• Bocarmé corrompu !

     

    Monsieur le Procureur Général,

    Concerne : Encore et toujours ma lettre du 23 mai qui est restée sans réponse et qui est relative à vos agissements dignes d'un corrompu avéré comme vous en avez fait preuve dans votre courrier du 11 mai.

    En quittant la place Saint-Lambert ce jeudi 1er juin à 7 h 30, et en attendant de lire la suite que vous réserverez – je n'en doute pas un seul instant – à ma lettre du 23 mai, dont mention sous rubrique, je me permets de vous faire part des réflexions ci-dessous, qui ont une importance capitale pour ce que l'avenir proche nous réserve.

    Durant "mon séjour" de quarante-cinq jours sur la place publique, j'ai pu observer, une fois encore et avec une profonde tristesse, le fonctionnement de Milieu singulier dans lequel vous évoluez.

    Un Milieu clos – isolé à l'intérieur même de l'institution judiciaire – qui tourne sur lui-même ou autour de lui-même, et qui repousse violemment, comme tout Milieu qui se respecte, tout contrôle, tout regard, toute contestation et toute critique extérieure.

    Dans ce Milieu, que vous appelez injustement et improprement "le monde judiciaire", et qui n'inspire que la peur, l'intimidation et la menace, vous agissez systématiquement en prenant distance par rapport à la loi et au droit, comme le ferait, par exemple, un délinquant ordinaire.

    En effet, la différence fondamentale, selon moi, entre la logique qui met en mouvement un délinquant ordinaire, et celle qui met en mouvement un délinquant au col blanc, est la suivante : le délinquant ordinaire se dit, en se référant à l'arbitraire de sa volonté seule : "je veux, donc je peux". Tandis que le délinquant au col blanc se dit, en se référant à son pouvoir seul : "je peux, donc je veux". Chacun raison donc à sa manière, mais tous deux prennent distance – sans crainte ni scrupule – par rapport à la loi et au droit.

    C'est bien cette prise de distance jubilatoire qui témoigne, je le répète, du sentiment d'impunité que vous procure – qui procure donc aux délinquants au col blanc – la sensation perverse de puissance.

    Puissance que vous croyez détenir, d'une façon illusoire, du lieu de pouvoir qui, en principe, est vide dans une démocratie, et de surcroît, dans une société régie par un Etat de droit démocratique.

    Sous l'emprise de cette effroyable sensation – effroyable pour ceux qui sont forcés à lui faire face –, vous vous sentez tellement bien protégé contre la réalité du monde extérieur qui n'est pas totalitaire, que vous sous-estimez constamment le risque énorme et les conséquences graves de vos pratiques totalitaires.

    Pratiques qui s'inscrivent dans un processus d'irresponsabilité collective, d'abus dans ses différentes versions, de corruption caractérisée et de trafic d'influence en tout genre. Processus dont vous assurez collectivement la gestion et le fonctionnement plus que douteux.

    N'est-ce pas inquiétant ? Et jusqu'où est-ce tolérable ?

    Je vous souhaite "bonne prise de note" de ces réflexions, et vous prie, Monsieur le Procureur Général, de compter sur ma détermination concernant la suite appropriée que je réserverai aux événements dans les semaines à venir.

    Mustafa Üner SARI

     

  • A propos de la médiocrité d'esprit

     

    Monsieur le Procureur Général,

    Concerne : Ma lettre du 23 mai restée sans suite. 

    Suivant votre précieux conseil que vous avez tenu à me donner dans votre courrier du 10 mai courant, si je me constitue partie civile en main d'un juge d'instruction, puis-je, selon vous, demander à ce juge de ne pas estimer – au terme de sa prétendue instruction – concernés les magistrats de votre Parquet, notamment.

    En vous posant cette question, dont l'extrême gravité ne peut être saisie par un observateur extérieur, je souhaite vous dire que je ne sais plus comment faire pour vous libérer de l'emprise ravageuse de cette sensation perverse de puissance et d'impunité. Vous en libérer pour que vous puissiez enfin prendre conscience de la gravité de vos actes et d'agir en conséquence. Ainsi et surtout, pour que vous cessiez de prendre distance – et d'une façon jubilatoire – par rapport à la loi et au droit à l'image d'un monarque d'un autre âge : hautain, suffisant et arrogant. 

