Lettre au PG

Liège, le 23 mai 2006

 Monsieur le Procureur Général,

Concerne : La recherche de la réponse à la question de savoir ce qu'on peut faire quand le mur érigé par l'abus de pouvoir systématique devient passage.

Le Procureur de Roi de Charleroi, Monsieur de WALKENEER, déclarait récemment : "Ne pas faire certaines choses, peut être un élément de corruption." Même s'il est vrai que là où il y a des corrompus, il y a nécessairement des corrupteurs, Monsieur de WALKENEER visait par ces propos les attitudes et comportements des corrompus en particulier.

Pourquoi vous entretenir de tout cela, me direz-vous ? C'est parce que ces propos m'ont rappelé une définition que j'ai été amené à formuler dans une lettre adressée il y a plus de quinze ans, soit le 25 avril 1991, à Monsieur DESSART, alors Substitut du Procureur du Roi à Liège, et sur laquelle j'ai estimé utile, mais en vain, d'attirer votre attention dans ma lettre du 11 mai 2006. 

"Corrompu", écrivais-je, "se dit de quelqu'un engagé ou qui s'engage par la solidarité, la persuasion, l'indifférence, des dons ou des promesses à agir personnellement ou à faire agir un tiers contre sa conscience et surtout son devoir."

J'ai dû formuler cette définition en réponse à une lourde menace que Monsieur le Substitut avait proférée par son courrier du 11 avril 1991, en estimant sans doute que nous étions nécessairement des contemporains parce nous vivions à la même époque (voir la lettre ouverte que je vous ai transmise le 29 août 2005, pages 21-25). 

En ce qui vous concerne, Monsieur le Procureur Général, force m'est de constater – et j'en suis vraiment désolé – que vous m'en avez fourni la preuve la plus éclatante dans votre tristement célèbre courrier du 11 mai courant qui est, je le répète, terrifiant par son contenu mensonger, provocateur, insultant, intimidant et menaçant, et ce, en y exprimant clairement votre volonté de "ne pas faire certaines choses" que, pourtant, vous devez faire dans le respect de la loi et du droit, dont, vous aussi, vous êtes tenu (voir ma lettre du 10 mai 2006).

De cette façon, vous vous êtes délibérément enfermé dans une impasse dont il est impossible de vous libérer à court terme, me semble-t-il. 

Par conséquent, je vous prie d'avoir l'extrême obligeance de vous dessaisir du "dossier" qui me préoccupe à présent, de le transmettre à l'autorité compétente et de m'en aviser sans délai. 

"Dossier" qui, je précise, enferme les deux dossiers d'instruction qui ont été ouverts suivant mes constitutions de partie civile, les 26 janvier et 6 juin 2001, en mains des juges d'instruction Mesdames REYNDERS et RUSINOWSKI, et qui, in fine, ont été transmis au Parquet Général, lequel les a classés sans suite.

Dans l'attente de vous lire, et en précisant, une fois encore, que j'irai, ici et maintenant, jusqu'au bout de l'exigence du respect de la loi et du droit, je vous prie d'agréer, Monsieur le Procureur Général, l'expression de ma légitime révolte que tout homme forcé à faire face à des agissements semblables aux vôtres, peut éprouver au plus profond de son être.  

 

Mustafa Üner SARI

Gréviste de la faim

Place Saint-Lambert

Face au Palais de Justice

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