11 mai 2006, vous m’écriviez : "J’ai pris bonne note de la difficulté que vous avez à accepter les décisions judiciaires vous concernant prises dans le passé (…). Il ne me paraît pas raisonnable d’en conclure à un quelconque complot dirigé contre vous."

    Autrement dit, d’une façon noble, donc raffinée, et en vous posant en partenaire psychiatrique élégant, vous me suggériez de me faire soigner pour mettre fin à la difficulté que j’aurais, selon vous évidemment, à accepter je ne sais quelles ‘décisions judiciaires’ qui me concerneraient, et de cesser ainsi de me proclamer ‘victime’ d’un impossible "complot", comme le ferait un authentique paranoïaque souffrant de ‘psychose de persécution aiguë’. Et dans mon cas, "paranoïaque serait celui qui se frotte - ou fait face - aux plus forts que lui." Décidément, le ridicule n’est pas le nom de la maladie dont vous mourrez, puisque  personne n’en est mort dans l’environnement éthiquement pollué où vous survivez.

    Une triste stratégie de défense

    Ce qui vous conforte d’ailleurs dans votre façon de confirmer la tristement célèbre loi de répétition qui est une règle mise en lumière par Napoléon : "Je ne connais qu’une rhétorique : la répétition." Puis, c’est Goebbels, acolyte et propagandiste de Hitler, qui est revenu sur ce point : en effet, "Une simple tendance répétée un million de fois, se transforme en foi", disait-il à ses disciples à chaque réunion où il élaborait sa propagande d’une "efficacité" machiavélique que Machiavel lui-même n’aurait peut-être pas imaginée. Et enfin, c’est Beria, acolyte de Staline et fondateur du Goulag, qui emprunta les mêmes formules ...

    La stratégie de défense, la seule, dont vous vous servez avec une aisance totalitaire, et qui souffre d’une médiocrité et d’une vulgarité déconcertante, n’est rien d’autre donc qu’un subtile mélange des résidus funestes de ces méthodes de propagande fascistes de pure souche. Ce qui confirme que ‘ceux qui ignorent l’Histoire sont condamnés à la revivre’.

    Une demande urgente

    De fait, ce qui pose problème à présent, Monsieur, c’est que je considère personnellement qu’il n’y a vraiment pas de honte à être malade, ni à se faire soigner. Mais je ne sais pas comment je dois faire pour trouver un psychiatre qui soit "fiable", donc agréé par vous ou par votre Parquet, et qui accepterait de faire une analyse comparative concernant votre ‘bonne’ santé mentale, et ma santé mentale ‘défaillante’.

    Ne voudriez-vous pas, dès lors, avoir l’extrême obligeance de me communiquer d’urgence les coordonnées d’un expert psychiatre "fiable" qui nous prendrait en charge sans délai, même si vous n’avez pas l’habitude de répondre aux demandes ou aux questions compromettantes pour vous. La preuve en est que vous ferez sans doute tout ce qui est en votre pouvoir pour que je ne fasse pas, devant l’expert, la publicité de la question que je vous pose à la page 13 (voir le §  ‘Pour ce qui est de ma préoccupation pressante’).

    Par ailleurs, n’est-ce pas par crainte de me voir faire la publicité, dans les journaux, de vos réponses, que vous avez estimé devoir éluder, et par tous les moyens, les questions que je vous ai posées, et qui ont donné lieu à l’engagement, le 17 avril 2006, de la grève de la faim devant vos fenêtres ? (Voir le § ‘La publicité de la vérité’, page 12) ...

    Introduction de circonstance

    Dans ma lettre du 5 juillet 2006 restée sans réponse, comme l’étaient par ailleurs toutes les lettres que je vous ai transmises depuis le 20 octobre 2005,  je vous écrivais :

    « Monsieur le Procureur Général,

    En vous débarrassant de votre posture de renard machiavélique et en endossant enfin votre rôle de représentant d'un Etat de droit démocratique, voudriez-vous bien répondre à la question que je vous pose depuis le 23 mai 2006, et ce, en tant que citoyen ayant des devoirs et des droits.

    Dans l'attente de vous lire, force m'est d'envisager le cas extrême où vous estimeriez ne pas répondre, en pensant que, vous aussi, vous avez le droit de garder le silence puisque tout ce que vous pouvez dire ne peut que se retourner contre vous dans l'impasse totalitaire dans laquelle vous vous êtes volontairement enfermé par votre terrifiant courrier du 11 mai 2006.

    Dans ce sens, je trouve utile de répondre ici à la question de savoir jusqu'à quand durera la grève de la faim que j'ai reprise le 23 juin dernier.

    J'y mettrai un terme, Monsieur le Procureur Général, lorsque le mur auquel j'oppose à présent l'ultime résistance non-violente, deviendra vraiment passage, et finira ainsi par me convaincre et persuader que la résistance violente est devenue bel et bien la seule voie de défense légitime dans la situation qui me préoccupe depuis onze ans.  C'est dommage, n'est-ce pas ?

    Je partirai alors sans dire mot à qui que ce soit.  Quant à mon retour, vous en serez informé non pas par moi, mais par les évènements qui auront, eux aussi, pour but de faire éclater la vérité.  Vérité qui profite d'abord à elle-même, puis à tout le monde, et in fine, à la démocratie qui puise sa force dans sa faiblesse que d'aucuns - dont vous - prennent pour "faiblesse"… »

    Vos innombrables histoires

    Puis, vous n’avez voulu ni vous débarrasser de votre posture de renard machiavélique, ni vous libérer de l’emprise de la sensation perverse de puissance que vous procure le sentiment d’impunité, ni répondre, par conséquent, à la question que je vous posais depuis le 23 mai 2006. C’est votre histoire et non pas la mienne, Monsieur.  