    Par contre, je peux vous dire qu'il m'est pénible de faire face encore longtemps, ici et maintenant, aux deux poids qui pèsent sur vos épaules, et qui doivent être difficiles – quoi que vous en disiez – à porter au quotidien : celui de la médiocrité d'esprit et celui de la vulgarité du manque criant d'éthique et de moralité.

    Ceux-là même qui peignent votre terrifiant courrier du 10 mai identique à ces formulaires que vous connaissez fort bien, et dont vous faites si souvent et perfidement usage sans laisser aucune trace de dégoût, ni laisser place à la finesse tant est si grand leur impudence. 

    Et enfin, par respect à ce qui reste de la légitimité du pouvoir public dont vous êtes représentant, puis-je, une ultime fois, vous prier de répondre – aujourd'hui même - à ma lettre du 23 mai 2006.

    Pardonnez-moi de vous prier de ne recevoir, Monsieur le Procureur Général, que l'expression de ma légitime révolte et indignation que j'éprouve profondément face à l'image que vous faites porter à nos institutions et à notre Etat de droit. 

    Mustafa Üner SARI

    Gréviste de la faim

    Place Saint-Lambert

    Face au Palais de Justice

  • "Respecter les feux"

    Monsieur le Procureur Général,

     Concerne : Mes lettres des 23 et 26 mai restées sans réponse. 

    A l'entrée de votre Palais est placé depuis quelques jours un panneau sur fond jaune fluorescent où nous lisons : "Respecter les feux". C'est bien, parce qu'il y a déjà eu des accidents.

    Mais, je me demande si ce ne serait pas mieux de placer un autre panneau à côté de celui-ci sur lequel nous pourrions lire : "Respecter les barrières des lois". Et ce, avant d'écrire sur les murs du Palais de Justice : "Supprimer les barrières des lois entre les hommes équivaut à supprimer les libertés humaines et à détruire la liberté en tant que réalité politique vivante, car l'espace entre les hommes tel qu'il est délimité par les lois est l'espace vital de la liberté." (Hannah Arend).

     Vous conviendrez sans doute avec moi qu'un homme qui n'est pas libre ne peut pas respecter les feux. Parce qu'en ne sachant pas ce qu'est la liberté, il ne peut effectivement pas comprendre le respect des feux qui ont pour fonction de limiter sa liberté, là où commence celle de l'autre.

     Quant à moi, je me sens plus libre depuis le 21 juin 1995. Ce jour-là, j'ai senti, au plus profond de moi, ma confiance brisée dans les institutions de notre pays. C'est dans cette blessure que je puiserai la force nécessaire pour aller jusqu'au bout de ce "Non" radical que j'ai opposé aux menottes qui liaient mes deux poignets dans le dos, entre les murs du Palais de Justice de Liège.

     Et ce, en tendant l'oreille à Hérodote qui proclama sur la place publique, la place des citoyens : "Le monarque renverse les lois de la patrie, sans observer aucune formalité. Il n'est pas de même du gouvernement démocratique, on l'appelle isonomie, l'égalité des lois. C'est le plus beau de tous les nom".

     Je reste cependant, de votre Autorité, Monsieur le procureur Général, le plus humble et le plus fidèle serviteur, en attendant de lire la suite que vous réserverez à ma lettre du 23 mai courant.

     Mustafa Üner SARI

  • Pétition en ligne

    Texte de la pétition :

    Monsieur le Procureur Général,

    Par la présente, nous vous demandons de bien vouloir répondre précisément aux deux questions que vous pose Mr. Mustafa SARI en grève de la faim face au Palais de Justice depuis le 17 avril 2006, et ce pour jeudi 1er juin au plus tard.

    Sinon, devrions-nous en déduire que votre silence est un aveu d’impuissance de la Justice face à ses propres « dysfonctionnements » ?

    Des citoyens inquiets.

    Pour signer la pétition : http://sari.montki.eu/

  • C'est long 40 jours....

  • 40 jours en grève de la faim !

                Liège, le 26 mai 2006

     

    Monsieur le Procureur Général,

     

    Concerne : Ma lettre du 23 mai courant restée sans suite.

     

    Indépendamment de l'analyse et des réflexions que je vous transmets par la présente, j'estime qu'il est temps de dévoiler ici l'un des deux objectifs principaux de ma grève de la faim. Il consistait à vous faire avouer la vérité par le silence. Ce qui est fait. Car, le silence n'est que le plus cruel des mensonges, et il est pire que ce qu'il couvre ou dissimule.

