Lettre de ce jour au PG (33ième jour de grève de la faim)

 

Monsieur le Procureur Général, 

Concerne : Le conflit lié à votre terrifiant courrier du 11 mai courant qui donne froid dans le dos. 

En vous souhaitant un cinquième bon week-end, je me permets de vous rappeler que j'entamerai, ce lundi prochain, la sixième semaine de l'ultime résistance que j'ai engagée le 17 avril dernier. 

A cette occasion, je souhaite répondre ici à la question de savoir jusqu'à quand durera la grève de la faim ; question que les maîtres se posent apparemment dans les coulisses, et que les porteurs de valise me posent épisodiquement lors des visites de "courtoisie" qu'ils me rendent.

 Elle durera, Monsieur le Procureur Général, jusqu'à ce que vous me communiquiez vos réponses aux deux questions que je vous ai posées. Pour autant, évidemment, que mon corps suive ma volonté et ma détermination d'aller jusqu'au bout de l'exigence légitime du respect de la loi et du droit.

 Pour ce qui est de ma détermination, elle est directement proportionnelle à "la difficulté que vous avez à accepter" la source du conflit qui nous oppose à présent.

 Elle réside dans votre souhait de me voir, en tant que titulaire du droit, soumis à l'arbitraire de votre volonté heurtant violemment à l'essor de l'Etat de droit démocratique. Essor illustré, depuis le temps des Lumières, par un principe universel qui veut que nul n'aurait désormais de pouvoir qu'en vertu du droit, et que chacun devrait se voir soumis à l'obligation de respecter une loi qui le précède.

 Il vous faudrait donc accepter que, depuis ce temps lointain, le respect de la loi et du droit n'est plus l'expression de l'arbitraire de votre volonté, et que la seule loi valide n'est plus la loi du plus fort.

 Par conséquent, vous poser des questions, c'est mon droit, et y répondre, c'est votre devoir. Et, c'est la seule chose qu'il ne vous appartient certainement pas d'accorder ou refuser, car elle ne vient que du droit. 

Dans l'attente de vous lire, je vous prie de recevoir, Monsieur le Procureur Général, l'expression de ma respectueuse considération.

 

Mustafa Üner SARI

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