    Comme promis, j’ai quitté la place Saint-Lambert, le 10 juillet à 20 heures, sans dire mot à qui que ce soit. Mais en ayant bien compris que le mur était devenu passage, et que la résistance violente était la seule voie de défense légitime face à ceux qui proclament, à la face du monde, que la loi du plus fort est la seule loi valide.  C’est aussi votre histoire, Monsieur, et non pas la mienne.

    Un jour, alors que j’étais en train de rédiger la présente, Monsieur Robert DESERT, inspecteur principal, est venu me chercher pour audition, dont copie ci-jointe. En l’écoutant lire votre apostille, force m’a été de constater, une fois encore, que vous agissez en maître dans l’art de la manipulation, qui vous prend dans son histoire en vous racontant que c’est la vôtre, et vous impose son désir en vous laissant penser qu’il n’en a aucun.

    Cette audition était en effet relative à ma lettre du 5 juillet 2006 que nous venons de lire, et qui, je le souligne, est restée sans réponse jusqu’à ce jour. Rien d’étonnant, comme le constate Marie-France Hirigoyen, psychiatre : "Il n'est pas rare que la victime aie recours aux courriers. Elle écrit des lettres pour demander des explications, puis, n'ayant pas de réponse, elle écrit à nouveau. Ces courriers laissés sans réponse sont parfois utilisés par les pervers contre leur cible." Je n’ai rien à ajouter à ce constat. Car ça aussi, Monsieur, c’est votre histoire.

    Mais ce n’est pas tout. Il y en a une autre que raconte  la question suivante qui m’a été posée  lors de cette même audition : "Question : Mais puisque vous estimez que vous n’avez pas obtenu de réponse satisfaisante en respectant le droit, que comptez-vous faire ?"

    Réponse satisfaisante ? Ou réponse respectueuse de la loi et du droit ? Question stupide, me diriez-vous. Peut-être. Mais je crois que vous conviendrez avec moi qu’en altérant ainsi le langage, vous croyez parvenir impunément et indéfiniment à masquer la vérité par une illusion d’éclairage. Et vous vous autorisez, de cette façon, à détourner la réalité et à en détruire le sens pour mieux l’adapter à vos désirs et à vos aspirations.

    De fait, par la réponse que j’ai réservée à cette question, j’ai voulu vous rappeler ce que je vous ai déjà écrit dans mes lettres des 4 mars et 27 octobre 2005 concernant précisément ma prétendue insatisfaction ou mon prétendu mécontentement dont je vous aurais "fait part", je ne sais quand ni où, "au sujet de la manière dont mes plaintes ont été traitées". Prétendus insatisfaction et mécontentement auxquels vous vous référez, à chaque coup, pour mieux exercer votre art, à savoir l’art de la manipulation et du mensonge dans lequel vous excellez d’une façon jubilatoire.

    Je considère, quant à moi, que nul n’a - ni à votre Parquet ni ailleurs - le devoir maternel, paternel, amical, voire même conjugal, de satisfaire mes désirs et mes caprices, qu’ils soient raisonnables, superflus ou délirants.

    Ce qui m’oblige à vous demander ici si vous n’auriez pas dû formuler votre question dans les termes suivants, et cela, avant de me la poser par apostille interposée : ‘Puisque vous n’avez pas obtenu le respect de la loi et du droit, et ce, en les respectant vous-même jusqu’au bout, que comptez-vous faire ?’

    En formulant la question de cette façon, vous auriez pu soulever vous-même ce qu’aucun représentant de l’autorité publique – ni quiconque d’ailleurs - ne peut pas ne pas reconnaître dans un Etat de droit, à savoir le respect de la loi et du droit, ce dont vous n’avez rien à fiche, me semble-t-il. C’est en effet la seule chose que j’ai exigée, que j’exige, et que j’exigerai jusqu’au bout. Et c’est la seule chose qu’il ne vous appartient pas d’accorder ou de refuser, car elle ne vient que du droit et de la loi.

     In fine, force m’est de revenir sur la question que vous avez tenu - et vous tenez encore - à éluder par tous les moyens : lors du traitement de mes deux plaintes avec constitution de partie civile, les actes accomplis et les décisions prises tant par les juges d’instruction concernés et par les juridictions d’instruction, que par votre Parquet, ont-ils été respectueux de la loi et du droit ?

     Comprenez-vous la question, Monsieur le Procureur Général ? Comprenez-vous aussi que, peu importe ma satisfaction au sujet des décisions pour autant que celles-ci soient respectueuses de la loi et du droit ? Tout compte fait, que vous les compreniez ou non, cela m’importe peu, Monsieur, parce que ça aussi c’est votre histoire.

    Invitation à la méditation

    Pour ce qui est de vos histoires, j’en reste là. Et je me permets de vous inviter ici, pour la énième fois, à méditer les propos suivants de Hannah Arendt :

    "Le meilleur critère pour juger si quelqu’un se trouve dépourvu de toute protection juridique, c’est de se demander s’il n’a pas intérêt à commettre un crime. Si un petit larcin a des chances d’améliorer sa situation juridique, même momentanément, on peut être sûr que cet individu a été déchu de ses droits de l’homme. Car un acte criminel devient alors la meilleure occasion de retrouver quelque égalité humaine, même si ce doit être en tant qu’exception reconnue à la norme." 

