• Lettre au PG

    Monsieur le Procureur Général,

    Concerne : L'objet de la grève de la faim que j'ai reprise le 23 juin courant.

    Sur base des faits que j'ai mis en exergue dans mes lettres des 8, 14 et 19 juin 2006, voudriez-vous bien réserver réponse à l'une des deux questions suivantes :

    1.-   Estimez-vous, et pour quel motif légal précis, que vous devriez vous dessaisir des deux dossiers d'instruction qui me préoccupent à présent, et les transmettre à l'autorité compétente ?

    2.-   Ou estimez-vous, au contraire, et pour quel motif légal précis, que vous ne devriez pas vous dessaisir de ces dossiers, ni les transmettre donc à qui que ce soit ?

    Je reste persuadé, Monsieur le Procureur Général, qu'avant tout, il vous faut comprendre d'abord, et admettre ensuite, qu'à notre époque, le respect de la loi et du droit n'est plus l'expression arbitraire de votre volonté comme ce l'était à l'époque où vos prédécesseurs lointains étaient assis sur le parquet à côté du Seigneur ou du Prince, prétendu représentant du pouvoir divin absolu.

    Dans l'attente de vous lire, je vous prie d'agréer, Monsieur le Procureur Général, mes salutations distinguées.

    Mustafa Üner SARI

    Place Saint-Lambert

    Face au Palais de Justice

  • Grève de la faim reportée: explications en image

    Cliquez sur le lien suivant pour voir une petite video de Mustafa sur son action:

     

    http://video.google.com/videoplay?docid=93012444892484814

    Vu la victoire de l'Italie ce jeudi soir et la liesse qui s'en est suivi, Mustafa prendra place face au Palais de Justice ce vendredi 23 matin dès 9h00.

  • La justice

     

                La justice est une valeur centrale.

    Son absence est au centre de ce que dénonce la grève de la faim

     

      

    L’injustice est une anomalie et le sort inévitable de toute anomalie du genre devrait être l’anéantissement.

  • Grève reportée à jeudi

    Suite à la venue ce jeudi de personnages royaux, Mustafa a décidé de reporté sa présence place saint Lambert au jeudi 22 à 18h00.

  • Pourquoi la grève de la faim ?

     

    Pourquoi ? 

    A propos de la grève de la faim sur la place Saint-Lambert

     §    Je me suis constitué partie civile, le 26 janvier 2001,  en main de Madame la Juge d’instruction REYNDERS. Un premier dossier d’instruction a été ouvert, et le 2 février, un réquisitoire de mise à l’instruction a été pris par le Parquet du chef de calomnie, diffamation, injures et menaces. 

    §   Cinq mois plus tard, soit le 26 juin 2001, je me suis également constitué partie civile en main, cette fois, de Madame la Juge d’Instruction RUSINOWSKI. Un deuxième dossier d’instruction a été ouvert, et le 04 juillet, un réquisitoire de mise à l’instruction a également été pris du chef de faux, usage de faux et faux témoignages (lire les notes explicatives ci-dessous concernant les buts poursuivis par ces deux plaintes). 

    §    In fine, ces deux dossiers d’instruction ont été transmis au Parquet général, lequel les a classés sans suite. Ce qui constitue une décision arbitraire, donc hors-la-loi et contre le droit. 

    §    Au terme de cette dernière épisode judiciaire de onze années de lutte que j’ai menée sur tous les fronts, j’ai entamé, le 17 avril 2006, une grève de la faim au même endroit où je me trouve aujourd’hui, pour obtenir réponse aux deux questions d’une simplicité déconcertante, que j’ai posées à Monsieur Cédric VISART de BOCARME, Procureur Général près la Cour d’appel de Liège, et que je résume ici comme suit : 

    « Le traitement par les juges d'instruction et par les juridictions d'instruction concernées, ainsi que le classement sans suite par le Parquet général de deux dossiers d'instruction en question, ont-ils été respectueux de la loi et des règles et principes les plus élémentaires du droit ? Sinon, quel a été le but que les autorités concernées se sont proposées d’atteindre en agissant de cette façon ? » 

    §    Afin d’éluder ces questions, Monsieur le Procureur Général m’a transmis, le 11 mai 2006, soit au vingt-quatrième jour de la grève de la faim, un courrier truffé de vils mensonges et de faux grossiers ainsi que de sous-entendus et de non-dit dignes d’un manipulateur accompli agissant sous l’emprise de la sensation perverse que lui procure le triste sentiment d’impunité, voire même d’inculpabilité. 

    §    le 23 mai 2006, je lui ai transmis une lettre par laquelle je l’ai prié d'avoir l'extrême obligeance de se dessaisir desdits dossiers d’instruction et de les transmettre à l'autorité compétente. Force m’a effectivement été de constater que Monsieur le Procureur Général se laissait volontiers bercer dans la corruption - fut-elle par solidarité de corps -, et ce, avec l'intention manifeste et délibérée de couvrir des actes hors-la-loi et contre le droit, afin de les soustraire à la justice et d’en protéger ainsi les auteurs. 

    §    Le 1er juin 2006, soit au quarante-cinquième jour, j’ai suspendu la grève que Monsieur le Procureur Général croyait pouvoir étouffer et discréditer en la noyant dans un subtil mélange de confusion et de suspicion alimentées par son courrier susmentionné du 11 mai 2006. 

    §    Après avoir ainsi pris distance afin d’éclaircir la situation par mes écrits et démarches, j’ai repris la grève de la faim le 21 juin 2006, pour obtenir réponse à la question que je pose à Monsieur le Procureur Général depuis le 23 mai dernier :   

    « Estimez-vous, et pour quel motif légal précis, que vous devriez vous dessaisir des deux dossiers d’instruction qui me préoccupent à présent, et les transmettre à l'autorité compétente ? Ou estimez-vous, au contraire, et pour quel motif légal précis, que vous ne devriez pas vous dessaisir de ces dossiers, ni les transmettre donc à l'autorité compétente ? »

                                                Mustafa Üner SARI

    * Notes explicatives

    Pour plus d’information vous pouvez consulter le site "mustafasari.skynetblogs.be"

    Pourquoi me suis-je constituais partie civile en main des juges d’instruction ?

    1. Pour ce qui est de la deuxième plainte, elle constitue l’ultime démarche judiciaire que j’ai entreprise pour chercher réponse à la question que je pose depuis onze ans, et qui est relative à ce que j’appelle l’affaire du " terrorisme d’Etat".

    Le 21 juin 1995, j’ai été convoqué, par téléphone, au palais de Justice de Liège sous prétexte de me faire confirmer une plainte ; plainte avec constitution de partie civile, perdue dans la nature par la suite, que j’avais déposée un an plus tôt contre les agissements mafieux, racistes et xénophobes d’une l’organisation turque d’extrême droite, notamment. Alors que je m'apprêtais à partir après avoir confirmé ladite plainte et déposé les preuves et documents y afférents, deux individus ont sauté sur moi par derrière, m'ont tiré les bras dans le dos et mis les menottes aux poignets. En cet instant, j'ai dit ‘Non’, ayant évidemment compris que ma convocation sous prétexte de confirmer ma plainte était, en réalité, un ‘piège’. J’ai ensuite été mis sous mandat d’arrêt et incarcéré à la prison de Lantin à Liège pour motif de détournement de ‘fric’, à savoir de plus d’un million et demi de francs de subsides au préjudice de la très gênante Asbl ‘La Maison des Turcs’ dont j’ai été le fondateur en 1981, et animateur et administrateur depuis lors.

    Dès ma libération après cinq jours de séquestration arbitraire dans un milieu carcéral, j’ai engagé la résistance. Au quarantième jour de la deuxième grève de la faim que j’avais entamée devant le palais de justice à Liège, j’ai eu la satisfaction d’apprendre que l’affaire allait être soumise à l'examen de la Chambre du Conseil dans les quinze jours. Ce qui fut fait le 7 juin 1996. Ladite Chambre prononça son ordonnance de non-lieu le 21 juin 1996, jour pour jour, un an après le délivrance du mandât d’arrêt. Le Parquet fit appel, appel qui fut suivi de l'arrêt de non-lieu rendu, le 17 avril 1997, par la Chambre des Mises en Accusations. Etant ainsi "blanchi", restait alors à savoir pour quoi j’ai été "noirci", c’est-à-dire si ce mandat d’arrêt concernait vraiment une affaire judiciaire, ou il a été conçu, notamment par les magistrats et auxiliaires concernés, comme instrument de la pratique du ‘terrorisme d'Etat’ par voie judiciaire...

     2.                          Pour ce qui est de la première plainte, elle constitue également l’ultime démarche que j’ai entreprise pour chercher réponse à la question que je pose à propos, cette fois, de ce que j’appelle l’autre affaire du " terrorisme d’Etat".

    En effet, en cherchant réponse à la question relative au mandat d’arrêt, j’ai été l’objet, le 19 mars 1999, et pour cause de maladie mentale, d’une ordonnance judiciaire de mise en observation psychiatrique. S’est posée alors la question de savoir si cette mise en observation concernait vraiment une affaire médicale, ou elle avait été conçue comme instrument d’intimidation et de menace par voie psychiatrique pour tenter de couvrir un acte terroriste par un autre…

  • Requête auprès du Ministre de la Justice

     

    Requête

     

    Madame Laurette ONKELINX

    Ministre de la Justice

    Rue du Commerce, 78-80

    1040    Bruxelles

    Liège, le 19 juin 2006.