    Pour comprendre cela, Monsieur le Procureur Général, il suffit de vous interroger sur la question de savoir ce qui vous a empêché de dire publiquement que, tant le traitement par les juges d'instruction et par les juridictions d'instruction, que le classement sans suite par votre Parquet des deux dossiers d'instruction qui me préoccupent à présent, ont été respectueux de la loi ainsi que des règles et principes les plus élémentaires du droit.

    Le comprenez-vous ?

     

    Vous souvenez-vous ? Dans un entretien que vous aviez accordé au quotidien "La Libre Belgique" à propos d'un dossier, vous disiez : "Si je voulais cacher ce dossier, je l'aurais fait."

    Et, dans ma lettre du 5 décembre 2005, je vous écrivais : "Après avoir appris que si vous vouliez cacher un dossier, vous pouviez le faire, je me demande si le fait de vous adresser une demande en se référant au droit et à la loi, comme je souhaite le faire par la grève de la faim, a encore un sens. J'y réfléchis."

    Il m'était effectivement impossible de comprendre d'abord, et d'admettre ensuite, que vous puissiez vous permettre de cacher un dossier si vous le vouliez, comme si le respect de la loi et du droit n'était que l'expression de l'arbitraire de votre volonté dans une société régie par un Etat de droit.

     

    J'ai dû alors postposer la grève de la faim initialement prévue pour le 10 décembre 2005, et ce, je précise, eu égard à la gravité de vos propos susmentionnés.

     

    J'ai donc longtemps réfléchi à ce que je devrais faire et aux précautions que je devrais prendre avant d'entamer cette grève.

     

    Au terme de mes réflexions et recherches, j'ai alors eu l'impression de me trouver dans un vide où je n'apercevais plus que le règne sans partage de la loi du plus fort comme la seule loi valide. Puis, il n'y a pas de Sujet, me suis-je dit, si, à un moment donné, on ne se lance pas dans le vide avec la volonté d'assumer sa lourde responsabilité de citoyen épris de la protection de la pérennité de la justice, de l'Etat de droit et de la liberté.

     

    C'est dans ce vide que j'ai trouvé, comme prévu, le terrifiant courrier que vous m'avez transmis le 10 mai courant. Comme prévu car, ce courrier était l'œuvre d'un dieu antique en colère agissant sous l'emprise de cette sensation perverse de puissance et d'impunité.

     

    Comme prévu encore car, c'est bien derrière ce courrier que vous avez cru pouvoir cacher "le dossier" qui me préoccupe à présent, en oubliant sans doute que c'est la seule chose que je ne peux vous permettre ici et maintenant. Même si je peux comprendre que la gravité de vos actes est toute relative à la gravité de ce que vous tentez de couvrir, depuis quarante jours, que ce soit par votre silence, ou par vos mensonges, notamment.

     

    C'est pourquoi, je vous prie de réserver suite, et sans délai, à ma lettre du 23 mai courant, et de recevoir, Monsieur le Procureur Général, l'expression de mes sentiments que je soumets à votre appréciation.

     

    Mustafa Üner SARI

    Gréviste de la faim

    Place Saint-Lambert

    Face au Palais de Justice

    4000 Liège

     

     

     

  • Lettre au PG

    Liège, le 23 mai 2006

     Monsieur le Procureur Général,

    Concerne : La recherche de la réponse à la question de savoir ce qu'on peut faire quand le mur érigé par l'abus de pouvoir systématique devient passage.

    Le Procureur de Roi de Charleroi, Monsieur de WALKENEER, déclarait récemment : "Ne pas faire certaines choses, peut être un élément de corruption." Même s'il est vrai que là où il y a des corrompus, il y a nécessairement des corrupteurs, Monsieur de WALKENEER visait par ces propos les attitudes et comportements des corrompus en particulier.

    Pourquoi vous entretenir de tout cela, me direz-vous ? C'est parce que ces propos m'ont rappelé une définition que j'ai été amené à formuler dans une lettre adressée il y a plus de quinze ans, soit le 25 avril 1991, à Monsieur DESSART, alors Substitut du Procureur du Roi à Liège, et sur laquelle j'ai estimé utile, mais en vain, d'attirer votre attention dans ma lettre du 11 mai 2006. 