    En attirant votre attention sur ces propos, avec insistance, je souhaite qu’ils puissent vous orienter, enfin, dans la recherche d’autres moyens d’agir, en ne prenant plus jamais de distance par rapport à la loi et au droit.

    En ce sens, vous pourriez peut-être mener une réflexion profonde à la lumière des questions ci-dessous, et ce, et c’est fondamental, sans vouloir me prendre dans votre histoire en me racontant que c’est la mienne, et sans vouloir m’imposer votre désir en me forçant à penser que vous n’en avez aucun (voir le § ‘Le prix de la vérité’, page 10) : 

    1. Quel serait, selon vous, Monsieur le Procureur Général, le meilleur critère pour juger si quelqu’un se trouve dépourvu de toute protection juridique ?

    2. Dans le cas qui nous préoccupe, ce quelqu’un se trouve-t-il, d’après ce critère, et en droit comme en fait, dépourvu de toute protection juridique ?

    3. Eu égard aux réponses que vous donnerez à ces deux questions, et que vous garderez pour vous, auriez-vous des difficultés à accepter que le mur soit devenu passage, et que la résistance violente soit la seule voie de légitime défense ?

    Mon histoire

    En guise de conclusion, je tiens à vous redire, d’abord, que j’irai jusqu’au bout de mon exigence légitime du respect de la loi et du droit. Et à vous redire, ensuite, que l’une des certitudes rationnelles que je crois avoir, est que la résignation sous la menace et l’intimidation de quelque ordre que ce soit, ou par lassitude et usure du temps, n’est pas la maladie dont je mourrai. Ça, Monsieur, c’est bel et bien mon histoire.

    En clôturant ici l’avant propos et l’introduction que j’ai été forcé à rédiger, je reviens sur la lettre initiale dont la rédaction a été interrompue par la mise en scène de votre incontestable manœuvre d’intimidation, une de plus, et par les conséquences de celle-ci. 

    La lettre

    Monsieur le Procureur Général, 

    Concerne : notre entretien du 10 mai et votre courrier du 11 mai 2006 

    Pour illustrer le jugement que je porte sur l’art du mensonge dans lequel vous excellez à merveille, je me permets de faire miens ici les propos suivants d’Emmanuel Kant, philosophe des Lumières :"Le mensonge qui est le contraire de la vérité,  est la plus grande transgression du devoir de l’homme envers lui-même et l’humanité."

    Si je cite ces propos, ce n’est pas pour faire la preuve de ce que je serais selon vous, Monsieur le Procureur Général, "un homme de culture, intelligent et plein de capacité", d’après les propos que vous m’avez tenus lors de notre entretien du 10 mai dernier, en vous présentant en manipulateur infaillible qui en est au stade de la séduction. Et cela, avant d’ajouter ce que je souhaite souligner ici pour une raison bien précise sur laquelle je reviendrai dans la suite : "Ça me rend  malheureux de vous voir traîner ici."

    Mais je les cite pour mettre en exergue vos mensonges ‘intentionnels’ qui sillonnent, aussi, les lignes de votre courrier du 11 mai 2006, élément déterminant dans votre stratégie globale élaborée de longue date. Sans oublier bien sûr les conséquences, pour vous et pour moi, du but que vous vous étiez proposé d’atteindre par ces mensonges. Ce qui constitue l’objet principal de la présente.

    Un infâme récit

    Un courrier - un infâme récit imaginaire, menaçant et intimidant - que vous aviez construit en prenant soin de son montage dans lequel se mêlent  plusieurs mensonges. Et ces mensonges, eux-mêmes, mêlent, dans la même marmite, le vrai et le faux pour que ceux-ci soient indiscernables.

    De cette façon, vous espériez sans doute me faire douter de ce que je sais, de ce que je fais et du bien fondé de l’objet de la grève de la faim que j’avais engagée vingt-trois jours plus tôt. Il s’agissait là d’une agression perverse, d’une tentative d’ébranler l’autre, de le faire douter de ses pensées, d’altérer sa confiance, et in fine, de le placer dans l’impossibilité de fournir des réponses dans l’immédiat compte tenu surtout des circonstances dans lesquelles je me trouvais.

    Force m’a été d’admettre alors que vous êtes l’un des rares à assumer le mensonge que vous jugez bon pour provoquer l’incandescence souhaitée. L’un des rares, qui a bien compris que c’est la structure générale du discours, sa logique interne, qui doit être mensongère, et que plusieurs de ses composantes peuvent être tout à fait exactes, comme j’ai tenté de le démontrer dans ma lettre ouverte du 8 juin 2006, notamment.

    Il me faut également vous dire ici ce que j’ai trouvé de vraiment remarquable dans votre infâme récit et à ma première lecture rapide de celui-ci sur un banc public. Soit la façon dont vous élaborez vos mensonges, et qui est de nature à faire crever de jalousie les ‘hommes de pouvoir’ qui ont régné, et qui règnent encore un peu partout dans le monde. Peu importe les oripeaux dont ils se paraient hier, et dont ils se parent aujourd’hui. 

    Procès d’intention, une pléthore d’insultes et d’injures, me direz-vous, à propos de ces considérations, et de celles que nous trouverons par la suite. Rien n’est moins sûr, Monsieur, comme en témoignera, un jour, ‘ce que le passé nous réserve’ devant, par exemple, les magistrats du siège qui pourraient être appelés par la détermination qui est la mienne, à trancher, à démêler le vrai du faux, à chercher la vérité, à dire le droit et la loi, et in fine, à rendre justice. 