       

    Votre Réf. : LO/JCM/JPJ/db/2004/0692/14057

             Madame la Ministre,

    Concerne : La grève de la faim que je reprendrai le 21 juin courant afin de marquer, une fois encore, mon ‘refus catégorique’ de prendre acte de la triste déclaration de la faillite de l’Etat de droit par ses propres représentants.

    Par la présente requête, je me permets, d’abord, de vous rappeler mon courrier du 10 juin courant, et de vous demander, ensuite, s’il n’est pas grand temps de vous ‘inquiéter’ de la situation qui me préoccupe à présent.

    Autrement dit, n’est-il pas grand temps, pour vous, d’assumer votre responsabilité pleinement engagée dans cette affaire en tant que la Ministre de tutelle des représentants du Ministère publique, dont le Procureur Général près la Cour d’appel de Liège ? Et ce, conformément aux prérogatives ‘légales’ que stipule l’article 485 et suivants du Code d’instruction criminel.

    Dans l’attende de vous lire, je vous prie de recevoir, Madame la Ministre, l’expression de mes sentiments distingués,   

    Mustafa Üner SARI

  • A propos d"un "non" qui dit "oui"

    Lettre ouverte

    A propos d’un ‘non’ qui dit ‘oui’

     

     

    Monsieur Cédric VISART de BOCARMé

    Procureur Général près la Cour d’appel de Liège

    Palais de Justice

    Place Saint-Lambert, 16

    4000      LIEGE  

    Liège, le 19 juin 2006

     

    Monsieur le Procureur Général,

    Concerne : Objet de la grève de la faim que je reprendrai le 21 juin 2006

    Par la présente, je me permets de vous communiquer les réflexions suivantes qui sont relatives à un article publié, ce 16 juin, dans le quotidien ‘Le Jour’.

    a.  "A nouveau", lisons-nous dans cet article,  "la petite tente face au Palais, à nouveau un homme à l’intérieur bien décidé à faire pression sur le procureur général de Liège (...)" (je souligne).

    b. La journaliste qui semble bien informée de vos intentions, pense que "Le P.G. risque de ne pas répondre". Il serait donc inutile, pour ne pas dire absurde, de reprendre la grève de la faim pour obtenir réponse à une question à laquelle vous n’avez pas souhaité répondre auparavant.

    Face à ces constats, se posent deux questions auxquelles je souhaite apporter ici une esquisse de réponse, en attendant de voir ce que ‘le passé nous réserve’.

    Première question

    La grève de la faim, est-elle un moyen de pression ou de chantage ? Cette question est pour moi d’une gravité certaine parce que je trouve vulgaire et méchant, voire même crapuleux, d’exercer une pression ou un chantage sur quelqu’un, quelque soit le motif.

    Réponse

    Dans une démocratie, Monsieur le Procureur Général, la grève de la faim n’est pas un moyen de pression ou de chantage, contrairement à ce que pense - ou pourrait penser - la plupart d’entre nous. Même si la place de la résistance non-violente, ou de la résistance tout court, est plus difficile à penser dans le cadre des régimes démocratiques, que dans le cadre des régimes autoritaires ou totalitaires.

    Non pas que la résistance non-violente pose problème dans le cadre des régimes démocratiques, puisque l'Etat de droit pourrait précisément y être défini comme celui qui garantit la gestion non-violente du pouvoir. C'est parce que cette ‘adéquation théorique’ entre la démocratie et l’action non-violente rend problématique la question de la ‘légitimité’ de la résistance contre les représentants d’un Etat de droit démocratique, comme c’est le cas dans la situation qui me préoccupe depuis des longues années.

    D’où la question fondamentale de savoir à quelles conditions une résistance, même non-violente, est légitime dans le cadre d’un régime démocratique. Elle l’est certainement, me semble-t-il, quand le pouvoir devient abusif, et quand la démocratie bascule dans l'autocratie ou l'autoritarisme. On en revient alors à l'héritage de la révolution française et de sa réflexion sur le ‘droit à la résistance’, que je résume ici, et une fois encore, par cette formule de Mirabeau : "Quand l'autorité devient arbitraire et oppressive ; quand elle attente aux  propriétés pour la protection desquelles elle fut instituée ; quand elle rompt le contrat qui lui assura des droits et la limita, la résistance est un devoir et ne peut s'appeler révolte".

    J’ai la faiblesse de croire, Monsieur le Procureur Général, que vous conviendrez avec moi que se battre au sein de la démocratie contre l’abus de pouvoir et l’arbitraire, et pour le respect de la loi et du droit, notamment, revient à se préserver contre la montée de l'autoritarisme et à préserver la pérennité de la démocratie et de l’Etat de droit démocratique. Et ce, en n’ayant en main, comme arme, qu’un ‘non’ qui dit ‘oui’.

    Je reste convaincu et persuadé qu’on apprend ainsi à lutter contre ces ‘anomalies’ tels que l’abus de pouvoir et l’arbitraire dont le sort inévitable devrait être l’anéantissement, mieux on acquiert les réflexes d'une pratique démocratique pour enrayer, et à temps, la montée d'un pouvoir autoritaire ou totalitaire. Il s’agit donc d’un apprentissage de l'action non-violente dans la démocratie, qui est une manière de se préparer, ici et maintenant, à résister aux dangers qui la menacent, en pensant évidemment que notre devoir moral est de permettre aux générations futures d’inventer l’avenir.

    Deuxième question

    Avez-vous vraiment ‘le droit’ en tant que représentant d’un Etat de droit démocratique, de ne pas répondre à une question qui vous est légalement posée, et qui met en cause votre légitimité ainsi que votre intégrité éthique et morale dans l’exercice de la fonction publique dont vous êtes en charge ? Autrement dit, quelle est la source de ce droit, dont vous semblez tirer ‘le loisir tyrannique’ de ne pas répondre à la question ?

    Réponse

    C’est ici que se pose la question du ‘seuil de franchissement’ de l'abus de pouvoir, de l’arbitraire et du non-respect de la loi et du droit. Et, dans la situation qui me préoccupe à présent, j’estime que vous avez personnellement franchi ‘la ligne rouge’ par votre courrier du 11 mai 2006 (à ce sujet, voir ma lettre du 8 juin 2006).

    Non seulement vous y avez franchi ‘la ligne rouge’, mais vous l’avez franchie en prenant distance par rapport à la loi et au droit, et ce, sans la moindre trace de dégoût, mais avec un régal certain. Vous avez ainsi fait preuve de cette singulière difficulté que vous avez à accepter qu’à notre époque, le respect de la loi et du droit ne soit plus l'expression de l'arbitraire de votre volonté, et que la seule loi valide ne soit plus la loi du plus fort. De fait, la seule consolation qu’on peut avoir en observant votre façon d’agir, c’est de se dire que ce n’est pas parce que nous vivons à la même époque, que nous sommes nécessairement des contemporains.

    C’est bien ‘la nécessité démocratique impérative’ de faire face à cette façon d’agir - dont surgit l’arrogance totalitaire d’une violence inouïe -, qui motive la résistance que je reprendrai et assumerai jusqu’au bout à partir du 21 juin prochain.

    Je pense que nous pourrions ainsi savoir si vous avez le droit de ne pas répondre à une question qui vous est posée, et plus précisément, à la question que je vous pose.

    Sans oublier cependant que vous n’avez effectivement aucun intérêt à y répondre, puisque vous n’ignorez point la gravité de ce que vous avez tenté de couvrir jusqu’à ce jour par vos mensonges et manipulations, et que vous pourriez effectivement vouloir couvrir demain par votre silence, seul.

    En guise de conclusion, je me permets de vous redire que j'irai, ici et maintenant, jusqu'au bout de l'exigence légitime du respect de la loi et du droit, même si, comme le disait Goethe, "Penser, c’est bien. Faire, c’est mieux. Mais faire ce que l’on pense, c’est la chose la plus difficile du monde."

    En espérant être entendu et compris, et en vous rappelant qu’on peut convaincre les autres par ses propres raisons, mais on ne les persuade que par les leurs, je vous prie d’agréer, Monsieur le Procureur Général, mes salutations distinguées,

     

    Mustafa Üner SARI

  • Le Jour Liège du 16 juin 2006

  • A propos de la grève de la faim que je reprendrai le 21 juin 2006

     

    Lettre ouverte

    A propos de la grève de la faim que je reprendrai le 21 juin 2006

     

    Monsieur Cédric VISART de BOCARMé

    Procureur Général près la Cour d’appel de Liège

    Liège, le 14 juin 2006

     

    Monsieur le Procureur Général,

    Concerne : votre courrier du 11 mai 2006, et mes lettres des 23 mai et 8 juin 2006 restées, à ce jour, sans réponse.

    En écoutant le hurlement épuisant de votre silence qui, je le répète, n’est rien d’autre que le plus cruel des mensonges, et qui est pire que ce qu’il couvre ou dissimule, je reprendrai la grève de la faim le 21 juin 2006 à 10 heures, sur la place Saint-Lambert, face au palais de justice à Liège.

    Pourquoi ?

    Pour dire non à la violence jusqu’au bout, même si on peut l’estimer légitime. Même si on peut estimer que "la non-violence est mieux que la violence, mais la violence est mieux que la lâcheté", comme l’a dit le mahatma Gandhi à un moment où il exprima sa révolte légitime face aux cruels comportements des troupes britanniques. Propos que, faut-il le souligner, Gandhi lui-même a regretté plus tard d’avoir prononcés.