    "Corrompu", écrivais-je, "se dit de quelqu'un engagé ou qui s'engage par la solidarité, la persuasion, l'indifférence, des dons ou des promesses à agir personnellement ou à faire agir un tiers contre sa conscience et surtout son devoir."

    J'ai dû formuler cette définition en réponse à une lourde menace que Monsieur le Substitut avait proférée par son courrier du 11 avril 1991, en estimant sans doute que nous étions nécessairement des contemporains parce nous vivions à la même époque (voir la lettre ouverte que je vous ai transmise le 29 août 2005, pages 21-25). 

    En ce qui vous concerne, Monsieur le Procureur Général, force m'est de constater – et j'en suis vraiment désolé – que vous m'en avez fourni la preuve la plus éclatante dans votre tristement célèbre courrier du 11 mai courant qui est, je le répète, terrifiant par son contenu mensonger, provocateur, insultant, intimidant et menaçant, et ce, en y exprimant clairement votre volonté de "ne pas faire certaines choses" que, pourtant, vous devez faire dans le respect de la loi et du droit, dont, vous aussi, vous êtes tenu (voir ma lettre du 10 mai 2006).

    De cette façon, vous vous êtes délibérément enfermé dans une impasse dont il est impossible de vous libérer à court terme, me semble-t-il. 

    Par conséquent, je vous prie d'avoir l'extrême obligeance de vous dessaisir du "dossier" qui me préoccupe à présent, de le transmettre à l'autorité compétente et de m'en aviser sans délai. 

    "Dossier" qui, je précise, enferme les deux dossiers d'instruction qui ont été ouverts suivant mes constitutions de partie civile, les 26 janvier et 6 juin 2001, en mains des juges d'instruction Mesdames REYNDERS et RUSINOWSKI, et qui, in fine, ont été transmis au Parquet Général, lequel les a classés sans suite.

    Dans l'attente de vous lire, et en précisant, une fois encore, que j'irai, ici et maintenant, jusqu'au bout de l'exigence du respect de la loi et du droit, je vous prie d'agréer, Monsieur le Procureur Général, l'expression de ma légitime révolte que tout homme forcé à faire face à des agissements semblables aux vôtres, peut éprouver au plus profond de son être.  

     

    Mustafa Üner SARI

    Gréviste de la faim

    Place Saint-Lambert

    Face au Palais de Justice

  • Lettre ouverte à propos du courrier du PG du 11 mai

      

    LETTRE  OUVERTE

    Liège, le 22 mai 2006

     

    Mesdames, Messieurs,

    Chers Ami(e)s,

    Depuis dix jours, vous m'interpellez, sans cesse et avec insistance, en me demandant de faire une analyse détaillée du courrier que Monsieur le Procureur Général Cédric VISART de BOCARME m'a transmis le 11 mai courant. Et cela, afin de comprendre ce que j'ai écrit et dit à ce sujet.

    J'ai refusé et je refuse d'analyser ce courrier dans ses détails afin de priver Monsieur le Procureur Général du plaisir de me voir acculé à me justifier, et partant, à alimenter la polémique sur la place publique pour lui permettre de noyer le poisson.

    Je vous prie donc de vous contenter des quelques remarques, parmi tant d'autres plus complexes, que je vous livre ci-dessous et de comprendre que j'ai un besoin urgent d'une certaine sérénité pour mener à bien et conduire à son terme la grève de la faim que j'assume depuis le 17 avril dernier.

     

    REMARQUES.

     

    1.-     D'emblée, Monsieur le Procureur Général parle, dans son courrier, de la difficulté que j'aurais à accepter les décisions me concernant prises dans le passé. Selon lui, de quelles décisions s'agit-il ?

      De l'ordonnance de non-lieu rendue le 21 juin 1996 par la Chambre du conseil ;

      De l'arrêt de non-lieu rendu le 17 avril 1997 par la Chambre des mises en accusation ;

    De l'arrêt rendu, le 8 septembre 2004, par la Cour de Cassation.

    Il s'agit donc de trois décisions que j'ai obtenues en menant le rude combat connu par tous et que, selon Monsieur le Procureur Général, j'aurais la difficulté à accepter à présent.

     

    Il ment.