    Mais à présent, je souhaite vous poser cette question : le seul but que vous vouliez atteindre par votre récit n’était-il pas, Monsieur le Procureur Général, d’étouffer dans la confusion créée par vos mensonges, l’ultime résistance ‘non-violente’ que j’assumais sur la place Saint-Lambert pour obtenir réponse aux deux questions que je vous posais, et que vous deviez éluder par tous les moyens pour des raisons que vous n’ignorez point ? (A ce sujet, voir les paragraphes intitulés ‘Le prix de la vérité’, page 10 et ‘la publicité de la vérité’, page 11). 

    Le malheureux

    Ce qui m’amène à vous entretenir de la précision que j’ai évoquée au paragraphe ci-dessus intitulé ‘Le mensonge’, en me référant à votre expression de mépris recelant une violence singulière : "Ça me rend  malheureux de vous voir traîner ici."

    Cette précision est en effet liée à un phénomène que vous auriez perçu dans votre imagination. A savoir que, dans un moment de colère, vous m’auriez vu "me traîner" sur la place publique, et que votre hallucination vous aurait "rendu malheureux". Alors que j’y assumais, debout et dignement, l’ultime résistance ‘non-violente’ afin de faire face à vos incessants agissements d’une violence morale inouïe.

    En réalité, vous n’étiez vraiment pas "malheureux" au sens propre du terme, ni pour le motif que vous évoquiez. C’était votre façon machiavélique de laisser éclater votre mépris et votre haine face à celui qui ne se résigne pas, pas même sous vos menaces et intimidations sans fin, et qui oppose à vos agissements hors-la-loi et contre le droit, son exigence légitime du respect de la loi et du droit.

    A contrario, Monsieur le Procureur Général, j’estime que nul ne peut nier l’évidence. De fait, vous étiez bel et bien malheureux de n’avoir pas pu, durant vingt-trois jours, briser la résistance par votre silence assourdissant. Et cela, avant de venir me trouver, et par surprise, en vue de mettre en scène le scénario pervers classique écrit d’avance : tenter d’obtenir, par la séduction, ce que vous souhaitiez obtenir, c’est-à-dire me voir mettre un terme à la grève de la faim, quitter l’endroit où je me trouvais, et retourner chez moi, oublier tout par une brusque rupture entre le passé et le présent pour laisser sombrer l’avenir dans la folie.

    Vous sembliez me signifier ainsi que vous ne vouliez pas – ou n’aviez aucun intérêt à - comprendre ce que j’écrivais, dans ma lettre ouverte du 29 août 2005, à vous et à Madame la Juge d’instruction REYNDERS :

    "Quant à la vérité que je souhaite atteindre", vous disais-je, "ce n’est pas pour me débarrasser d’elle que je l’ai cherchée durant ces longues années, mais pour sauver du néant tout le passé qui s’y noierait sans elle. Je l’ai cherchée pour que ce qui, sans elle, ne serait même plus du passé, renaisse à l’existence dans cet unique présent hors duquel rien n’existe. Car il arrive un moment où les premiers mensonges sont perdus dans le lointain, estompés par la distance, souvent oubliés, et où les derniers en date empruntent à leur enchaînement logique, une apparence de vérité purement artificielle, comme sur une scène de théâtre où les accessoires réels contribuent à renforcer l’illusion du décor soigneusement peint et habilement entretenu par d’honorables, mais redoutables, délinquants au col blanc…"

    Les ‘terroristes d’Etat’

    Dois-je vous rappeler ici que c’était exactement ce qu’espéraient aussi les ‘terroristes d’Etat’, à savoir "me voir traîner" dans les rues. Et ce, après avoir accompli leur sale besogne en se servant, comme instruments de la pratique du ‘terrorisme d’Etat’, d’un mandat d’arrêt, le 21 juin 1995, puis d’une ordonnance de mise en observation psychiatrique, le 19 mars 1999.

    Mandat et ordonnance qu’"il faut oublier même si, il est vrai, ils n’auraient jamais dû être délivrés", comme vous le dites. Peu vous en importent les causes ou les conséquences. "Il faut les oublier, tourner la page, passer à autre chose". Pour quoi ? Pour ne point perturber vos privilèges, votre confort et sécurité. Bref, pour vous plaire.

    Quant à moi, je n’ai rien oublié, et je ne souhaite surtout pas oublier la gravité des actes accomplis et des événements qui ont eu lieu lors de la grève de la faim que j’ai engagée le 17 avril et que j’ai suspendue le 1er juin 2006. Parce qu’elle est directement proportionnelle au but que vous vous étiez proposé d’atteindre par là, à savoir occulter la vérité par vos mensonges avérés, notamment. Et ce, et c’est fondamental, pour mieux couvrir des actes hors-la-loi afin de les soustraire à la  justice et d’en protéger les auteurs.

    "Vous êtes très fort en dialectique", me diriez-vous, Monsieur le Procureur Général, comme vous me le disiez lors de ce que vous appelez "notre entretien informel". Et cela pour mieux exercer votre art - art dans lequel vous excellez, je l’avoue encore - qui consiste à détourner le regard de l’essentiel en l’orientant vers l’accessoire construit exclusivement sur base d’arguments fallacieux, de vils mensonges et de manipulations en tout genre.

    Le prix de la vérité

    De fait, l’essentiel, pour moi, est de mettre en évidence ici la distorsion entre ce que vous m’avez dit, lors de ce même entretien, face à face et en l’absence de témoins directs, d’une part, et ce que vous m’avez écrit le lendemain, d’autre part.