    Ce qui reviendrait à dire que la non-violence est non seulement mieux que la violence, mais aussi, elle est mieux que la lâcheté, pour faire face précisément à l'injustice qui est une anomalie, et en disant à la face du monde que le sort inévitable de toute anomalie du genre est ou devrait nécessairement être l'anéantissement.

    Quant à moi, je considère que c’est là où le mur devient passage parce qu’il exige l’impossible, à savoir des concessions sur des principes fondamentaux, qu’il faut assumer ses convictions en allant jusqu’au bout de ce qu’on estime devoir faire, de ce qu’on estime juste de faire, et ce, sans le moindre souci de plaire à qui que ce soit et pour quoi que ce soit, ni céder à la lâcheté par lassitude et usure du temps, ni par crainte de la redoutable oppression perverse, parce que discrète, des ‘qu’en dira-t-on’ ainsi que des regards et jugements des ‘autres’ qui ignorent ou préfèrent ignorer tout de la question.

    Les faits

    Le 11 mai 2006, soit au vingt-quatrième jour de la grève de la faim que j’ai entamée le 17 avril, et que j’ai suspendue le 1er juin, vous m’avez transmis un courrier sur lequel je ne reviendrai plus pour l’avoir épinglé dans ma lettre ouverte du 8 juin, afin de confirmer, une fois pour toutes, le principe selon lequel "lever le poids de l'ambiguïté des mots et des non dits, c’est accéder à la liberté". Et, c’est pour accéder à cette liberté que j’ai suspendu la grève que vous avez cru pouvoir étouffer dans un subtil mélange de confusion créée par vos vils mensonges, et de suspicion alimentée par vos manipulations déconcertantes.

    Après une longue réflexion et en réponse à votre courrier susmentionné, je vous ai transmis, le 23 mai 2006, une lettre par laquelle je vous ai prié d'avoir l'extrême obligeance de vous dessaisir du "dossier" qui me préoccupe à présent, de le transmettre à l'autorité compétente et de m'en aviser sans délai.

    Et ce, pour motif de corruption par solidarité de corps que vous avez cru pouvoir justifier par votre prise de distance jubilatoire par rapport à la loi et au droit, en ne prenant pour guide que la loi du plus fort, et en vous appuyant exclusivement sur l’exercice systématique de l’abus de pouvoir, de position et de fonction, notamment. Le tout dans l'intention - et c’est fondamental - manifeste et délibérée de couvrir des actes contre la loi et le droit, afin de les soustraire à la justice, et d’en protéger ainsi les auteurs.

    Depuis lors, soit depuis le 23 mai 2006, j’écoute le hurlement de votre silence, qui est inquiétant. Et je suis inquiet. Et c’est bien cette inquiétude qui m’est intolérable. Car, comme je vous l’ai déjà dit et redit, la densité de mon inquiétude est directement proportionnelle à la difficulté que vous avez à accepter la source du conflit qui nous oppose à présent. Elle réside, en effet, dans votre souhait de me voir, en tant que titulaire du droit, soumis à l'arbitraire de votre volonté heurtant violemment à l'essor de l'Etat de droit démocratique. Essor illustré, depuis le temps des Lumières, par un principe universel qui veut que nul, y compris vous, n'aurait désormais de pouvoir qu'en vertu du droit, et que chacun, y compris vous, devrait se voir soumis à l'obligation de respecter une loi qui le précède.

    Et, par la grève de la faim que je reprendrai, et que j’assumerai avec la détermination qui est la mienne, je ne ferai que vous transmettre mon souhait légitime de vous voir franchir cette difficulté que vous avez à accepter que, depuis ce temps lointain, le respect de la loi et du droit n'est plus l'expression de l'arbitraire de votre volonté, et que la seule loi valide n'est plus la loi du plus fort.

    Objet précis de la grève de la faim que je reprendrai le 21 juin                                                                             

    Il consiste à vous prier - une fois encore, mais une fois de trop - de bien vouloir réserver réponse dûment motivée à ma demande de vous dessaisir des deux dossiers d’instruction en question, et de les transmettre à l'autorité compétente.

    Autrement dit :

    (1) estimez-vous, et pour quel motif légal précis, que vous devriez vous dessaisir desdits dossiers et les transmettre à l'autorité compétente ?

    (2) ou estimez-vous, au contraire, et pour quel motif légal précis, que vous ne devriez pas vous dessaisir desdits dossiers, ni les transmettre donc à l'autorité compétente ?

    Et enfin, je souhaite vous dire ici que, lors de cette grève aussi, je ferai un feu de joie de tous ces petits actes pervers qui sont si quotidiens, et qui paraissent la norme. Cela commence par un simple manque de respect, par du mensonge, de la manipulation ou de la provocation, sans cependant jamais avouer le but poursuivi par ces vils ingrédients de la guerre psychologique. Actes que nous ne trouvons insupportables que si nous sommes atteints directement. Vous n’ignorez certainement pas, Monsieur le Procureur Général,  que ces mêmes procédés, qui ressemblent à des pièges, continuent à être de rigueur dans les régimes totalitaires qui règnent encore un peu partout dans le monde.

    En ce sens, j’ai envie de vous conseiller, humblement, de vous méfier du silence qui parfois nous entoure et entoure certains événements, en pensant, par exemple, à ce que couvrait naguère et couvre encore aujourd’hui la propagande sous les cieux du ‘monde libre’, et à ce que couvrait jadis ‘la Pravda’  et ses paires sous d’autres cieux et à d’autres époques. Et partant, d’être attentif, et plus particulièrement, à ce dont on ne parle pas dans ‘les Bistrots’ autour d’un verre de bière ou de vodka, ou qu’on ne lit pas dans ‘la Gazette’, ou encore qu’on ne vois pas à ‘la Télé’.

    En vous paraphrasant une fois encore, je vous prie de croire, Monsieur le Procureur Général, qu’ "il ne me paraît pas raisonnable d'en conclure à un quelconque complot dirigé contre vous", ou à un quelconque complot qui viserait à déstabiliser l'institution judiciaire de notre Etat de droit auquel je reste très attaché, et très respectueux,

    Mustafa Üner SARI

     

  • Conférence de presse ce jeudi 15 juin à 11h00

     

    Invitation a la conference de presse 

    Liège, le 12 juin 2006

      

    Madame, Monsieur le Rédacteur en chef,

    OBJET : la conférence de presse que j’organiserai le jeudi 15 juin 2006, à 11.00 heures, à la Maison de la Presse, rue Haute-Sauvenière, 19 à 4000-Liège.

    J’ai l’honneur de vous convier à la conférence de presse, dont mention sous rubrique.

    Lors de cette conférence, je tenterai de vous informer, d’une part, du déroulement des événements lors de la grève de la faim que j’ai entamée le 17 avril 2006, et que j’ai suspendue le 1er juin, et d’autre part, des raisons précises pour lesquelles je la reprendrai le 21 juin prochain.

    Conférence que je tiendrai par principe ou devoir démocratique qui consiste à informer la presse de ce qui concerne la collectivité toute entière, et non pas de ce qui est d’ordre privé ou individuel, comme le défini African SIPIR d’une façon magistrale :

    "Le 1", dit-il, " paraît infiniment petit par rapport au 1.000.000. Mais qu'on mette le 1=0, et tout le 1.000.000 s'évanouit aussitôt. Il en est exactement de même du droit. En lésant le droit d'un seul individu, la société renverserait par-là les bases mêmes sur lesquelles repose la conscience intime du droit, les bases de tout Etat réellement équitable. Car si on ne respecte pas le droit d'un membre de la collectivité, il n'y a pas de raison valable pour que l'on respecte celui de n'importe quel autre membre, et partant, de tous."  

    Je vous remercie de l’attention que vous voudrez bien réserver à la présente - et si possible sans préjugé - et vous prie de recevoir, Madame, Monsieur le Rédacteur en chef, l’expression de mes meilleurs sentiments

    Mustafa Üner SARI

    Rue Joseph Remy, 12

    4000     LIEGE

    Tél. : 0494.68 84 10

    Mail : ms.sari@gmail.com

  • Lettre ouverte à Monsieur Cédric VISART de BOCARME

    Lettre ouverte

     À Monsieur Cédric VISART de BOCARMé

    Procureur Général près la Cour d’appel de Liège

    Mise au point

    En vue de la grève da la fin que je reprendrai le 21 juin 2006

     

    AVANT PROPOS

     

    Ça s’est passé là-bas

    Nous sommes le 4 mai 2006. Au dix-huitième jour de la grève de la faim que je mène sur la place Saint-Lambert, face au palais de justice à Liège. Je crois rêver en lisant la presse à 6 h. du matin dans une tente installée sur la place publique.

    Un acte contre la loi 

    Je crois en effet rêver en voyant la presse unanime dénoncer "un acte contre la loi". Il s’agit de l’archivage par le Parquet de Bruxelles des plaintes avec constitution de partie civile en main des juges d’instruction. Dit autrement, il s’agit de la mise sous le tapis des dossiers qui doivent légalement être communiqués à la Chambre du Conseil ...

    Vraiment pas !

    Puis, "le premier Substitut Philippe Dulieu répond pour le parquet de Liège", lis-je dans un quotidien : "L’archivage, nous ne pratiquons pas ce genre de choses, vraiment pas", dit l’honorable Substitut que je connais fort bien pour l’avoir heurté de face dans les couloirs alors qu’il portait des valises en rasant les murs et en marchant sur les ombres.

     Vraiment pas ? 