     

    Et je tiens à souligner ici que toutes ces décisions ne me concernent en rien. Elles concernent les agissements inconsidérés des magistrats et auxiliaires concernés. Agissements par lesquels j'ai effectivement été visé.

     

    2.-     Monsieur le Procureur Général laisse sous-entendre que je me serais constitué partie civile à charge des magistrats de son Parquet, notamment.

     

    Il ment.

     

    3.-     Monsieur le Procureur Général laisse également sous-entendre que l'arrêt rendu par la Cour de Cassation aurait laissé la porte ouverte à l'interprétation qu'il en tire.

     

    Il insulte la Haute Cour en lui prêtant des intentions pour le moins regrettables.

     

    4.-     Au quatrième paragraphe de la première page ainsi qu'au septième paragraphe de la deuxième page de son courrier, Monsieur le Procureur Général parle de "différents dossiers" en, les enfermant volontairement dans un flou savant pour les rendre incompréhensibles au commun des mortels. Il soustrait ainsi aux regards extérieurs ce que je n'accepte effectivement pas. C'est-à-dire le classement sans suite de mes deux constitutions de partie civile en main de deux juges d'instruction les 26 janvier et 6 juin 2001.

     

    Il ment et manipule les faits avec une certaine compétence que je ne peux contester.

     

    En conclusion, comme je l'ai écrit, dit et redit, le seul but que Monsieur le Procureur se propose d'atteindre par son courrier, est de masquer la vérité en lui donnant un éclairage personnel qui la rend trompeuse.

    Et je continue de croire que pour élaborer et mettre sur papier le contenu de ce courrier avant de me le transmettre, il faut être un irresponsable entièrement détaché de sa conscience, dépourvu de tout sens du devoir et d'éthique, et ce, en agissant sous l'emprise de ses pulsions violentes, et en se laissant volontiers abuser par l'empathie, apparemment irrésistible, pour la solidarité de corps.

    Je communique, pour information, la copie de la présente à Monsieur le Procureur Général.

    Fraternellement.

     

    Mustafa Üner SARI

     

  • Lettre de ce jour au PG (33ième jour de grève de la faim)

     

    Monsieur le Procureur Général, 

    Concerne : Le conflit lié à votre terrifiant courrier du 11 mai courant qui donne froid dans le dos. 

    En vous souhaitant un cinquième bon week-end, je me permets de vous rappeler que j'entamerai, ce lundi prochain, la sixième semaine de l'ultime résistance que j'ai engagée le 17 avril dernier. 

    A cette occasion, je souhaite répondre ici à la question de savoir jusqu'à quand durera la grève de la faim ; question que les maîtres se posent apparemment dans les coulisses, et que les porteurs de valise me posent épisodiquement lors des visites de "courtoisie" qu'ils me rendent.

     Elle durera, Monsieur le Procureur Général, jusqu'à ce que vous me communiquiez vos réponses aux deux questions que je vous ai posées. Pour autant, évidemment, que mon corps suive ma volonté et ma détermination d'aller jusqu'au bout de l'exigence légitime du respect de la loi et du droit.

     Pour ce qui est de ma détermination, elle est directement proportionnelle à "la difficulté que vous avez à accepter" la source du conflit qui nous oppose à présent.

     Elle réside dans votre souhait de me voir, en tant que titulaire du droit, soumis à l'arbitraire de votre volonté heurtant violemment à l'essor de l'Etat de droit démocratique. Essor illustré, depuis le temps des Lumières, par un principe universel qui veut que nul n'aurait désormais de pouvoir qu'en vertu du droit, et que chacun devrait se voir soumis à l'obligation de respecter une loi qui le précède.

     Il vous faudrait donc accepter que, depuis ce temps lointain, le respect de la loi et du droit n'est plus l'expression de l'arbitraire de votre volonté, et que la seule loi valide n'est plus la loi du plus fort.

     Par conséquent, vous poser des questions, c'est mon droit, et y répondre, c'est votre devoir. Et, c'est la seule chose qu'il ne vous appartient certainement pas d'accorder ou refuser, car elle ne vient que du droit. 

    Dans l'attente de vous lire, je vous prie de recevoir, Monsieur le Procureur Général, l'expression de ma respectueuse considération.

     

    Mustafa Üner SARI

  • Une mise au clair

    Liège, le 16 mai 2006.