    En tenant compte de cette distorsion, force m’a été de constater que la vérité que je souhaitais atteindre avait un prix, et que vous ne pourriez évaluer ce prix que par rapport au scandale qui serait créé, selon vous, par l’admission des fautes – ou "des erreurs", comme vous le dites - commises par ceux que vous identifiez collectivement comme "toutes ces personnes déjà pensionnées ou en fin de carrière", dont, faut-il le préciser, des "magistrats concernés" dûment identifiés par un juge d’instruction.

    Ce qui est encore plus violent, c’est que quand vous m’écrivez, vous croyez vous adresser à un aliéné déclaré, ou à votre pantin sympathique : 

    §    Soit en lui intimant - manuels de psychiatrie en main - de penser comme vous voudriez qu’il pense, comme, par exemple, "J’ai pris bonne note de la difficulté que vous avez à accepter les décisions judiciaires vous concernant prises dans le passé (…). Il ne me paraît pas raisonnable d’en conclure à un quelconque complot dirigé contre vous" (votre courrier du 11 mai). 

    §    Soit en lui intimant d’admettre ce qui vous plairait qu’il admette, à savoir ce qui est absolument le contraire de la vérité, comme, par exemple, "aucun magistrat ne peut être mis en cause", sous-entendu, dans l’affaire qui me préoccupe à présent (votre courrier du 11 mai). Comme si, pour des décisions prises et des actes accomplis par des magistrats et auxiliaires dûment identifiés, on ne peut mettre en cause que des marchand ambulants de tapis, non identifiables, qui se seraient égarés dans les couloirs du palais de justice à Liège. 

    L’instrument fétiche du pervers : l’abus

    N’est-ce pas exactement de cette façon que le pervers entraîne l’autre et tente de lui imposer sa vision falsifiée de la réalité ?

    De fait, on est là dans une logique d’abus de pouvoir où le plus fort tente de soumettre l’autre. Le pervers donne ainsi l’impression de savoir mieux, il énonce, de cette façon, des propositions qui paraissent universellement vraies : il ‘sait’, il ‘a raison’. Et il essaie ainsi d’entraîner l’autre sur son terrain en tentant de l’amener à accepter son discours.

    Ensuite, se met en place une généralisation consistant à faire de ce discours une prémisse universelle : ‘il doit avoir raison, il a l’air de savoir de quoi il parle’. Puis, l’interlocuteur est amené à se la faire admettre en silence. Comme en témoigne, je le souligne, chaque ligne de votre infâme récit que vous aviez si bien conçu et élaboré avec, je le répète, des manuels de psychiatrie en main. Alors qu’en agissant au stade de la séduction, vous considériez que "les psychiatres ne sont pas fiables", comme vous me le disiez lors de "notre entretien informel". 

    Le chien de Pavlov

    Pour comprendre ce qui vient d’être dit, il faut savoir aussi ce que j’entends par aliénation et pantin. L’aliénation, la vraie, est celle qui, selon moi, ne dit si bien son nom que lorsque la personne elle-même proclame le bien-fondé de l’humiliation et de l’oppression qu’elle subit, et rentre chez elle plein d’amertume et domptée.

    Comme un pantin, à l’instar du citoyen modèle enfin résigné, le chien de Pavlov en quelque sorte : l’échantillon humain réduit aux plus élémentaires réactions, le faisceau de réactions auquel peuvent toujours en être substituées d’autres qui déterminent exactement le même genre de comportement. Et celui qui le voit se dit : ‘Pour qu’il ait pu être réduit ainsi, quelle puissance se cache dans les mains des maître ?’, et rentre, lui aussi,  chez lui plein d’amertume et dompté. Ainsi de suite …

    C’est de cette façon que vous, hommes de pouvoir et de gloire, encouragez la philosophie de la futilité de l’engagement et d’une vie sans objectif. Vous forcez ainsi la perte de sens, le délaissement de la responsabilité citoyenne, le désintérêt pour la chose publique et la politique, et enfin la résignation devant l’abus et l’arbitraire, produits de substitution à la loi et au droit, dont vous vous servez sans crainte ni scrupule.

    Le jour où j’ai repris la rédaction de la présente, soit le 22 juillet 2006, je suis allé chez le médecin. Dans la salle d’attente, mon attention a été retenue par une publicité qu’à mon retour devant l’écran, j’insère ici sans commentaire : "Tristesse, manque d’intérêt, sentiment d’inutilité, idées noires, moins bonne concentration, sommeil perturbé, fatigue, … Parlez-en ouvertement à votre médecin". Lundbock. Votre partenaire en psychiatrie". 

    Pour en arriver là, vous avez dû abandonner le discours séduisant de l’ "enrichissez-vous" des trente glorieuses. Vous êtes revenu à l’époque romaine du "pain et du jeu". Et ce, en adoptant le discours ‘moderne’ de l’ "amusez-vous", pour mieux divertir sur les places publiques ce qu’on appelle le peuple ou la populace. Comme, par exemple, sur la place en face de vos fenêtres, où la misère de la prospérité règne en maître, et où j’occupais une petite parcelle pour l’honorer de son appellation d’origine, à savoir la ‘Place Publique’.

    La publicité de la vérité

    C’est de cette façon, aussi, que vous avez cru arriver, personnellement, à pousser dans l’ombre votre inquiétude à mettre par écrit ce que vous dites en privé. Et cela par crainte de me voir "en faire la publicité dans les journaux". Crainte que vous exprimiez, en maîtrisant très mal votre colère, dans les termes suivants:"Qu’est-ce que vous allez faire, Monsieur Sari, avec les réponses à vos questions ? Vous avez de la suite dans les idées, n’est-ce pas ? Vous allez en faire la publicité dans les journaux, n’est-ce pas ?" (Notre entretien du 10 mai).