    Peut-être ! Mais, ce n’est pas parce qu’on ne pratique pas l’archivage, qu’il faut faire croire à tout passant qu’on ne pratique pas d’autres choses du genre, pire que l’archivage.

     De fait, ladite grève de la faim couverte par un silence médiatique presque stalinien, avait pour seul but de dénoncer non pas l’archivage mais ‘le classement sans suite pure et simple’, et par le Parquet général de Liège, de deux dossiers distincts ouverts suivant deux constitutions de partie civile en main des juges d’instruction.

     Tout seul ?

     Je me demandait alors si Socrate avait tort de dire : "Je préfère être en désaccord avec tout le monde, que l’être avec moi-même tout seul."

    Introduction

    "Dans la mesure où la victime s'est jusqu'alors montrée trop conciliante, il lui faut changer de stratégie et agir fermement sans craindre le conflit.

    En se plaçant à l'origine de la crise ouverte, elle peut paraître être l'agresseur, mais c'est un choix qu'il faut assumer car de lui seul peut venir un changement.

    La crise permet à la vie de renaître. Plus la crise est retardée, plus elle sera violente." Marie-France Hirigoyen

    Du 21 juin 1995 au 21 juin 2006.

    Il est grand temps d’en finir.

     

    Monsieur Cédric VISART de BOCARMé

    Procureur Général près la Cour d’appel de Liège

     

    Palais de Justice

    Place Saint-Lambert, 16

     

    4000      LIEGE

    Liège, le 8 juin 2006,

    Clinique Sainte Rosalie 

    Monsieur le Procureur Général, 

    Concerne : la grève de la faim à laquelle j’ai mis un terme le 1er juin courant, et la suite que je réserverai aux événements, et sans tarder, comme je vous l’ai promis dans ma lettre du 31 mai dernier.   

    Avant de vous entretenir de l’objet principal de la présente, et de résumer en quelques mots les trois constats sur base desquels j’ai estimé nécessaire de mettre un terme provisoire, le 1er juin courant, à la grève de la faim que j’ai entamée le 17 avril, je me permets de vous communiquer la question ci-dessous. 

    Question

    D’une part, il y a des pratiques inconsidérées liées à la solidarité du corps, qui règnent en maître dans ce que vous appelez "le monde judiciaire". Les auteurs de ces pratiques agissent en prenant distance, d’une façon jubilatoire, par rapport à la loi et au droit. Et d’autre part, il y a des pratiques liées au copinage politique, qui règnent en maître dans les vastes rouages de l’administration et de l’Etat. Leurs auteurs agissent aussi en prenant distance, et de la même façon, par rapport aux règles et prérogatives légales, déontologiques, éthiques et morales, notamment ?

     Je ne sais pas quelle serait, selon vous Monsieur le Procureur Général, la différence entre ces pratiques en cours dans lesdits milieux, si différence il y a. Ce que je sais, par contre, c’est que c’est bien la loyauté plus qu’intéressée à cette solidarité de corps et à ce copinage politique - sources de corruption intégrée - qui empêchent à la fois les fonctionnaires et leurs supérieurs hiérarchiques de dénoncer à temps les dossiers, les décisions, les actes et les agissements qui posent problème, et d’agir en conséquence.

    A ce moment où je rédige la présente, je me demande si, à la lumière de ces réflexions, vous vous rendez enfin compte de la gravité extrême de vos actes, et si vous comprenez aujourd’hui mieux que hier le courrier ci-dessous que je vous ai transmis le 10 mai 2006, soit au vingt-quatrième jour de la grève de la faim.  

    "Monsieur le Procureur Général,

    Suite à notre entretien de ce jour, ce dont je vous remercie, je souhaite vous faire part des quelques réflexions qui suivent. 

    J’ai l’intime conviction que vous ne pouvez pas, en tant que homme de loi, couvrir les graves anomalies volontaires et délibérées dont ont été objet aussi les deux dossiers ouverts suivants ma constitution partie civile en main de Mesdames les juges d’instruction REYNDERS et RUSINOWSKI.

    Et, en tant que homme de droit entièrement détaché de l’empathie pour l’esprit du corps, cela devrait vous être d’autant plus impossible, me semble-t-il. 

    Après onze ans de lutte, j’ai besoin de croire que, malgré tout, il se trouve des hommes capables d’assumer, et en particulier, des hommes de droit capables d’agir dans un sens qui respecte l’essence profonde de la loi. La loi qui soit, très concrètement, l’expression du droit et de la justice.

    En ne prenant en considération que ce qui "devrait être" quant au respect de la loi et du droit, je ne souhaite pas avoir la grossièreté de vous dicter ce que vous pouvez - ou devriez faire - en ce sens. Cela me semble plus opportun de vous en laisser l’appréciation. 

     Ce que je souhaite par contre, c’est qu’en quittant l’endroit où je me trouve à présent, il me faut tourner enfin vers l’avenir en tant que citoyen d’une société démocratique régie par un Etat de droit auquel je reste très attaché.

    Dans l’attende, je vous remercie encore et vous prie de recevoir, Monsieur le Procureur Général, l’expression de ma respectueuse considération."  

    Comme nous le constatons, je vous demandais dans ce courrier, et avec insistance, de ne pas prendre distance par rapport à loi et au droit. Et je vous disais qu’il ne fallait surtout pas chercher un moyen de mettre un couvercle sur une marmite sous pression extrême. Mais en vain. Car, poussé par votre irrésistible empathie pour la solidarité de corps, et par votre désir de ne pas troubler votre sécurité, confort et privilège, vous avez cru bon de mettre le couvercle sur la marmite et de vous asseoir la dessus, en évaluant très mal, me semble-t-il, les conséquence de votre comportement héroïque.

    Il n’est certainement pas inutile de préciser ici de quel couvercle il s’agit, en jetant un coup d’œil sur le développement des événements suivant "l’entretien formel" que nous avons eu le 10 mai 2006 et à votre initiative. A ce propos, je me contenterai de vous rappeler quelques mots que nous avons échangés au terme de cet entretien.  

    Alors que vous vous apprêtiez à partir, vous m’avez demandé de réfléchir, en ayant fort bien compris que vous n’alliez pas atteindre le but que vous vous étiez proposé d’atteindre par votre ‘démarche de séduction’ que vous appelez "l’entretien formel". Et, je vous ai répondu que j’allais vous écrire le lendemain. En maîtrisant très mal votre colère et mépris, vous avez aussitôt répliqué en me disant : "Ne renvoyez pas la balle dans mon camp." Autrement dit, vous me demandiez, de je ne sais quel droit, de prendre ma balle et d’aller jouer tout seul dans mon jardin.

    Comme promis et le jour même, je vous ai écrit la lettre du 10 mai citée plus haut, pendant la soirée, à la lumière d’une bougie. Et le lendemain matin, soit le 11 mai, je vous l’ai transmise par porteur. Ainsi, j’ai donc renvoyé, comme du droit, la balle dans votre camp. Ce qui vous a mis en colère, pour ne pas dire en rage, comme le prouve la réponse que vous lui avez réservée, et que j’appelle ‘le couvercle’ (voire le paragraphe "deuxième constat" ci-dessous).

     Trois constats lies a l’objet de la greve de la faim

    Rappel des faits et des questions 

    ·    Je me suis constitué partie civile, le 26 janvier 2001,  en main de Madame la Juge d’instruction REYNDERS. Un premier dossier portant le n° de notice 52.99.99/01, a été ouvert. Et le 2 février, un réquisitoire de mise à l’instruction a été pris du chef de calomnie, diffamation, injures et menaces.

    ·    Cinq mois plus tard, soit le 26 juin 2001, je me suis également constitué partie civile en main, cette fois, de Madame la Juge d’Instruction RUSINOWSKI. Un deuxième dossier portant le n° de notice 21.99.503/01, a été ouvert. Et le 04 juillet, un réquisitoire de mise à l’instruction a été pris du chef de faux, usage de faux et faux témoignages. 

    ·    In fine, ces deux dossiers ont été joints avant d’être transmis au Parquet général, lequel les a classés sans suite.

    ·    Et en vous référant, Monsieur le Procureur Général, à mes lettres des 4 mars et 29 août 2005 où je décrivais, en long et en large, le traitement ‘hors-la-loi’ infligé à ces deux dossiers, vous m’écriviez dans votre courrier du 20 octobre 2005 : "J’ai pris bonne note de vos observations mais il ne m’appartient en aucun cas de prendre une initiative dans ce dossier".

     ·    Laissant volontiers du côté l’initiative que vous pouvez - ou vous devez - entreprendre dans ce dossier, je vous ai adressé ces deux questions :

    1. Mes observations et questions dont vous disiez avoir pris bonne note, sont-elles, selon vous Monsieur le Procureur Général, fondées quant à ce qu’elles entendent dénoncer, à savoir la violation systématique et délibérée de la loi, et le non-respect manifeste et volontaire des règles et principes les plus élémentaires du droit lors du traitement, qui serait "judiciaire" selon vous, des deux dossiers en question ?  

    2. Si oui, en agissant ainsi, c’est-à-dire en concertation étroite, et - et c’est terrifiant – "en violant toutes les lois positives mais en opérant jamais sans prendre pour guide la loi", quel a été le véritable but poursuivi par votre prédécesseur Madame THILY et consorts, et les juges d’instruction Mesdames REYNDERS, RUSUNOWSKI et consorts ? ...

    ·    Questions qui ont donné lieu à l’engagement de la grève de la faim ….