     

    Votre Réf. : D/40354/M1/JK                                         

    Concerne : votre courrier du 11 mai 2006. 

    Monsieur le Procureur Général, 

    Pour le dire avec les termes du philosophe Ernst Jünger, "une erreur ne devient une faute que lorsqu'on ne veut pas en démordre", comme vous en avez donné, à votre tour, la preuve éclatante dans votre courrier terrifiant du 11 mai courant, dont mention sous rubrique.

    Et ce, en revendiquant, dans ce même courrier, le rôle de l'idéologue éclairé qui brille dans l'art de manipulation par diffusion de vils mensonges très mal dissimulés sous couvert de prétendues "interprétations", ayant pour seul but de masquer la vérité en lui donnant l'illusion d'éclairage qui la rend trompeuse. 

    Idéologue qui croit pouvoir adapter ainsi la réalité à ses inspirations, en tout cas à ses désirs, et cela d'une façon qui témoigne du sentiment d'impunité que procure la sensation perverse de la force – de la loi du plus fort – dont "la faiblesse est de ne croire qu'à la force", comme le disait Paul Valéry.

    Dans ces circonstances, se pose alors la question de savoir s'il faut, en empruntant des voies détournées que je méprise, éviter le conflit ainsi déclaré, ou l'affronter de face afin d'éviter la redoutable impasse de la perversion en tous genres, et plus particulièrement, celle du langage altéré.

     Sans prendre des gants, ni choisir des mots polis, la nécessité éthique et morale à laquelle je suis très attaché, m'oblige ici à vous dire, Monsieur le Procureur Général, qu'il m'importe peu que vous vous laissiez volontiers abuser par votre empathie pour la solidarité de corps, notamment. Et j'en veux pour preuve la gymnastique mentale pour le moins malveillante que vous exécutez, dans votre courrier susmentionné, autour de l'arrêt magistral rendu, le 8 septembre 2004, par la Cour de Cassation ; arrêt qui a marqué la victoire du droit sur l'arbitraire, et qui – et c'est fondamental – justifie le bien fondé de la grève de la faim que j'assume depuis le 17 avril dernier.

    Quant à "malheureusement", comme vous le dites, "le droit n'est pas une science exacte et est par nature soumis à des interprétations diverses que seuls les magistrats du siège sont appelés à trancher", vous semblez vouloir pousser dans l'ombre ce que je vous ai écrit à ce sujet dans ma lettre du 27 octobre 2005, et en parlant déjà de la grève de la faim que j'assume à présent (voir p. 3, section intitulée "La voie de la résistance", deuxième paragraphe). En effet, tout était fait pour rendre inaccessibles ou injoignables les cours et tribunaux où le droit devrait être dit et la justice rendue. 

    A contrario, ce qui m'importe, c'est de vous prier, et une dernière fois, d'avoir un minimum d'égard pour les prérogatives légales de votre haute fonction, et d'agir en conséquence. Et ce, faut-il le souligner, au seul regard de la loi et du droit.

    En ce sens, je tiens à vous dire, une fois encore, que j'irai jusqu'au bout de l'exigence légitime du respect de la loi, du droit et de la vérité, fût-elle judiciaire, en attendant de lire vos réponses aux deux questions que je vous ai soumises dans ma lettre du 10 avril dernier, et qui concernent, je le souligne, les décisions prises et les actes accomplis, notamment, par votre Parquet, par les juges d'instruction concernés et par les juridictions d'instruction à Liège, et non pas par la Cour de Cassation ou autres.

     Et enfin, je vous prie de croire, Monsieur le Procureur Général, qu'il ne paraît pas raisonnable d'en conclure à un quelconque "complot" qui serait dirigé, notamment, contre des magistrats et auxiliaires concernés de votre Parquet, ou qui viserait à déstabiliser l'institution judiciaire de notre Etat de droit auquel je reste très attaché, et très respectueux. 

    Mustafa Üner SARI

    Gréviste de la faim

     

  • Une mise au point

    Liège, le 11 mai 2006

    Monsieur le Procureur Général,

    Concerne :votre courrier du 11 mai courant ayant pour seul but de masquer la vérité en lui donnant l’éclairage qui la rend trompeuse.

    Eu égard à la réponse que j’ai réservée à votre courrier cité sous rubrique, puis-je vous prier de bien vouloir lire les paragraphes 2.2 et 2.3 de ma lettre ouverte du 29 août 2005 adressée à vous-même et à Madame la juge d’instruction D.REYNDERS.