    A propos, j’ouvre ici une parenthèse concernant mes questions auxquelles je viens de faire allusion. J’ai en effet l’absurde envie de vous demander si vous vous souvenez encore de ces questions qui ont donné lieu à l’engagement, le 17 avril 2006, de la grève de la faim sur la Place Publique, juste en face de vos fenêtres.

    A présent, qu’en pensez-vous, Monsieur le Procureur Général ? Ne devrais-je pas encore me référer exclusivement à la difficulté que j’aurais, selon vous, à accepter les décisions judiciaires, et aux réponses que, selon vous encore, la Cour de Cassation aurait réservées à ces questions ? Ne voudriez-vous pas avoir l’extrême obligeance de me retransmettre ces réponses ? Tout cela est votre histoire, Monsieur, et non pas la mienne.

    Je ferme la parenthèse pour vous dire encore : n’ayez peur de rien, mais absolument de rien. Je ne ferai la publicité nulle part desdites réponses. Ni devant les cours et tribunaux, ni dans la presse.

    J’en ferai des tartines que je mangerai en jouant tout seul dans mon jardin avec la balle que vous me demandiez, au terme de notre entretien susmentionné, de "ne pas renvoyer dans votre camp" lorsque je vous ai dit que j’allais vous écrire le lendemain. En ne tenant pas compte de cette menace à peine voilée, je l’ai renvoyée dans votre camp conformément à la loi. En prenant, évidemment, le risque inconsidéré de heurter la colère terrifiante de votre Autorité, comme en témoigne votre missive infecte en question.

    Alors qu’au départ, je croyais m’être adressé à un humble représentant de l’autorité publique, fut-elle judiciaire, en pensant - comme un idéaliste naïf, diriez-vous - que l’époque de "l’Etat, c’est moi !" était révolue. Que, dans un Etat de droit, un représentant de l’un des pouvoirs émanant de la Nation, ne pouvait - ou ne devrait - plus confondre sa personne avec l’autorité qu’il représente, comme l’ont fait le Duce, le Caudillo ou le Führer, tout comme leurs successeurs et prédécesseurs qui ont ensanglanté l’histoire de l’humanité.

    En ce qui concerne les événements qui ont eu lieu entre le 17 avril et le 10 juin 2006, j’en reste là. Car nous en parlerons sans nul doute en temps voulu et aux lieux appropriés. Mais, avant de revenir sur ce qui m’importe ici et maintenant, je tiens à vous rappeler également ce que je vous écrivais dans ma lettre du 10 mai 2006 : "Ce que je souhaite", vous disais-je, "c’est qu’en quittant l’endroit où je me trouve à présent, il me faut tourner une page bien comprise, et me tourner enfin vers l’avenir en tant que citoyen d’une société démocratique régie par un Etat de droit auquel je reste très attaché." Ce qui ne fut malheureusement pas le cas. J’en suis vraiment désolé, car je sais ce dont je suis capable lorsqu’on exige des concessions sur des principes fondamentaux.

    Pour ce qui est de ma préoccupation pressante

    Comme vous ne l’ignorez point, Monsieur le Procureur Général, ce qui m’importe à présent, c’est de savoir, d’abord, s’il suffit d’être un menteur absolument amoral ou s’il faut être, à la fois, un vil menteur et un redoutable corrompu pour concevoir et élaborer votre courrier susmentionné du 11 mai 2006.

    Et de savoir, ensuite, si vous pouvez encore bénéficier de la légitimité requise pour assumer la fonction publique dont vous avez la charge. Et ce eu égard à ce qui reste, entre autres, de votre intégrité morale et de votre éthique professionnelle, ainsi que du respect de ce que vous prétendez représenter là où vous êtes, à savoir la loi et le droit (voir ma lettre du 10 mai 2006). 

    Dans l’attente de trouver réponse à ces interrogations sur lesquelles je ne souhaite pas ici m’attarder d’avantage, je tiens à vous faire part de trois remarques afin de faire monter à la surface le fond de ce qui me préoccupe vraiment depuis plus de onze ans. 

    1.  En ce qui concerne la liberté

     Je reste persuadé que les représentants concernés de l’Etat - dont vous, Monsieur le Procureur Général - finiront un jour par comprendre le message porté par cette ‘formule’ que je répète inlassablement depuis le 21 juin 1995 : ‘Ça ne se fait pas !’  

     Ça ne se fait pas, parce que ce que vous faites est hors-la-loi et contre le droit. En agissant de cette façon, vous supprimez les barrières de la loi entre les citoyens et l’Etat, d’abord, et entre les citoyens eux-mêmes, ensuite. Ce qui équivaut à détruire la liberté en tant que réalité politique vivante, car l'espace entre eux tel qu'il est délimité par la loi, est l'espace vital de la liberté.

     "Vous avez une haute estime de votre honneur", me le faisiez-vous remarquer lors de notre entretien du 10 mai 2006. Mais ce que vous ignorez, c’est que j’ai une estime bien plus haute de ma liberté. Car un homme qui n’est pas – ou qui ne se sent pas - libre, ne sait pas quoi faire de son honneur et de son intégrité morale, ainsi que de l’estime, du respect et de la fierté de soi qu’il doit entretenir au quotidien pour mieux respecter ceux d’autrui.

     De fait, ce qui pose problème depuis l’origine, c’est que je ne me sens effectivement pas libre depuis ce jour, le 21 juin 1995, où j’ai senti mes poignets liés dans le dos par des menottes bien serrées par des ‘terroristes d’Etat’ agissant entre les murs de ‘votre Palais’.