    Premier constat

     Vous conviendrez sans doute avec moi qu’il est pour le moins étonnant, pour ne pas dire étrange, qu’un Procureur Général ne puisse pas affirmer - et ce, durant quarante-cinq jours de grève de la faim, tout comme durant des mois précédents -, que le traitement de ces deux dossiers par les juridictions d'instruction et les juges d'instruction concernés, ainsi que leur classement sans suite par son Parquet, ont été respectueux de la loi ainsi que des règles et principes les plus élémentaires du droit.

    Ce qui revient, Monsieur le Procureur Général, à faire appel à la bienveillante imagination ou au bon sens de chacun pour accuser réception des réponses que vous avez réservées, en silence, aux deux questions que je vous ai posées. De fait, si le traitement de ces dossiers par les autorités concernées, ainsi que leur classement sans suite par votre Parquet, étaient respectueux de la loi et du droit, vous l’auriez dit et proclamé depuis longtemps et d’une façon jubilatoire dont vous avez le secret divin.  

    N’est-ce pas ? 

    En conclusion, vous n’avez pas trouvé, Monsieur le Procureur Général, un élément au moins sur base duquel vous pouvez dire que le traitement qui serait "judiciaire" selon vous, desdits dossiers était respectueux de la loi et du droit. Alors que, par exemple, Madame la Ministre de la Justice n’aurait trouvé, quant à elle, aucun élément lui permettant de dire que le traitement de ces mêmes dossiers n’était pas respectueux de la loi et du droit. Etonnant, n’est-ce pas ? Et cela m’étonne toujours.

    En effet, Madame la Ministre me faisait savoir par son courrier du 20 avril 2004 : "Un examen attentif de votre requête a eu lieu et à l’issue de celui-ci, j’estime qu’aucun élément ne justifie l’ouverture d’une procédure pénale ou d’une enquête disciplinaire à charge des différents magistrats cités dans votre courrier." Donc, Madame la ministre n’aurait trouvé aucun élément qui pouvait contredire le principe biblique : ce qui ne peut pas être ne fût pas.  

    Puisque, écrivais-je à Madame, vous n’auriez trouvé aucun élément qui justifierait l’ouverture d’une procédure pénale ou d’une enquête disciplinaire à charge des différents magistrats cités dans ma requête et ses deux annexes, vous y avez probablement trouvé un élément qui justifierait la non ouverture de ladite procédure pénale ou de ladite enquête disciplinaire. Je vous saurais donc gré de bien vouloir m’indiquer un tel élément.

    Réponse ? Silence ! C’est dommage parce que si Madame la Ministre m’avait indiqué l’élément que je lui avais demandé, je vous l’aurais communiqué, et je ne me serais pas permis de vous déranger et de continuer à perturber votre confort précieux. 

    Et lorsque je vous ai dit, lors de notre "entretien informel", que la seule porte de sortie pour vous est de transférer ce que vous appelez "ce dossiers" aux autorités compétentes, je  voulais vous dire par là qu’il vous fallait dire, par exemple, à Madame la Ministre qu’elle devait cesser de mentir, elle aussi, parce qu’elle vous laissait dans une situation difficile, et vous obligeait de mentir, comme elle, par empathie aristocratique pour solidarité de corps.

    Deuxième Constat                                                                                              

    Par votre indéniable désir de masquer la vérité en lui donnant l’illusion d’éclairage qui la rend trompeuse, vous avez, une deuxième fois, répondu aux deux questions que je vous ai posées. Comment ? Ici aussi, vous conviendrez sans doute avec moi qu’il est encore plus étonnant qu’un Procureur Général ne puisse pas non seulement affirmer que le traitement et le classement sans suite des deux dossiers en question ont été respectueux de la loi et du droit, mais de plus, qu’il soit contraint de cacher la vérité, et d’une façon ignoble, derrière un récit diabolique, à savoir votre terrifiant courrier du 11 mai 2006 :  

    "Monsieur,

    J’accuse bonne réception de votre courrier du 10 mai 2006 faisant suite à notre entretient informel du 10 mai.  

    J’ai pris bonne note de la difficulté que vous avez à accepter les décision judiciaire vous concernant prises dans le passé.

    Je vous confirme, et vous en avez convenu, qu’en ce qui concerne la décision de non-lieu prise par la Chambre des mises en accusation de la Cour d’appel de Liège le 17 avril 1997, en confirmation de l’ordonnance de  la Chambre du conseil de Liège du 21 juin 1996, celle-ci vous exonère de toute responsabilité pénale dans les faits de détournement  qui vous étaient reprochés et constitue une reconnaissance officielle de votre innocence. La décision étant définitive. 

    En ce qui concerne les constitutions de partie civile des 26 janvier et 6 juin 2001 contre les consorts DUTILLEUX, GENET, AYAR, AYOOGDU (sic) et UZUN, la chambre du conseil de Liège a rendu une ordonnance de dessaisissement du juge d’instruction le 9 janvier 2004 confirmée par la Chambre des mises en accusation le 1er juin 2004. Suite à un pourvoi de votre part, la Cour de cassation a rendu un arrêt le 8 septembre 2004 dans lequel on peut lire :

    "Attendu que, pour le surplus, l’article 479 du Code d’instruction a notamment pour conséquence de ne pas permettre à la partie qui se prétend lésée de mettre l’action publique en mouvement à charge du titulaire d’un privilège de juridiction ;

    Qu’étant sans compétence à l’égard des personnes ainsi protégées, le juge d’instruction doit être dessaisi de toute procédure tendant à les mettre en cause, même si leur nom ne figure pas dans l’acte de constitution de partie civile et même si leur implication dans les faits dénoncés n’a pas encore été prouvée ; 

    Qu’à cet égard encore, revenant à soutenir le contraire, le moyen manque en droit ;"

    Il apparaît dès lors que la décision de dessaisissement du juge d’instruction est incontestable et que vos arguments ont été pris en compte par la Cour de cassation même si elle y a répondu négativement. 

    Cela dit, on peut émettre l’hypothèse que le dossier aurait pu être remis à l’instruction en visant spécifiquement les faits et les personnes ne bénéficiant pas d’un privilège de juridiction plutôt que d’être directement classé sans suite à défaut d’éléments établissant une infraction mais telle n’a pas été l’interprétation donnée à l’arrêt de la Cour de cassation.

    Si vous considérez qu’un juge d’instruction pouvait à nouveau être saisi, il convenait qui (sic) vous vous constituiez à nouveau partie civile en reprécisant les faits infractionnels dans votre plainte et en admettant de ce fait qu’aucun magistrat ne pouvait être mis en cause. Si néanmoins vous persistiez à formuler des accusations à l’égard de magistrats, il aurait été illégal, ainsi que l’a affirmé la Cour de cassation de saisir à nouveau un juge d’instruction. 

    Actuellement, il apparaît clairement que les faits pour lesquels vous étiez constitué partie civile du chef de faux en écriture, usage de faux et faux témoignage remontent à plus de cinq ans et sont prescrits, circonstance qui interdit toute reprise de l’action publique.

    Malheureusement, le droit n’est pas une science exacte et par nature est soumis à des interprétations diverses que seuls les magistrats du siège sont appelés à trancher.  Il ne me paraît pas raisonnable d’en conclure à un quelconque complot dirigé contre vous. 

    Espérant avoir répondu à vos interrogations, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

    Le Procureur Général

     

    Cédric VISART de BOCARME"

     

    A lire ce récit délirant truffé de mensonges, de mensonges par omission, de fautes volontaires et délibérées, et de manipulations en tout genre, force m’est de constater que ce qui compte pour vous, c’est "qu’importe l’ivresse, pourvu qu’on ait le flacon". La fin justifie les moyens. Que la seule loi valide pour vous, c’est la loi du plus fort, le rapport de force. Il faut que le vrai et le faux soient indiscernables et les questions relatives à la recherche de la vérité soient transformées en problèmes de pouvoir et de rapports de force.  

    Voyons tout cela à travers quelques faits, constats et considération, après vous avoir posé les questions suivantes, dont je n’ignore point ni le poids ni la gravité :

    Au moment où vous avez commencé à concevoir et à élaborer le contenu nauséabond  de ce courrier, quel était l’état d’esprit dans lequel vous vous trouviez ?  

    Un homme qui est capable d’un tel acte dans ce cas, peut-il s’imposer, dans d’autres situations, des limites éthiques, morales, déontologiques, ou autres ? Est-il capable d’interroger sa conscience avant d’agir quelque soit le but qu’il se propose d’atteindre ?

    Comment et pourquoi, un homme peut plonger dans une telle atrophie morale, et peut se considérer au dessus des lois à ce point tel qu’il peut agir, sans crainte ni scrupule, sous l’influence redoutable d’une telle sensation d’impunité pour le moins inquiétante ?  

    En lisant votre récit, j’ai en effet revue cette scène où le merveilleux Dictateur Charles Chaplin, jouant le rôle de Hitler enfermé dans sa résidence, tournait le monde sur son indexe tout en faisant des pirouettes sur son bureau. Et vous, Monsieur le Procureur Général, que faisiez-vous ou à quoi pensiez-vous au moment où vous conceviez et élaboriez votre récit d’un goût plus que douteux ?

    J’ai revu cette scène parce que, là où je tentais de rester debout, je pensais au merveilleux Dictateur qui disait : "Je n'ai ni pris de gants, ni choisi des mots polis, ni tenté de transiger avec quelque chose que la plupart d'entre nous éprouvent profondément. Il n'y a pas de terre promise pour les opprimés du monde entier. Il n'existe aucun lieu au-delà de l'horizon où ils peuvent trouver refuge. Il leur faut tenir debout."