    Et d’attirer votre attention sur le paragraphe 4.6 de cette même lettre où vous découvrirez ceci : « Corrompu se dit de quelqu’un engagé ou qui s’engage par la solidarité, la persuasion, l’indifférence, par des dons ou des promesses à agir personnellement ou à faire agir un tiers contre sa conscience et surtout contre son devoir. »

    Ceci étant dit, il ne me paraît pas raisonnable de conclure à un quelconque « COMPLOT » qui serait dirigé contre les magistrats et auxiliaires concernés de votre Parquet, notamment, ou qui viserait à déstabiliser l’institution judiciaire.

    Je vous prie de recevoir, Monsieur le Procureur Général, l’expression de ma respectueuse considération.

    Mustafa Üner SARI

    Gréviste de la faim

  • Réponse de M.Sari

    Liège, le 11 mai 2006 

    Monsieur le Procureur Général, 

    J’accuse bonne réception de votre courrier de ce jour qui, à mon estime, ne mérite aucune considération. 

    Je suis désolé de vous dire que j’irai jusqu’au bout dans l’exigence légitime du respect de la loi, du droit et de la vérité. 

    Dans l’attente de lire vos réponses à deux questions que je vous ai soumises dans ma lettre du 10 avril dernier, je vous prie de recevoir, Monsieur le Procureur Général, l’expression de ma respectueuse considération. 

    Mustafa SARI

    Gréviste de la faim.

  • Lettre au Procureur Général

    Suite à l’entretien que Mustafa Sari a eu avec Cédric Visart de Bocarmé sur la Place Saint Lambert mercredi soir, vous trouverez ci-joint la lettre qu’il lui a adressé ce matin, au 25ième jour de la grève de la faim.

    Liège, le 10 mai 2006 

    Monsieur le Procureur Général, 

    Suite à notre aimable entretien de ce jour, ce dont je vous remercie vivement, je souhaite vous faire part des quelques réflexions qui suivent. 

    J’ai l’intime conviction que vous ne pouvez pas, en tant que homme de loi, couvrir les graves anomalies volontaires et délibérées dont ont été objet aussi les deux dossiers ouverts suivant ma constitution de partie civile en main de Mesdames les juges d’instruction REYNDERS et RUSINOWSKI. 

    Et, en tant que homme de droit entièrement détaché de l’empathie pour l’esprit du corps, cela devrait vous être d’autant plus impossible, me semble-t-il. 

    Après onze ans de lutte, j’ai besoin de croire que, malgré tout, il se trouve des hommes de droit capables d’agir dans un sens qui respecte l’essence profonde de la loi. La loi qui soit, très concrètement, l’expression du droit et de la justice.

    En ne prenant en considération que ce qui « devrait être » quant au respect de la loi et du droit, je ne souhaite pas avoir la grossièreté de vous dicter ici ce que vous pouvez – ou désirez – faire en ce sens… 

    Cela me semble plus opportun de vous en laisser l’appréciation. 

    Ce que je souhaite par contre, c’est qu’en quittant l’endroit où je me trouve à présent, il me faut tourner la page bien comprise, et tourner enfin vers l’avenir en tant que citoyen d’une société démocratique régie par un Etat de droit, auxquels je reste très attaché. 

    Dans l’attente, je vous remercie encore et vous prie de recevoir, Monsieur le Procureur Général, l’expression de ma respectueuse considération,

    Mustafa Üner SARI

    Gréviste de la faim.

  • Lettre de Mustafa au Procureur Général

     

    Liège le 8 mai 2006 

    Monsieur le Procureur Général

    Le soir de ce vendredi 5 mai, en vous voyant quitter votre palais, j’ai eu envie de vous interpeller, dans la rue et de vous demander ce qui vous empêche, depuis des mois, de m’écrire que, dans le cas qui nous préoccupe, tous les actes qui ont été accomplis, toutes les décisions qui ont été rendues durant onze ans, ont été respectueuses de la loi ainsi que des règles et principes du droit.

    Et en écrivant ces mots, je pense inévitablement à ce que André Gide disait aux Bolchéviques : « La vérité, fut-elle si douloureuse, ne blesse que pour guérir. »

    Dans l’attente de vous lire, et à votre meilleure convenance, je vous prie de recevoir, Monsieur le Procureur Général, l’expression de ma respectueuse considération,

    Mustafa Üner SARI.