    Je ne me sentirai libre, en fait, que lorsque les autorités concernées me rassureront - et cela, dans le respect de la loi et du droit – de ce que les représentants de l’Etat ne peuvent pas organiser, dans notre pays, une faute délictueuse afin d’en rendre responsable et coupable une personne qui serait gênante à leurs yeux.

    Sans cependant jamais avouer les motivations pour le moins intéressées de leurs agissements de délinquants - ou de truands - en col blanc (voir ma lettre du 31 mai 2006).

    Qui plus est, en cas d’échec relatif de leur entreprise nauséabonde, les mêmes représentants de l’Etat ne peuvent vouloir se débarrasser définitivement de cette personne qui ne se résigne pas, en mettant publiquement en cause sa santé mentale et par voie judiciaire, et ce, dans l’espoir de couvrir un acte terroriste par un autre.

    Parce que - que cela vous plaise ou non - ‘ça ne se fait pas’ dans un Etat de droit démocratique, où le lieu du pouvoir est - ou devrait être - vide, et dont vous semblez vouloir déclarez la faillite et la faire admettre à tout passant, que ce soit par la peur, par l’intimidation ou la menace, notamment.    

    Comprenez-vous, Monsieur le Procureur Général, que vous n’avez aucun droit, ni pouvoir, de forcer quelqu’un à se résigner - "à tourner la page", comme vous le dites -, face à vos agissements hors-la-loi et contre le droit, en exigeant de lui de laisser banaliser ce qui devrait être intolérable à tout jamais, en pensant que ‘notre devoir moral catégorique est de permettre aux générations futures d’inventer l’avenir.’

    Justement, je me permets ici de vous faire part du monologue ou de l’avertissement suivant pour mieux illustrer cette dernière phrase que j’ai mise entre guillemets :

    Vous vous dites, Mesdames, Messieurs :

    La seule loi valide ?

    C’est la loi du plus fort.

    Le seul principe valide du droit ?

    C’est un subtil mélange de mensonges et de manipulations.

    La seule règle valide du droit ? 

    La perversion.

    L’éthique ou la morale ?

    Ce sont des concepts galvaudés.

    In fine, la fin justifie les moyens ?

    Evidemment.

    Puis, vient un moment où vous vous sentez mal. Alors, que faire ?

    Facile.  

    Facile, car pour s’en persuader, il suffit de se demander : "n’ai-je pas des difficultés à accepter les décisions me concernant ?" Après une longe réflexion, vous finirez par vous dire : "Il ne me paraît pas raisonnable d’en conclure à un quelconque complot dirigé contre moi." Si vous n’y arrivez pas tout seul, il ne faut pas hésiter à consulter Monsieur notre bienveillant Procureur Général Cédric VISART de BOCARMé qui pourrait être votre partenaire psychiatrique (voir ‘Avant propos’ de la présente).

    Je pense qu’il pourrait, peut-être, vous faire admettre que vous n’avez pas à comprendre, ni même à essayer de comprendre, les décisions vous concernant, encore moins les causes ni les conséquences de celles-ci. 

    En l’écoutant, si vous pensez qu’il vous trompe, dites-vous que vous n’avez peut-être pas tort, en vous rappelant ce que Sa Majesté feu le Roi Baudouin disait dans son discours de nouvel an, en 1985 : "…Une démocratie modèle a besoin des citoyens qui comprennent les décisions les concernant…"  

    Comme cette citoyenne, Delphine Ullens de Schooten,  qui écrivait, le 2 mai 2006, au sujet de la grève de la faim que je menais : "Si je vous écris aujourd’hui, Monsieur le Procureur Général, c’est parce que je me sens profondément interpellée par cette démarche, notamment en tant que membre de la société dans laquelle je vis. Qui a été conçue comme une société qui se veut démocratique, et qu’au fil des ans des acteurs multiples ont contribué à façonner …" (Je souligne) 

    Des acteurs multiples, dont Sa Majesté et tous ceux et celles qui nous ont fait confiance, en pensant que notre devoir moral impératif est de permettre - comme ils l’ont eux-mêmes fait pour nous - aux générations futures d’inventer l’avenir. 

    2.  Pour ce qui est de la prétendue affaire ‘personnelle’

    Dans la situation qui me préoccupe depuis de longues années, on pourrait effectivement penser - comme le pense d’ailleurs la plupart d’entre nous -, que tout cela ne concerne qu’une seule personne isolée dans le temps. Si c’était vrai, j’en serais très heureux. Mais j’ai la faiblesse de croire que ce n’est pas nécessairement vrai, comme nous l’enseigne d’ailleurs l’Histoire. Par conséquent, j’ai l’intime conviction que tous, même ceux qui s’estiment intouchables, devraient  se sentir concernés par cette situation.

    En effet, en lésant le droit d'un seul individu, la société ne renverse-t-elle pas par là les bases mêmes sur lesquelles repose la conscience intime du droit, les bases de tout Etat réellement équitable ? Et, si on ne respecte pas le droit d'un membre de la collectivité, y a-t-il une raison valable pour qu’on respecte celui de n'importe quel autre membre, et partant, de tous ?

    Vous souvenez-vous, Monsieur le Procureur Général ? Il y a cent ans, le 12 juillet 1906, le capitaine Dreyfus, mort malheureusement condamné, a été réhabilité après avoir été forcé, durant des décennies, à faire la preuve de son innocence, contre la raison d’Etat. C’était donc l’innocence qui a été sommée de fournir ses preuves par un renversement de situation propre à une époque que l’on dit révolue, à mon plus grand étonnement.