    Ce que le passé nous réserve

    Je reviens maintenant sur les faits et constats relatifs à votre récit, et ce, en vue de ce que le passé nous réserve, comme on disait jadis sous le régime stalinien.  

    Perversion 

    1.  Déjà au stade de la conception de votre minable récit, ignoriez-vous vraiment que l’enjeu du jeu pervers que vous y exposez, ne peut être compris que par moi ? Car, pour vous comprendre, comprendre votre récit, ne faut-il pas bien connaître et comprendre les dossiers en question ? Montrer pour cacher, dire sans dire, dire le faux en sachant le vrai : quel est le véritable but que vous avez voulu atteindre par ce récit à court comme à moyen terme, et pendant une grève de la faim ?

    Votre stratégie, ne consistait-elle pas à vous créer ‘l’opportunité’ de dire à qui de droit : ‘Je suis allé le voir. J’ai discuté avec lui. Je lui ai donné une réponse. Je ne vois pas ce qu’il attend encore de moi’ ? Et, vous savez que le peuple peut vous comprendre parce que vous êtes homme de pouvoir, donc grand et sage comme Monsieur Y. 

    En effet, imaginons qu’un jour vous rencontrez, Monsieur le Procureur Général, dans la rue le nommé X qui vous demande vingt euros dont il dit avoir besoin dans l’urgence. Alors que vous vous apprêtez à les lui donnez, vous êtes rejoint par le nommé Y qui vous ‘informe’ que lui aussi vient de donner la même somme à X. Vous vous retournez alors vers X et lui demandez des explications. Celui-ci jure que Y ment et affirme qu’il ne lui a jamais donné ladite somme, avant d’ajouter : "il est vrai qu’il me les a donnés mais c’était pour les remettre à son voisin, c’est ce que j’ai fait."

    Puis, vous demandez à Y pour quoi il a donné les vingt euros à X. Vous avez la réponse : "Vous voyez, j’ai eu raison, n’est-ce pas ? Je lui ai bien donnés vingt euros ", mais il ne répond pas à la question de savoir pour quoi il lui a donné ladite somme. Il vous appartient désormais, soit de faire confiance à X et lui donner ce dont il a besoin, soit de tenter de savoir la vérité qui est pendue aux lèvres de Y qui ne parle plus. Comme le pervers ne parle pas, le peuple lui prête sagesse et grandeur. 

    Mensonge

    2.  "Espérant avoir répondu à vos interrogations", m’écrivez-vous, au terme de votre récit. Quelles sont les questions, et non pas les interrogations, que je vous ai posées, et au sujet de quels dossiers ? Vous ai-je demandé, par exemple, quelles étaient les décisions qui ont été prises, notamment, par la Chambre du Conseil et par la Chambre des Mises en Accusation dans l’affaire du ‘terrorisme d’Etat’ ? (Voire les questions au paragraphe "rappel des faits" ci-dessus) Vous éludez les questions qui vous sont posées, vous mentez.  

    Faux

    3.  Dans ce récit qui frise la paranoïa, vous écrivez : "En ce qui concerne les constitution de partie civile … contre les consorts DUTILLEUX, GENET, …" Savez-vous, Monsieur le Procureur Général, pour quelle raison vous avez tenu à abandonner sur votre chemin Messieurs Emmanuel PINTO et Roger PASCAL ? Deux personnes centrales dans l’un des deux dossiers, qui figurent bien parmi les personnes contre lesquelles je me suis constitué partie civile en main du juge d’instruction. Vous êtes un vil faussaire. 

    Mensonge

    4.  Vous y soulignez d’emblée la difficulté que j’aurais à accepter les décisions judiciaires me concernant, comme vous le dites. Je tiens à préciser d’abord que ces décisions ne me concernent en rien. Elles concernent les vils agissements des magistrats et auxiliaires de votre Parquet, notamment. Agissements par lesquelles j’ai effectivement été visé. Ceci étant dit, est-ce bien vrai que j’aurais la difficulté à accepter ces décisions ? Non, vous mentez.  

    Mais, supposons que vous disiez la vérité. Alors, de quelles décisions s’agit-il, au juste ? L’ordonnance de  non-lieu prononcée, 21 juin 1996, par la Chambre du Conseil ? L’arrêt de non-lieu rendu, le 17 avril 1997, par la Chambre des Mises en Accusation ? L’arrêt rendu, le 8 septembre 2004, par  la Cour de Cassation ? S’agirait-il de ces trois décisions citées dans votre récit ? Décisions que j’ai obtenues en menant le rude combat connu par le grand public, et que j’aurais donc la difficulté à accepter à présent. Comment allez-vous Monsieur le Procureur Général ? Que puis-je pour vous ?

    Manipulation

    5.  Y a-t-il, selon vous, un rapport entre les deux paragraphes ci-dessous, dont le premier se trouve à la première page, et le deuxième à la deuxième page de votre récit : 

    (1) "En ce qui concerne les constitutions de partie civile des 26 janvier et 6 juin 2001 contre les consorts DUTILLEUX, GENET, AYAR, AYOOGDU (sic) et UZUN, la chambre du conseil de Liège a rendu une ordonnance de dessaisissement du juge d’instruction le 9 janvier 2004 confirmée par la Chambre des mises en accusation le 1er juin 2004(…)"

    (2) Actuellement, il apparaît clairement que les faits pour lesquels vous étiez constitué partie civile du chef de faux en écriture, usage de faux et faux témoignage remontent à plus de cinq ans et sont prescrits, circonstance qui interdit toute reprise de l’action publique (…)."

    Nous sommes ici au cœur du problème qui me préoccupe à présent. Quant au rapport existant entre ces deux paragraphe, je vous laisse volontiers le soin de l’expliquer et vous défie de le faire en vous limitant à un texte ne dépassant pas les vingt pages.

     Quant à moi, je me contente ici de vous dire que vous faites preuve là, Monsieur le Procureur Général, de votre incontestable qualité de manipulateur professionnel, en y dissimulant délibérément et volontairement ce que je n’accepte effectivement pas, à savoir la décision du classement sans suite par votre Parquet de mes deux constitutions de partie civile. Parce qu’elle est l’expression inacceptable de l’arbitraire de votre volonté, et donc contre la loi.

     Et pour vous, Monsieur le Procureur Général, cette décision, est-elle acceptable ? Si oui, pour quoi ne le dites vous pas à la face du monde sans gêne ni contrainte ?

     N’est-ce pas la question que je vous ai posée, et qui a donné lieu à l’engagement de la grève de la faim ? 

     Mensonge

    6.  Dans votre récit, vous laissez sous-entendre que je me serais constitué partie civile à charge des magistrats. Est-ce bien vrai ? Non, vous mentez. 

    Mensonge

    7.  Vous y laissez sous-entendre également que l’arrêt rendu par la Cour de Cassation aurait laissé la porte ouverte à l’interprétation, pour le moins malveillante, que vous vous êtes permis d’en tirez. Est-ce bien vrai ? Non, vous mentez.

     Mensonge

     8.  Quand vous parlez de la (prétendue) prescription des faits dans un des deux dossiers, ignorez-vous vraiment que par les deux questions initiales que je vous ai posées, je ne vous demandais pas où nous nous trouvons à présent, mais je vous demandais comment et pourquoi sommes-nous arrivés là où nous nous trouvons aujourd’hui ? Vous travestissez les faits et vous mentez. 

    Mensonge

    9.  Dans votre récit surréaliste, vous laissez sous-entendre aussi que je me serais opposé au dessaisissement du Juge d’instruction, et que la Cour de Cassation m’aurait répondu négativement dans son arrêt susmentionné. Est-ce bien vrai ? Non, vous mentez.  

    Ce qui fait dudit arrêt un arrêt magistral, est l’entendu suivant qui parle de mes critiques concernant les vils agissement des juges d’instruction, et le refus - refus contre la loi - des juridictions d’instruction de vérifier l’illégalité de ces agissements : "Attendu qu’en tant qu’il critique les juges d’instructions, le moyen, étranger à l’arrêt attaqué, est également irrecevable… le moyen obligerait la Cour à vérifier les élément de fait de la cause, ce qui n’est pas dans son pouvoir."

    La Haute Cour me demandait d’exiger de vous, Monsieur le Procureur Général, de vérifier la légalité des actes dénoncés lors de l’instruction qui devrait poursuivre après le dessaisissement du Juge d’instruction, comme le soulignait par ailleurs Monsieur D. MARECHAL, Substitut du Procureur général, dans son réquisitoire du 18 février 2003 : "L’ordonnance (de soit communiqué, ndlr) n’a pas pour objet de clore l’instruction ni de reconnaître que celle-ci est complète. Par hypothèse l’instruction doit se poursuivre."

     C’est ce que j’ai fait durant la grève de la faim, notamment. Et c’est ce que je ferai demain avec la détermination qui est la mienne. M’entendez-vous et comprenez-vous ce que je vous raconte, Monsieur le Procureur Général ?

    Manipulation

     10.  "Malheureusement, le droit n’est pas une science exacte et par nature est soumis à des interprétations diverses que seuls les magistrats du siège sont appelés à trancher", dites-vous. Ne croyez-vous pas que vous tentez de couvrir, de cette façon, votre volonté de tout faire, et depuis des longues années, pour que précisément  les magistrats du siège ne soient pas appelés à trancher ? Vous êtes un vil manipulateur.