  • Lettre de Mustafa au Procureur

     

    Liège le 4 mai 2006

    Monsieur le Procureur Général,

    Le silence, dont j’écoute le bruit assourdissant là où je me trouve depuis le 17 avril dernier, ne pourrait-il pas être le plus cruel des mensonges comme il pourrait être pire que ce qu’il tente de couvrir ou dissimuler ?

    Par la présente, je tiens à confirmer que je combattrai jusqu’au dernier souffle ce que ce silence couvre ou dissimule à présent, comme je l’ai combattu durant des longues années.

    Dans ces circonstances, faut-il penser à la mort ?  Je ne le pense pas car, « la mort n’est rien. Ce qui compte, c’est l’injustice », comme l’écrivait jadis Albert Camus.

    Et puis, nous pourrions en convenir avec Rudyard Kipling qui écrit : «Si on demande pourquoi nous sommes mort, dites que parce que nos pères ont menti. »

    Dans l’attente de vous lire, je vous prie de recevoir, Monsieur le Procureur Général, l’expression de ma respectueuse considération.

    Mustafa Üner Sari

    Face au Palais de Justice

  • Citation de Gandhi

     

    "First they ignore you, then they laugh at you, then they fight you, then you win".  D'abord ils vous ignorent, puis ils vous ridiculisent avant de vous combattre et, enfin, vous remportez la victoire.

  • Ah bon, Mustafa ne serait pas un cas isolé ?

     

    Dossiers pénaux au placard

    Le parquet de Bruxelles a longtemps glissé certains dossiers sous le tapis. Histoire de faire face à une pénurie de personnel, une accumulation d'affaires et un arriéré judiciaire galopant. La pratique est dénoncée de toutes parts. Trop tard?

     

    http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=283920

     

     

  • Photo de Jim Sumkay (dans Liège04)

     

    Photo de Jim Sumkay dans le No Comment quotidien

     

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  • Lettre au Procureur Général

     

    Monsieur le Procureur Général,

     

     Concerne : Grève de la faim de Monsieur M. Sari entamée le 17 avril 2005, devant le Palais de Justice de Liège

      

    Par la présente, je me permets de vous interpeller à propos de la grève de la faim de Monsieur Sari, et ce, après m’être rendue sur place ce lundi 1er mai 2006.  Entamée il y a quinze jours déjà, cette action a pour but, comme vous le savez, d’obtenir réponse aux questions qui vous sont posées dans la lettre ouverte du 10 avril 2006. Ce courrier est par ailleurs à situer dans le contexte plus large d’une interpellation des autorités politiques et judiciaires concernées, conséquemment au mandat d’arrêt délivré à l’encontre de M. Sari le 21 juin 1995, alors administrateur et animateur de l’asbl La Maison des Turcs. Interpellation qui, fort ‘simplement’ en quelque sorte -même si l’affaire est complexe-, demande que la lumière soit faite sur les tenants et aboutissants de la délivrance de ce mandat d’arrêt.

     

    Si je vous écris aujourd’hui, Monsieur le Procureur Général, c’est parce que je me sens profondément interpellée par cette démarche, notamment en tant que membre de la société dans laquelle je vis. Qui a été conçue comme une société qui se veut démocratique, et qu’au fil des ans des acteurs multiples ont contribué à façonner.  C’est parce que je veux croire que, face à cette démarche, un citoyen tel que Monsieur Sari trouvera mieux que le silence, que l’indifférence ou, pire, que les intérêts particuliers des membres d’un corps qui auraient oublié le fondement même de sa raison d’être, ce par quoi il tient sa légitimité, pour lui préférer la défense d’une position, ou d’une fonction…

     

    Au regard de la fonction dont vous avez la noble charge, j’ose donc espérer, Monsieur le Procureur Général, que cette situation pour le moins a-normale, pour ne pas dire scandaleuse, trouvera très prochainement l’issue démocratique qu’elle mérite, et que les questions posées trouveront réponse dans un très bref délai, étant donné l’urgence de la situation.

     

     

    En vous remerciant de l’attention que vous accorderez à la présente, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Procureur Général, l’expression de mes salutations respectueuses,

     

     

    D. Ullens de Schooten