    Vous avez sans doute également en mémoire, Monsieur, le magistral ‘J’accuse’ du 13 janvier 1898, où Zola écrivait : "Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion que, le jour qu’elle éclate, elle fait tout sauter avec elle."  Et cela n’a pas empêché, me diriez-vous, que le vrai coupable soit acquitté, Zola condamné et exilé, et Dreyfus recondamné plus tard.

    Vous avez raison, Monsieur, tout comme ceux qui n’ont jamais compris que "quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion que, le jour qu’elle éclate, elle fait tout sauter avec elle." 

    Ceux qui agissaient, à l’époque, exactement de la même façon jubilatoire dont vous agissez aujourd’hui, c’est-à-dire sous l’emprise d’une sensation perverse de puissance que vous (hommes de pouvoir et de gloire) procure le sentiment d’impunité, voire même d’inculpabilité, et ce, sans la moindre trace de dégoût, mais avec un régal certain. 

    3.  En ce qui concerne la loi du plus fort

     Durant des semaines, sur la place publique et au travers d’une épreuve exigeante, j’ai tenté de vous faire comprendre que ce n’est pas parce que vous estimez avoir ‘le pouvoir’ de faire ce qui vous plait, que vous auriez ‘le droit’ de le faire. Autrement dit, j’ai tenté de vous faire comprendre qu’à notre époque, la loi du plus fort n’est plus la seule loi valide, contrairement à ce que vous semblez croire avec force et conviction. Mais en vain.

     En ce sens, je me permets de vous rappeler, et une fois encore, que depuis le temps des Lumières, c’est-à-dire depuis l’essor de L’Etat de droit, le respect de la loi et du droit n’est plus l’expression arbitraire de la volonté de qui que ce soit, ni donc de votre propre volonté, que vous soyez puissant ou misérable, fort ou faible.

     Que nul n’a désormais - vous non plus donc - de pouvoir qu'en vertu du droit, et que chacun - y compris vous donc - est soumis à l'obligation de respecter une loi qui le précède. Il s’agit là, faut-il le souligner, d’un principe universel qui repousse toute concession de quelque ordre que ce soit.

     Principe dont découle l’une des règles fondamentales du droit, qui veut qu’un droit qui ne se traduit pas par des obligations précises envers le titulaire du droit, et dans le respect de la loi, ne peut être qu’une duperie mentale ou un principe fondateur d’une république bananière, et non pas d’un Etat de droit démocratique.

     Pourquoi ?

     Quel est le but que je poursuis en vous entretenant de ces remarques, vous demandez-vous peut-être ? J’ai tenu à les soulever ici, parce que je les soumettrai ailleurs, et sans tarder, à l’examen du droit, comme vous sembliez me le conseiller dans votre effroyable courrier susmentionné du 11 mai 2006. "Droit qui n’est malheureusement pas une science exacte, et qui, par nature, est soumis à des interprétations diverses que seuls les magistrats du siège sont appelés à trancher", comme vous l’écriviez dans ce même courrier.

     Et ce,  avec la volonté manifeste de rejoindre ceux qui ont tout tenté, tout fait, pour que "les magistrats du siège ne soient" précisément "pas appelés à trancher" pour chercher la vérité, dire le droit et la loi, et rendre justice.

     Comment ?

     Par tous les moyens de légitime défense.

     Car j’estime, quant à moi, avoir tout fait, tenté tout, pour vous répondre par la loi et le droit que vous ne respectez pas. Et qu’il est plus que temps de vous répondre par l’intransigeance. De même, entre le 17 avril et le 10 juillet 2006, je crois avoir tout fait, tout tenté, pour que vous respectiez la loi et le droit, et que vous agissiez en conséquence. Même si vous estimiez que cela reviendrait à vous demander de scier la branche sur  laquelle vous êtes assis. Même si vous aviez des sérieuses difficultés à admettre qu’à notre époque, ce respect ne soit plus l’expression arbitraire de votre volonté. Mais en vain.

     J’agirai donc en temps voulu, mais en sachant que "celui qui combat peut perdre, celui qui ne combat pas a déjà perdu", comme le disait jadis Bertolt Brecht.

     Quand et où ?

     Vous en serez informé par les événements.

     Je précise ici que "j’ai pris bonne note de la difficulté que vous avez" à comprendre cette phrase. Mais "il ne me paraît pas raisonnable d’en conclure à un quelconque complot dirigé contre vous". C’est pourquoi, j’estime utile de vous transmettre ce constat : lorsque je vous pose une question en vertu du droit et de la loi, vous estimez avoir le Pouvoir - et non pas le droit - de ne pas y répondre. Et quand vous avez une question de diversion à poser, vous la posez par apostille interposée, parce que vous croyez avoir le Pouvoir de le faire. Et ce, en estimant évidemment que l’autre a l’obligation d’y répondre.

     Comprenez-vous ce qu’est la loi du plus fort ou l’abus de pouvoir ? Croyez-vous qu’on puisse encore y faire face dans le respect de la loi et du droit ?

    En espérant vous avoir suffisamment bien informé de mes intentions quant à ce que je compte faire de ‘ce que nous réserve le passé’, je vous prie de bien vouloir accuser réception de la présente, et d’agréer, Monsieur le Procureur Général, mes salutations.

    Mustafa Üner SARI

     

     

    Rue Joseph Remy, 12

    4000 Liège

    Annexes : Procès verbal du 18 Juillet 2006, trois pages.