    Corruption

     "Ne faites jamais", disait Einstein, "quelque chose contre votre conscience, même si c’est l’Etat qui vous le demande".

     11.  En répondant à ces questions face à ce qui reste de votre conscience, n’admettriez-vous pas que la gravité de ce que vous avez fait volontairement et délibérément dans votre récit, est directement proportionnelle à la gravité de ce que vous avez voulu cachez derrière ce même récit ?

    12.  Qui plus est, en leur répondant, et encore et toujours, face à ce qui reste de votre conscience,  vous estimeriez-vous ‘victime’ de l’injure ou de l’insulte ? 

    Alibi ou oripeau 

    Justement, je souhaite m’attarder ici longuement sur cette tentative de menace et d’intimidation indiquée par une phrase en apparence banale, que j’ai lue dans le quotidien ‘Le Jour’ : "Sari ne craint pas un éventuel procès pour injure à magistrat."  Je ne comprends en effet pas pourquoi dois-je craindre quoi que ce soit, et de surcroît un procès pour injure à magistrat.

    Dans les courriers que je vous ai adressés, je me suis contenté de constater que votre récit est l’œuvre d’un irresponsable, d’un corrompu, d’un faussaire, d’un menteur, qui est entièrement détaché de sa conscience, et qui semble ignorer toute notion de devoir même la plus élémentaire.

    L’oeuvre d’un individu ayant une indéniable disposition active à nuire intentionnellement en faisant appel aux ressources de l’intelligence et de l’imagination, et une volonté de puissance allant de pair avec un manque de moralité, d’éthique et de scrupule complet. Un individu qui, par cette disposition et par cette volonté, s’emploie à détruire le sens de la réalité qu’il tente d’adapter à ses inspirations, agissant sous l’emprise du sentiment d’impunité que lui procure la sensation perverse de puissance. Ai-je menti ? 

    Et, si je tiens compte du fait que vous avez conçu, élaboré et rédigé ce récit en ayant en mains mes lettres des 31 janvier, 4 mars et 29 août 2005, il est clair qu’il n’y a vraiment plus aucune raison de ne pas y voir la marque d’un acte crapuleux posé volontairement et délibérément par un authentique joueur de rôle pour lequel "jouer un rôle dans une histoire, c'est la vivre de telle manière que vous en fassiez une réalité. En d'autres termes, c'est tenter de la rendre vraie. Vous reconnaîtrez que c'est exactement ce que le peuple allemand a fait sous Hitler. Il a essayé de transformer en réalité l'histoire qu'on lui racontait", comme le dit Daniel Quinn. Ai-je menti ?

    A l’appui de ce qui vient d’être dit, je tiens à préciser ici, Monsieur le Procureur Général, que je ne vous traite pas de ‘corrompu’, de ‘faussaire’, de ‘menteur’. Je ne vous insulte pas ni ne vous injurie. Je ne bluffe pas, je ne me défoule pas et je ne plaisante pas. Je ne joue pas au provocateur, ni au sensationnaliste, ni au Don Quichotte. Et - et c’est fondamental - je ne vous accuse pas.  Je constate. Autrement dit, je fais, simplement, état d’une constatation vérifiée par les faits. Faits que vous découvrirez en donnant réponse aux questions que je viens de vous poser, et qui concerne le contenu imaginaire et terrifiant de votre récit. 

    En effet, Monsieur le Procureur Général, qu’est-ce que l’injure si ce n’est l’expression outrageante qui ne renferme l’imputation d’aucun fait précis ? Et qu’est-ce que l’insulte si ce n’est la parole qui a pour seul objet d’outrager, d’offenser, de blesser la dignité ou l’honneur sans que cette parole ne renferme non plus l’imputation d’un quelconque fait précis ?

    Serait-ce alors une insulte ou une injure de vous dire que quelle que soit l'énormité de vos mensonges, vous vous y accrochez, et vous finissez par croire que vous obtiendrez la résignation de toute opposition, la réduire à l’impuissance et la disqualifier par la mainmise sur l’information réelle ; 

    Vous dire que pour vous les faits n’existent pas. Tout est révisable. Il n’existe ni références ni vérités évidentes. Tel n’est-il d’ailleurs pas dans la pratique, le terrible paradoxe du totalitarisme au pouvoir ? Son mépris des faits, son adhésion exclusive aux lois d’un monde fictif, constamment plus difficiles à maintenir, mais demeure aussi essentiel qu’hier ; Vous dire que vous altérez systématiquement le langage en croyant être maître des mots et de leur sens, et avoir le pouvoir de faire que les mots  signifient exactement ce qu’il vous plaît qu’ils signifient. De fait, comme le remarque Michel Schneider, "lorsque moi j’emploie un mot, il signifie exactement ce qu’il me plaît qu’il signifie, ni plus ni moins. C’est la meilleure définition que je connaisse de la perversion."

    Vous dire que vous jouez tout le temps sur les limites des mots et leur sens. Vous êtes toujours en train de faire dériver les mots vers un sens approximatif, vague, ou au contraire vous  reprécisez ou donnez l’impression de le faire, mais à un endroit où il y a une convention tacite de laisser cette signification dans le vague ; Vous dire que constamment vous remettez en question le sens commun, jouez avec les détails. En torturant ainsi la langue, vous témoignez précisément du rapport que vous avez à la réalité pour qu’elle corresponde à vos aspirations ou en tout cas à vos désirs. 

    Troisième constat

    Le jour où j’ai suspendu la grève de la faim, il ne me restait plus qu’à obtenir réponse à la lettre que je vous ai adressée le 23 mai 2006, lettre relative à votre triste courrier du 11 mai, dont nous venons de parler longuement :  

     "Monsieur le Procureur Général,

    Le Procureur de Roi de Charleroi, Monsieur DE WALKENEER, déclarait récemment : "Ne pas faire certaines choses, peut être un élément de corruption." Même s'il est vrai que là où il y a des corrompus, il y a nécessairement des corrupteurs, Monsieur DE WALKENEER visait par ces propos les attitudes et comportements des corrompus en particulier. 

    Pourquoi vous entretenir de tout cela, me direz-vous ? C'est parce que ces propos m'ont rappelé une définition que j'ai été amené à formuler dans une lettre adressée il y a plus de quinze ans, soit le 25 avril 1991, à Monsieur DESSART, alors Substitut du Procureur du Roi à Liège, et sur laquelle j'ai estimé utile, mais en vain, d'attirer votre attention dans ma lettre du 11 mai 2006. 

    "Corrompu", écrivais-je, "se dit de quelqu'un engagé ou qui s'engage par la solidarité, la persuasion, l'indifférence, des dons ou des promesses à agir personnellement ou à faire agir un tiers contre sa conscience et surtout son devoir." J'ai dû formuler cette définition en réponse à une lourde menace que Monsieur le Substitut avait proférée par son courrier du 11 avril 1991, en estimant sans doute que nous étions nécessairement des contemporains parce nous vivions à la même époque (voir la lettre ouverte que je vous ai transmise le 29 août 2005, pages 21-25). 

    En ce qui vous concerne, Monsieur le Procureur Général, force m'est de constater - et j'en suis vraiment désolé - que vous m'en avez fourni la preuve la plus éclatante dans votre tristement célèbre courrier du 11 mai courant qui est, je le répète, terrifiant par son contenu mensonger, provocateur, insultant, intimidant et menaçant, et ce, en y exprimant clairement votre volonté de "ne pas faire certaines choses" que, pourtant, vous devez faire dans le respect de la loi et du droit, dont, vous aussi, vous êtes tenu (voir ma lettre du 10 mai 2006). De cette façon, vous vous êtes délibérément enfermé dans une impasse dont il est impossible de vous libérer à court terme, me semble-t-il.

    Par conséquent, je vous prie d'avoir l'extrême obligeance de vous dessaisir du "dossier" qui me préoccupe à présent, de le transmettre à l'autorité compétente et de m'en aviser sans délai.  "Dossier" qui, je précise, enferme les deux dossiers d'instruction qui ont été ouverts suivant mes constitutions de partie civile, les 26 janvier et 6 juin 2001, en mains des juges d'instruction Mesdames REYNDERS et RUSINOWSKI, et qui, in fine, ont été transmis au Parquet Général, lequel les a classés sans suite. 

    Dans l'attente de vous lire, et en précisant, une fois encore, que j'irai, ici et maintenant, jusqu'au bout de l'exigence du respect de la loi et du droit, je vous prie d'agréer, Monsieur le Procureur Général, l'expression de ma légitime révolte que tout homme forcé à faire face à des agissements semblables aux vôtres, peut éprouver au plus profond de son être."

    Comme nous le constatons, je ne vous demandais plus de réponse aux questions que je vous ai initialement posées, et qui ont donné lieu à l’engagement de la grève de la faim. In fine, continuer la grève de la faim - entouré du silence quasi stalinien et sans aucun contrôle extérieur - revenait à vous permettre de noyer le tout dans la confusion, et ce, avec toutes les conséquences prévisibles et imprévisibles qu’on peut imaginer. Et, après une longue réflexion, j’ai considéré donc qu’il était plus judicieux de prendre distance dans l’immédiat afin d’éclaircir la situation, de vous tirer de l’impasse dans laquelle vous vous étiez volontairement enfermé, et dans laquelle vous aviez enfermé la grève de la faim. Il fallait donc impérativement reculer  pour mieux sauter par la suite, et sans tarder.  

    Objet de la présente

    Il consiste à vous demander de réserver réponse, et sans délai, à ma lettre susmentionnée du 23 mai 2006. Ni plus ni moins.

    Au cas où vous n’estimerez pas devoir satisfaire ma demande légitime en persistant dans l’arbitraire de votre volonté de prendre distance par rapport à la loi et au droit, je ne pourrais alors qu’en prendre acte, et agir en conséquence. Je reste en effet convaincu, comme le Mahatma Gandhi, que "tout compromis repose sur des concessions, mais qu’il ne peut y avoir de concessions quand il s’agit des principes fondamentaux."  

    Et aussi, je reste persuadé que je ne devrais plus essayer de vous répondre ni par la loi ni par le droit parce que vous ne les respectez pas. Donc, je ne peux désormais vous répondre que par l’intransigeance extrême parce que vous êtes inquiétant, et que je suis inquiet, comme je l’ai exprimé dans la lettre du 31 mai dernier que je vous ai adressée avant de quitter la place Saint-Lambert : 

    "Durant "mon séjour" de quarante-cinq jours sur la place publique", vous disais-je, "j'ai pu observer, une fois encore et avec une profonde tristesse, le fonctionnement de Milieu singulier dans lequel vous évoluez.

    Un Milieu clos - isolé à l'intérieur même de l'institution judiciaire - qui tourne sur lui-même ou autour de lui-même, et qui repousse violemment, comme tout Milieu qui se respecte, tout contrôle, tout regard, toute contestation et toute critique extérieure. Dans ce Milieu, que vous appelez injustement et improprement "le monde judiciaire", et qui n'inspire que la peur, l'intimidation et la menace, vous agissez systématiquement en prenant distance par rapport à la loi et au droit, comme le ferait, par exemple, un délinquant ordinaire. 

    En effet, la différence fondamentale, selon moi, entre la logique qui met en mouvement un délinquant ordinaire, et celle qui met en mouvement un délinquant au col blanc, est la suivante : le délinquant ordinaire se dit, en se référant à l'arbitraire de sa volonté seule : "je veux, donc je peux". Tandis que le délinquant au col blanc se dit, en se référant à son pouvoir seul : "je peux, donc je veux". Chacun raisonne donc à sa manière, mais tous deux prennent distance – sans crainte ni scrupule – par rapport à la loi et au droit.

    C'est bien cette prise de distance jubilatoire qui témoigne, je le répète, du sentiment d'impunité que vous procure – qui procure donc aux délinquants au col blanc – la sensation perverse de puissance. Puissance que vous croyez détenir, d'une façon illusoire, du lieu de pouvoir qui, en principe, est vide dans une démocratie, et de surcroît, dans une société régie par un Etat de droit démocratique. 

    Sous l'emprise de cette effroyable sensation – effroyable pour ceux qui sont forcés à lui faire face –, vous vous sentez tellement bien protégé contre la réalité du monde extérieur qui n'est pas totalitaire, que vous sous-estimez constamment le risque énorme et les conséquences graves de vos pratiques totalitaires. Pratiques qui s'inscrivent dans un processus d'irresponsabilité collective, d'abus dans ses différentes versions, de corruption caractérisée et de trafic d'influence en tout genre. Processus dont vous assurez collectivement la gestion et le fonctionnement plus que douteux.

    N'est-ce pas inquiétant ? Et jusqu'où est-ce tolérable ? 

    Dans l’attende de vous lire sans délai, je vous prie de réserver, Monsieur le Procureur Général, un accueil chaleureux à mes salutations sincères, quoi que vous en pensiez, 

    Mustafa Üner SARI

     

    Rue Joseph Remy, 12

    4000 Liège 

  • Il y a 21 ans...

    A l’heure où Mustafa Sari se remet à l’hôpital de 45 jours de grève de la faim menée place Saint-Lambert à Liège, vous trouverez ci-dessous la lettre qu’il envoyait au Roi le 7 juin 1985.

    Il s’y présente brièvement ainsi que les raisons de la grève de la faim qu’il entamera sur la Place Cathédrale à Liège le 10 juin 1985.

    Le caractère parfois « naïf » de ce courrier n’en soulève pas moins des faits cruellement d’actualité dont notamment l’utilisation à des fin politiques et économiques des communautés allochtones et ce « mur du silence ».

     

     

    Liège, le 7 juin 1985

    Sa Majesté le roi Baudouin Ier

    Palais Royal

    1000 Bruxelles

    Sire,

    Sans aucun doute vous souvenez-vous de ma lettre du 11 avril 1985 par laquelle je m’étais permis de soumettre en suprême recours à votre haute attention, l’existence de la situation socioculturelle très pénible dans laquelle se trouve placée et forcée la communauté des travailleurs turcs de Belgique.

    Bien que le problème dont je compte vous entretenir ne soit pas mon problème personnel et que je répugne à me présenter, il me paraît par essence que c’est indispensable.  Je sollicite votre indulgence pour cette indélicatesse.

    Je suis né le 20 mars 1948 dans un petit village anatolien.  Mon père est décédé alors que j’avais sept ans.  Nous étions dès lors, avec ma mère et mes trois frères dont le plus âgé avait quatorze ans, mis devant les plus dures réalités de la vie.  Nous avons émigré à Ankara où j’ai pu entreprendre un cycle d’étude quasi complet.  Ensuite, j’ai voulu appréhender librement des études d’économie politique, tout empreint par ailleur, du mythe de l’Occident…  J’ai quitté mon pays en août 1969…  J’ai été diplômé de l’Université Catholique de Louvain en 1978 (Licencié et maître en sciences économiques) et pour y parvenir, j’ai exercé divers métiers…

    Mais en 1978, par le pur hasard de la destinée, j’ai fait la connaissance de la communauté turque de Belgique.  Je n’ai découvert à travers elle que mon passé et ma vie entière : ces femmes à travers lesquelles je n’ai revu que ma mère, ces hommes à travers lesquels je n’ai retrouvé que mon père, ces jeunes et enfants à travers lesquels je n’ai réaperçu que mon enfance et ma jeunesse.

    Pour ma part donc, rester indifférent face à leur situation sociale insoutenable, à leur souffrance humaine insupportable équivalait à rester indifférent vis-à-vis de mon propre passé et de ma propre identité.

    J’avais subi comme tous ces hommes, femmes, jeunes et enfants, d’abord en Turquie et ensuite en Belgique, tous les aléas propres et peut-être indispensables dans le monde actuel, à cette vie singulière mais enrichissante qui est celle de tous les immigrés : fier d’être fidèle à mon passé, je ne pouvais qu’agir et réagir devant une telle manipulation des hommes dans toutes les dimensions de leur vie, derrière différents rideaux tendus devant l’opinion publique.

    Aussi, à la fin de l’année 1980, ai-je pris la lourde décision d’abandonner tout pour me consacrer entièrement à l’aide qu’il était nécessaire d’apporter à mes compatriotes.  Cette décision me plaça ainsi que les miens (mon épouse et mes quatre enfants) dans une situation socioprofessionnelle très délicate.

    En sept année d’actions menées non pas seulement par moi-même mais par un processus socioculturel dont j’ai été le promoteur (l’ASBL La maison des Turcs fondée en 1981), nous avons pu découvrir les réalités concrètes qui conduisent à l’oppression de la communauté des travailleurs turcs ; ces réalités concrètes vont des malversations quotidiennes commises au plus humble des niveaux jusqu’à celles institutionnalisées dans les grands corps administratifs, politiques, judiciaires…des Etats Belge et Turc.

    Ces réalités concrètes sont difficilement perceptibles parce que volontairement occultées par des mécanismes divers qu’il est impérieusement urgent de démasquer au risque sinon de mettre en péril l’avenir démocratique des pays concernés.

    Ces réalités concrètes sont d’autant plus difficilement perceptibles que notre isolement nous conduit inévitablement à un certain discrédit qui nous est imposé par le fait même de cet isolement.  Mais cette solitude ne nous est-elle pas imposée par un véritable mur de silence intéressé et de terreur sociopolitique invisible.  Stevenson disait pourtant : « …Un silence peut être parfois le plus cruel des mensonges ».  Pour rompre ce mur du silence, en cette année de la jeunesse, au nom de ces milliers de jeunes et enfants silencieux et impuissants, j’ai choisi d’avoir recours à cet acte ultime qu’est la grève de la faim.  Par cet acte, à priori excessif, nous espérons l’intervention généreuse, humanitaire et neutre de Votre Majesté en désignant une commission d’enquête sous l’égide de la Fondation Roi BAUDOUIN.

    Le seul objectif de cette enquête serait de révéler au grand jour la situation de la communauté des travailleurs turcs qu’on peut réellement qualifier de génocide socioculturel.  Quant aux remèdes à apporter à telle situation, il ne m’appartient pas, dans un régime démocratique, ni de les pressentir, ni à fortiori de les imposer.  Tels ne peuvent être non plus les objectifs de la commission que vous désigneriez.

    Je me permets respectueusement de faire mien vos propos : « …Une démocratie modèle a besoin de citoyens bien informés et qui participent à tous les aspects de la vie collective.  Des citoyens qui comprennent le fonctionnement des institutions, qui saisissent les enjeux des débats politiques, qui mesurent les conséquences des décisions les concernant… » (Votre allocution de nouvel an – 18.01.1985).

    Conscient de n’avoir pu apporter en ces quelques lignes toutes précisions, je me permets de me tenir respectueusement à votre disposition pour toute entrevue que vous pourriez estimer opportune.

    De Votre Majesté, Sire, je reste le fidèle et humble serviteur.

    SARI Mustafa.

    Jonruelle 24

    4000 Liège